Michel GBAGBO - Source : Pressinfos

août 2017
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Pour aider les prisonniers démunis

Le Secrétariat National chargé des prisonniers politiques et de la politique pénitentiaire au sein du Front Populaire Ivoirien communique :

Le 29 Juin 2017 passé, nous vous adressions une lettre pour vous décrire les conditions carcérales pénibles et insupportables dans lesquelles vivent les détenus politiques (civils et militaires) ivoiriens.

Ces détenus d’opinions estimés à plus de 200 (deux cents) et répartis dans 14 lieux de détention connus (12 en Côte d’ivoire et 2 hors du pays) vivent le martyre dans les conditions difficiles et insupportables.
Leur état de santé se dégrade de jour en jour et les pathologies liées à leurs conditions précaires de détention prolongée prennent des proportions inquiétantes allant de simples pathologies courantes aigües aux pathologies chroniques voir malignes comme l’illustre l’exemple d’un détenu interné aux CHU Treichville au service de cancérologie depuis avril 2017.
Ces conditions ont entrainé des cas de décès en prison, 9 au total. Le dernier en date est celui de Monsieur TONDET BONFILS. Et même après leur libération provisoire, environ 4 personnes ont rendu l’âme, à l’exemple de Monsieur SERY JOSEPH.
Plus jamais, nous ne souhaiterions voir encore un détenu passer de vie à trépas.

Nous tenons à vous remercier pour votre exceptionnelle mobilisation morale, physique, politique, médicale et financière depuis ler juillet 2017, date à laquelle nous avons lancé, pour deux mois, une opération de soutien aux détenus politiques ivoiriens.
Nous remercions le pool des avocats qui, dans des conditions difficiles, défendent ces détenus et qui, par leur compétence, leur ardeur au travail bien fait, ont permis la libération d’une quinzaine d’entre eux.
Ivoiriennes, Ivoiriens d’ici et de la diaspora, nous voudrions encore compter sur vous jusqu’au 20 août 2017 pour œuvrer à l’élargissement de ces personnes ou à tout le moins pouvoir continuer à leur apporter assistance juridique, médicale, morale et en cantine.

Merci, à la veille du 57e anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance, de souscrire à la collecte de fonds, par l’achat des gadgets au 01 46 93 39 et des dépôts en numéraire au 06 38 37 85.
(…)
Abidjan, le 29 Juillet 2017
FPI / Secrétariat National chargé des prisonniers politiques et de la politique pénitentiaire

Rappel des numéros à contacter en Côte d’Ivoire pour soutenir les prisonniers démunis :

dépôts en numéraire : 06 38 37 85
achats de gadgets : 01 46 93 39
(polo=10.000 CFA ; tee shirt=3500 CFA ; casquette=2500 CFA)

 

Opération Collecte de fonds pour les prisonniers politiques
Tee shirt et casquette « Libérez-les ! »

Décision de mise en liberté provisoire pour quatre détenus

Abidjan, le 26 juillet 2017
Suite à la saisine de la Chambre d’accusation par Maître Rodrigue Dadjé, une décision de mise en liberté provisoire a été prise concernant quatre détenus dont l’état de santé nécessite des soins : Guehi Nahi Nestor, Dogba Abalé Joseph, Gnamien Opa Pierre et Gnamia Godé Joseph.
Nous en sommes soulagés pour eux et leurs familles.

Le rapport alarmant de l’Association des Femmes et Familles des Détenus d’Opinion en Côte d’Ivoire

Communiqué relatif à la détention arbitraire de personnes détenues pour leurs opinions en Côte d’Ivoire

L’Association des Femmes et Familles des Détenus d’Opinion (AFFDO-CI) informe l’opinion nationale et internationale, les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’Homme et les défenseurs des libertés et droits fondamentaux du monde entier qu’en Côte d’Ivoire, des personnes sont arbitrairement détenues dans des prisons et des lieux non conventionnels.

L’Affdo-Ci qui œuvre pour l’Etat de droit, souhaite simplement que soient observées les dispositions élémentaires en la matière dont leur libération.

Depuis le 11 avril 2011, des centaines d’Ivoiriens, des anonymes et d’illustres personnalités qui ont servi ce pays, croupissent en prison pour leurs opinions politiques. Dans la plupart des cas, ils sont détenus dans des conditions dégradantes sans avoir rencontré un juge.
Disséminés dans 12 des prisons du pays, ils sont souvent privés des visites de leurs proches et vivent l’enfer de l’isolement et des changements abusifs des prisons sans que les avocats ou la famille aient été informé[s].

Outre ce cas nous nous permettons d’informer de la réalité du nombre de prisonniers politiques et leur répartition. Ce sont 306 ivoiriens qui croupissent dans les geôles. En voici la répartition :

1- 185 PERSONNES SONT DETENUES A LA MACA
2- 71 PERSONNES SONT DETENUES A LA DST
3- 10 PERSONNES SONT DETENUES A LA MAMA
4- 03 PERSONNES SONT DETENUES A L’ECOLE DE GENDARMERIE
5- 08 PERSONNES SONT DETENUES AU CAMP PENAL DE BOUAKE
6- 05 PERSONNES SONT DETENUES A LA PRISON DE BOUNA
7- 03 PERSONNES SONT DETENUES A LA PRISON BOUNDIALI
8- 05 PERSONNES SONT DETENUES A LA PRISON TOUMODI
9- 02 PERSONNES SONT DETNUES A LA PRISON DABOU
10- 02 PERSONNES SONT DETENUES A LA PRISON MAN
11- 06 PERSONNES SONT DETENUES A LA PRISON KATIOLA
12- 06 PERSONNES SONT DETENUES A LA PRISON DIMBOKRO
Hormis cela, 08 de nos parents subissent le martyr au Libéria et 11 Ivoiriens autrefois détenus à la MACA et enlevés nuitamment sont aujourd’hui introuvables.

Nous informons également que des personnes sont torturées de jours comme de nuits à la DST avant d’être déféré[es] dans une prison légale. Nous interpellons toutes les organisations de défense des droits de l’homme en particulier Amnesty International afin qu’une enquête soit menée de toute urgence.
Nous portons à la connaissance de tous que l’Etat ivoirien refuse de prendre en charge les soins de santé des détenus malades et ceux-ci perdent souvent la vie par manque de soins. Les derniers en date sont : Kouatchi Assi Jean décédé le 20 MAI 2017 et Tonde Bonfils décédé le 19 JUIN 2017 ;
Le détenu Sery Daleba détenu à la Maison d’Arrêt Militaire d’Abidjan (MAMA) est interné depuis 05 Avril 2016 au CHU de Treichville et les soins de santé sont à la charge des personnes de bonne volonté et de L’AFFDO-CI. Il souffre d’un cancer au niveau cerveau.
C’est le lieu d’informer que la longue détention arbitraire a causé des troubles mentaux à des détenus dont Damohoué Hassane aujourd’hui interné à l’hôpital Psychiatrique de Bingerville et, malgré son état de santé, le régime refuse de le libérer.
L’on est en droit de s’interroger sur les motivations réelles de ces actes de torture.
L’Association des familles et femmes des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire (Affdo-Ci) dénonce la répression, l’emprisonnement abusif et les arrestations arbitraires qui ont repris de plus belle en Côte d’Ivoire.
Aussi l’AFFDOCI exige-t-elle la libération pure et simple de tous les détenus. L’AFFDO-CI affirme que les mises en liberté se font [au] compte goutte, comme [celles] dont les derniers bénéficiaires sont :
Mr Hubert Oulaye
Mme Meho Antoinette
Mr Simon Ehivet Gbagbo
Mr Guehi Nahi
Mr Dogba Abale
Mr Gnamia Gode Joseph
Mr Gnamien Opa Pierre

Ne saurait cacher la réalité carcérale de plus de 200 personnes encore dans [les] geôles du régime.
A titre illustratif l’AFFDO-CI est en droit de s’interroger sur les vrais motifs de la condamnation des militaires suivants : Dogbo Blé Brunot, Aby Jean, Ohoukou Mody, Osee Loguey et du civil Bleka Joel lors du Procès des Assassinats du NOVOTEL malgré l’aveu public de Mr Yoro Tape Max déclarant être membre du commando ayant commis cet assassinat.
La seconde illustration est la condamnation à 4 ans d’emprisonnement ferme du Ministre Assoa Adou pour Trouble à l’ordre public alors qu’il a déjà passé deux ans et demi en prison. Plus grave est que dans les chefs d’inculpation dont il faisait l’objet, il n’est nullement question d’un délit de trouble à l’ordre public.
La troisième illustration concerne les détenus Koua Justin et Dahi Nestor respectivement arrêtés depuis Mai 2015 et Septembre 2015 qui viennent s’être condamnés à deux ans de prison ferme après un séjour carcéral de [non renseigné, ndlr].
La quatrième illustration est le cas du Ministre Lida Kouassi Moïse arrêté depuis 2014 et actuellement incarcéré sans jugement.

L’AFFDO-CI trouve l’occasion appropriée pour relever que la déclaration du Chef de l’Etat, faite à l’occasion du nouvel an le 31 décembre 2015, et portant promesse de libération de 3100 détenus, par voie de grâce présidentielle, n’a connu aucune matérialisation dans les faits.
La libération provisoire, annoncée le 11 mars 2016 par le parquet, au profit de 70 autres détenus, n’est restée qu’au simple stade d’annonce.

Par ailleurs, l’AFFDO-CI informe que Douyou Nicaise alias Samba David arrêté pour trouble à l’ordre public depuis Septembre 2015 est toujours en détention et son délit a subitement changé quant il [a] épuisé la peine à lui infligée. Tout comme Mr Mohamed Jichi alias Sam l’Africain !

Du point de vue de la répartition des dossiers de détenus d’opinion dans les juridictions, l’AFFDO-CI relève que sur les détenus,
35 personnes ont leur dossier à la chambre d’accusation
08 personnes ont leur dossier au tribunal correctionnel
36 personnes ont leur dossier à la cour de cassation
05 personnes ont leur dossier au tribunal militaire
53 personnes ont été condamnées lors des procès en assise et à défaut
48 personnes ont leur dossier au 8e cabinet
15 personnes ont leur dossier au 9e cabinet
38 personnes ont leur dossier au 10e cabinet
01 personne a son dossier au 4e cabinet
02 personnes ont leurs dossiers au 7e cabinet
71 personnes sont torturées de jours comme de nuits à la DST

L’AFFDO-CI note à ce jour malheureusement que 53 personnes, poursuivies pour délit d’opinion, ont été traduites devant la Cour d’assises et condamnées à des peines de 10 ans et plus comme c’est le cas [de] Ziza Jean Louis, Les Frères Zokou, Kakou Bi Moïse pour ne citer que ceux là. Tous sont emprisonnés à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA).

L’AFFDO-CI tient à souligner que même les personnes qui dénoncent ces violations des droits de l’homme subissent très souvent elles-mêmes des intimidations comme c’est le cas de Mr Michel Gbagbo qui a été interpellé par la justice ivoirienne le 26 Mai 2016 pour avoir dénoncé la disparation de plusieurs détenus et s’être inquiété du déni prononcé par le chef de l’Etat sur l’existence de prisonniers politiques en Côte d’ivoire. A cet effet, son procès est prévu en octobre 2017.

Au regard de ce qui précède, l’AFFDO-CI :
– Demande la libération des personnes détenues arbitrairement pour leurs opinions ou supposé[e]s. Qu’elles soient civiles, militaires, politiques, condamné[e]s et anonymes sans jugement !
– Exhorte le gouvernement, en particulier le chef de l’Etat, à favoriser une justice équitable et respectueuse des droits de l’homme
– Invite les autorités judiciaires à faire avancer les procédures concernant tous les détenus d’opinion, le cas échéant à leur accorder la liberté provisoire qui fait partie de leur droit
– Demande au chef de l’Etat, d’examiner particulièrement le cas de l’ex-Première dame Simone Gbagbo afin qu’elle recouvre la liberté pour bénéficier de soins médicaux adéquats au regard de sa santé qui se dégrade au fil des jours.
– Invite le Ministère de la Justice à respecter le droit à la santé de tous les détenus.
– Invite les organisations des Droits de l’homme à mener des investigations plus poussées sur les cas de violations des droits des détenus d’opinion et d’en publier les résultats.
– Encourage les détenus à tenir bon pour leurs enfants et leurs familles respectives…. Qu’ils sachent que toutes les organisations de défense des droits de l’Homme se battent afin qu’ils recouvrent la liberté et l’AFFDO-CI demeurera constamment à leurs côtés et aux côtés de leurs familles.

Enfin, l’AFFDO-CI dit aux autorités ivoiriennes :
« POUR LA DIGNITE HUMAINE, LIBEREZ NOS PARENTS » Nous vous en supplions.

Fait à Abidjan, le 28 JUILLET 2017
Pour l’Affdo-Ci
LA SECRETAIRE GENERALE
RAISSA LOROUGNON

 

 

 

Lire et voir 2017-07

Interview de Maître Habiba Touré par Ben Zahoui-Degbou
Vidéo de l’émission « Schéma directeur », sur BZD-TV, mise en ligne le 28 juillet 2017 par Agence Glouzilet : BZD-TV, sous le titre «Libération provisoire du Président Laurent Gbagbo avec maître Abiba Touré».

Parmi les thèmes abordés : le jugement de la Chambre d’Appel de la CPI ordonnant un réexamen de la demande de mise en liberté provisoire de Laurent Gbagbo ; les prisonniers politiques et exilés de Côte d’Ivoire ; le soutien aux 4000 victimes qui ont déposé un dossier auprès de la CPI.

 

Interview de Michel Gbagbo et commentaires par Alain Léauthier
Michel Gbagbo : « Les Jeux de la Francophonie ne cachent pas l’échec de Ouattara en matière de réconciliation nationale »
In : Marianne.net, 27 juillet 2017

https://www.marianne.net/monde/michel-gbagbo-les-jeux-de-la-francophonie-ne-cachent-pas-l-echec-de-ouattara-en-matiere-de

 

Interview d’Evariste Méambly, député de Facobly, par Jean-Paul Oro et Blaise Bonsié
Vidéo de l’émission « Les grandes questions d’actualité », sur EventNews Tv : « Après sa rencontre avec Laurent Gbagbo le député Evariste Méambly déballe tout »
Mise en ligne par Eventnewtv presse le 26 juillet 2017

Le député Evariste Meambly est président du Groupe parlementaire « Agir pour le peuple » qui a, entre autres objectifs, celui de soumettre au vote de l’Assemblée nationale ivoirienne une proposition de loi d’amnistie générale de tous les prisonniers politiques et d’opinion de la crise postélectorale, dans le but d’oeuvrer à la réconciliation totale des Ivoiriens.

 

Pour le Parti Communiste Français, la condamnation de l’ancien ministre Assoa Adou est emblématique de la grave situation qui prévaut en Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire : la condamnation de l’ancien ministre Assoa Adou jette le discrédit sur la justice et le pouvoir ivoiriens

Assoa Adou, homme de paix et figure de la gauche ivoirienne, vient d’être condamné à quatre ans de prison à l’issue d’un procès politique.

Arrêté il y a deux ans et demi, en dehors de toute procédure légale, il a été détenu à Abidjan puis transféré au Camp pénal de Bouaké où il a été notamment victime de mauvais traitements. Du fait de conditions de détention épouvantables, l’état de santé de Assoa Adou, 72 ans, s’est considérablement dégradé.
C’est dans ce contexte et après des tergiversations sans fin qu’a eu lieu son procès pour « complot contre l’autorité de l’Etat ». Au cours des audiences, tous les témoins cités par l’accusation se sont dédits, et tous les chefs d’accusation se sont effondrés les uns après les autres.
La Cour d’Assise l’a finalement condamné sans preuves ni faits établis à 4 ans de prison pour « troubles à l’ordre public ».
Le jugement que vient de rendre [la Cour] n’a pas de fondement juridique en Côte d’Ivoire mais relève d’une décision politique.
Ces méthodes rappellent la sombre période des procès politiques en Côte d’Ivoire.

Le cas d’Assoa Adou est emblématique de centaines de détenus politiques qui croupissent sans jugement en prison.

A la veille de l’ouverture à Abidjan des 8e Jeux de la Francophonie ce vendredi 21 juillet, cette condamnation inique est un mauvais signal, un de plus, envoyé par les dirigeants ivoiriens.

Le Parti communiste français demande au gouvernement français et au président Macron de prendre publiquement position pour la libération des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire dont le climat politique, sous la férule d’Alassane Ouattara, se dégrade à vue d’oeil.

In : PCF, 24 juillet 2017
(Surtitre de la Rédaction)

Table ronde du 11 mai 2017 à Lyon : détail des interventions

Dans son bulletin RDV Info n°4, l’association CI-RDV présente le compte rendu complet et détaillé de la réunion d’information et d’échanges organisée à Lyon le 11 mai 2017, sur le thème :
« Côte d’Ivoire : et si l’image ne reflétait pas la réalité ? »

A lire ou télécharger : CI-RDV Info n° 4 20170723

 

Simon, le frère cadet de Simone Gbagbo, a enfin retrouvé la liberté

Ce Mercredi 19 juillet 2017, Me Ange Rodrigue Dadjé annonça qu’il venait d’obtenir devant la Chambre d’Accusation la remise en liberté de Simon Pierre Ehivet, après un emprisonnement de presque 5 ans.  Simon Ehivet Gbagbo

Simon Pierre est un homme tranquille, victime de ce qu’on peut appeler le délit de patronyme, pratique habituelle depuis la prise du pouvoir par Alassane Ouattara en avril 2011.

Il avait été arrêté à son domicile en octobre 2012, sans motifs réels, transféré à la DST où il a passé plusieurs mois, puis déféré en janvier 2013 à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan.

 

 

Quatre ans de prison pour troubles à l’ordre public

Mardi 18 juillet 2017, le Dr ASSOA Adou comparaissait devant la Cour d’Assises d’Abidjan où il fut condamné à quatre ans de prison, non pas pour des chefs d’accusation justifiant une comparution devant les Assises, mais pour « Troubles à l’ordre public ».
Ceci démontre clairement la nature politique de cet emprisonnement !

Pour plus d’infos, voir aussi sur Koaci.com :
« Côte d’Ivoire : Assises, Assoa Adou non coupable des faits qui lui sont reprochés, condamné à 4 ans d’emprisonnement »

 

Le Dr ASSOA Adou parle devant les Assises d’Abidjan

Assises d’Abidjan : Assoa Adou raconte les conditions ‘’atroces’’ de sa détention au Camp pénal de Bouaké

Par l’APA, 17 juillet 2017

L’ancien ministre des Eaux et forêts, Dr Assoa Adou, a relaté, lundi [17 juillet 2017] à la barre de la Cour d’Assises d’Abidjan où il comparaît avec sept autres accusés pour des faits de ‘’attentat, complot contre l’autorité de l’Etat, assassinat, crimes et constitution de bandes armées….’’, les conditions ‘’atroces’’ de sa détention au Camp pénal de Bouaké, au Centre-nord du pays.

‘’J’ai été enlevé sans mandat, chez moi, le 7 janvier 2015 à 20h30 par des policiers pour être conduit à la DST (Direction de la surveillance du territoire) puis à la MACA (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan) avant d’être déporté au Camp pénal de Bouaké où j’ai passé plus de deux ans dans des conditions atroces. Un seul repas aspergé de je ne sais quoi nous est servi par jour’’ a raconté Dr Assoa Adou à la barre.

Il a poursuivi que ce qui lui servait de cellule n’avait qu’une petite ‘’ persienne’’ pour laisser de timide lumière du jour ajoutant que ‘’le comble est que 24h/24 on venait nous éclairer le visage avec une torche’’.

Sur les charges, l’ex-ministre de Laurent Gbagbo a plaidé ‘’non coupable’’, affirmant n’être ‘’concerné ni de près, ni de loin par les charges de l’accusation’’.

‘’J’ai été mis en confrontation le 8 janvier 2016 avec Metch Metchro et devant le juge d’instruction, Zahourou Théophile a déclaré ne m’avoir jamais rencontré. Tout comme j’ai répété au juge que je n’avais jamais vu Metch Metchro’’, a-t-il expliqué à la Cour présidée par le magistrat Emile Kouamé.

Selon Assoa Adou, le Front populaire ivoirien (FPI) dont il est membre fondateur ‘’en 1969 avec feu Pr Zadi Zaourou, Mamadou Traoré et Laurent Gbagbo, a fait de l’accession au pouvoir de façon démocratique son credo’’ soulignant que ‘’la violence ‘’est proscrite de leur lutte.

‘’Sous la transition militaire en 2000 comme sous le gouvernement du Premier ministre Pascal Affi N’guessan en 2003 j’ai conduit des missions de paix pour ramener les présidents Bédié, Ouattara et Guéï dans le processus de réconciliation dans le cadre du Forum national de réconciliation en 2001. J’ai dans le cadre de ces missions rencontré le Président Blaise Compaoré et le ministre Djibril Bassolé. Comment un tel homme peut-il mener des actions subversives contre son pays ?’’, a interrogé l’accusé.

Auparavant, son co-accusé Metch Metchro a soutenu à la barre ‘’n’avoir jamais rencontré le ministre Assoa Adou ni n’avoir jamais reçu des armes de lui pour quelque attaque que ce soit’’.

‘’Je n’ai pas de preuve que Assoa Adou a distribué des armes’’, s’est encore défendu M. Metch après avoir ‘’formellement désigné le ministre Assoa Adou comme l’instigateur des attaques d’Abengourou’’ selon l’arrêt de la Chambre d’Accusation. Des propos qu’il a d’ailleurs battus en brèches devant le juge d’instruction.

Ce sont sur ces allégations que le président Emile Kouamé a suspendu l’audience pour être reprise mardi avec les plaidoiries.

HS/ls/APA

Lire aussi sur Soutien et Liberté :

Côte d’Ivoire : après l’arrestation d’Assoa Adou, le Mouvement Ivoirien des Droits Humains interpelle les autorités ivoiriennes et les organisations internationales

Le Parti Communiste Français appelle à la libération immédiate d’Assoa Adou

 

Dr ASSOA Adou

 

Répartition des prisonniers politiques ivoiriens par lieux de détention

Le total de 212 personnes réparties dans 14 lieux (dont 2 à l’extérieur de la Côte d’Ivoire) correspond à des prisonniers dûment recensés par le Secrétariat National chargé de la politique pénitentiaire et des détenus politiques du Front Populaire Ivoirien.

LIEUX DE DETENTION
1 MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan) 175
2 CAMP PENAL DE BOUAKE 4
3 ABENGOUROU 2
4 LIBERIA 7
5 LA HAYE 2 (Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé)
6 DIMBOKRO 4
7 KATIOLA 1
8 MAMA (Maison d’Arrêt Militaire d’Abidjan) 4
9 MAN 3
10 BOUNDIALI 3
11 BOUNA 1
12 ECOLE DE GENDARMERIE 3 (dont Simone Gbagbo)
13 TOUMODI 2
14 HOPITAL PSYCHIATRIQUE DE BINGERVILLE 1
TOTAL 212

Source : IMatin.net du 3 juillet 2017

Dans les prisons ivoiriennes, le rythme des décès s’accélère !

[Article republié suite à un problème technique lors de l’affichage]

Nous apprenons qu’un nouveau décès a frappé les détenus politiques.
Le Capitaine Tondé Bonfils, âgé de 62 ans, est décédé le jeudi 29 juin 2017.

Voici quelques réactions immédiates en face de la très grave situation qui prévaut :

  • Dans une vidéo enregistrée sur Facebook le 29 juin 2017, Alain Doh Bi fait part de son émotion devant les ravages causés aux familles et aux villages par la politique de rancoeur et de haine entretenue par Alassane Ouattara à l’égard de simples citoyens qui sont, pour certains, enfermés à la MACA depuis presque 7 ans.
    La vidéo est consultable sur sa page Facebook à la date du 29 juin.
  • Organisation à la Riviera Golf d’un point presse par le Secrétariat National chargé de la politique pénitentiaire et des prisonniers politiques du FPI (Front Populaire Ivoirien) de Laurent Gbagbo, au cours duquel a été annoncée une opération de Funds rising (Collecte de fonds) en vue de soutenir les détenus politiques qui enregistrent de nombreux morts faute de moyens conséquents pour se soigner à la suite de la maltraitance subie.
    « Nous comptons à ce jour plus de deux cent (200) prisonniers (civils et militaires) répartis dans quatorze (14) lieux de détention officiellement connus (12 en cote d’Ivoire et 2 à l’extérieur) », a déclaré le Directeur de Cabinet du Secrétariat national.
    « Les conditions carcérales inhumaines exposent les détenus à des pathologies diverses (hypertension, diabétique, cardiaque, parasitaire, cancéreuse, oculaire, herniaire…) (…) Nous notons une vingtaine dans une situation de santé délétère. »
    « Ces mêmes conditions ont entraîné des cas de décès en prison et même en dehors (plus de huit décès enregistrés ). C’est pour cela que nous nous engageons sans cesse pour le soutien aux détenus politiques et pour leur libération. Et c’est pour cela qu’à partir du 1er juillet jusqu’au 20 août 2017, nous lançons une opération de Funds rising (collecte de fonds) pour soutenir les détenus politiques » .
    Divers objets (casquettes, t-shirts) sont mis en vente pour récupérer des fonds.
    (Source : presse)

 

La liberté de la presse en question dans le procès intenté contre Michel Gbagbo

Mise à jour du 30 juin 2017 :
Report du procès au vendredi 20 octobre 2017

 

Côte d’Ivoire : Procès intenté contre Michel Gbagbo et KOACI, la Défense demande la mobilisation de la presse et alerte sur les dangers


Par Koaci.com

Le verdict du procès intenté contre KOACI et le fils de l’ancien Président ivoirien, Michel Gbagbo, poursuivis tous les deux pour divulgation de fausses nouvelles conformément à l’article 173 du code pénal sera connu vendredi prochain après le report de l’audience d’hier, lié à un dysfonctionnement de l’appareil judiciaire comme annoncé par le Procureur Bokro.

La Défense du fils de Laurent Gbagbo et du média indépendant panafricain à travers son propriétaire estime que toute la presse doit se mobiliser pour ce procès la semaine prochaine, parce qu’elle est concernée au même titre que les prévenus.

«La presse est concernée par ce procès, l’article 173 lié au délit de presse du code pénal. Pour moi, un pays démocratique aurait du le supprimer» a déclaré Maitre Rodrigue Dadjé.

Selon l’avocat, cet article rentre en confrontation avec des textes plus nouveaux qui ont établis la loi sur la presse et qui ont établis de nouvelles condamnations et de nouvelles qualifications pénales.

Maitre Dadjé estime que l’implication de toute la presse est fondamentale parce que les journalistes ne seront pas épargnés de poursuite arbitraires.

«On vous dit que toutes les fois que vous allez interroger quelqu’un dont vous allez publier les déclarations, si on estime que ces déclarations sont fausses, même si ce n’est pas vérifié, on vous poursuivra au même titre que Messieurs Laurent Despas et Michel Gbagbo. C’est extrêmement grave. Je pense que toute la presse doit être concernée» s’est justifié Maitre Rodrigue Dadjé.

L’avocat souhaite la mobilisation de la presse ivoirienne afin d’éviter qu’une décision soit rendue le vendredi 30 juin.

«Si une décision est rendue lors de ce procès, elle fera jurisprudence et toutes les fois que vous interrogerez un homme politique, selon qu’il ne soit plus en odeur de sainteté avec le pouvoir, vous serez poursuivis pour des déclarations que vous aurez rapportées, » a souligné Maitre Dadjé.

Les propos de l’avocat seront-ils entendus par la presse comme il l’a souhaité ? Le rendez vous du 30 juin nous situera.

Alors que nous apprenons que des ONG de défense des droits fondamentaux, dont Reporter Sans Frontières (RSF), suivent de près l’affaire, hier, nombreux furent les journalistes qui effectuèrent le déplacement du Tribunal de première instance du Plateau pour assister à la première audience malheureusement reportée pour une semaine.

Dans un respect des règles démocratiques et d’équité qui fondent la philosophie du média indépendant, KOACI est poursuivi pour avoir donné la parole en mai 2016 à un opposant (Michel Gbagbo, ndlr) qui répondait à une déclaration du pouvoir exprimée le 1er mai par président Ouattara et également diffusée sur KOACI.

Pour Alassane Ouattara, il n’existait pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, position que contestait en réponse via KOACI le fils du président Gbagbo. Contradiction qui lui vaut lui aussi d’être poursuivi.

Wassimagnon, Abidjan

In : Koaci.com, 24 juin 2017
(Surtitre de la Rédaction)

 

Michel Gbagbo

Michel Gbagbo

 

 

Michel Gbagbo : le procès pour « divulgation de fausses informations » est reporté

Mise à jour du 30 juin 2017 :
Report du procès au vendredi 20 octobre 2017

Nous apprenons le report d’une semaine du procès de Michel Gbagbo et Laurent Despas engagé à leur encontre pour divulgation à travers un média – le site d’informations en ligne Koaci.com -, de l’existence de nombreux prisonniers politiques en Côte d’Ivoire.

Alerte ! Michel Gbagbo convoqué devant le tribunal

Ce vendredi 23 juin 2017, Michel Gbagbo a été convoqué pour 8 h par le Tribunal correctionnel du Plateau (Abidjan).
Laurent Despas, Directeur général du site d’information en ligne Koaci.com, serait également poursuivi pour le même chef d’inculpation, à savoir « Divulgation de fausses informations », suite à une interview publiée en mai 2016 dans laquelle Michel confirmait l’existence de prisonniers politiques et de personnes disparues en Côte d’Ivoire.

Relire l’article du 25/05/2016 sur ce sujet

Aux mains de la DST

La Dst en Côte d’Ivoire « demeure un camp de torture… 20 personnes détenues à la Maca sont aujourd’hui très mal en point »

Interview de Désirée Douati  (Association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire)
Par SD, Abidjan

Désirée Douati, la fille de l’ancien ministre de Laurent Gbagbo, Alphonse Douati, dirige depuis 2014, une association qui apporte aide et assistance aux prisonniers d’opinion ainsi qu’à leurs familles respectives. Elle parle dans cette interview du combat de l’Association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire (Affdo-Ci).

Deux ans après la création de votre association, quel est votre bilan en termes d’actions en faveur des prisonniers d’opinion ?

Nous ne pouvons étayer les différentes actions que nous avons menées sur le plan diplomatique car la diplomatie est avant tout silencieuse ni les actions menées à l’endroit des détenus eux-mêmes et également des familles car nous leur apportons notre aide dans la discrétion. Cependant nous pensons que notre bilan général est négatif car les arrestations arbitraires continuent et nos parents demeurent toujours des otages.

A combien estimez-vous le nombre de prisonniers que vous défendez et qui sont-ils vraiment ?

Le nombre de détenus en Côte d’Ivoire comme j’ai pour l’habitude de le dire s’accroît de jour en jour. A cette heure précise, nous sommes à près de 300 détenus d’opinion dans les prisons légales et près de 100 à la Dst (Direction de la surveillance du territoire, ndlr) qui demeure un camp de torture. Les détenus sont des ivoiriens civils ou militaires. Ce sont des personnalités publiques mais également des citoyens ordinaires.

Quel est l’état des lieux dans les familles de détenus que vous avez dû visiter au cours de ces derniers mois ?

Les familles sont dans l’ultime détresse car tous les détenus sont de grands malades et tout porte à croire que le gouvernement se réjouit de voir leur santé se dégrader dangereusement. C’est triste, c’est inhumain et c’est pour cette raison que nous continuons de mener des actions certes discrètes afin que tous, sans aucune condition, recouvrent la liberté. Les familles des détenus sont à bout.

Le pouvoir n’est pas d’accord avec vous quand vous parlez de prisonniers politiques ou de prisonniers d’opinion. Comment justifiez-vous de votre côté l’usage de cette terminologie de « prisonniers politiques » ?

Nous considérons comme prisonnier d’opinion toute personne détenue ou restreinte dans sa liberté du fait de ses convictions politiques ou religieuses ou pour toute autre raison de conscience, de son origine ethnique. Aucun pouvoir, aussi dictatorial soit-il, ne peut se réjouir de détenir des personnes pour leurs opinions politiques. Ici, les faits sont concrets et visibles. Seules les personnes proches du Président Laurent Gbagbo sont injustement incarcérées. Seuls les corps habillés qui ont dit ‘’non’’ là où l’on leur demandait de dire ‘’oui’’ sont injustement condamnés comme c’est le cas du Général Dogbo Blé et de son adjoint Abi Jean pour ne citer que ceux-là. Il faut que cette justice de vengeance et de haine gratuite prenne fin car les détenus et leurs familles se meurent de jour en jour.

A la mi-mai, le décès du Mdl Kouatchi a ébranlé l’opinion ivoirienne surtout qu’il est décédé au Chu de Treichville, enchaîné sur son lit. Avez-vous des choses à dire sur les circonstances de ce décès ?

Je tiens avant tout propos à avoir une pensée pour sa famille biologique en particulier pour sa compagne Rose qui était à ses côtés et dont la souffrance est aujourd’hui silencieuse et profonde. J’ai également une pensée pour les détenus car ils sont plus endeuillés que nous. Enfin Je m’incline devant sa dépouille et prie afin que Dieu lui accorde cette paix qui lui a manqué durant 6 ans de détention arbitraire. Le MDL Kouatchi est décédé par la faute des services du Ministère de la Justice et M. Sansan Kambilé actuel Ministre de la Justice en est le 1er responsable car lorsqu’on est à la tête d’un Ministère, on est comptable des manquements graves au sein de ce département. Le MDL Kouatchi est mort par négligence car malade depuis décembre 2016, ce n’est qu’en mai 2017 qu’il a été transféré dans un centre hospitalier à la charge des membres de sa famille biologique et juridique. C’est grave !!!! Naturellement le mal s’était déjà propagé et lorsqu’il arrivait à l’hôpital il était déjà dans le coma. Malgré les soins reçus, il a rendu l’âme au Chu de Treichville. C’est l’occasion pour moi de remercier toutes les organisations de défense des droits au niveau national et international, le fonds de prévoyance militaire qui souhaitait l’évacuer dans une clinique et enfin tout le corps médical des centres hospitaliers universitaires de Yopougon et de Treichville. Nous leur sommes sincèrement reconnaissants.

Ce décès pose le problème des conditions de détention des prisonniers. Avez-vous enquêté pour dresser un rapport sur lesdites conditions ?

Ce décès pose surtout le problème du DROIT à la santé des prisonniers et de façon générale du traitement humain dû à leur égard. Selon le droit pénal international, un détenu a droit à la santé. En Côte d’Ivoire, il s’avère que les personnes détenues pour leurs opinions n’ont droit qu’à la mort. Lorsqu’elles sont malades, l’administration pénitentiaire attend qu’elles soient d’abord invalides avant de les transférer dans un centre hospitalier. Nous prions et implorons toutes les organisations nationales et internationales des droits de l’Homme afin qu’elles se préoccupent des conditions de détention des prisonniers d’opinion qui se meurent en Côte d’Ivoire. Il est bon de signaler que 20 personnes détenues à la Maca sont aujourd’hui très mal en point et en ce moment rien n’est fait pour leur prise en charge.

Plusieurs fois vous avez lancé un appel au gouvernement pour la libération des prisonniers. Depuis la justice va à son rythme et six ans après la fin de la crise postélectorale, ils sont encore nombreux en détention préventive. Comment envisagez-vous d’orienter votre démarche pour leur faire bénéficier de la liberté provisoire ou accélérer les procédures judiciaires contre eux ?

En commençant ce combat, nous étions conscients qu’il serait très long et nous nous sommes préparés en conséquence. Nous ne baisserons jamais les bras tant que nos parents seront emprisonnés et traités comme des animaux. Nous resterons debout jusqu’à ce que nous obtenions leur libération totale ! Le pouvoir en continuant de les détenir arbitrairement prouve à la face du monde que seule la tyrannie règne dans notre pays. Il faut libérer les détenus avant de parler d’émergence car aucun développement ne se construit dans l’oppression. Il faut libérer les détenus car aucune réconciliation n’est envisageable sans une justice équitable et impartiale. Il faut libérer les détenus car détenir des personnes sans raison c’est faire preuve d’un abus de pouvoir. Pour la dignité humaine, libérez nos parents !

In : Moacinter, 9 juin 2017
(Surtitre de la Rédaction)