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482 détenus politiques ivoiriens ont déposé une demande de mise en liberté provisoire

Selon « Le Nouveau Courrier » du 9 janvier 2014, 482 personnes détenues à la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan) ont rédigé, selon les conseils de leurs avocats, une demande de mise en liberté provisoire. 
Cette procédure intervient à la suite de l’annonce faite par Alassane Ouattara lors de ses voeux de Nouvel An au cours desquels il a « demandé au Garde des Sceaux que la Justice examine à nouveau une mesure de mise en liberté provisoire de certains détenus de la crise postélectorale. »

Lors d’interventions ultérieures, il a également demandé que soit examinée, pour les personnes en liberté provisoire, la possibilité d’un dégel des comptes bancaires et, pour les fonctionnaires, d’une réintégration dans leur poste.

Par Saint-Claver Oula
Depuis lundi dernier, au moment où Alassane Ouattara recevait les voeux du nouvel an des présidents d’institutions, des membres du gouvernement, du corps diplomatique, etc. les prisonniers politiques rédigeaient, quant à eux, leurs demandes de mise en liberté provisoire qui seront soumises au procureur de la République. C’est en fin d’après-midi du mardi 7 janvier que les 482 prisonniers politiques de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) ont achevé la rédaction desdites demandes. Selon des sources proches de cette administration pénitentiaire, c’est hier mercredi 8 janvier, que les dossiers des ex-forces de défense et de sécurité et les militants et sympathisants du Front populaire ivoirien (FPI) ont été acheminés au parquet d’Abidjan-Plateau. Du coup, les prisonniers politiques maintenus arbitrairement au cachot pour leur soutien réel ou supposé au président Laurent Gbagbo sont dans l’attente de recouvrer naturellement la liberté. Cependant, selon une source proche du dossier, ils ne se laissent pas aller à un enthousiasme béat. D’autant plus qu’au moment où il est question de libération de détenus politiques, d’autres personnes continuent d’être déférées dans les prisons du pays ou se trouvent encore dans les cellules de la Direction de la surveillance du territoire (Dst), dans des camps militaires. Qu’en sera-t- il alors du sort de ceux-ci au moment où Alassane Ouattara demande l’examen des demandes de mise en liberté provisoire ?

Ouattara face au cas Simone Gbagbo
A la suite des avocats des personnalités politiques qui avaient introduit une demande de mise en liberté provisoire au profit de Simone Gbagbo en 2012, un expert de l’Onu, Doudou Diène, de passage à Abidjan en octobre 2013, avait suggéré cette même option aux autorités ivoiriennes. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la Cour pénale internationale (CPI), Alassane Ouattara a refusé le transfert de Simone Gbagbo prétextant que «les juridictions ivoiriennes sont aujourd’hui réhabilitées et à même de lui faire un procès juste et équitable garantissant les droits de la défense». D’ailleurs à cet effet, une requête a été déposée au greffe de la CPI. Le dossier de l’ex-Premier dame étant aux mains des autorités ivoiriennes, l’opinion attend que son cas soit également examiné par la justice.

In : Le Nouveau Courrier n° 970, 9 janv. 2014, p. 4
(Titre et chapeau de la Rédaction)

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