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Monthly Archives: décembre 2013

2014 : nombreux et unis, nous pourrons gagner la liberté !

REVE

Si quelqu’un m’entend
Quelque part dans ce monde
Si quelqu’un écoute
Mes pleurs dans sa NuitEpi
Si quelqu’un m’accepte
Quelque part
S’il restait un peu d’amour à nos rois
Si les pénitenciers devenaient prière
Si aux trompettes de la guerre
Succédait le silence
Si d’un seul mot
Soleil sous la peau
S’effaçaient les frontières
Si la politique pouvait
Si ma voix savait consoler le sang
Si nos mains ne se refermaient plus
Si la Mort se taisait

Je ne serais plus
Seul

plus jamais seul

Poème de Pierre Gope, « S’ouvrir », Nouméa, 1999

Mobilisation

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Déclaration à l’adresse de l’opinion publique sur la situation en Côte d’Ivoire

Le Conseil de la Diaspora pour la Restauration de la démocratie et la Défense des droits de l’homme en Côte d’Ivoire regroupe – à la suite des Etats Généraux de la Résistance tenus le 30 mars 2013 à Paris – plusieurs associations, partis politiques et mouvements de résistance.

Déclaration du CDR-CI sur la situation socio-politique en Côte d’Ivoire et le sort des prisonniers politiques

A l’occasion de notre dernière réunion qui a eu pour audience : le Conseil des Représentants, le Secrétariat général, le Conseil Consultatif (et ses commissions techniques) et le Commissariat aux comptes, le président du COJEP-France a posé la question de la détention de Charles Blé Goudé et a demandé instamment au CDR-CI de produire une déclaration à l’adresse de l’opinion publique, sur cette situation. La demande du COJEP a été adoptée sans détour pour manifester notre solidarité.

Au moment où l’année 2013 est entrain de se terminer ; année qui a vu les souffrances des populations ivoiriennes s’intensifier, il convient d’attirer l’attention de l’opinion publique nationale et de la Communauté internationale sur les dérives graves du pouvoir d’Abidjan.

En effet, il y a aujourd’hui dans les prisons ivoiriennes de nombreux détenus de façon arbitraire. Nombre d’entre eux endurent une situation privative de leur liberté sous le prétexte générique et fallacieusement globalisant d’atteinte à la sureté de l’Etat. Plusieurs d’entre eux n’ont jamais rencontré un juge aux fins d’une audition qui pourrait les situer sur la suite judiciaire de leur cas.

Nous observons par ailleurs que sur la base des standards internationaux de l’exercice démocratique et de mode de gouvernance, des ONG des droits de l’homme et des experts de l’ONU dénoncent la praxis politique de l’actuel pouvoir d’Abidjan et la justice des vainqueurs. Pire, la Côte d’Ivoire est classée 3ème des pays les plus violents et dangereux au monde après le Honduras et le Salvador. [La revue de presse des Amériques par Alterpresse]1.

Le CDR-CI considère que la Côte d’Ivoire ne saurait rester dans cette situation parce qu’elle a un capital humain de qualité, à même de résorber, dans la concertation de telles difficultés. En fait, quelle que soit la lecture que l’on fait des résultats des dernières élections présidentielles, l’affirmation de la bipolarisation de la vie politique est manifeste. Il n’est donc pas normal que l’autre partie de la population soit pourchassée avec ses cadres de haut niveau, qui devrait contribuer à reconstruire le pays.

A la veille d’une nouvelle année (2014), nous pensons que le sujet de la réconciliation nationale doit être abordé avec un sens aigu des responsabilités. Après plusieurs années vaines de tentatives d’intimidation et de musellement des combattants de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme, le pouvoir d’Abidjan doit réaliser que la force est l’arme de ceux qui manquent d’arguments pour convaincre.

Nous invitions donc Alassane Ouattara à aller franchement dans le sens de l’apaisement et d’abandonner complètement l’option de « prises d’otages » en gardant arbitrairement en prison des adversaires politiques.

La situation dramatique de Charles Blé Goudé qui est déténu au cachot n’est pas acceptable. Et nous demandons donc au pouvoir de le mettre en liberté pour donner une chance à la paix que tout le monde attend.

Nous ne saurions parler de Charles Blé Goudé sans parler de Simone Ehivet Gbagbo. La mise en liberté de cette dernière sera la marque réelle d’une volonté de paix. Il est évident que pour panser les plaies, c’est la méthode de la justice transitionnelle qui convient pour notre pays. C’est pourquoi, tous les prisonniers quels que soient leurs lieux de détention doivent être libérés pour que tous les fils et filles de ce pays se retrouvent à une table de discussion.

Le monde entier ne devrait plus subir une autre ignominie de l’histoire après le cas de Mandela qui a été traité de terroriste, alors que le vrai mobile de la privation de sa liberté, était un soutien de grands pays au régime honteux de l’Apart[h]eid.

(1) Annonce RFI

Pour le CDR-CI, le Porte-parole

Dr Claude Koudou

MOSOURPA (Marseille) ; CRI-PANAFRICAIN ; Plate-forme panafricaine (PSP) ; CPAD-France ; CDDS (Conseil pour la Défense de la Démocratie et de la Souveraineté) ; UNG (Union des Nouvelles Générations) ; CRD ; MIR ; COJEP ; Parlement et AGORA (Lyon) ; CFCIA ; Go Africa ; Mouvements des Artistes ; GBAGBO FREE ; CODESCI ; Halte aux Génocides ; 3000 Femmes

Les réfugiés ivoiriens s’organisent : naissance de l’Union des Réfugiés Ivoiriens de France

Par Augustin Djédjé

Union des Réfugiés Ivoiriens de France (URIF). Telle est l’appellation de l’association créée par les ivoiriens qui ont fui la Côte d’Ivoire au cours de cette grave crise post-électorale d’Avril 2011, pour mettre leurs vies en sécurité en France. A l’unanimité, Michel Barouan, ex-directeur général du Bureau Ivoirien des Droits d’Auteur (BURIDA) a été désigné président de l’URIF ce samedi 28 décembre 2013…

Les réfugies ivoiriens de France de la grave crise qui a secoué la Côte d’Ivoire en Avril 2011 sont désormais ensemble. Solidarité oblige, ils ne pouvaient pas ne pas aboutir à ce cadre formel. C’est ce qu’ils ont notifié à l’opinion internationale ce samedi 28 décembre 2013 à Paris. Placée sous le parrainage de M. Christian Vabé, patron de presse, la cérémonie officielle de présentation de l’Union des Réfugiés Ivoiriens de France, (URIF) a enregistré la présence des importantes personnalités ivoiriennes réfugiées en France. Notamment les ministres : Clotilde Ohouochi, Eric Kahé, le professeur Balo-bi Toto Jérôme, ex-Secrétaire Général de l’université d’Abidjan et ex- codétenu du premier ministre Affi N’guessan dans la sinistre prison de Bouna, le journaliste Augustin Djédjé, ex-membre du service de communication du président Gbagbo, l’artiste engagé Serges Kassy qui n’est plus à présenter et bien évidemment celui qui a été désigné par ses compatriotes pour diriger l’association, Michel Barouan, ex-DG du BURIDA. Prenant la parole, ce dernier a fait savoir que l’URIF a pour objectif de créer un cadre de rencontre pour que les réfugiés ivoiriens qui ont tout perdu en fuyant la Côte d’Ivoire puissent discuter de leurs conditions d’existence, [autant] sur le plan temporel qu’administratif. Ainsi, l’URIF sera un véritable instrument d’orientation des nombreux réfugiés de France qui ne savent pas très souvent les démarches à entreprendre pour sortir de la précarité administrative. L’URIF sera aussi un instrument d’écoute, de solidarité et de réflexion sur l’avenir de ses membres. C’est pourquoi, afin de donner un cadre juridique solide à l’association et défendre les intérêts des membres de l’URIF, une convention d’assistance juridique a été signée séance tenante avec un collectif d’Avocats français, représenté par Maître Gervais TETI, docteur en droit et avocat au barreau de Paris. Ce dernier a saisi l’occasion pour prodiguer des conseils très utiles aux nouveaux dirigeants de l’association : « Cadrez vos activités et déclarations de sorte que vous ne soyez pas pris à défaut par l’administration Française qui vous observe désormais… » dira l’avocat. Mme Adé Assalé, la représentante du Front Populaire Ivoirien (FPI) en France, assistante sociale de son état, a pour sa part salué la naissance de cette association. Qui vient selon elle, à point nommé pour être la boussole des réfugiés ivoiriens qui sont pour la plupart du temps, livrés à eux-mêmes dans leurs démarches administratives dans la grande métropole de Paris. Elle a noté sa disponibilité totale à être aux côtés des membres de l’association chaque fois que besoin se ferait sentir pour leur apporter conseils et orientation. De son côté, le parrain de la cérémonie, M. Christian Vabé, a félicité les responsables de l’URIF en les invitant à axer leurs actions sur la solidarité et l’entraide. Et pour donner un coup d’accélérateur à l’URIF, il a fait don de la somme de 10.000 euros à l’association.

Augustin Djédjé – djedjenet64 [at] yahoo.fr
In : EventnewsTv, 29 déc. 2013
(Titre de la Rédaction)

Christine Colin Tibala, pour rompre le silence sur la Côte d’Ivoire

Interview de Christine Tibala, invitée de l’émission « Couleur du temps » d’EventNewsTv :
Une demi-heure (trop brève !) pendant laquelle Christine retrace le parcours qui l’a conduite à s’engager auprès des victimes et des Résistants ivoiriens et donne ses clés d’analyse sur l’histoire récente, mais volontairement occultée, de la Côte d’Ivoire.

Communiqué

COMMUNIQUE DU COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS

MOBILISONS-NOUS POUR LA RESTAURATION DES LIBERTÉS FONDAMENTALES

EN CÔTE D’IVOIRE !

CONTRAIREMENT AUX ESPOIRS DE NOMBREUX DÉMOCRATES, LA REMISE EN LIBERTÉ PROVISOIRE DE 14 PRISONNIERS POLITIQUES EN AOÛT 2013 N’A ÉTÉ SUIVIE D’AUCUNE AUTRE MESURE SIGNIFICATIVE MONTRANT LA VOLONTÉ DU RÉGIME INSTALLÉ EN CÔTE D’IVOIRE EN AVRIL 2011 DE RÉTABLIR L’ÉGALITÉ DE TRAITEMENT DES CITOYENS ET UN FONCTIONNEMENT RÉPUBLICAIN DES INSTITUTIONS.

  • SUITE À DE NOUVELLES INCARCÉRATIONS, LE NOMBRE DE DÉTENUS POLITIQUES A CONTINUÉ D’AUGMENTER ;

  • LES CONDITIONS DE DÉTENTION, LA MALTRAITANCE ET L’ABSENCE DE SOINS DE CES PRISONNIERS ONT PROVOQUÉ DES MALADIES SPÉCIFIQUES, ET PARFOIS LA MORT, COMME CE FUT LE CAS DU SYNDICALISTE BASILE MAHAN GAHÉ DÉCÉDÉ PEU DE TEMPS APRÈS SA LIBÉRATION, ET DE LUCIEN JOËL PEKOULAT (MORT EN PRISON) ;

  • DEPUIS BIENTÔT 3 ANS, PLUSIEURS CENTAINES DE CITOYENS SONT PRIVÉS DES MOYENS DE VIVRE : COMPTE BLOQUÉ, LICENCIEMENT SUR LA BASE DU NOM, DE L’ETHNIE, DE L’APPARTENANCE POLITIQUE PRÉSUMÉE, ETC ;

  • ENLÈVEMENTS, MENACES, AGRESSIONS MORTELLES À L’ENCONTRE DES JOURNALISTES, DES MILITANTS DE L’OPPOSITION OU CONSIDÉRÉS COMME TELS N’ONT PAS CESSÉ, DE MÊME QUE LES ACTIONS VIOLENTES DES NERVIS VISANT À EMPÊCHER LA TENUE DES MEETINGS ; LA DST DEVENUE UNE VÉRITABLE POLICE POLITIQUE MULTIPLIE LES DÉTENTIONS EXTRA-JUDICIAIRES ; MÊME LES RASSEMBLEMENTS EN VUE DE LA DÉFENSE DU POUVOIR D’ACHAT DONNENT LIEU À DES ARRESTATIONS ;

  • LE POUVOIR POLITIQUE INTERDIT AUX DÉTENUS LIBÉRÉS DE QUITTER LE TERRITOIRE IVOIRIEN. IL EN FUT AINSI, DERNIÈREMENT, POUR MICHEL GBAGBO ET POUR LAURENT AKOUN, LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU FPI.

AUJOURD’HUI, LES IVOIRIENS N’ACCEPTENT PLUS CETTE SITUATION. MALGRÉ LES MENACES ET INTIMIDATIONS DE TOUTES SORTES, DES MEETINGS SE TIENNENT. NOUS SALUONS TOUT PARTICULIÈREMENT LE COURAGE DES FEMMES QUI, REGROUPÉES AU SEIN DU COLLECTIF DES FEMMES DES DÉTENUS DE LA CRISE POSTÉLECTORALE – NOTAMMENT AVEC DESIREE DOUATI -ONT MANIFESTÉ LE 16 DÉCEMBRE À ABIDJAN, POUR :

  • PROTESTER CONTRE LES CONDITIONS DE DÉTENTION DE LEURS ÉPOUX, FRÈRES, AMIS ;

  • RÉCLAMER HAUT ET FORT LA LIBÉRATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES.

    ALORS QUE PLUSIEURS D’ENTRE ELLES ÉTAIENT ACCOMPAGNÉES DE LEURS ENFANTS, LA RÉPONSE DU RÉGIME FUT DE LES DISPERSER À COUPS DE GAZ LACRYMOGÈNES.

VOILÀ DANS QUELLES CONDITIONS SE PRÉPARENT LES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES DE 2015.

ABSENCE DE LIBERTÉS DÉMOCRATIQUES, EXCLUSION D’UNE PARTIE DES CITOYENS ET CLIMAT DE TENSION PERMANENT NE PEUVENT QUE CONSTITUER LE TERREAU D’AFFRONTEMENTS VIOLENTS. IL EST À PRÉVOIR QUE LES POINTS D’ACHOPPEMENT SERONT LA COMPOSITION DE LA NOUVELLE COMMISSION ÉLECTORALE, L’ÉLABORATION DE LA LISTE DES ÉLECTEURS, PUIS LES PROBABLES MANOEUVRES DILATOIRES OU AUTORITAIRES DE LA PART D’UN POUVOIR DONT LA PRATIQUE ACTUELLE DÉMONTRE L’INCAPACITÉ À ACCEPTER LE JEU DÉMOCRATIQUE.

IL EST DONC IMPÉRATIF QUE LES LIBERTÉS FONDAMENTALES ET LES DROITS DES CITOYENS SOIENT RESTAURÉS EN CÔTE D’IVOIRE DANS LES PLUS BREFS DÉLAIS.

CELA PASSE PAR : -UNE AMNISTIE POLITIQUE GENERALE-

  • LA LIBÉRATION IMMÉDIATE – ET NON PROVISOIRE – DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES RÉTABLIS DANS LEURS DROITS DE CITOYENS ET RÉINTÉGRÉS DANS LEUR EMPLOI

  • LE DÉBLOCAGE DE TOUS LES COMPTES GELÉS SUITE AU CONFLIT POSTÉLECTORAL OU POUR DES MOTIFS MANIFESTEMENT POLITIQUES ;

  • LE RETOUR DES EXILÉS ASSURÉS DE RETROUVER LA SÉCURITÉ ET LA PROPRIÉTÉ DE LEURS BIENS ;

  • LA LIBÉRATION DE LAURENT GBAGBO, ACTE DÉTERMINANT ET INDISPENSABLE POUR UNE PAIX DURABLE.

LA FRANCE ET TOUS LES PAYS (EN PARTICULIER À TRAVERS LEURS INSTITUTIONS : ONU, UNION EUROPÉENNE, UNION AFRICAINE) AYANT CONTRIBUÉ À L’INSTALLATION D’UN RÉGIME LIBERTICIDE EN CÔTE D’IVOIRE ONT L’OBLIGATION MORALE DE NE PAS ABANDONNER LE PEUPLE IVOIRIEN.

LEUR RESPONSABILITÉ EST ENGAGÉE.

COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS

PARIS, LE 22 DECEMBRE 2013

Version PDF :
Mobilisons-nous pour la restauration des libertés 20131222

Les femmes des détenus politiques ivoiriens veulent obtenir justice

Par IvoireBusiness – Les femmes du COFED envisagent de mener des actions jusqu’à ce que justice soit rendue.
Comme on le sait, les femmes du (COFED), nourrissons aux bras, ont manifesté le lundi 16 décembre dernier devant le palais de Justice d’Abidjan-Plateau, pour exiger la libération de leurs époux, prisonniers politiques du dictateur Ouattara.
Elles envisagent « mener des actions jusqu’à ce que justice soit faite », a affirmé mardi à ALERTE INFO Désirée Douati, leur porte-parole, au lendemain de leur manifestation dispersée par les FRCI. Désirée Douati s’est confiée au micro de notre confrère d’Alerte-Info.

Votre manifestation a été dispersée lundi par la police. Aviez-vous l’autorisation de la tenir ?

Nous n’avions pas d’autorisation de manifester. Mais nous sommes venues spontanément parce que nous avons perdu près de trois personnes en prison et il y a encore plus de 100 autres qui sont malades et qui n’ont pas de soins et que l’Etat refuse de prendre en charge. Donc lorsqu’il y a violence sur des personnes humaines, lorsque les droits des prisonniers ne sont pas respectés, nous estimons qu’on n’a pas besoin d’une autorisation pour manifester.

Contrairement à ce qui s’est dit, je n’ai pas été interpellée. Il s’agit plutôt de notre secrétaire générale, Mme Chiawa Aimée qui a été battue. Un frère qui était venu nous aider à prendre les images a été interpellé par la police, mais il a été relâché trois heures plus tard.

Quels dysfonctionnements concrets aviez-vous relevés concernant les conditions de détentions de vos proches ?

Pour la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), ce sont les enlèvements de détenus, la nourriture que nous apportons qui rentre difficilement et les soins de santé qui ne sont pas pris en charge. Pour le cas des prisonniers qui sont à Korhogo par exemple, c’est le droit des visites qui n’est pas respecté. Il y a des familles qui n’ont pas vu leurs parents depuis avril 2011. A Séguéla, il y a un jeune homme, Wilfried Okou, qui vomit du sang. Nous avons interpellé les autorités, en vain. A Man, il y a un parent qui a fait une dépression et qui est même allé jusqu’à la folie. L’Opération des nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) nous a vraiment soutenus. Avec leur aide, cette personne a été transférée à la MACA. Mais jusque-là, elle n’a pas reçu de soins de santé.

Concernant les anomalies liées aux jugements, il y a différents cas. Il y a 35 étudiants qui ont obtenu un non-lieu, mais qui sont toujours détenus. Deux autres personnes sont supposées être en liberté provisoire, mais sont encore en prison. Il y a plus de 200 personnes qui n’ont jamais encore été entendues par un juge et près de 50 autres qui n’ont jamais vu un juge d’instruction et à peine quelques-uns qui ont rencontré des juges une ou deux fois mais rien de concret.

Il n’y a que le cas Yves Lambelin (ancien industriel français assassiné en avril 2011 pendant la bataille d’Abidjan) pour lequel un juge s’est prononcé. Il a dit que le dossier était vide mais le procureur refuse de faire libérer une vingtaine de détenus incarcérés dans le cadre de cette affaire depuis plus de deux ans.

Enfin, il y a des personnes en prison qui ont été arrêtées juste pour avoir laissé exploser leur joie quand des rumeurs avaient annoncé la libération de l’ancien président Laurent Gbagbo.

Ne pensez-vous pas qu’en l’absence d’autorisation, votre action ait pu être interprétée comme une provocation ?

Dans un premier temps, le collectif avait décidé d’opter pour la voie de l’information. C’est-à-dire que lorsque nous constations une anomalie ou une difficulté, nous nous rendions vers les autorités nationales et les organismes internationaux afin qu’ils nous viennent en aide. Cela a duré un an et pendant cette année-là, nous n’avons pas fait de bruit, nous disant que la voie du dialogue était la meilleure solution.

Mais actuellement, nous perdons des parents et nous comptons près d’une centaine d’autres malades et sans soins. Nous nous sommes dit que le moment était venu de crier notre chagrin. Cette descente dans la rue était un cri de cœur pour interpeller l’opinion nationale et internationale car la situation est devenue grave.

Quels résultats immédiats avez-vous obtenu après votre sit-in ?

Alors que nous nous attendions à être enfin écoutées, nous avons été « gazées » avec nos enfants. Lorsque la police est venue, elle ne nous a posé aucune question, cherchant plutôt à nous disperser avec du gaz lacrymogène. Mais nous mènerons d’autres actions jusqu’à ce que justice soit rendue.

Des actions de quel genre ?

Nous ne pouvons pas vous donner plus de détails sur les manifestations à venir.

Comment est né votre collectif ?

Le 25 octobre 2012, des personnes non identifiées sont entrées à la MACA et ont enlevé mon père, le ministre Alphonse Douati (ancien ministre sous Laurent Gbagbo de 2000 à 2010) et quarante autres personnes pour une destination inconnue. Le ministre Douati étant une personnalité, les médias en ont parlé et trois jours plus tard, il a rejoint la MACA. Mais les personnes anonymes sont restées là-bas.

Cinq jours plus tard, des personnes non identifiées sont encore entrées à la MACA vers 04h00 GMT et ont enlevé une quarantaine d’autres personnes pour une destination non connue. Pour nous les familles de détenus, c’était à chaque fois la panique. Vous pouviez recevoir des appels disant que votre parent avait quitté la MACA, mais on ne savait pas où il avait été emmené. Vous ne saviez pas s’il reviendrait vivant ou non.

C’est donc ce jour-là, le 30 octobre 2012, que nous avons décidé de décrier toutes les anomalies qu’il y a en milieu carcéral pour nos parents.

Notre collectif compte près de 600 membres, principalement des femmes de détenus, à travers la Côte d’Ivoire. Et ce sont près de 800 proches qui sont en prison pour depuis la fin de la crise postélectorale en 2011.

In : Alerte info, 17 déc. 2013
Source : Ivoirebusiness.net, 19 déc. 2013
(Surtitre de la Rédaction)

Lire et voir 2013-12

Privatisation tous azimuts sous Ouattara : que reste-t-il du patrimoine ivoirien ? [par] Nick de Bessou, 21 déc. 2013. In : ResistanCIsrael, 22 déc. 2013.
[Dossier éditorial et économique du FDRC, Forum pour la Démocratie et la Résolution des Crises]
http://re.ivoire-blog.com/archive/2013/12/22/privatisation-tous-azimuts-sous-ouattara-437796.html

Couleur du temps
Franck Luttet dit ses vérités sur la crise ivoirienne. EventnewsTv, 20 déc. 2013. Vidéo (18 mn).
http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=7Vi4XX-NvaY

Pourquoi les exilés ne peuvent rentrer. Isidore S. Allah. In : ResistanCIsrael, 19 déc. 2013.
http://re.ivoire-blog.com/archive/2013/12/19/pourquoi-les-exiles-ne-peuvent-rentrer-437664.html

« Quelle sorte de garantie peut donc offrir un tel régime à sa population ? Pour les réfugiés et exilés de toute nature, les choses sont claires : “Un refugié n’ a pas vocation à demeurer éternellement en exil mais nous attendons de Ouattara des actions concrètes, pas des déclarations. Ses actes nous ont fait partir du pays, il doit nous en faire revenir par des actes“

Interview de Pascal Affi N’Guessan, Président du Front Populaire Ivoirien, par le quotidien burkinabé Le Pays :
http://www.lecridabidjan.net/interview___affi_n_guessan_explose___la_cpi_est_complice.html

« Je considère mon arrestation et ma détention en prison comme un acte politique, de même que ma sortie de prison, qui signifie que ceux qui m’ont mis en prison ont bien compris que ce n’était pas là que se trouvait leur intérêt ni celui de la Côte d’Ivoire, et que ma place n’était pas en prison, mais dehors. Une fois dehors, je continue mon travail parce que, dans la vie politique, chacun doit faire le sien. Nous sommes aujourd’hui dans l’opposition et le rôle de celle-ci est d’être un contre-pouvoir, une force de critique et de contre-proposition. »
(P. Affi N’Guessan, extrait de l’interview)

Dans une lettre ouverte en date du 17 décembre 2013, publiée dans L’Intelligent d’Abidjan, Sam l’Africain demande à Alassane Ouattara d’accorder une grâce présidentielle aux détenus politiques :
http://ivoirtv.net/actualites/politique/2505-libre-opinion-cas-detenus-lmp-sam.html

Nouveauté en librairie :
ONANA, Charles. France-Côte d’Ivoire : la rupture. Paris : Ed. Duboiris, 2013. Confidences et documents secrets.

« Pourquoi les avions Suhkoï 25 des forces aériennes ivoiriennes ont-ils bombardé le camp militaire français le 6 novembre 2004 à Bouaké faisant 9 morts et trente-huit blessés parmi les soldats français ? Le président Gbagbo était-il réellement l’auteur de cette initiative ou s’est-il fait piéger ? Pourquoi Michèle Alliot-Marie, ministre français de la Défense a-t-elle, à l’époque, refusé d’arrêter les mercenaires biélorusses qui ont bombardé le camp français et pourquoi a-t-elle menti au juge chargé de l’enquête ?
Que savaient les autorités françaises des crimes commis par les rebelles avant de les inviter en France pour signer les accords de Marcoussis en 2003 ? Pourquoi aucune enquête judiciaire n’a-t-elle jamais été ouverte sur l’assassinat de Français, y compris des militaires de la force Licorne, par les rebelles en Côte d’Ivoire ? Jusqu’où les crimes commis par les rebelles ivoiriens, encensés dans les médias internationaux, sont-ils tolérés par les dirigeants français ?
Pourquoi les analyses et les rapports de très hauts responsables français, en l’occurrence ceux de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire ou de l’ancien conseiller de l’Élysée aux affaires africaines, n’ont-ils jamais été pris en compte par Jacques Chirac et son gouvernement ? Comment expliquer la haine que certains dirigeants français vouaient à Laurent Gbagbo au point d’en faire un ennemi de la France ? »
(Le Gri-Gri international, 13 déc. 2013)

Du côté des tribunaux 2013-12-16

Mise à jour : 27/12/2013

Abidjan (Cocody), 26 décembre 2013

Cour suprême : l’audience avec plaidoiries du Général Dogbo Blé a été reportée au 27 février 2014.

Paris, 17 décembre 2013

L’affaire Firmin Mahé devant la Cour d’Appel de Paris
Pôle 2, Chambre 4, à 9 h 30
Firmin Mahé est un civil assassiné le 13 mai 2005 par des membres de l’Armée française en Côte d’Ivoire.
Plus de détails :
« Et si l’affaire Mahé ne faisait véritablement que commencer ? »

Massacre de Nahibly (Côte d’Ivoire) :

Tentative de dissimulation de preuves.
Un avocat va saisir les organisations internationales.
Alors que l’enquête sur le massacre de plus de 200 personnes issues de la population Wê le 20 juillet 2012 est au point mort, les autorités ivoiriennes ont lancé un projet immobilier sur le site de Nahibly. C’est pourquoi Me Feliho Kenneth va saisir, au nom de l’Association pour le développement des Wê, l’ONU, la CPI, l’Union Africaine, ainsi que plusieurs autres organisations internationales.

La Haye (Pays-Bas), Cour Pénale Internationale, 16 et 17 décembre 2013 :

– L’appel de la Procureure de la CPI contre la décision prise le 3 juin 2013 par la Chambre préliminaire I d’ajourner l’audience de confirmation des charges à l’encontre du Président Laurent Gbagbo a été rejeté le 16 décembre 2013 par la Chambre d’appel.

– Calendrier des procédures à venir communiqué par la Chambre préliminaire I de la CPI le 17 décembre 2013 :
http://m.ladepechedabidjan.info/CPI-Affaire-Laurent-Gbagbo-Voici-la-decision-rendue-le-17-decembre-2013-par-la-Chambre-preliminaire-I_a16496.html

Kigali (Rwanda), 13 décembre 2013 :

Après la condamnation de l’opposante Victoire Ingabire à 15 ans d’emprisonnement par la Cour Suprême, voici un extrait du communiqué de l’organisation politique FDU-Inkingi dont elle est la présidente :
« Nous condamnons tous ces actes indignes d’un Etat respectueux et en appelons à la Communauté internationale, aux bailleurs de fonds du Rwanda, aux pays amis du Rwanda, aux pays de la sous région des Grands Lacs africains, aux Nations Unies, à l’UE et à toutes les personnes épris de paix et de démocratie afin d’user de leur influence pour exiger au régime rwandais de libérer Mme Victoire Ingabire et tous les autres prisonniers politiques et d’accepter le jeu démocratique en laissant fonctionner librement tous les partis politiques dans le respect de la Constitution. »
Lire l’article complet :
http://www.fdu-rwanda.com/fr/rwanda-mme-victoire-ingabire-incarnera-toujours-notre-lutte-democratique-communique-verdict-cour-supreme/

Mobilisation

Aujourd’hui lundi 16 décembre 2013, rassemblement à Abidjan (Plateau) des épouses et soeurs de prisonniers politiques pour demander leur libération.
On peut lire sur leurs pancartes : « La prison est-elle un programme de gouvernement ? », « Libérez nos pères, nos mères et nos amis ! »
Les autorités ont déployé plusieurs cargos d’hommes armés qui se sont emparés de deux responsables du COFED (Collectif des Femmes des Détenus de la crise postélectorale). L’une d’elles a été retrouvée, après avoir subi des violences de la part des FRCI.

Communiqué du Collectif :
http://re.ivoire-blog.com/archive/2013/12/16/message-a-la-presse-437463.html

Cour Pénale Internationale : des modes de saisine qui renforcent la partialité de l’institutiton

Par Alain Bouikalo

« Dans les relations internationales, il n’y a pas d’amis permanents ou d’ennemis permanents, seulement des intérêts permanents » Lord Palmer
Si la lutte contre l’impunité a présidé à la rédaction du statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale (CPI), le chemin à suivre n’a pas totalement été débarrassé des écueils susceptibles d’entamer la crédibilité de l’institution chargée de combattre cette impunité. En effet, parce que la CPI a à connaitre des crimes graves commis par des personnes, le statut de Rome devait prendre toutes les dispositions pour que les personnes soupçonnées ne soient pas attraites devant cette juridiction à l’initiative d’organes ou de personnes dont les attitudes font plus remonter à la surface la subjectivité que l’objectivité. De telles dispositions auraient été salutaires du fait que les peines encourues sont extrêmement lourdes. Il fallait donc prémunir les mis en cause des accusations fantaisistes, creuses et totalement guidées par le désir de neutraliser des personnes qui affichent leur indépendance vis-à-vis des puissances impérialistes.
Les rédacteurs de la charte ont adopté un chemin qui semblait, à leurs yeux, être le meilleur. Ils ont en effet reconnu au Conseil de sécurité, aux Etats Parties et au Procureur de la CPI, le droit de saisir la Cour pour des soupçons de crimes. La pratique observée depuis une dizaine d’année a achevé de montrer que ces organes saisissants ont, dans l’exercice de leur droit, renforcé la partialité de la cour. Deux de ces saisissants méritent une attention particulière. Il s’agit du Conseil de Sécurité (I) et du Procureur de la CPI (II).

Du Conseil de Sécurité

L’article 13-b du statut de Rome reconnait au Conseil de sécurité le pouvoir de saisir le procureur afin que celui-ci ouvre une enquête sur un ou des crimes déterminés. Le statut prend le soin de préciser que ce pouvoir se déploie «en vertu du chapitre VII de la charte de l’Onu». Il semble utile de préciser que l’intervention du conseil de sécurité est une arme qui met entre parenthèses, l’acceptation de la compétence de la cour par les Etats. Autrement dit, les Etats (membres et non membres de la CPI) ont l’obli- gation d’accepter que leurs ressortissants soient attraits devant la Cour sur saisine du conseil de sécurité. Car, aux termes de l’article 25 de la charte de l’Onu, «les membres de l’organisation conviennent d’accepter et d’appliquer les décisions du conseil de sécurité conformément à la présente charte». Cela dit, les questions qui s’imposent au regard du pouvoir de saisine reconnu au Conseil de sécurité, sont celles de savoir si les crimes naissent ex-nihilo. Ne puisent-ils pas leur source dans des évènements politiques ? Le Conseil de Sécurité, par le biais de certains de ces membres permanents, n’a-t-il pas un lien étroit avec les crimes commis ?
En général et particulièrement en Afrique, les crimes allégués naissent à l’occasion de litiges politiques. Bien souvent, les ressources minières et pétrolières, la conquête des terres arables, les velléités de positionnement ou de conservation d’une position dominante en constituent les causes profondes.
Dans cette guerre de positionnement, l’occident agit par l’intermédiaire des acteurs qu’il soutient et qui seront, in fine, soigneusement épargnés dans la quête des auteurs présumés des crimes qui ressortissent de la compétence de la CPI. Par une curieuse coïncidence, l’occident avec à sa tête les Etats Unis, se trouve être «le maître» du Conseil de sécurité. De plus, le Conseil de sécurité statue sur les cas avec la participation de pays non membres de la CPI mais qui disposent d’un droit de véto et qui ont en conséquence un poids certain dans la prise de décision. Il s’agit par exemple de la chine, de la Russie, des Usa. Parmi ces pays, les Usa, tête de file des occidentaux sont connus pour être le pays qui exerce des montagnes de pressions pour que des personnes qu’il ne soutient pas puissent être attraites devant la CPI. On n’oublie pas également les pressions exercées par d’autres «conquérants» que sont la France et la Grande Bretagne.
Dès lors, comment ne pas penser que la saisine de la CPI par cet organe n’est rien d’autre qu’un acte hautement politique destiné à punir les protagonistes qui n’avaient pas le soutien occidental ? C’est à ce niveau qu’on note la partialité de la CPI. Les affaires impliquant des ressortissants d’Etats non membres instruits par le Conseil de sécurité ont été reçues favorablement par la Cour. On note par exemple le mandat d’arrêt émis contre le Président Soudanais Omar Al Bachir, «le bras de fer» entre la CPI et les autorités libyennes sur le cas Saïf Al-Islam Kadhafi. Pendant ce temps, les responsables du CNT (Lybie), les soldats américains et Georges Bush (pour les crimes en Irak) ne sont nullement inquiétés. La Lybie, le Soudan et les Usa ne sont pas Etats Parties au statut de Rome. Alors, si le Conseil de sécurité défère les crimes présumés commis par Béchir au Procureur, pourquoi n’envisagerait-il pas de saisir ce dernier aux fins qu’il diligente des enquêtes sur les crimes commis par l’armée américaine en Irak ? Il en va de même des nombreuses victimes de l’opération militaire Cast Lead menée par l’armée israélienne à Gaza (Palestine) en 2009. On se souvient que, pour motiver sa décision d’abandon des poursuites contre les autorités israéliennes dans l’affaire de l’opération militaire sus-indiquée, le Procureur Luis Moreno Ocampo avait soutenu que la compétence de la CPI sur la Palestine dépendait du Conseil de sécurité. Mais depuis lors, le Conseil de sécurité tarde à saisir la perche que l’ancien procureur de la CPI lui a tendue. La partialité de la CPI est donc flagrante. Et, le Procureur à qui est aussi reconnu ce droit de saisine, ne fait que la renforcer.

Du Procureur de la CPI

Aux termes des dispositions pertinentes de l’article 15-1 du Statut de Rome, le Procureur de la CPI dispose du droit d’initier, proprio motu, des enquêtes sur des faits de crimes portés à sa connaissance. Il dispose en la matière d’un pouvoir discrétionnaire. Un tel droit reconnu au procureur fait de lui un être omnipotent étant entendu que les autres organes saisissants (le Conseil de sécurité et les Etats parties) lui renvoient les situations qu’ils ont examinées. Il est donc dans la structure de la Cour un «pion» central. Toute cette concentration de pouvoirs entre les mains d’une seule et même personne est favorable à tous les excès. Mais il semble que les rédacteurs du traité aient voulu limiter l’omnipotence du procureur en subordonnant toute enquête à l’autorisation préalable de la chambre préliminaire (article 15-2). A la pratique, il s’agit d’un pouvoir de contrôle quasi inexistant. En général, au vu des pièces fournies, la chambre préliminaire donne un avis favorable. Les rédacteurs du statut de Rome et les plénipotentiaires (conférence diplomatique des plénipotentiaires de l’Onu, 17 Juillet 1998) ont-ils réellement mesuré la portée des pouvoirs exorbitants du Procureur de la CPI ? Ont-ils tenu compte du fait que les crimes ne sont commis qu’à l’occasion de confrontations politiques? Répondons à ces questions en interrogeant l’affaire Procureur C Laurent Gbagbo.
En Côte d’Ivoire, la procédure ayant abouti au transfert du Président Laurent Gbagbo à la Haye a été initiée par l’ex-Procureur Luis Moreno Ocampo. Mais bien avant qu’il ne soit officiellement autorisé à mener ses enquêtes, il s’était fait l’écho des menaces de Nicolas Sarkozy ; lequel intimait l’ordre au Président constitutionnellement désigné vainqueur de céder le fauteuil à Ouattara. On parvenait difficilement à faire la différence entre les menaces de Ban Ki-Moon, Barack Obama, Nicolas Sarkozy et celles de Moreno Ocampo. Ce bref rappel pour faire remarquer que le Procureur de la CPI s’était facilement engouffré dans les pressions politiques exercées par l’occident, toute chose qui ne relevait pas de ses compétences. Il avait une double casquette : celle du politique (adversaire objectif de Gbagbo) et celle d’un procureur-mercenaire au service de l’occident qui utilise la CPI comme arme d’intimidation.
Dans une telle logique, le Procureur ne pouvait que procéder à une sélection fâcheuse des coupables qu’il ne trouve que dans le camp des vaincus. Tous les partisans de Ouattara (vainqueur de la guerre), présumés auteurs de crimes prévus par l’article 5 du traité ne sont nullement inquiétés par le Procureur. On se souvient encore du courrier de félicitation adressé à l’ancien chef rebelle Guillaume Soro, après avoir été porté (suite à la violation de l’article 65 de la Constitution) à la tête de l’Assemblée nationale ivoirienne. Le procureur, par cela, a fait de la méthode d’enquête et de poursuite séquentielle, un simple alibi inacceptable. La réalité est que le procureur se trouve aux confins de la politique et du droit. Sa souveraineté en matière de choix de «ses victimes» met en lumière le caractère politique de sa «sélection» et le droit sert à donner une texture juridique à son acte politique. En ce sens, son acte d’accusation dans l’affaire Gbagbo qualifié à raison de « brouillon » par Me Altit, suffit à lui seul pour mettre en évidence non seulement sa partialité, mais aussi et surtout celle de la Cour, qui, bien que reconnaissant l’insuffisance des preuves (après deux ans d’enquête du Procureur) contre Laurent Gbagbo, le maintient encore en détention à la Haye. Sur l’affaire Gbagbo, vient buter l’argument de l’impartialité de l’institution censée, en toute indépendance, rendre justice à tous sans distinction.
Au total, le pouvoir de saisine reconnu au Conseil de sécurité et au Procureur de la CPI s’analyse comme une autorisation à opérer une sélection entre les bons et les mauvais criminels. Les mauvais étant ceux qui sont considérés comme tels par les occidentaux et donc condamnés avant de franchir le box des accusés. La méthode des saisissants est tellement partiale qu’on serait tenté de dire avec Robert H. Jackson (Procureur américain au procès de Nuremberg) que «Si vous êtes déterminé à exécuter un homme, quoi qu’il arrive, il n’y a pas de procès…».

Alain BOUIKALO, Juriste
In : Aujourd’hui, n° 527, 13 déc. 2013
(Source : Civox.net, 14 déc. 2013)

Le silence des autorités françaises sur la Côte d’Ivoire

Curieuse position de la France sur la situation des Droits de l’Homme en Afrique : la contradiction de Hollande

par Guillaume T. Gbato

La France, la grande France, est en guerre en Centrafrique depuis la fin de la semaine dernière. Mardi, de retour de Johannesburg, où il a assisté aux obsèques de l’ancien président sud africain, Nelson Mandela, le chef de l’Etat français, François Hollande, a fait une escale de quelques heures à Bangui, la capitale centrafricaine, à la suite de la mort de deux soldats français de l’opération «Sangaris». A cette occasion, et devant ses soldats, le chef de l’Elysée est revenu sur les raisons qui ont motivé son intervention rapide au pays de Bokassa. Pour lui, en effet, il s’agissait de «sauver des vies humaines».
Bel engagement plein d’altruisme, serait-on tenté de dire. Mais le hic, c’est que, dans d’autres circonstances similaires, on n’a pas entendu le président Hollande avec autant d’énergie.
En effet, en juillet 2012, alors que M. Hollande était déjà bien installé à l’Elysée, les dozos et autres milices proches du pouvoir ivoirien ont attaqué le camp des réfugiés de Nahibly, à Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Faisant des centaines de morts. Jusqu’à ce jour, on ne connaît pas la position officielle de la France et de son gouvernement sur cette tragédie que ne cessent de dénoncer les organisations internationales des Droits de l’Homme comme Amnesty international.
Jusqu’à ce jour, les enquêtes promises par le pouvoir n’ont jamais démarré et la France n’a rien dit. En tout cas, rien d’audible.
Plus généralement, en Centrafrique, Hollande et la France ont déclaré la guerre aux Séléka, coupables, à leurs yeux, du drame centrafricain. Curieusement, en Côte d’Ivoire, ils ferment les yeux sur les agissements des dozos, dont les méthodes ressemblent pourtant à celles de leurs homologues centrafricains.
Le président Hollande s’émeut de la mort de quatre cent personnes à Bangui en deux jours. C’est compréhensible. C’est même normal. Mais, le président de l’Assemblée nationale française, Claude Bartolone, qui est très proche de lui, reçoit, en grande pompe, Guillaume Soro, dont les troupes sont responsables de la mort, en une seule journée, à Duékoué Carrefour, en mars 2011, d’environ un millier de Guéré.
Alassane Dramane Ouattara passe le clair de son temps en France, et, très souvent, à l’Elysée. Pourtant, tout le monde sait qu’en Côte d’Ivoire, les dozos qui lui ont prêté main forte dans sa conquête du pouvoir et qui font intégralement partie de son appareil sécuritaire tuent et violent à longueur de journée. A tel point que, même l’ONU, allié traditionnel du régime Ouattara, a été obligée, ces derniers jours, de dénoncer leurs méfaits. Mais, depuis, personne n’a entendu le président Hollande, encore moins son gouvernement. Dans de telles conditions, comment peut-on croire en la sincérité du président Hollande et du Parti socialistes au pouvoir en France. La vérité, c’est que ces interventions et considérations à géométrie variable discréditent plus la France qu’elles ne l’honorent. Malheureusement.

In : Notre Voie, n° 4590, 12 déc. 2013
(Surtitre de la Rédaction)

Voir aussi :
Rapport sur les abus des Droits de l’Homme commis par des Dozos en République de Côte d’Ivoire. ONUCI, OHCHR. Juin 2013

Tentatives d’assassinats et enlèvements de réfugiés ivoiriens : le Dr Assoa Adou confirme les faits rapportés par les experts de l’ONU

Déclaration de la coordination FPI en exil suite à la publication du rapport des experts de l’ONU sur le Libéria
Par le Dr Assoa Adou

Selon le rapport du groupe des experts sur le Liberia en date du 19 novembre 2013, « le gouvernement ivoirien avait envoyé au Ghana des agents chargés de kidnapper ou assassiner des partisans réfugiés du régime Gbagbo »

Pour les exilés au Ghana, une telle information n’est pas une surprise tant les preuves irréfutables sont nombreuses et disponibles depuis l’arrivée des exilés ivoiriens au Ghana.
Des décès suspects (DIAGOU GOMONT), des tentatives d’enlèvements et des enlèvements suspects (Charles BLE GOUDE, Jean Yves DIBOPIEU, Jean Noel ABEHI, Koné Katinan) et des affrontements suspects dans les camps de réfugiés suivis de décès sont constatés à chaque annonce de la présence des envoyés du gouvernement Ouattara. L’on a encore en mémoire l’assassinat de l’ex rebelle repenti Adama Champion dit « gorge profonde » retrouvé mort calciné dans sa tente au camp de réfugiés d’Ampin au Ghana après ses révélations sur la disparition du journaliste Guy-André Kieffer dans une interview accordée au journal « Le Nouveau Courrier » et dans laquelle il pointait un doigt accusateur sur un baron du RDR. (suite…)

La paix commence par la musique

Le chanteur franco-ivoirien Jah Prince a retrouvé le 17 octobre 2013 ce qui, pour lui et sa famille, est le bien le plus précieux, la liberté.
Mais son matériel de production et 3000 exemplaires de son album Prisonniers de Babylone lui ont été volés.
Jah Prince voudrait continuer à exercer son art. Ses amis et sa famille ont mis sur pied le projet suivant auquel ils invitent à se joindre tous ceux qui veulent continuer à le soutenir. Voici ce qu’ils vous proposent :
http://www.kisskissbankbank.com/la-paix-commence-par-la-musique?ref=search

Aujourd’hui, dans les prisons ivoiriennes

En Côte d’Ivoire, selon les informations recueillies sur place, on recenserait  à ce jour : 774 détenus politiques.

Mardi 10 décembre 2013 : trois incarcérations
Vendredi 13 décembre : 10 incarcérations
Mardi 24 décembre 2013 : une arrestation
Vendredi 27 décembre 2013 : 6 personnes, dont une femme allaitant un bébé, incarcérées à la MACA après avoir été enlevées et torturées dans les locaux de la DST et dans une résidence privée occupée illégalement par des membres des FRCI.
Mardi 31 décembre 2013 : 9 incarcérations à la MACA

(Mise à jour le 02/01/2014)

Lire le dernier communiqué du Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens :

Mobilisons-nous pour la restauration des libertés fondamentales !

La CGT écrit à François Hollande : violation des droits syndicaux et humains en Afrique

Voici le texte d’une lettre que le secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon vient d’adresser au chef de l’Etat

Monsieur le Président,

Les 6 et 7 décembre, vous recevez à l’Elysée les chefs d’Etat africains dans le cadre du sommet pour la paix et la sécurité. La paix est la condition d’une vie digne et décente. Ces propos, que vous avez prononcés mercredi 4 décembre lors de la Conférence « Pour un nouveau modèle de partenariat économique entre l’Afrique et la France », la CGT y souscrit pleinement.

Pour notre organisation syndicale, la condition d’une vie digne est également celle de disposer d’un travail décent. A ce titre, la CGT s’investit aux côtés des organisations syndicales africaines indépendantes pour travailler à ce que cela devienne une réalité en Afrique. Nous avons ensemble l’ambition de faire en sorte que les travailleurs conquièrent leur émancipation individuelle et collective et participent à la transformation de la société et du monde. Nous nous battons chacun pour défendre les droits des travailleurs, en gagner de nouveaux, améliorer les conditions de travail et de vie. Ces engagements qui sont les nôtres ne sont pas malheureusement pas souvent compris ni acceptés par vos homologues africains. Je me permettrais de citer ici quelques exemples.

En Côte d’Ivoire, notre camarade Basile Mahan Gahé, Secrétaire général de la centrale DIGNITE a été enlevé par les Forces Républicaines de Sécurité en Côte d’Ivoire (FRCI) dès l’arrivée au pouvoir du Président Ouattara. Il a vécu 18 mois d’incarcération et de torture. Libéré fin 2012, il est mort quelques mois après à l’âge de 60 ans.

Au Tchad, l’Union des Syndicats du Tchad (UST) a rédigé l’année passée une pétition dénonçant la corruption et l’appauvrissement de la population sous la présidence d’Idriss Déby. Trois de nos camarades, François Djondang, Michel Barka et Younous Mahadjir ont été accusés de diffamation puis condamnés à 18 mois d’emprisonnement pour crime de haine.

En Guinée, au mois de juin 2013, le Secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs/seuses de Guinée (CNTG), Ahmadou Diallo, a été victime d’une attaque à main armée dans sa maison de Conakry. Les agresseurs portaient des uniformes militaires et ont tiré sur sa maison où se trouvait sa famille.

Aux Comores, nos camarades de la Confédération des Travailleurs des Comores (CTC) sont discriminés quotidiennement, menacés, licenciés en raison de leur engagement syndical.

A Djibouti, sous le gouvernement de Monsieur Ismail Omar Guelleh, des syndicats affiliés au pouvoir ont été créés. Les deux centrales syndicales Union des Travailleurs (UDT) et l’Union Générale des Travailleurs de Djibouti (UGTD) indépendantes ne sont pas reconnues par l’Etat. Nos camarades de la Fonction Publique sont licenciés sitôt qu’ils osent revendiquer de meilleures conditions de travail auprès du gouvernement.

Des organisations syndicales et leurs responsables ont été la cible de persécutions au Swaziland, au Zimbabwe, des mouvements de grèves fortement réprimés au Kenya et en Afrique du Sud …

Je ne souhaite pas ici, Monsieur le Président, m’étendre davantage sur la violation des droits syndicaux et humains dont sont victimes les syndicalistes en Afrique. Sans prétendre intervenir dans vos échanges lors du Sommet sur la paix et la sécurité, permettez-moi de penser qu’il s’agit là sans doute ici d’une piste de travail que vous pourrez aborder avec vos homologues. La paix est la condition d’une vie digne et décente, vous le rappeliez.

La paix n’existe pas quand les gouvernements méprisent les droits des travailleurs, quand le dialogue est étouffé, la critique interdite. Si vous me permettez de conclure ma lettre en empruntant les mots de Victor Schoelcher, abolitionniste, je dirais que « La liberté d’un homme est une parcelle de la liberté universelle, vous ne pouvez toucher à l’une sans compromettre l’autre à la fois. » C’est le sens de notre combat : le combat pour la raison, le combat pour la justice, le combat pour les droits de l’homme.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes salutations distinguées.

In : La CGT, 6 déc 2013, par Frédéric Dayan