Accueil » 2013 » septembre

Monthly Archives: septembre 2013

Lyon : réunion d’information du 28 septembre 2013 ; le message de Michel Gbagbo

La réunion s’est tenue en public, dans un jardin du 7ème arrondissement.
L’initiative en revenait au Front Populaire Ivoirien (Hortense Assalé et les membres de sa Délégation, et pour Lyon, Monique Berthelot) et à la Résistance ivoirienne à Lyon.
Elle avait un double objectif : saluer les remises en liberté provisoire intervenues au mois d’août 2013 – en particulier celle de Michel Gbagbo, natif de Lyon -, et apporter des éclaircissements sur la nouvelle organisation du FPI, à l’intérieur et à l’extérieur de la Côte d’Ivoire.

Parmi les invités :

Bamba Massany, ex-députée FPI de Port-Bouët, a développé avec enthousiasme le thème de la remobilisation nécessaire des militants après les heures douloureuses qu’a vécues la Côte d’Ivoire. Elle a également souligné le fait que Laurent Gbagbo devait en grande partie à son caractère indépendant et non corruptible d’avoir subi une campagne de dénigrement et de rejet de la part des puissances occidentales, en particulier les gouvernements français.

Alain Cappeau, en tant que Conseiller spécial du Président Gbagbo, a transmis de la part de celui-ci :
– sa reconnaissance à l’égard de tous ceux et toutes celles qui poursuivent sans relâche les actions en faveur de sa libération et de celle des autres détenus politiques ;
– le souhait de voir se fédérer tous les mouvements de Résistance ivoirienne au sein de la diaspora.

Jacqueline Chamois a lu un message de son fils Michel à l’intention de tous ceux qui, à Lyon et ailleurs, se sont mobilisés pour lui, et pour la cause des détenus politiques ivoiriens.
Lire le message de Michel Gbagbo

(J. C., pour Soutien et liberté)

Mise à jour du 04/10/2013 :
Le film de la manifestation réalisé par EventNews TV

Nouvelles 2013-09-20

Cour pénale internationale : les autorités ivoiriennes déclarent ne pas vouloir transférer Simone GBAGBO à la CPI
Explications et réaction de Maître Habiba TOURE
(Source : IvoirenewsInfo.net)

Jean-Yves DIBOPIEU est enfermé dans un état critique au sous-sol de la DST
Selon les informations recueillies par Le Nouveau Courrier (N° 881, 18 sept. 2013), Jean-Yves Dibopieu, extradé du Ghana en février 2013, a subi de nombreuses brutalités et se trouve dans un état très grave, sans que sa famille puisse même lui rendre visite.

Après le décès de Basile Mahan Gahé : hommages chaleureux et nombreuses réactions

Hommage du Pr. Hubert Oulaye, à Basile Mahan Gahé : « Adieu intrépide Guerrier du travail, … adieu Buffle indomptable de Diboké. » Hubert Oulaye (ancien ministre de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi). In : Civox, 19 sept. 2013.
http://url.exen.fr/85244/

Communiqué de presse (…) relatif au décès de Mahan Gahé, ex-prisonnier politique en liberté provisoire, syndicaliste et Secrétaire Général de la Centrale syndicale DIGNITE. Comité d’Action pour la Libération des Camarades Prisonniers Politiques (CAL-CP), 18 sept. 2013. In : Civox, 19 sept. 2013.
http://www.civox.net/Declaration-du-CAL-CP-relative-a-la-mort-Basile-Mahan-Gahe-Le-pouvoir-Ouattara-responsable-de-sa-mort_a3631.html

Mahan Gahé n’est plus : parcours d’une icône ivoirienne. Théophile Kouamouo. In : Le Nouveau Courrier [en ligne], 18 sept. 2013.
http://nouveaucourrier.net/mahan-gahe-nest-plus-parcours-dune-icone-ivoirienne/

Le PCF rend hommage au dirigeant syndicaliste décédé Basile Mahan Gahé. Parti communiste français, 17 sept. 2013. [En ligne].
http://www.pcf.fr/44001

Torturé pendant plus de 2 ans : Mahan Gahé Basile est mort. Armand Bohui. In : Notre Voie, n° 4520, 17 sept. 2013. [En ligne].
http://www.notrevoie.com/a_la_une.asp?id=54071

Décès de Mahan Gahé Basile : le témoignage poignant de Dogo Raphaël, son compagnon de cellule. In : Steve Beko, 17 sept. 2013.
http://stevebeko.wordpress.com/2013/09/17/deces-de-mahan-gahe-basile-le-temoignage-poignant-de-dogo-raphael-son-compagnon-de-cellule/

Le Secrétaire général de la Centrale Dignité est décédé : pourquoi ils voulaient tant la peau de Mahan Gahé. Boga Sivori. In : Notre Voie, n° 4520, 17 sept. 2013 [En ligne].
http://www.notrevoie.com/a_la_une.asp?id=54046

L’hommage du ministre Emile Guirieoulou à Mahan Gahé : ainsi donc ils t’ont eu. Emile Guirieoulou. In : Regards croisés, 17 sept. 2013.

http://regardscroises.ivoire-blog.com/archive/2013/09/17/l-hommage-du-ministre-emile-guirieoulou-a-mahan-gahe-ainsi-d.html

Décès du syndicaliste Basile Mahan Gahé en Côte d’Ivoire : le CPAD accuse Alassane Ouattara. Maître Seri S. Zokou, Comité de Pilotage des Actions de la Diaspora. In : Steve Beko, 17 sept. 2013.
http://stevebeko.wordpress.com/2013/09/17/deces-du-syndicaliste-basile-mahan-gahe-en-cote-divoire-le-cpad-accuse-alassane-ouattara/

Basile Mahan Gahe

Source : Contrepoids

Mort pour avoir défendu la liberté syndicale. Christine Tibala. In : Contrepoids, 16 sept. 2013.
http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/09/mort-pour-avoir-defendu-la-liberte.html

Réaction du Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens à l’annonce du décès de Basile Mahan Gahé. Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens. 16 sept. 2013.
Communiqué 20130916

Cérémonie en l’honneur du retour de Michel Gbagbo

Par Coulibaly Zié Oumar
(Notre Voie)

Recevant la fédération Fpi de Yopougon, Michel Gbagbo : «C’est par les élections que nous les ferons partir»

L’Appatame de la résidence de Laurent Gbagbo à Abidjan-Riviera Golf est en train de retrouver son animation d’antan. Samedi, de 10h à 12h, Michel Gbagbo, le fils du fondateur du Fpi, fraîchement sorti des geôles d’Alassane Ouattara, a reçu près de 200 militants du Fpi venus de la fédération Fpi d’Abidjan-Banco de Yopougon. Zaba Zadi, le fédéral de Yopougon, pouvait être heureux d’avoir rempli comme un œuf le célébrissime Appatame. «Nous sommes heureux d’être ici ce matin (samedi, ndlr)», s’est-il exprimé. En fait, Zaba Zadi et sa délégation sont allés témoigner au fils de Laurent Gbagbo, militant de base de cette fédération, leur joie de le voir enfin libre. Ce qui a donné lieu à une ambiance de fête. Avec des chants en chœur, des danses, une mini cérémonie de purification de l’ex-prisonnier. «Chez nous, la prison est considérée comme un lieu de saleté, d’ordures. Quand un enfant sort de prison, ses parents font une cérémonie pour le laver et le rendre propre. Chez les Akan, c’est le kaolin qui est utilisé. Mais, chez Michel à Mama, on prend un coq blanc, on récupère la salive du bec du coq qu’on pose sur le front de l’ex-prisonnier», a expliqué le fédéral de Yopougon en accomplissant ces gestes. Il était ainsi purifié selon ce rite traditionnel. Alors Diabaté Bêh, ex-prisonnier également de Bouna et porte-parole pour la circonstance de Michel Gbagbo, peut maintenant donner les nouvelles. «Comme le même produit le même, Michel Gbagbo a le moral», a-t-il affirmé, faisant allusion au courage que Michel a hérité de son père, le président Laurent Gbagbo. Et de poursuivre : «Michel est sorti pour annoncer le retour de Simone et de Laurent Gbagbo». Une annonce que les militants accueillent avec un tonnerre d’applaudissements et de cris de joie.

C’est dans cette ambiance surchauffée que Michel Gbagbo va prendre la parole. Comme un sage moine, il appelle au pardon et à l’union d’une Côte d’Ivoire qui, malheureusement selon lui, a basculé dans l’ethnisme du fait du pouvoir en place. «Vos cœurs ne doivent pas devenir comme ceux de ceux qui nous ont fait du tort», a-t-il conseillé.

S’adressant au pouvoir en place avec un ton plus offensif, Michel Gbagbo lance : «Je suis le fils de Laurent Gbagbo, je suis Bété, je suis Fpi, je supporte l’Africa et j’en suis fier». «Si vous voulez me faire souffrir pour que je change, sachez que je ne changerai pas», a-t-il poursuivi à la grande joie des militants de Zaba Zadi.

Selon Michel Gbagbo, «ils (les partisans du pouvoir, ndlr) ont peur qu’on se venge (…) Eh bien, qu’ils sachent que nous ne nous vengerons pas. La vengeance est l’affaire de Dieu», a-t-il clamé à ses camarades militants. Avant d’annoncer : «Inch’Allah, ce sera par les élections que nous les ferons partir du pouvoir», à la grande joie des militants qu’il a, par ailleurs, invité à se préparer à aller accueillir son père à l’aéroport, car ce que Dieu a commencé, Il le terminera.

In : Notre Voie, n° 4519, 16 sept. 2013

Réaction du Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens à l’annonce du décès de Basile Mahan Gahé

C’est avec une profonde émotion que nous apprenons le décès, à Abidjan, de Basile Mahan Gahé, Secrétaire général de la centrale Dignité, ce lundi 16 Septembre 2013.

Nous nous associons tout d’abord à la douleur de sa famille et de ses proches.

Avec la disparition de ce symbole, c’est le monde syndical ivoirien, africain et international, mais aussi le peuple ivoirien qui sont en deuil.

Basile Mahan Gahé a payé de sa vie les multiples actes de tortures subis avant et pendant sa longue détention arbitraire dans les geôles de Boundiali. Tabassé sauvagement à plusieurs reprises par la soldatesque de Ouattara, lors son arrestation, ce sexagénaire a également subi des mauvais traitements pendant les 22 mois passés en prison dans le nord du pays.

Vu la gravité des faits, Amnesty International dénoncera son cas, dans un de ses rapports :
«… Il a été arrêté sans inculpation le 26 avril chez lui, à Abidjan, par des membres des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), qui ont perquisitionné et mis son domicile à sac… Amnesty International a reçu des informations crédibles indiquant que cet homme a été soumis à des actes de torture, en particulier dans les jours qui ont suivi son arrestation, et qu’il serait en mauvaise santé. L’organisation a appris que, une nuit, celui-ci avait été emmené au cimetière de Yopougon et attaché. Des agents des forces de sécurité ont alors commencé à faire feu autour de lui pour lui faire croire qu’ils allaient le tuer. Une autre fois, il a été frappé au dos à maintes reprises avec le plat de la lame d’une machette. La douleur était si intense qu’il ne pouvait même plus s’asseoir ».

Libéré par la suite grâce à la mobilisation d’envergure de nombreuses organisations syndicales internationales, et en particulier de la CGT-France, qui ont fait de sa défense un point d’honneur, il ne s’est jamais remis des souffrances infligées par ses tortionnaires, et il en a gardé de très graves séquelles.

Mais, comble du raffinement dans la perversion, ses comptes bancaires ont été bloqués par le régime de Ouattara, l’empêchant, ainsi, d’accéder aux soins dont il aurait dû bénéficier, passé ce martyre. En effet, comment se soigner, sans argent, dans un pays où l’assurance maladie n’a pu être mise en place à cause de l’ingérence française dans la politique du gouvernement de l’époque ?

Cependant, il faut souligner, qu’envers et contre tout, Basile Mahan Gahé n’a jamais renoncé à son combat. C’est un homme debout, qui témoigne, avec un immense courage, en mars 2013, au 50ème congrès de la CGT, malgré les tentatives d’intimidation dont il a été l’objet à la veille de cette invitation : tentative d’enlèvement, assassinat de sept membres de sa famille, incendie du reste de son village sacrifié.

C’est à juste titre que les congressistes lui réservent, debout, une salve d’applaudissements, à l’issue de cette forte, et inoubliable, prise de parole.

L’immense Basile Mahan Gahé aura, ainsi, porté jusqu’au bout son combat pour le monde du travail.

En ce jour sombre de l’annonce de son décès, suite aux mauvais traitements et tortures subis dans les geôles du régime tortionnaire de Ouattara, le comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens tient, personnellement, M. Alassane Ouattara pour responsable de sa mort tragique.

Et le tiendra également responsable de ce qui pourrait arriver aux personnes récemment libérées ainsi qu’à celles qui sont encore illégalement détenues. La torture étant une pratique généralisée.

Nous réclamons également le déblocage des comptes de Basile Mahan Gahé. Nous demandons que l’intégralité des sommes qui s’y trouvaient soit rendue, sans délai, à son épouse. De même pour l’ensemble des personnalités de l’opposition privées de tout moyen de subsistance par cette mesure inique. Nous dénonçons aussi, et de source sûre, le fait que certaines personnes qui ont vu leurs comptes débloqués les ont retrouvés entièrement vides.

Par ailleurs, nous invitons l’ensemble des personnalités de la gauche française et des organisations syndicales à prendre la mesure de la violence du régime installé de force par la France, l’ONU, et la communauté internationale le 11 Avril 2011.

Nous formulons le vœu qu’elles réalisent, ainsi que l’opinion publique française, la gravité de la situation qui est celle de la Côte d’ivoire et de ses citoyens, onze ans après le début du coup d’état le plus long de l’histoire (19 Septembre 2002 – 11 avril 2011).

L’ONDE DE CHOC PROVOQUEE AUJOURD’HUI PAR LE DECES DE BASILE MAHAN GAHE AJOUTE A LA DESESPERANCE DES POPULATIONS ET AU SENTIMENT D’INJUSTICE DE MILLIONS D’IVOIRIENS. COMBIEN FAUT-IL DE BASILE MAHAN GAHE POUR QUE S’EVEILLENT ENFIN LES CONSCIENCES ET QUE LE VENT DE LA JUSTICE COMMENCE A SOUFFLER SUR LA COTE D’IVOIRE ?

LA FRANCE ET SES CITOYENS S’HONORERAIENT A :
– PRENDRE LA MESURE DE LEUR RESPONSABILITE DANS LA TRAGEDIE IVOIRIENNE
– ETRE AUX COTES DU PEUPLE IVOIRIEN QUI SOUFFRE

COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS

Paris le 16 Septembre 2013

Contact du Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens :
prisonnierspolitiques.rci [AT] gmail.com

Décès de Basile Mahan Gahé

Nous venons d’apprendre la terrible nouvelle du décès de Basile Mahan Gahé, Secrétaire Général de la Confédération syndicale ivoirienne « Dignité », enlevé en avril 2011 et torturé par les hommes au service de Ouattara et de Soro.

Suite aux maltraitances subies, sa santé s’était considérablement détériorée. Ses comptes étaient bloqués et, bien que remis en liberté en décembre 2012, il n’avait pas les moyens matériels de faire face à tous les frais médicaux. Il a dû être hospitalisé dans un état très grave.

Honneur et respect à Basile Mahan Gahé !

 

Continuons le combat pour la libération de tous les prisonniers politiques !

COMMUNIQUE DU COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS

CONTINUONS LE COMBAT POUR LA LIBERATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES, ET DU PREMIER D’ENTRE EUX, DETENU A LA HAYE, LAURENT GBAGBO

SANS LA LIBERATION TOTALE DE TOUS LES PRISONNIERS, SANS LE RETOUR DE TOUS LES EXILES, SANS LA CESSATION TOTALE DES ETHNOCIDES DE L’OUEST, SANS LE JUGEMENT DU GENOCIDE DE DUEKOUE, SANS L’ABROGATION DE LA POLITIQUE LIBERTICIDE DE RATTRAPAGE ETHNIQUE, SANS l’ANNULATION DE LA LOI SUR LA NATURALISATION ET L’APATRIDIE, PASSEE EN FORCE AU DETRIMENT DES IVOIRIENS ET DE LEURS TERRES, SANS LA RESTITUTION DES BIENS ET LE DEBLOCAGE DES COMPTES, SANS LE RETOUR DE LA LIBERTE D’EXPRESSION ET DU DEBAT DEMOCRATIQUE, LA RECONCILIATION, CONDITION DE LA RECONSTRUCTION DU TISSU SOCIAL, NE POURRA SE FAIRE

LA CLE DE LA RECONCILIATION SE TROUVE A LA HAYE.

ABIDJAN, PARIS ET LA «COMMUNAUTE INTERNATIONALE» LE SAVENT

A la date du 6 août 2013, le total cumulé des prisonniers politiques s’élevait à 708 personnes. Or, il y a quelques jours, 4 pro-Gbagbo, ou supposés tels, ont été jetés en prison. Ainsi, le régime de Ouattara continue-t-il sa fuite en avant en poursuivant allègrement sa logique de persécution et de violation généralisée des droits de l’homme.

Un mois et demi à peine après leur mise en liberté provisoire, le régime d’Abidjan menace déjà de reconduire en prison le Président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, et ses camarades : souffrant d’un déficit de légitimité, le régime d’Abidjan opte une fois de plus pour la réduction de toute contradiction idéologique par une instrumentalisation politique de la violence et de la justice.

D’ailleurs Alassane Ouattara et son ministre de la Justice et des droits de l’homme viennent de promettre la construction de 10 nouvelles prisons, affichant de la sorte publiquement leur volonté de durcir un des moyens de répression de la dictature qu’ils ont mise en place, depuis le 11 avril 2011, avec l’aide de la France et de l’ONU.

On sait que les camps illégaux de détention et de torture dont Amnesty international a dénoncé l’existence, continuent à fonctionner. Et que dans les locaux de la sinistre DST, des personnes soupçonnées d’être pro-Gbagbo sont gardées des jours entiers à l’intérieur de containers, dans des conditions que l’on ne souhaiterait à aucun animal.

Aujourd’hui, des prisonniers politiques, provisoirement libérés, souffrent de graves séquelles physiques dues à leurs conditions de détention. S’il est encore impossible d’évaluer précisément l’étendue et l’impact des conséquences des traumas moraux et physiques infligés par leurs tortionnaires, on sait par contre que les conséquences sont importantes et pour certains, terribles. Ainsi, Basile Mahan Gahé, secrétaire général de la centrale syndicale Dignité, qui n’a dû sa libération, après 18 mois de détention arbitraire et illégale, qu’au soutien sans faille de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de la CGT-France, se trouve-t-il aujourd’hui dans un état critique qui a nécessité son évacuation d’urgence à la Pisam (Polyclinique Internationale Sainte Anne-Marie), à Abidjan.

Si la plupart des leaders politiques ont été libérés le 6 Août, il faut rappeler que Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé et Jean-Yves Dibopieu, pour ne citer qu’eux, croupissent encore dans leurs cachots, en violation totale de toutes les conventions internationales.

La quasi-totalité des prisonniers anonymes, quant à elle, se trouve à la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan), dans des conditions carcérales de surpeuplement innommables.

Nous venons d’apprendre que les FRCI (soldats de l’armée ethnique Ouattariste ) ont lancé une offensive sur les détenus de cette prison, hier, samedi 14 Septembre. On note plusieurs blessés dont deux cas graves (Source : blog de Alain Doh Bi : http://lafriquepuissancemondiale2050.ivoire-blog.com). Cette attaque fait suite à celle du 23 au 24 Juillet 2013, pour laquelle le « Collectif des femmes des détenus de la crise postélectorale » a dénoncé le massacre de 57 personnes dont 16 femmes.

Le Nord du pays, considéré symboliquement par le pouvoir comme le lieu le plus sûr, parce qu’étant la région natale des «vainqueurs» qui font régner leur «justice» à travers une terreur généralisée dans tout le pays, est la zone territoriale où ont été embastillées les personnalités proches de l’ancien président Laurent Gbagbo.

Aujourd’hui encore, 28 mois après la prise de pouvoir de Ouattara par la force, les arrestations et les persécutions continuent en toute illégalité, sur la base de présupposés ethniques (en particulier contre des personnnes originaires du sud du pays), de sympathies politiques et/ou de motifs infondés. Mais parmi les victimes du régime totalitaire d’Abidjan, se trouvent bien entendu des ressortissants du Nord persécutés pour leurs opinions, ce qui confirme le fait que Laurent Gbagbo est bel et bien le leader le plus transethnique d’entre les candidats à la présidentielle du 28 novembre 2010.

Enfin, le nombre total des réfugiés est estimé à 80 000 personnes, dont 52 839 assistées par le HCR.

Certains de ces exilés (en particulier des membres de l’élite intellectuelle et/ou politique complètement décimée depuis le 11 avril 2011) sont même pourchassés jusque sur le sol de leurs pays d’accueil (Ghana, Libéria, Togo, Bénin) par les services secrets ivoiriens et les milices tribales à la solde de Ouattara.

A la veille du 11ème anniversaire du coup d’état le plus long de l’histoire (19 septembre 2002-11 Avril 2011), il est plus que temps que cessent le martyre du peuple ivoirien et l’ethnocide des populations de l’Ouest.

L’allégresse générale suscitée par la libération des prisonniers politiques, et l’accueil phénoménal réservé à Pascal Affi N’Guessan lors de sa tournée actuelle dans le pays, témoignent de l’existence d’un véritable soutien populaire à Laurent Gbagbo et à la politique mise en place par le gouvernement courageux, intégre et socialiste du Professeur Gilbert-Marie Aké N’gbo, ainsi qu’à la cause qu’ils ont défendue jusqu’au bout, celle du droit du peuple ivoirien à son autodétermination, dans la légalité.

C’est pourquoi il est à noter, à deux ans d’hypothétiques élections présidentielles, que sans la libération imminente de Laurent Gbagbo, dont la nature politique du procès n’est plus à démontrer, et dont la relaxe est la condition sine qua non d’une véritable réconciliation nationale, la Côte d’Ivoire ne pourra que continuer son escalade vers la violence. Sans cela, si le pire n’est jamais certain, il pourrait bien rester à venir.

CONTINUONS À FAIRE PRESSION POUR LA LIBÉRATION TOTALE DES PRISONNIERS POLITIQUES DE CÔTE D’IVOIRE, ET DU PREMIER D’ENTRE EUX, LAURENT GBAGBO, POUR LEUR RÉHABILITATION ET POUR LE RETOUR DE TOUS LES EXILÉS !

JUSTICE ET VERITE SONT LES CONDITIONS NON NEGOCIABLES DU RETOUR A LA PAIX.

COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS

Paris le 15 Septembre 2013

Contact du Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens :
prisonnierspolitiques.rci [AT] gmail.com

Version PDF :
Continuons le combat pour la libération de tous les prisonniers politiques

Après avoir été torturé par les FRCI, le syndicaliste Mahan Gahé très très malade !

Par Frank Toti
(Le Nouveau Courrier)

Le Secrétaire général de la Centrale syndicale Dignité, Mahan Gahé Basile, libéré de sa détention arbitraire et illégale de plus de 18 mois, est actuellement dans un état critique qui a nécessité son évacuation d’urgence à la Pisam.

Le Secrétaire général de la Centrale syndicale Dignité, Basile Mahan Gahé, est en ce moment dans un état alarmant. Sa santé s’est sérieusement détériorée suite aux mauvais traitements et actes de torture endurés durant sa longue détention arbitraire aussi bien dans un commissariat de Williamsville qu’à la prison civile de Boundiali. Depuis sa mise en liberté, le 22 décembre 2012, à la suite de pressions des confédérations syndicales nationales et internationales, Mahan Gahé n’a jamais pu retrouver la forme. Selon des membres de sa famille, il était souvent pris de paralysie totale durant des crises dont la dernière, survenue le lundi 9 septembre 2013, a nécessité son évacuation d’urgence à la Pisam, où il est interné depuis lors. A en croire le diagnostic effectué à la suite des examens médicaux, le SG de la Centrale Dignité a plusieurs vertèbres et côtes brisés. Pour être plus précis, Mahan Gahé, selon ses médecins traitants, a sept vertèbres cervicales (logées au niveau du cou) cassées, cinq côtes cassées, dont deux sur le côté droit et trois sur le côté gauche.

Dans la haine viscérale qui avait animé le régime Ouattara, en plus d’avoir été enlevé et détenu illégalement, Mahan Gahé avait vu ses avoirs gelés. Dans ces conditions, comment faire face au moindre frais médical causé par des actes de tortures subis ?

Les actes de tortues subis

Amnesty International, dans plus d’un rapport publié, avait dénoncé l’arrestation arbitraire, illégale de ce responsable syndical et révélé les actes de tortures qu’il a subis durant sa longue détention illégale. «Basile Mahan Gahé est le secrétaire général de la Confédération Dignité, un syndicat affilié à la Confédération syndicale internationale (CSI). Il a été arrêté sans inculpation le 26 avril chez lui, à Abidjan, par des membres des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), qui ont perquisitionné et mis son domicile à sac… Amnesty International a reçu des informations crédibles indiquant que cet homme a été soumis à des actes de torture, en particulier dans les jours qui ont suivi son arrestation, et qu’il serait en mauvaise santé. L’organisation a appris que, une nuit, celui-ci avait été emmené au cimetière de Yopougon et attaché. Des agents des forces de sécurité ont alors commencé à faire feu autour de lui pour lui faire croire qu’ils allaient le tuer. Une autre fois, il a été frappé au dos à maintes reprises avec le plat de la lame d’une machette. La douleur était si intense qu’il ne pouvait même plus s’asseoir», a relevé Amnesty International dans son rapport d’urgence sur le cas Mahan Gahé, en juin 2011. La Confédération syndicale internationale (CSI) regroupant plus de 175 millions de syndiqués à travers le monde, avait fait du cas de Mahan Gahé, une urgence, mobilisant toutes les structures syndicales africaines et internationales. L’état de santé de Mahan Gahé nécessite une mobilisation des centrales syndicales et des démocrates dans leur ensemble. Parce ce dernier fait les frais d’une injustice sans précédent. Tout comme lui, plusieurs autres détenus, à un degré certainement moindre, ressentent à ce jour les séquelles des actes de tortures subis.

In : Le Nouveau Courrier (en ligne), 13 sept. 2013

Pour en savoir plus :
« Libéré, le syndicaliste ivoirien Basile Mahan Gahé applaudi chaleureusement au Congrès de la CGT »

Chili : 11 septembre 1973 – 11 septembre 2013 Hommage aux victimes de la dictature militaire de Pinochet

11 septembre 2013 : 40ème anniversaire du coup d’état qui installa la dictature militaire de Pinochet au Chili (1973-1990) et renversa le régime socialiste démocratiquement élu de Salvador Allende.
Le Collectif « Chili 1973-2013, Mémoires et Résistances » organise en Isère, de septembre à novembre, diverses actions en vue de rendre hommage aux nombreuses victimes du régime torturées, assassinées, disparues ou exilées, ainsi qu’à ceux qui, en France, ont accueilli les réfugiés chiliens.
(Source : Indignez-vous !)

Pascal Affi N’Guessan : « Le FPI n’acceptera pas que son fondateur soit en prison pour avoir respecté la Constitution de son pays »

Pascal Affi N’Guessan, extraits du discours du 7 septembre 2013

(…) A cette cérémonie de rassemblement et de réengagement, de braves militants anonymes, d’illustres camarades et des milliers de nos compatriotes manquent à l’appel ; certains, victimes innocentes de la folie meurtrières qui s’était emparée de ceux qui nous gouvernent malheureusement à l’heure actuelle, et pour qui la vie humaine n’a aucune valeur dans la balance de leurs ambitions. Nos cœurs saignent quand nous viennent en mémoire les souvenirs de Bohoun Bouabré, Désiré Tagro, Diagou Gomont Jean-Baptiste, Gnan Raymond pour ne citer que ceux-là. Les douloureux évènements de Doukoué, de Nahibly mais aussi tous les foyers de massacres et d’exactions à travers le pays, interpellent notre compassion, notre solidarité et notre fraternité. Le week end dernier, nous avions observé une minute de silence pour honorer les mémoires des disparus, toutes les mémoires. Aujourd’hui, j’adresse à mon tour mes condoléances les plus attristées à leurs enfants, à leurs familles et à tous ceux qui leurs sont chers, et à travers eux à la nation toute entière. A tous nos compatriotes, ces milliers de femmes et de jeunes qui croupissent en prison ou vivent un exil forcé, nous disons qu’ils sont une part de nous-mêmes, que leur sort afflige nos âmes, et que nos cœurs et nos esprits ne seront en paix qu’avec leur libération. Je pense tout particulièrement au Président Laurent Gbagbo, celui à qui je dois d’être aujourd’hui, au plan politique, ce que je suis, et de mériter votre sympathie et votre attachement. Le Camarade Sangaré Aboudrahamane, le plus intime parmi ses fidèles compagnons, à éloquemment dépeint la semaine dernière, le caractère odieux de la situation qui lui est faite et l’urgence de sa libération, au nom de la vérité, de la justice, de la paix et de la réconciliation nationale.
Qui peut raisonnablement penser que la Côte d’Ivoire peut se passer de Laurent Gbagbo et de ses compagnons en détention ou en exil, de Simone Gbagbo, de Blé Goudé Charles, du Général Dogbo Blé, du Conte Amiral Vagba Faussignaux, pour ne citer que les plus illustres, pour guérir de ses blessures et poursuivre sa marche en avant. C’est ne pas comprendre que leur situation est justement la manifestation violente des pathologies dont souffre le pays. C’est ne pas avoir conscience que la qualité des personnalités incarcérées ou en exil, leurs origines, leurs places et leurs rôles dans la vie nationale sont tels qu’elles ne peuvent pas être ignorées dans le processus de réconciliation nationale.
Solennellement, je voudrais dire ici, que la lutte pour la libération de Laurent Gbagbo est pour le FPI une obligation politique et un impératif catégorique. Le FPI n’acceptera pas que son fondateur soit en prison pour avoir respecté la Constitution de son pays. (…)

J’appelle le Chef de l’Etat, le Président Alassane Ouattara, une fois qu’il aura libéré tous les prisonniers politiques (civils et militaires) et ouvert les frontières aux exilés, à convoquer les Etats Généraux de la République qui seront l’instrument opérationnel de la réconciliation, instrument pour fonder un nouveau contrat social, un consensus sur toutes les questions qui nous divisent aujourd’hui. (…)

A nos Frères et Sœurs de la diaspora qui battent chaque jour le pavé afin que la cause de Laurent Gbagbo et de la Côte d’Ivoire progresse dans les consciences, je dis un grand merci et souhaite beaucoup de courage et de réussite. Notre victoire est inéluctable, Gbagbo reviendra. Que nos Représentations à l’Etranger se mettent au travail pour appuyer la diaspora et accélérer le processus de libération de Notre pays.
Aux Frères et Sœurs exilés au Ghana, au Togo, au Bénin et à travers le monde, je dis de tenir bon et de garder confiance. Bientôt vous serez avec nous. C’est dans le rassemblement et l’unité d’action que nous vaincrons. (…)

Lire le texte intégral du discours dans Le Nouveau Courrier (en ligne), 8 sept. 2013 :
Passation des charges à la tête du FPI : l’intégralité du discours du président Pascal Affi N’Guessan

Réconciliation en Côte d’Ivoire : entre paroles vaines et actions inutiles

Par Tah Bayi Saint-Clair
(Le Nouveau Courrier)

C’est connu que dans l’histoire, les moments de crise s’accompagnent d’un frémissement et d’un bouillonnement au niveau des idées et de la production. Cette situation provoque la mort, la naissance ou la résurrection de concepts divers. La Côte d’Ivoire n’échappe pas à cette règle. La crise qu’elle subit depuis près de deux décennies a enrichi en très peu de temps le vocabulaire des Ivoiriens. Au début, nous avions connu les concepts de conjoncture, de P.A.S, de dauphin constitutionnel et plus récemment d’assaillants, d’état d’urgence, couvre-feu, sécession, rébellion, coup d’Etat, négociation, concomitamment et bien entendu le concept de réconciliation qui va être le fil d’Ariane de la présente réflexion.

La réconciliation et étymologie
Réconciliation ? Ce nom dérive du verbe réconcilier. C’est au XIIIème siècle qu’il faut remonter pour voir ses premières occurrences dans notre langue. (suite…)

Dans les prisons 2013-09-04

Mise à jour : 06/09/2013

Lu sur le blog de Alain Doh Bi :

04/09/2013

Abidjan : Selon des sources introduites, le détenu pro-Gbagbo Diomandé Guédé Sévérin, Mandat dépôt 14/09/2012, a entamé une grève illimitée de la faim depuis le 30 août 2013 à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA).
Il proteste contre les mauvaises conditions de détention des prisonniers politiques, sans audition ni jugement. Au 6è jour de sa grève illimitée, le détenu politique Diomandé Guédé Sévérin est devenu très faible. Il a maigri, ont précisé les mêmes sources.
A ce jour Mercredi 4 septembre 2013, l’on dénombre 709 détenus politiques dans les goulags du régime Ouattara, selon le bilan de la presse proche de l’opposition ivoirienne.

02/09/2013

(…) DAGO WILFRIED (étudiant) ; DAGO ANICET (coiffeur esthéticien). DAGO PASCAL CYRILLE (étudiant). Ce sont 3 frères tous utérins (même mère), tous de l’ethnie Dida. Ils ont été enlevés le 28 novembre 2011 par les FRCI. Depuis 22 mois, les frères DAGO sont détenus, à la MACA au Bâtiment C.

Lu dans l’Infodrome (source : L’Inter)

03/09/2013

La Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire a rendu une visite accompagnée de remise de dons à plusieurs détenus politiques de la MACA.
En savoir plus :
http://linfodrome.com/index.php?option=com_content&view=article&id=11226:maca-dans-l-univers-des-prisonniers-pro-gbagbo&catid=8&Itemid=110

Lire et voir 2013-09

La Cour Pénale Internationale, une arme à double tranchant…
En vue de la chienlit de 2015. Le Chef d’état ivoirien libère ses chiens de garde. Nick de Bessou, Président du Forum pour la Démocratie et la Résolution des Crises, 20 sept. 2013. In : ResistanCIsrael, 22 sept. 2013.
http://re.ivoire-blog.com/archive/2013/09/22/en-vue-de-la-chienlit-de-2015-431056.html

Allocution du Président Aboudrahamane Sangaré, 1er Vice-président du FPI, Porte-parole des ex-détenus politiques : Réception des ex-prisonniers politiques samedi 31 août 2013, QG Laurent Gbagbo.
http://lafriquepuissancemondiale2050.ivoire-blog.com/archive/2013/09/04/allocution-integrale-d-aboudramane-sangare-a-la-reception-de-429452.html

Question à Alassane Ouattara : à quel corps d’armée appartiennent les dozos ? Raphaël Adjobi. In : Les pages politiques de Raphaël, 2 sept. 2013.
http://leblogpolitiquederaphael.ivoire-blog.com/archive/2013/09/02/question-a-alassane-ouattara-a-quel-corps-d-armee-appartienn.html

Les femmes des détenus politiques dénoncent de nouvelles arrestations et le mauvais traitement infligé aux détenus

MESDAMES ET MESSIEURS,
ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME,
TRES CHERS AMIS DE LA PRESSE,
IVOIRIENS, IVOIRIENNES,

Moins d’un mois après la libération provisoire des 13 détenus politiques, le collectif des femmes (épouses, mères, enfants, sœurs et amies) des détenus de la crise postélectorale enregistre l’incarcération arbitraire de dix-neuf (19) nouvelles personnes dont 6 à la MAMA et 13 à la MACA accusées encore une fois d’avoir porté atteinte à la sûreté de l’Etat …

Ainsi ces nouvelles arrestations non seulement portent à 726 le nombre de détenus politiques [mais] nous ramènent à la situation qui prévalait avant le SIX AOUT date de la libération de 13 personnalités.

A cet effet le collectif demande la fin de ces arrestations, source de détresse et de meurtrissures de nombreuses familles. Il demande également la libération de l’ensemble des détenus politique (civils et militaires) pour assurer une vie harmonieuse dans les foyers concernés.

C’est aussi le lieu d’attirer l’attention des autorités nationales, des organisations des droits de l’homme et toutes les bonnes volontés sur l’état de santé dégradant de nombreux prisonniers politiques. Dans ce registre, nous sommes particulièrement préoccupées par le cas du MDL DAMOUE HASSAN transféré – recensement de la prison – de MAN à la MACA d’où il avait été déporté le 30 OCTOBRE 2012. Le MDL DAMOUE HASSAN souffre d’une dépression grave mettant sa vie en danger. Outre  ce cas particulièrement préoccupant, l’on enregistre 39 personnes sérieusement malades et ne bénéficiant que des soins sommaires.

Par ailleurs, l’administration pénitentiaire de la MACA vient de prendre des mesures rendant très complexes les visites aux détenus politiques et surtout l’entrée de la nourriture dans la prison. Ceci aggrave les conditions de vie des détenus politiques qui sont amenés à se trouver de la nourriture adéquate car le repas servi par l’administration pénitentiaire a provoqué de nombreux cas de beriberi ayant causé un décès les mois antérieurs. A cela, nous ajoutons le fait fort regrettable que les prisons des villes de l’intérieur comme Korhogo, Séguéla pour ne citer que celles-là, n’autorisent pas de visite aux prisonniers politiques dont certains sont coupés de leurs familles depuis le 11 AVRIL 2011.

Enfin, il faut stigmatiser la douleur des familles des détenus ayant perdu les [leurs], lors de l’émeute qui a eu lieu à la MACA le 23 Juillet 2013. Il est demandé à ces familles de prendre en charge les frais d’obsèques des personnes tuées alors qu’elles étaient sous la responsabilité de l’état. Parmi ces personnes figure un prisonnier politique dénommé Koffi N’Dri Boniface dont la famille démunie se trouve actuellement dans un état de détresse indescriptible, ne sachant à quel saint se vouer.

Ici, nous nous demandons, pourquoi le gouvernement IVOIRIEN s’évertue-t-il à imposer aux familles des personnes tuées lors des évènements la prise en charge des obsèques sachant bien qu’elles sont déjà éprouvées par cette situation ?

Face à la détresse des populations et à la meurtrissure des parents, nous lançons un cri d[u] cœur aux autorités Ivoiriennes afin qu’elles fassent preuve d’humanisme en prenant en charge les obsèques des personnes décédées.

Au regard de tout ce qui précède, nous, épouses, mères, enfants, sœurs et amies exigeons :

– la prise en charge par l’état de Côte d’Ivoire des frais d’obsèques de détenus ayant trouvé la mort lors de l’émeute du 23 Juillet 2013

– la libération sans délai des personnes détenues sur tout l’ensemble du territoire.

Que le bon Dieu continue de fortifier nos parents et touche le cœur de nos Autorités

Je vous remercie

Fait à Abidjan, le 1 Septembre 2013

POUR [LE] COLLECTIF DES FEMMES
(épouses, mères, enfants, sœurs et amies)
DES DETENUS DE LA CRISE POST-ELECTORALE

MLLE DOUATI
CHARGEE DE COMMUNICATION

(Source : Abidjandirect.net)

Interview de Me Hervé Gouamené : «La justice ivoirienne doit mettre fin à la comédie»

SUITE AU VERDICT DANS L’AFFAIRE KATINAN AU GHANA, ME HERVE GOUAMENE : « LA JUSTICE IVOIRIENNE DOIT METTRE FIN A LA COMEDIE »
(Le Nouveau Courrier)

Réagissant au rejet par la justice ghanéenne de la demande d’extradition de Koné Katinan, formulée par le Gouvernement Ouattara, Me Hervé Gouamené, membre du collectif des Avocats des détenus politiques, estime que cette décision de la justice ghanéenne démontre non seulement que le dossier de Katinan est vide, mais aussi qu’il est purement politique à l’instar de la procédure contre Gbagbo à la CPI et de celles lancées contre les détenus politiques en Côte d’Ivoire.

Propos recueillis par F. Toti, Coll. Anderson Diedri

La justice ghanéenne vient de donner son verdict dans l’affaire Koné Katinan et il a été tout simplement acquitté. Vous dont les clients ont en commun avec Koné Katinan quelques chefs d’accusations notamment de crimes économiques, quel commentaire faites-vous sur cette décision de la justice ghanéenne ?
Pour être exactement précis, comme nous sommes juristes, il faut employer les termes tels qu’ils sont. En fait, on ne peut pas parler d’acquittement. Il s’agit plutôt du rejet par la justice ghanéenne de la demande d’extradition de M. Koné Katinan. Parce que l’Etat de Côte d’Ivoire a estimé que Koné Katinan avait commis un certain nombre de crimes dont des crimes économiques. Du coup, il avait demandé à l’Etat du Ghana de l’extrader en Côte d’Ivoire pour qu’il soit jugé ici. Mais là où la décision de la justice ghanéenne est une bonne décision, c’est que la justice ghanéenne a estimé que les crimes qui lui sont reprochés sont en réalité des crimes politiques. En effet, il s’agit d’une affaire politique. Dans les faits, il n’a rien fait. Il n’y a rien qu’on puisse lui reprocher. C’est purement politique. La base est politique. La base de la demande d’extradition est politique et cela conforte tout ce que nous disons depuis : qu’en Côte d’Ivoire, il s’agit bien de procès politiques et de prisonniers politiques. Parce que dans le fond du problème, il n’y a rien derrière les infractions qu’on a prises pour habiller les poursuites. C’est du pipeau. Nous venons d’en avoir une confirmation avec la justice ghanéenne. Je pense que la justice ivoirienne devrait suivre la justice ghanéenne et décider à un moment donné de mettre fin à cette comédie puisqu’il s’agit exactement de poursuites politiques, de prisonniers politiques. Avec l’exemple de la justice ghanéenne, on espère que ça va vite aller au niveau des juges ivoiriens.

Avec cette décision, malgré les difficultés, avez-vous bon espoir que la justice ivoirienne dira le droit dans le même sens ?
Je veux bien rêver. Je veux bien rêver que les juges ivoiriens auront la même liberté, la même autonomie que les juges ghanéens. Mais généralement le rêve n’est pas réalité… Sinon je veux bien rêver ! Pour l’heure, on ne peut qu’inviter les juges ivoiriens à suivre les juges ghanéens parce que c’est la vérité, parce que c’est la réalité. Les derniers développements donnent de l’eau à notre moulin dans les procédures, dans les plaidoiries éventuelles. Mais je crois bien que cela va servir de leçon aux politiques ivoiriens. Et ça va se répercuter sur les juges ivoiriens.

Estimez-vous que cette décision de la justice ghanéenne vient démonter toutes les accusations contre vos clients dans le cadre des crimes économiques ?
Exactement. Non seulement les crimes économiques mais toutes les procédures à commencer même par la procédure devant la CPI. La justice ghanéenne vient démontrer que toutes ces poursuites sont à base politique. Donc en réalité, c’est une manière de dire que les infractions qui lui sont reprochées ne sont pas fondées. C’est juste un habillage pour régler des comptes politiques. Voilà une confirmation de la justice d’un pays frère, d’un pays ami.

Jeudi dernier, la Cour suprême du Ghana a tranché dans le cadre du contentieux électoral de la présidentielle ghanéenne. Un commentaire.
Je crois que la Cour suprême a tranché après des recomptages de voix. Je pense que le recomptage des voix n’est pas quelque chose d’extraordinaire. Mais j’ai trouvé curieux que même ceux-mêmes dans leurs pays qui ont pratiqué le recomptage des voix aient refusé cette voie en Côte d’Ivoire. Evidemment, c’est maintenant qu’on comprend pourquoi tout cela avait été refusé. Parce que c’était un complot. C’est vraiment dommage que ce qui est simple, ce qui s’est fait ailleurs facilement pour vider les contentieux, pour éviter les atrocités, on le refuse ici en Côte d’Ivoire, alors que c’est quelque chose de simple. Je ne crois pas que si le recomptage des voix avait désigné Ouattara vainqueur, Laurent Gbagbo se serait encore opposé. Ce n’est pas vrai. C’est parce que les gens savaient que dans le recomptage des voix ils n’auraient pas gagné qu’ils ont tout fait pour éviter le recomptage des voix. C’est vraiment dommage. Ça s’est fait au Ghana à côté de nous, le ciel n’est pas tombé sur le Ghana. C’est dommage que l’on ait refusé cela en Côte d’Ivoire.

In : Le Nouveau Courrier, n° 868, 31 août – 1er sept. 2013, p. 6