Michel GBAGBO - Source : Pressinfos

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Des prisonniers politiques « torturés jusqu’aux aveux » en Côte d’Ivoire

Amnistie internationale dénonce une justice du vainqueur et la torture de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, où se tiendront les Jeux de la Francophonie l’été prochain.

Le reportage de Sophie Langlois (texte et vidéo) sur Radio-Canada.ca, 29 nov. 2016 :

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1002674/torture-injustice-cote-ivoire-amnistie-internationale

Extraits :

(…) En avril 2011, des forces rebelles qui appuient Alassane Ouattara, le candidat déclaré gagnant par l’ONU, prennent d’assaut la ville d’Abidjan. Elles capturent le président sortant, Laurent Gbagbo, avec l’aide des forces françaises et onusiennes. La crise est terminée, la purge commence.

Dans les mois qui suivent, des partisans du président défait sont pourchassés, battus, forcés à l’exil ou emprisonnés sans accusations. Selon Amnistie internationale, 228 prisonniers auraient disparu, et 241 autres demeurent aujourd’hui incarcérés, dans des conditions troublantes.

Enfermés dans une chambre froide
« Ils sont torturés », affirme Nathalie Kouakou, présidente de la section ivoirienne d’Amnistie internationale. « Ils peuvent passer 24 heures dans la chambre froide. Après, on les met en plein soleil. C’est cette forme de torture où ils sont frappés. Ils ne mangent pas. Bon… parce qu’il faut des aveux. »

(…)

 

 

Côte d’Ivoire : les corps décharnés des prisonniers politiques

Déclaration de la Commission Afrique du Parti de gauche
Paris, le 29 novembre 2016

Les prisonniers politiques ivoiriens sont encore au nombre d’environ 300. Ils étaient environ 800 suite aux arrestations massives de jeunes en avril 2011 ; certains furent torturés au QG de Ouattara à l’Hôtel du Golf. Puis les conditions de détention furent telles que leur état physique s’est dégradé progressivement même s’ils trouvaient la force de réclamer par des manifestations passives, d’être jugés ou libérés. Des libérations partielles ont eu lieu comme au compte-gouttes ces dernières années dans la plupart des cas sans jugement, faisant diminuer le nombre de prisonniers à environ 300 sans que l’on sache précisément tant il est vrai que ces libérations sont compensées par des arrestations arbitraires et des enlèvements afin de mieux terroriser la population.

Depuis 2015 et singulièrement cette année, nous voyons apparaître des photos de corps décharnés, de graves mutilations et de regards perdus. Ces jeunes gens ne sont plus ce qu’ils étaient au moment de leur arrestation et cela nous révolte. Combien sont morts ?

Quelle est cette barbarie d’ailleurs ethnicisée puisqu’elle vise quasi exclusivement des sudistes, que couvrent de leur mutisme les organes de presse, l’ONUCI et les ONG ?

Quel est ce silence du pouvoir politique français avec un ambassadeur de France à Abidjan, Georges Serre, qui déclare le 14 juillet 2016 devant Ouattara et son gouvernement que « la Côte d’Ivoire est une grande démocratie où chacun peut dire ce qu’il veut » et un premier ministre, Manuel Valls, qui vient récemment “afficher le soutien de la France au processus démocratique” en cours ?

Il ne suffit pas de dire que le régime pratique une justice de vainqueur, il faut dénoncer à la face du monde sa barbarie.

Le Parti de gauche appelle au retour à un Etat de droit et au respect des droits de l’homme en Côte d’Ivoire et condamne le cynisme et l’hypocrisie des responsables politiques français en charge.

Tous les prisonniers politiques de Côte d’Ivoire doivent être libérés urgemment !

Pierre Boutry

In : AFPA (Alliance des Forces Progressistes pour l’Afrique), 29 nov. 2016

 

 

 

Lire et voir 2016-11

JULLIARD Jean-François. Des secrets de la Françafrique au coeur d’enquêtes (très) contrariées : les jeux troubles de la France en Côte d’Ivoire émergent de plusieurs dossiers judiciaires.
In : Le Canard enchaîné n° 5013, 23 nov. 2016

http://www.ivoirebusiness.net/articles/exclusif-le-canard-encha%C3%AEn%C3%A9-alassane-ouattara-est-lami-des-djihadistesdominique-ouattara
(Source : Ivoirebusiness, 25 nov. 2016)

 

Lettre ouverte d’Alain Cappeau à Fatou Bensouda, Procureure générale de la Cour Pénale Internationale (CPI)
In : Le Nouveau Courrier n° 1518, 18 nov. 2016

http://www.lesamisdelaurentgbagbo.com/actualite-343-alain-cappeau-exhorte-la-procureure-de-la-cpi-a-jeter-leponge.html

 

 

Plusieurs leaders arrêtés, puis libérés, à la veille d’un grand meeting

Alors qu’un meeting est annoncé à Yopougon pour le samedi 5 novembre 2016, c’est pendant la nuit du 4 au 5 que plusieurs dirigeants du Front du Refus (Aboudramane Sangaré du FPI, Mamadou Koulibaly du Lider) sont interpellés à leur domicile !
Manoeuvres d’intimidation qui n’auront pas réussi, puisque le meeting a été maintenu et que la place Ficgayo accueille en ce jour beaucoup de monde.
Quant aux leaders arrêtés sans aucune raison sinon d’ordre politique, ils ont été finalement libérés en pleine nuit.

Mise à jour du 5 novembre 2016 :
Le soir du meeting, le prof. Bamba Moriféré (Coalition du Non) fut à son tour arrêté, puis relâché.

Il y a bientôt 6 ans que Ouattara s’est emparé du pouvoir et n’a cessé, depuis, de réprimer toute véritable opposition

Amnesty International

Côte d’Ivoire. Les autorités doivent mettre un terme aux arrestations arbitraires et à la «détention mobile» de membres de l’opposition.
Le 28 octobre 2016

Les autorités de Côte d’Ivoire doivent cesser de s’en prendre aux membres de l’opposition en réduisant leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, a déclaré Amnesty International à l’approche du référendum constitutionnel prévu dans le pays dimanche 30 octobre 2016.

Le 20 octobre, au moins 50 membres de l’opposition ont été arrêtés arbitrairement lors d’une manifestation pacifique et détenus pendant plusieurs heures dans des véhicules de police en circulation. Certains ont ensuite été déposés en différents lieux de la principale ville du pays, Abidjan, tandis que d’autres étaient abandonnés à une centaine de kilomètres de chez eux et contraints de rentrer à pied. Cette pratique est connue sous le nom de « détention mobile ».

« Cette forme de traitement inhumain est contraire au droit international et régional relatif aux droits humains et aux normes y afférentes. Toute personne, y compris membre de l’opposition, a le droit d’exprimer pacifiquement son opinion et de voir sa dignité respectée en toutes circonstances, qu’elle fasse campagne pour le oui ou pour le non à l’occasion du référendum. Les membres des forces de sécurité responsables de ces actes doivent être identifiés et amenés à rendre des comptes », a déclaré Gaetan Mootoo, chercheur Afrique de l’Ouest à Amnesty International.
Lire la suite

Parti Communiste Français
Communiqué de Presse sur la visite de Manuel Valls à Abidjan
Le 28 octobre 2016

Manuel Valls à Abidjan : une visite sous forme de provocation

La Côte d’Ivoire est marquée par les stigmates d’un régime autocratique à la dérive. Des centaines de prisonniers politiques croupissent dans les geôles, des chefs de guerre soupçonnés des crimes les plus graves sont promus aux plus hautes fonctions de l’État, des dizaines de milliers de refugiés ne peuvent revenir en Côte d’Ivoire par crainte de répression. Une justice des vainqueurs s’est installée dans un climat de répression tous azimut[s] contre les partis politiques d’opposition, les syndicats et des associations, avec une politique de régression sociale et une soumission totale aux intérêts des entreprises transnationales notamment françaises.
Pour tenter d’asseoir sa mainmise sur le pays, le régime d’Alassane Ouattara fait adopter dimanche 30 octobre un projet de constitution inique lors d’une parodie de référendum. Le texte prévoit la mise en place d’un vice-président que l’actuel président pourra choisir à sa guise, la création d’un Sénat dont 30 % des élus seront nommés par lui, et l’empêchement du syndicalisme dans les milieux étudiants, pour ne citer que ces éléments.
C’est précisément cette date que Manuel Valls choisit pour se déplacer à Abidjan et « afficher le soutien de la France aux processus démocratiques » en cours !
Ainsi, le pouvoir français reste non seulement sourd aux plaintes du peuple ivoirien mais adoube ceux qui l’oppriment sans vergogne ! Cette visite en Côte d’Ivoire du Premier Ministre ne peut qu’être vu[e] comme une provocation et interroge sur les contreparties qu’il en attend.
Le Parti communiste français appelle une fois de plus à la libération des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, à un retour à un état de droit et au respect des droits de l’homme. Il apporte sa solidarité au peuple ivoirien et aux forces démocratiques et progressistes qui veulent contrecarrer les ambitions dictatoriales d’Alassane Ouattara et des cliques affairistes qui se partagent autour de lui les miettes que veulent bien leur laisser les multinationales.
La France au lieu de perpétuer une politique de faux-semblants des plus rétrogrades devrait au contraire favoriser les conditions permettant d’assurer à la Côte d’Ivoire un avenir de Paix, de droit et de progrès social, démocratique et économique. C’est la condition sine qua none pour que des milliers d’ivoiriens, réfugiés politiques ou économiques ne prennent plus la route de l’exil.

France 24
Reportage montrant comment fut empêchée la marche du Front du Refus le 20 octobre 2016.
(Source : Facebook)

Images de l’arrestation de Mamadou Koulibaly, ancien Président de l’Assemblée nationale et actuellement Président du LIDER (Parti de la Liberté et la Démocratie pour la République) le 20 octobre 2016. Il fut relâché quelques heures après, ainsi que d’autres leaders politiques de premier plan.

Malgré les tentatives des autorités pour empêcher toute action contre leur volonté d’imposer une nouvelle constitution, la mobilisation s’amplifie en Côte d’Ivoire

Le vendredi 28 octobre 2016, plusieurs manifestations se déroulent à Abidjan et dans plusieurs villes de l’intérieur du pays.

Dans l’agglomération d’Abidjan où les participants sont très nombreux, la police a utilisé des grenades lacrymogènes, des grenades assourdissantes, des jets de pierre pour empêcher la jonction des différents cortèges. Plusieurs personnes ont été frappées à coup de bâton avec une incroyable violence, ainsi que le montrent des vidéos accessibles sur les réseaux sociaux. Il y a plusieurs blessés, dont un très gravement.

Selon l’Affdo-Ci (Association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire), 20 personnes ont été arrêtées : 13 détenues à la préfecture de police du quartier du Plateau, 7 autres emmenées dans un endroit inconnu.

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La marche du Front du Refus
Abidjan, le 28 octobre 2016

La mobilisation contre les arrestations a porté ses fruits

Nous apprenons avec soulagement la remise en liberté des responsables du Front du Refus arrêtés ce matin.

Les alertes largement relayées ont encore une fois montré leur utilité, mais la bataille est loin d’être terminée…

Alerte répression !

Abidjan, 20 octobre 2016 : la marche contre le projet de modification de la Constitution, à l’appel du Front du Refus, est violemment réprimée.

Nombreuses arrestations de leaders politiques et de membres de la société civile.
Aboudramane Sangaré (FPI) et Mamadou Koulibaly (Lider) ont été arrêtés et emmenés vers une destination inconnue.

Désireux de ne pas renoncer à faire entendre leur voix, les manifestants se regroupent en différents points de la ville.

David Samba reçoit en prison la visite du responsable Afrique de la CGT

Jean Jacques Guigon,  Conseiller Confédéral CGT Afrique sub-saharienne, Maghreb, Liban, a rendu visite à David Samba.

Rapport de visite (source Facebook) :

14 octobre 2016 : fin de mission en Côte d’Ivoire.
Malgré une ONUCI rétive et sur le départ, malgré…, j’ai pu, j’ai réussi à me rendre à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan, la sinistre MACA, pour aller rendre une visite brève mais solidaire à notre camarade et ami David SAMBA, Président du Collectif « Les Indignés de Côte d’Ivoire ».
David a été scandaleusement, ignominieusement emprisonné pour « Trouble à l’Ordre Public » (…)  à 6 mois d’emprisonnement.
Après avoir été enfermé de longues semaines et dans les pires conditions au secret dans des locaux de la DST, il fut jugé, condamné à 6 mois de prison et transféré à la MACA. Cela fait aujourd’hui plus d’un an!
Ainsi va l’implacable et inique (in)justice en Côte d’Ivoire…
David était le porte parole des sans voix, des petites gens. Il parlait haut, il parlait fort, il parlait simplement au coeur des gens, au coeur de ceux très nombreux qui souffrent au quotidien. Il dérangeait donc forcément les dirigeants du pays.
Les 75′ que j’ai passées avec David à la MACA ont été extrêmement fortes.
– Je lui parlai de lui, il me parlait de la Loi « Travail » de France
– Je lui parlai de lui, il me parlait des autres, de tous ces ivoiriens en souffrance
– Je lui parlai de lui, de ce qu’il subissait injustement, de sa vie grillagée et amputée des siens, de sa vie emmurée parmi les 5000 détenus politiques ou de droits communs, lui il avait l’esprit résolument tourné vers l’idéal de son combat.
David doit être libéré et vite!
Condamné pour 6 mois de prison il y est toujours plus d’un an après sans avocat et sans jugement.
Oui David doit être libéré et vite, très vite!
Jean Jacques Guigon
PARTAGEONS !

David Samba et Jean Jacques Guigon

Voir aussi :
Libérez David Samba !

Les révélations graves et touchantes de l’épouse d’un prisonnier politique franco-congolais, Modeste Boukadia

Nadine Boukadia est l’épouse de Modeste Boukadia, dont voici un résumé du parcours par
Le Gri-Gri international (6 octobre 2016) :

Modeste Boukadia est Président du Cercle Des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC).
En 1997, il se présente à l’élection présidentielle, mais le putsch de Denis Sassou met fin au processus démocratique.
En 2009, il se présente à l’élection présidentielle. Il milite depuis 2002 pour un gouvernement d’union nationale. et s’oppose dès 2013, lors d’une conférence de presse, au projet de modification constitutionnelle.

– 11 Mai et 29 juin 2013, Modeste Boukadia anime 2 meetings (Brazzaville et Pointe Noire) avec les autorisations dûment remplies (demandes, accords et justificatifs de paiement). A Pointe Noire, la population présente au meeting porte des pancartes « carton rouge » et « gouvernement d’union nationale ». Modeste Boukadia réside à Pointe Noire chez le vice-Président du parti (CDRC), dans le quartier Mpaka.

– 21 Août 2013, 28 membres et cadres du CDRC sont arrêtés très tôt le matin chez eux, y compris un bébé de huit mois et sa maman. Les policiers et gendarmes n’avaient aucun mandat.
Un deuxième bataillon de gendarmes et de militaires est venu pour arrêter le Président du CDRC. Un mandat d’arrêt le visant pour rébellion et atteinte à la sûreté de l’Etat, insurrection et incitation de la population à la révolte, suite au meeting de Pointe Noire, deux mois auparavant. Les gendarmes ne trouvent pas le président Boukadia.

– 6 Septembre 2013, Modeste Boukadia arrive à Roissy. Le procureur de la République a déclaré que le dossier est vide et que seule une décision politique pourrait autoriser la mise en liberté des personnes, la justice n’ayant aucun élément pour justifier leur inculpation.
Modeste Boukadia entame une série de démarches et courriers auprès de l’Etat congolais.
Sans réponse.

– 23 octobre 2013 : le Tribunal de Grandes Instances de Pointe Noire rend une ordonnance inculpant 28 personnes, dont 14 membres du parti du CDRC, de rébellion. Le dossier est transmis au procureur général de la Cour d’appel de Pointe Noire. Le nom de Modeste Boukadia est sur la liste, mais il l’ignore.

– Un procès a lieu le 7 avril 2014 devant la Cour Criminelle de Pointe Noire. Jugement rendu le 9 avril 2014 : 14 personnes sont condamnées à des peines de 7 ans, de 5 ans et de 2 ans (toujours pas libéré[e]s au bout 3 ans).

Le 8 janvier 2015, Modeste Boukadia reçoit par courrier, la réponse de l’ONU qui conclut à des arrestations abusives et arbitraires. Rien n’est fait. Le Président Sassou attend la venue de Modeste Boukadia pour libérer ses hommes.

– 15 janvier 2016, Modeste Boukadia est arrêté à l’aéroport de Brazzaville. On lui signifie son arrestation en relation avec le jugement par contumace à 30 ans de travaux forcés.

 

 

Rapport sur la question de la torture en Côte d’Ivoire

Dernière parution du Secrétariat National chargé de l’Administration Pénitentiaire et des Prisonniers Politiques du Front Populaire Ivoirien (20 sept. 2016) :

Le Rapport N° 3-2016 sur les prisonniers politiques (PDF)
est consacré plus particulièrement aux différentes formes de torture – physiques et psychologiques – pratiquées sur les personnes enlevées et emprisonnées.

Nous saluons la mémoire des détenus politiques décédés faute de soins.

 

Lire et voir 2016-09

Contribution d’Alain Cappeau : « Le procès politique intenté au Président Laurent Gbagbo » (16/09/2016)

http://www.lesamisdelaurentgbagbo.com/actualite-321-le-proces-politique-intente-au-president-laurent-gbagbo.html

Déclaration du Front Populaire Ivoirien relative au contentieux électoral au Gabon (Abidjan, le 15/09/2016)
La déclaration s’adresse en particulier à l’opinion internationale et à ses dirigeants dont les prises de position sur la situation au Gabon devraient logiquement entraîner un changement de cap en ce qui concerne l’analyse du contentieux électoral en Côte d’Ivoire.

declaration-fpi-sur-le-gabon-20160915

Au Parlement européen, dans une intervention sur la situation au Gabon, le député Jean-Luc Mélenchon demande la libération de Laurent Gbagbo (13/09/2016) :

 

L’intervention très pédagogique du Dr Boga Sako Gervais sur la problématique du recomptage des voix dans les pays d’Afrique (Vicenza, le 10/09/2016) :

 

Huit détenus libérés

C’est toujours avec une grande émotion que nous apprenons la remise en liberté de plusieurs détenus d’opinion, même s’ils sont encore très nombreux en prison, et ce d’autant que de nouveaux détenus viennent rejoindre ou remplacer les anciens.
Ainsi Antoinette Meho enlevée le 10 août 2016, aujourd’hui enfermée à la MACA.

Parmi les personnes libérées, figure Pierre Ehouman dont le sort avait suscité un fort sentiment de révolte. En effet, suite à une maladie brutale, Pierre fut transféré à l’hôpital où il était maintenu les chaînes aux pieds.

Quid de Philippe Rémond, Monsieur Valls ?

Par Grégory Protche Philippe Remond

Il s’appelait Philippe Rémond. Il enseignait et vivait en Côte d’Ivoire (à Polytechnique, à Yamoussoukro, pour être précis).

Il était le fils d’une adjudante en retraite de l’armée de l’air française.

Il avait vécu suffisamment longtemps en Côte d’Ivoire – comme coopérant, puis à titre personnel – pour que, à notre connaissance – et face à l’absence d’information à son sujet, « notre connaissance » devra malheureusement suffire -, la nationalité ivoirienne lui ait été octroyé.

En 2004, représentant de l’association des ressortissants européens pour la Côte d’Ivoire, pendant les « évènements » et les catastrophiques interventions militaires françaises, il apparut à la RTI. Formidable d’honnêteté. Cinglant. Emu. Déterminé.

Nous le découvrîmes pour la plupart à la faveur de la crise postélectorale ivoirienne fin 2010-début 2011. Lors d’un nouveau passage à la RTI, dans l’émission Raison d’état. En 2004, les réseaux sociaux étant encore une abstraction, les Ivoiriens seuls ou presque avaient vu et écouté Philippe Rémond. En 2011, ses interventions circulèrent énormément sur facebook. Et ne contribuèrent pas peu à l’idée qu’il y avait aussi des Français honnêtes en Côte d’Ivoire. Qu’on pouvait penser plus loin que son appartenance.

Le 30 mars 2011, Philippe Rémond a été assassiné, exécuté, dans une chambre d’hôtel de Yamoussoukro, alors qu’il venait juste de consentir à quitter sa résidence jugée trop identifiée et par là dangereuse pour lui dont les convictions progressistes étaient notoires. Sa mort fut d’abord présentée comme le produit accidentel d’un cambriolage qui aurait mal tourné, quelque chose comme ça – I Télé employait le terme « crapuleux ». ( )

Lire l’article complet sur Le Gri-Gri International, 6 septembre 2016

Madame Antoinette Meho dans une prison d’Abidjan

Selon nos informations, Antoinette Meho a rejoint les nombreux détenus d’opinion enfermés à la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction Antoinette Mehod’Abidjan).

Il n’est pas inutile de souligner que Madame Meho montrait une solidarité active à l’égard de ses compatriotes Wê (Ouest de la Côte d’Ivoire) victimes en 2011 et 2012 de plusieurs massacres de masse assimilables à des actes de génocide.

Nous espérons que les organisations internationales se saisiront de ce cas gravissime pour monter en puissance dans la dénonciation claire et nette de l’élimination des forces vives de l’opposition en Côte d’Ivoire mise en oeuvre depuis le 11 avril 2011.