Accueil » Actualités » Charles Konan Banny a rendu visite aux prisonniers de Boundiali

Charles Konan Banny a rendu visite aux prisonniers de Boundiali

Le Président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), Charles Konan Banny, a rendu visite, au début du mois de mars 2013, aux prisonniers politiques de Boundiali. Parmi eux se trouvent Henri Philippe Dakoury-Tabley, ancien gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Alcide Djédjé, ex-ministre des Affaires étrangères, et le député Martin Sokouri Bohui. Voici le récit qu’en a fait Coulibaly Doucy, pour Notre Voie :

« La visite surprise de Charles Konan Banny aux prisonniers politiques de Boundiali a livré quelques secrets. Selon des sources proches des autorités de la ville, le président de la Cdvr a passé des moments difficiles face aux détenus.

Face-à-face inattendue et humiliante d’anciens gouverneurs dans une prison. Situation inédite que nous permet de vivre, le régime d’Alassane Dramane Ouattara. En tout cas, Charles Konan Banny, ancien gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et son successeur de l’époque, Henri Philippe Dakoury-Tabley se sont retrouvés dans la prison de Boundiali, le 1er mars dernier. Ironie de sort, les deux anciens argentiers ivoiriens, sont dans de rôles terriblement opposés. Banny effectue « la balade des hommes heureux » pour le compte des « vainqueurs » de la guerre. Et Dakoury croupit en prison, innocente victime d’une justice aveugle et déséquilibrée, parce que, initiée par les mêmes « vainqueurs». Justement, la rencontre a permis d’évoquer les raisons qui font qu’Henri-Philippe Dakoury-Tabley est en détention, depuis bientôt deux ans, avec Alcide Djédjé, ex-ministre des Affaires Etrangères, Martin Sokouri Bohui, ex-député et de Seka Obodji, ex-directeur Général du CROU. Ces prisonniers ont demandé à Banny, qui a dirigé l’institution bancaire ouest africaine, s’il n’a pas « souri » des accusations farfelues du pouvoir qui prétend que Dakoury «a détourné 300 milliards de FCFA » des caisses de la BECAO. A cette interrogation, l’ancien premier ministre a répondu, en disant que les accusations contre le gouverneur Dakoury, loin de le faire «sourire ou rire », l’ont plutôt «profondément attristé ». Hypocrisie ou sincérité ? En tout état de cause, selon les témoins de cette rencontre de Boundiali, Banny paraissait bien contrarié et en difficulté face à ses « frères » Alcide Djédjé, Henri-Phillipe Dakoury-Tabley, Sokouri Bohui et Seka Obodji qu’il dit connaitre personnellent. Il s’attendait probablement à faire face à une telle situation dans la prison. Car la visite annoncée aux détenus par les autorités de la prison ne laissait pas croire que Banny serait présent. En outre, en donnant les nouvelles, Banny a indiqué être venu « fraternellement » et non entant que président de la Cdvr. Les détenus, en remerciant BANNY, pour cette visite fraternelle, ont souhaité qu’il revienne les rencontrer, dans un cadre plus officiel, en relation avec la mission de la Cdvr. Cependant, ils ont posé des questions à leur visiteur.

Banny face à la vérité et aux interrogations

En dépit des efforts du président de la Cdvr pour montrer qu’il n’est pas en visite officielle, Alcide Djédjé, le gouverneur Dakoury, l’honorable Sokoury Bohui, Secka Obodji et les jeunes extradés du Liberia ont interrogé leur visiteur pour comprendre les raisons de leur détention qui dure bientôt deux années, avec à la clef, le gel de leurs avoirs, la mise sous séquestre de leurs biens, sans compter le pillage planifié de leurs maisons. Ils l’ont questionné pour savoir s’il est normal que ceux qui ont dirigé le pays soient emprisonnés chaque fois que le pouvoir change de tête. Relativement à la répression contre Dakoury Tablet, les détenus politiques se sont demandé si le pouvoir ivoirien serait allé chercher le gouverneur dans son pays, si celui n’était pas ivoirien.Dans leurs interventions, les prisonniers se sont dit favorables à la réconciliation. Mais pour eux, il incombe en premier, à celui qui est au pouvoir, d’œuvrer dans ce sens.

Répondant à ces questions, Banny a livré aux détenus politiques, un message d’encouragement et de patience. Il leur a dit que les choses avancent, lentement peut-être, mais sûrement et qu’il faut garder espoir en la Côte d’Ivoire.

Avant de lever la séance, le visiteur a permis au porte-parole des jeunes extradés du Libéria, de s’exprimer au nom du groupe. Celui-ci a brièvement relaté leur périple mouvementé au Libéria où ils se sont réfugiés dès mars-avril 2011, fuyant les exactions des FRCI dans leurs régions ou lieux de résidence respectifs. Il a dit comment, à la demande du gouvernement ivoirien, ils ont été arrêtés par les autorités libériennes, le 16 juin 2011, emprisonnés au Libéria, puis extradés en Côte d’Ivoire, le 23 juin 2012, après une année dans les prisons libériennes, sans jugement. Depuis leur extradition, ils croupissent dans les prisons ivoiriennes sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre eux. Charles konan Banny était en mission dans le cadre de l’installation des structures de la Cdvr dans les différentes localités. C’est dans ce cadre, qu’au terme de son programme à Boundiali, le président de la Cdvr a voulu saluer ses « frères » en prison dans la ville. Outre son discours d’encouragement, Banny a décliné quelques axes de ses missions, avant de se rendre à Korhogo pour mettre en place d’autres structures de la Cdvr. »

Coulibaly Doucy
In Notrevoie.com, 11 mars 2013
(Titre et chapeau de Soutien et liberté)

Publicités
mars 2013
L M M J V S D
« Fév   Avr »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031