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Il faut que justice soit rendue pour l’assassinat de Firmin Mahé

Le 11 février 2014, Me Norbert Tricaud a défendu en Appel la cause de la famille de Firmin Mahé, jeune Ivoirien dont l’assassinat (par étouffement dans un sac en plastique) le 13 mai 2005, commis par des militaires français, n’a pas jusqu’aujourd’hui été pris en compte de façon juste et correcte, compte tenu de la gravité des faits.

Firmin Mahé avec son fils photo non datée

Firmin Mahé avec son fils (Non daté) Source : « Contrepoids »


Communiqué de presse de Maître Norbert Tricaud

POUR L’HONNEUR RETROUVE DU DEFUNT PLOMBIER IVOIRIEN Firmin MAHE DAHOU ET DE SA FAMILLE, VICTIMES DE LA BARBARIE DE TROIS MILITAIRES FRANÇAIS DE LA FORCE LICORNE, LE 13 MAI 2005 EN COTE D’IVOIRE.

AUDIENCE DE PLAIDOIRIE DU MARDI 11 FEVRIER 2014, 9H00, COUR D’APPEL DE PARIS, Pôle 2, Chambre 4, Palais de Justice de PARIS, escalier Z, 4ème étage.

Par arrêt criminel du 7 décembre 2012 de la Cour d’Assises de PARIS, l’Adjudant – Chef Eric RAUGEL a été déclaré « coupable du meurtre de Firmin MAHE, commis le 13 mai 2005 en Côte d’Ivoire, et condamné à la peine de 4 ans d’emprisonnement avec sursis » ; le Capitaine Johannes SCHNIER a été déclaré « coupable de complicité dudit meurtre et condamné à la peine de 1 an d’emprisonnement avec sursis » ; le Colonel Eric BURGAUD, chef de la force Licorne pour la région de MAN, a été déclaré « coupable de complicité dudit meurtre et d’établissement d’une attestation ou d’un certificat inexact et condamné à la peine de 5 ans d’emprisonnement avec sursis ».

Scandaleusement, l’actuel Procureur Général près la Cour d’Appel de PARIS n’a pas cru bon devoir interjeter appel d’une décision ne comportant aucune condamnation à des peines d’emprisonnement ferme. Il est vrai qu’il ne s’agissait que du meurtre prémédité d’un non français, noir de peau au surplus.

Par arrêt civil du 22 janvier 2013, la Cour d’Assises de PARIS s’est déclarée « incompétente pour statuer sur la responsabilité de l’Etat au profit de la Juridiction administrative », a considéré « qu’en participant au meurtre de Firmin MAHE, MM. SCNHIER, RAUGEL et BURGAUD ont incontestablement commis une faute personnelle détachable de la mission qui leur était dévolue dans le cadre de la Force Licorne et engageant leur responsabilité propre. En effet, le meurtre par étouffement d’une personne ligotée et blessée dans un véhicule blindé ne peut aucunement entrer dans le cadre du mandat confié à la Force Licorne par la résolution 1528 de l’ONU du 27 février 2004 et visant au maintien de la paix en Côte d’Ivoire ».

Enfin, la Cour a condamné « solidairement Johannes SCHNIER, Guy RAUGEL et Eric BURGAUD à verser à Sylvie LAHO en qualité de représentante légale de Gaël MAHE la somme de 30.000 € en réparation de son préjudice économique. Déboute les autres parties civiles de l’ensemble de leurs demandes ».

Les 8 parties civiles membres de la famille du défunt ont interjeté appel. Cinq d’entre elles sont représentées par Maître Norbert TRICAUD, il s’agit de Mme Sylvie LAHO, ancienne compagne du défunt et mère de son fils mineur, Gaël MAHE, Mmes Joséphine et Yvonne DAHAOU, sœurs du défunt, de M. Jaques DAHOU, frère aîné du défunt qui co-animait avec lui leur petite entreprise de plomberie, et de Basile GNINIHON, neveu du défunt.

Maître Norbert TRICAUD demandera à la Cour de constater le caractère de crime contre l’humanité caractérisant les pratiques de tortures par des militaires français d’un civil ivoirien ligoté, battu puis étouffé sous un sac poubelle jusqu’à sa mort.

Il sera fait référence au meurtre, aux moyens de tirs à la Kalachnikov, du journaliste français Jean HELENE, le 21 octobre 2003 à ABIDJAN, par le Sergent ivoirien Théodore SERY DAGO.

A la demande du Président Laurent GBABGO, la justice ivoirienne avait fait preuve de diligences. C’est ainsi que le 23 janvier 2004, le Sergent reconnu coupable de meurtre, en violation des règles de la chaîne de commandement, a été condamné à 17 années de détention militaire et à une amende de 800 € ; le Gouvernement ivoirien, pour défaut de maîtrise de la chaîne de commandement, a été condamné à verser 218.000 € à la veuve française de Jean HELENE, soit près de 10 fois plus que ce que la justice française a entendu allouer à l’ancienne compagne ivoirienne de Firmin MAHE DAHOU et à leur fils mineur.

Selon que l’on est noir ou blanc, ivoirien ou français, le préjudice à réparer doit-il être dix fois moindre ?

La Justice française en 2014 (plus de 8 ans après le meurtre), après s’être révélée bien moins diligente que la Justice ivoirienne en 2004 (3 mois après le meurtre) retrouvera-t-elle le sens de la réparation équitable du préjudice des familles ?

L’honneur du pacifique plombier ivoirien, Firmin MAHE DAHOU dont le corps repose toujours à la morgue d’ABIDJAN, sali par une affabulation militaire française sur sa fausse qualité de soit disant bandit « coupeur de route », sera-t-il rétabli avec enfin le droit à une sépulture honorable, après le paiement de plus de 35.000 € pour près de 8 années de conservation de son corps à la morgue ?
CONTACT : Maître Norbert TRICAUD Tél : 06.98.57.34.73

Compte rendu détaillé de l’audience du 11 février 2014, par Christine Tibala :
http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2014/02/affaire-mahe-chronique-dune-justice.html

Le contexte de l’affaire, par Théophile Kouamouo (Le Nouveau Courrier [en ligne], 9 déc. 2012) :
« Les assassins du jeune Ivoirien condamnés à de la prison avec sursis – Affaire Mahé : pourquoi ce verdict honteux était prévisible »

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