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Monthly Archives: mars 2014

Charles Blé Goudé devant la Cour Pénale Internationale : il décrit les conditions inhumaines de détention en Côte d’Ivoire

Lors de sa première comparution devant la CPI le jeudi 27 mars 2014, Charles Blé Goudé fut invité à faire part de ses remarques sur les conditions dans lesquelles s’effectua son transfert. Il répondit minutieusement sur son enlèvement au Ghana, suivi d’une séquestration de 14 mois en Côte d’Ivoire, au cours de laquelle il n’avait le droit de voir personne. Lors des déplacements qu’on lui fit effectuer, il avait les yeux bandés et était encagoulé.
Charles Blé Goudé a dénoncé une prison utilisée par le pouvoir pour briser le moral du détenu.
Face à la CPI, il espère être jugé seulement pour ce qu’il aurait pu faire, et que sa présence devant cette cour permette la manifestation de la vérité.

Vidéo de l’audience :

L’essentiel de l’intervention de Charles Blé Goudé devant la CPI le 27 mars 2014, retranscription par Steve Beko :
http://stevebeko.com/discours-historique-de-charles-ble-goude-a-la-cpi/

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Après deux mois d’absence, le « Nouveau Courrier » est de retour

Une si longue absence

Par Théophile Kouamouo

« Mon journal, c’est Facebook », clament certains d’entre
nous, à ce point subjugués par la technologie qu’ils ne se
rendent pas compte que les réseaux sociaux ne font que
recycler une matière première très souvent fournie par des
professionnels, des êtres de chair et de sang, qui doivent
vivre de leur métier… et qui, parfois, en meurent.

Vous nous avez tant manqué ! C’est après près de deux mois d’interruption de parution que votre quotidien est à nouveau, ce lundi, dans les kiosques à journaux. Nous ne pouvons pas recommencer notre mission à vos côtés là où nous avons été contraints de l’arrêter, chers lecteurs, sans vous « donner les nouvelles », comme le veut la tradition ivoirienne. Si Le Nouveau Courrier a quitté les kiosques depuis le 3 février dernier, c’est pour des raisons financières, notamment une assez lourde dette auprès de notre imprimeur, qui ne pouvait continuer à s’alourdir sans conséquences. (…)
Oserions-nous compter sur un marché publicitaire donnant la prime aux plus gros et souvent influencé par des considérations politiques pour financer notre mission d’informer ? Est-il raisonnable d’attendre d’un gouvernement qui refuse de subventionner les partis politiques, et de financer ainsi la vie politique, conformément aux prescriptions constitutionnelles, qu’il vole au secours d’un quatrième pouvoir qui révèle ses frasques ? Ceux qui ont méthodiquement détruit nos imprimeries et nos rédactions en 2011 ne peuvent pas venir à notre secours.
Notre seul recours, c’est vous, chers lecteurs.
Il est normal d’acheter un journal, un matin, parce que l’on a vu un titre qui nous attire ou nous interpelle. Mais il est salutaire de valider, quotidiennement, la démarche d’un journal dont on apprécie la démarche en lui étant fidèle, y compris lorsque l’actualité semble terne, ou qu’aucune information « choc » ne se distingue. On ne peut pas avoir des scoops tous les jours et la recherche effrénée du sensationnel, elle-même suscitée par l’envie du lecteur de se faire « surprendre » en permanence, peut conduire à déformer les faits, notamment pour anticiper des espérances non encore conformes à la réalité.
Le Nouveau Courrier est de retour. Et la meilleure manière de le maintenir dans les kiosques est de vous abonner auprès de votre vendeur habituel ou de vous abonner à la version électronique, que vous recevez chaque matin sans sortir de chez vous, y compris les matins de grande pluie. (…)

Le Nouveau Courrier N° 990, lundi 24 mars 2014, p. 2

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Déclaration du Front Populaire Ivoirien face à un pouvoir qui pratique et recherche sans cesse l’affrontement

Déclaration 007/2014

DÉCLARATION DU SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DU FPI SUITE À LA RUPTURE DU DIALOGUE POLITIQUE PAR LE GOUVERNEMENT

Le Secrétariat Général du Front Populaire Ivoirien (FPI) s’est réuni au siège provisoire du parti, (ex QG de campagne du président Laurent GBAGBO sis à Attoban commune de Cocody) ce jour, samedi 22 Mars 2014 de 10 H à 13 h. Après une analyse et un examen minutieux de la situation nationale caractérisée par :

· le blocage du dialogue politique face au refus obstiné du Gouvernement d’œuvrer à la normalisation de la situation du pays;
· le lancement solitaire et unilatéral du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) dans un environnement sociopolitique délétère et un contexte de dispersion généralisée des populations;
· L’échec du processus de réconciliation nationale, du fait de l’immobilisme de la CDVR ;
· le transfèrement du ministre BLE Goudé Charles à la CPI, en contradiction avec les affirmations antérieures du Gouvernement. Ce transfèrement constitue, à nos yeux, une entrave grave à la réconciliation nationale ;
· la répression violente et injustifiée des jeunes devant le palais de justice d’Abidjan, lors de l’audience du ministre BLE Goudé Charles ;
· l’interpellation de KOUA Justin, Secrétaire National par intérim de la JFPI et YAVO Martial, président par intérim du COJEP, le vendredi 21 mars 2014 ;
· le maintien en détention injustifiée de Simone EHIVET GBAGBO, Jean-Yves DIBOPIEU et de près de huit cents (800) prisonniers politiques civils et militaires à ce jour ;

Décide :

1- de prendre acte de la rupture du dialogue politique par le Gouvernement ;
2- de convoquer un Comité Central Extraordinaire le samedi 29 mars 2014 au siège provisoire du Parti (ex QG de campagne du président Laurent GBAGBO sis à Attoban commune de Cocody) à 10 h en vue d’examiner et d’approfondir l’analyse de la situation délétère et d’en tirer toutes les conséquences politiques.

C’est pourquoi, il invite impérativement tous les membres statutaires du Comité Central, les membres du Comité de Contrôle, les Secrétaires Généraux des Fédérations, les membres des bureaux nationaux des structures spécialisées et d’activités et les responsables fédéraux des dites structures à prendre toutes les dispositions utiles pour participer à cette importante session extraordinaire du Comité Central.

En attendant, le Secrétariat Général exhorte tous les démocrates, les patriotes, les sympathisants, les militants et toute la population à observer le mot d’ordre de boycott du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) ainsi que les auditions des « victimes » organisées par la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR).

Le Secrétariat Général demeure saisi de la question et demande aux démocrates, militants et sympathisants de demeurer mobilisés et à l’écoute des mots d’ordre à venir de la Direction du Parti.

Fait à Abidjan, le 22 mars 2014.
Laurent AKOUN

Secrétaire Général & Porte-parole

Charles Blé Goudé est maintenant prisonnier de la CPI

Ce samedi matin 22 mars 2014, Charles Blé Goudé a été embarqué sur un vol pour La Haye où Laurent Gbagbo est détenu depuis le 30 novembre 2011.
Par quel miracle la CPI pourrait-elle confirmer contre Charles Blé Goudé des charges qu’elle a été incapable d’apporter contre le Président Gbagbo ?
Les autorités ivoiriennes ne se sont-elles pas débarrassées d’un opposant politique dont le procès – s’il avait lieu un jour – aurait débouché sur un fiasco ?

Confusion et protestations suite à la décision de transférer Charles Blé Goudé à La Haye

D’après plusieurs sources abidjanaises, le Président du COJEP (Congrès Panafricain pour la Justice et l’Egalité des Peuples) et ancien ministre de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Charles Blé Goudé, a été auditionné aujourd’hui au Palais de Justice d’Abidjan-Plateau. Son épouse et ses amis ont essayé de le voir avant son prochain transfert aux Pays-Bas. Mais, avec une extrême brutalité, son épouse a été violemment repoussée par la police.
Plusieurs militants ont été arrêtés : Justin Koua, Secrétaire national de la JFPI, Martial Yavo, Président par intérim du COJEP.
Charles Blé Goudé est très populaire, et de nombreux jeunes seraient en route vers l’aéroport.

Charles Ble Goude

Samedi 22 mars, à Paris, un rassemblement est organisé à partir de 14 h, devant France2, pour protester contre la décision de transfert de Charles Blé Goudé.

Mise à jour du 22/03/2014 :
Les militants arrêtés vendredi 21 mars devant le Palais de Justice ont été remis en liberté le lendemain, samedi 22 mars.

Urgent !

Les autorités ivoiriennes, après moult tergiversations, viennent d’annoncer leur intention de livrer Charles Blé Goudé à la Cour Pénale Internationale.

Les Indignés de Côte d’Ivoire matraqués devant l’Ambassade de France

Par Patrice Lecomte

Le sit-in organisé hier matin devant l’Ambassade de France par la Coalition des Indignés de Cote d’Ivoire et le Collectif des admis au concours de police session 2010, mais recalés en 2011 par le régime Ouattara, a été sauvagement réprimé par le régime Ouattara.
Une manifestation pourtant pacifique pour réclamer leur entrée à l’école de police.
Pour toute réponse, le régime leur a opposé une répression sévère à coups à coups de matraques, de course-poursuite, et de gaz lacrymogènes par la police du régime.
Une répression sauvage qui démontre une fois de plus la brutalité du régime et la violation des droits de l’homme et des libertés en Côte d’Ivoire.

Repression manif 20140317

Le jeune Guédé Elvis, venu manifester, a été copieusement battu et trainé sur près de 200 mètres avant d’être conduit à la préfecture de police sans soins.
Il se trouve en ce moment dans un état critique.
(…)
In : Ivoirebusiness, 18 mars 2014

Admis de la police 2010 : un des grévistes de la faim meurt
Par D. K.

Trazié Bi Rosion, du cycle des sous-officiers du concours d’entrée à l’école de police session 2010, est décédé dans la nuit de mardi à hier dans une structure sanitaire à Abidjan, a-t-on appris du porte-parole du collectif des admis de ladite promotion, Serge Landry Boguié, joint hier par téléphone. « Le camarade Trazié Bi est décédé des suites de la grève de la faim que nous avons entamée depuis lundi dernier à la Cathédrale Saint-Paul d’Abidjan pour réclamer notre intégration à l’Ecole de police. Qui dure depuis trois ans par la faute du ministre de l’Intérieur. Les soucis et l’injustice dont nous sommes victimes ont tué notre camarade qui ne souffrait pas d’une maladie lundi dernier. Son corps sera transféré demain jeudi à Sinfra, sa ville natale » a-t-il ajouté. Serge-Landry Boguié a exprimé son indignation et sa colère suite à ce décès subit qui a endeuillé les 1476 admis. «Mais nous ne nous avouons pas vaincu. Le combat pour la restauration de notre dignité se poursuit. Dans l’espoir que le clergé ivoirien mette tout en œuvre pour faire entendre raison à nos autorités pour qu’ils se ressaisissent », a insisté Serge Landry Boguié. Quant à Mlle Gbongbo Carole, membre du collectif des admis du concours de police session 2010, elle est sortie du violon de la préfecture de police d’Abidjan, au Plateau, la semaine dernière, avec une fracture du pied. Cela lui a valu d’avoir le pied qui est dans le plâtre en ce moment, à en croire des témoignages. 34 autres jeunes gens du contingent des admis de 2010 ont été battus sauvagement par les policiers le 22 février dernier, à Cocody, au cours d’une manifestation de protestation devant l’Ecole de police puis jetés dans les cellules du sous-sol de la préfecture de police. Saisie par les admis du concours de police session 2010 après l’annulation de ce test en 2011 par le régime Ouattara, la présidence de la République a, dans un courrier signé par le chef de cabinet du chef de l’Etat, indiqué avoir instruit le ministre de l’Intérieur de prendre en compte les préoccupations des jeunes gens et trouver une solution définitive à ce concours dont les résultats sont antérieurs à la décision de Ouattara. Mieux, en janvier dernier, le président du conseil constitutionnel a évoqué, dans un courrier adressé au collectif des admis que son directeur de cabinet a pris langue avec le ministre de l’Intérieur pour régulariser définitivement la situation des jeunes gens. Malheureusement, le ministre Hamed Bakayoko n’a pas donné une suite favorable à toutes ces requêtes. Laissant les jeunes gens dans le désarroi total.

In : Notre Voie, 13 mars 2014

Lire sur le même sujet :
Nouvelles 2014-02-27

Mise à jour du 19 mars 2014 :
Par Alain Doh Bi :
Arrêtés le lundi dernier lors de leur manifestation devant l’Ambassade de France à Abidjan, les quatre (4) admis recalés du Concours de Police 2010 ont été déférés, hier 18 mars 2014 à 22h à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA) pour « flagrant délit de trouble à l’ordre public ». Il s’agit de :
1-GROHI ROSEMAR PAUL, Ethnie Avikam originaire de Tiassalé.
2-KABLA GNANDOU FRANCK, Ethnie Godié originaire de Gueyo.
3-TAHI BLOADE JEAN CLAUDE, Ethnie Guéré originaire de Guiglo.
4-DOLLE FULGENCE, Ethnie Dida originaire de Lakota
(Source : Blog de Alain Doh Bi, 19 mars 2014)

Maroc : le vrai visage de la monarchie

I – Détention extrajudiciaire, pratique de la torture et impunité

Par la Rédaction de RTL.fr, avec l’AFP :

Un boxeur, qui a porté plainte contre un responsable marocain qu’il accuse de torture, a écrit à François Hollande pour lui demander une « enquête impartiale ».

Un des plaignants contre un haut responsable marocains accusé de torture a écrit une longue lettre à François Hollande. Zakaria Moumni, ancien champion de boxe thaïlandaise, qui dispose de la nationalité française, décrit les sévices dont il dit avoir été victime après son arrestation le 27 septembre 2010 à l’aéroport de Rabat et demande au chef de l’État une enquête « impartiale ».
« Tout au long de ces quatre jours de tortures, ils n’ont cessé de me répéter : ici, c’est l’abattoir de Sa Majesté et, nous, on ne dépend ni du ministère de l’Intérieur, ni du ministère de la Justice. Nous, on travaille directement avec le roi. Et ça, c’est les ordres du roi », écrit Zakaria Moumni. « En réalité, le pouvoir marocain – le Palais royal pour être plus précis – m’a fait payer chèrement le fait d’avoir exprimé publiquement mes revendications et mes griefs à l’égard du Palais royal », poursuit le boxeur. Il explique qu’il réclamait en vain un poste au ministère de la Jeunesse et des Sports.
Un procès « inéquitable »
Condamné à 30 mois de prison au terme d’un procès qualifié d' »inéquitable » par Human Rights Watch, il affirme avoir signé sous la torture les aveux selon lesquels il aurait soutiré à deux Marocains 1.200 euros, contre la promesse de leur trouver du travail en Europe. Grâcié en février 2012, Zakaria Moumni, qui vit en France, explique à François Hollande que des responsables marocains lui « ont fait clairement comprendre que les individus responsables des tortures (…) ne peuvent être traduits en justice ».
Il écrit espérer que sa « plainte fera l’objet d’une enquête approfondie, indépendante et impartiale, le Maroc ayant démontré son absence de volonté politique pour rendre justice aux victimes de torture ». Il explique encore à François Hollande avoir entrepris son action judiciaire « en pensant à toutes les victimes de torture au Maroc qui ne peuvent saisir un juge là-bas ». (…)
Suite sur RTL.fr, 8 mars 2014

II – L’association Action des Chrétiens pour l’abolition de la torture a déposé plainte

Par Armin Arefi :

La relation paradisiaque qui lie la France et le Maroc s’est nettement assombrie la semaine dernière, après la convocation, jeudi, par la justice française du chef de la DST marocaine, Abdellatif Hammouchi. De passage à Paris, le responsable marocain a été retenu plusieurs heures en vertu d’une plainte pour « complicité de torture » déposée en mars 2013 par l’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT).

À l’origine, un ressortissant franco-marocain, Adil Lamtalsi, arrêté en 2008 par la police marocaine puis condamné pour un crime de droit commun (trafic de stupéfiants, NDLR). Transféré dans le funeste centre de détention secret de Témara, aux mains de la Direction générale de la surveillance du territoire marocain (DGST), il affirme avoir subi de nombreux sévices avant de passer aux aveux. D’après le dépôt de plainte que Le Point.fr a pu consulter, Adil Lamtalsi « est resté attaché les yeux bandés et a été privé de sommeil tout au long de sa garde à vue ».

Électrocuté

« Entre cinq et huit personnes l’ont frappé avec un bâton sur la plante des pieds, les mains, le visage, les organes génitaux, la colonne vertébrale, révèle le document. Il a été électrocuté à plusieurs reprises, suspendu par les pieds pendant une heure à plusieurs reprises. On lui a également plongé la tête et les épaules dans un grand seau d’eau. »

« Il existe au Maroc un recours systématique à la torture et aux traitements inhumains et dégradants visant à obtenir des aveux rapides dans tout dossier compliqué », affirme au Point.fr maître Joseph Breham, qui défend Adil Lamtalsi depuis son transfert en France, en mai 2013. « Mon client a été tellement torturé qu’un des policiers présents lors de l’interrogatoire a pris des photos, puis les lui a passées », précise l’avocat. (…)
Suite de l’article sur Lepoint.fr, 25-26 fév. 2014

III – Oppression du peuple sahraoui : enlèvements, destruction des biens et des habitations, licenciements abusifs…

Interview d’Aminatou Haidar par Mohsen Abdelmoumen, pour Algérie patriotique :

Algérie patriotique : Vous avez été reçue au Parlement européen, pouvez-vous nous expliquer le résultat que vous avez obtenu ici à Bruxelles ?

Madame Aminatou Haidar : Ma visite au Parlement européen vient dans le cadre du partenariat entre le Centre Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l’Homme et moi-même, étant sa lauréate 2008. L’objectif de ce partenariat est de défendre la lutte du peuple sahraoui, en faisant la lumière sur la situation alarmante qu’il vit. (suite…)

Conférence de presse des avocats de Charles Blé Goudé

I – Compte rendu par Alain Doh Bi :

Le conseil des avocats de M. Charles Blé Goudé a animé une conférence de presse, ce vendredi 14 mars 2014, au Restaurant BMW de 2Plateaux [Abidjan]. On en retient :

1- Les premières photos des détenus politiques Blé Goudé et Jean Yves Dibopieu sont authentiques. Elles ont été prises à la DST, en Août 2013, par les éléments de cette police spéciale. Charles Ble Goude 2

2- C’est après la diffusion de la premières série de photos que Charles Blé Goudé a été extirpé de la DST et rasé par ses geôliers qui ont pris de nouvelles photos pour les publier ensuite.

3- Blé Goudé était détenu à la DST en cellule d’Isolement jusqu’au 11 mars 2014, ce régime de détention auquel le prévenu Blé Goudé est soumis, est infligé aux détenus qui ont commis des fautes graves lors de leur détention. Charles Ble Goude Photo d Hamed Bakayoko

Le conseil des avocats de Blé Goudé a demandé aux autorités ivoiriennes d’améliorer les conditions de détention de leur client et d’autoriser ses avocats à lui rendre visite comme la loi le prévoit.

II – Extrait de la conférence de presse :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=QMm1NlHW5Iw

Avocats de Charles Blé Goudé 20140314

Photo : Maîtres Blédé Dohora, Félix Bobré et Serge Gbougnon du collectif des avocats de Charles Blé Goudé

III – Relation de l’entretien entre Blé Goudé et ses avocats :

par Robert Krassault

Torturé au secret par le Pouvoir ivoirien depuis son extradition du Ghana, en janvier 2013, Charles Blé Goudé raconte son martyre à ses avocats. C’est un homme menacé de mort qui appelle à l’aide.
«On veut empêcher mon cerveau de fonctionner. Je n’ai pas de lecture. Tout m’est interdit. Je n’ai même pas de stylo. Il faut que ça change. Il faut que vous vous battiez pour que mes conditions de détention changent. Je suis tenu au secret, enfermé 24 h sur 24. J’ai juste un téléviseur qui est dans ma chambre et qui ne diffuse que des programmes de la télévision nationale. En dehors de ça, je n’ai pas d’autres activités.
Je ne peux pas sortir même dans la cour du lieu où je suis détenu. Les repas qu’on me sert, c’est du riz déni kachia avec un tout petit morceau de viande… ».
Ces propos sont de Charles Blé Goudé qui les a confiés à ses avocats lors de son audition, le mardi 11 mars 2014, dans un lieu tenu secret. Il y a donc 5 jours. Le leader du Cojep affirme sans ambages que ses conditions de détention sont très pénibles.
Des conditions de détention qui n’ont pas changé. Selon ses avocats, l’ex-ministre Charles Blé Goudé, prisonnier politique du régime Ouattara, est toujours soumis à un isolement total contrairement à ce que le gouvernement tente de faire croire à l’opinion publique. Lors de la conférence de presse qu’ils ont animée, hier, à Cocody-Les 2 Plateaux (Abidjan), Maîtres Blédé Dohora, Félix Bobré et Serge Gbougnon ont affirmé que leur client est toujours détenu dans des conditions inhumaines. «Il n’a aucun contact avec personne. Et il est resté dans ces conditions jusqu’à ce jour », ont regretté les trois membres du collectif des avocats de Charles Blé Goudé. Avant de préciser qu’ils ignorent le lieu actuel de détention de leur client. A les en croire, les conditions de détention de M. Blé Goudé sont restées inchangées jusqu’au mardi 11 mars 2014, date de son interrogatoire.
Une audition qui s’est déroulée en présence de cinq magistrats dont le procureur de la République.

Blé Goudé: « C’est très éprouvant pour moi »

Avant de répondre aux questions du juge instructeur, Blé Goudé a demandé, selon ses avocats, la permission de faire des observations sur ses conditions de détention.Voici ce qu’il a dit tel que rapporté par le collectif des avocats : «On m’a fait changer de lieu de détention. Mais les conditions difficiles dans lesquelles j’ai toujours vécu n’ont pas changé. C’est très difficile, c’est très éprouvant pour moi. C’est vrai, j’ai été détenu 9 fois dans ma vie. Mais la détention que je vis actuellement n’a rien à voir avec les précédentes détentions. Chaque minute, chaque seconde que je vis en détention est pour moi un combat. Je suis enfermé. Je n’ai personne avec qui parler. Sauf le jour où un élément de mes geôliers est venu me dire : je vais te faire joli. Je raconte exactement les phrases du geôlier : je vais te faire joli. Je lui demande: pourquoi tu veux me faire joli ? Il me répond: je vais te faire joli. Je ne voulais pas qu’on me fasse joli, mais je n’avais pas les moyens de résister. Et il a fait venir ses instruments et il m’a coiffé et rasé. C’était à 14 h. Je lui ai dit : comme tu m’as fait joli, donne-moi un miroir et je vais voir maintenant à quoi je ressemble.
Et il me donne le miroir poliment, je me regarde et lui dis : bon, tu m’as fait joli, mais permets-moi d’utiliser ton rasoir pour ajuster ma barbe».
Les avocats de Blé Goudé précisent que ce témoignage de leur client se rapporte à des faits qui se sont déroulés la veille de son audition. A savoir, le lundi 10 mars 2014.
L’audition a lieu, le mardi 11 mars, dans un endroit tenu secret « pour les besoins de la cause », indiquent les avocats. Qui expliquent que le leader du Cojep leur a aussi dit que lorsqu’on le transférait de la Dst à son lieu actuel de détention, il n’était en possession d’aucun de ses vêtements. Le caleçon qu’il portait était le seul vêtement dont il disposait ce jour-là, ajoutent les avocats. «Il porte un T-shirt qu’on voit dans la dernière série de photos et le pantalon jean qui sont les seuls vêtements qu’il avait depuis le 2 janvier 2014 à ce jour», rappellent-ils avant de faire remarquer que quand Blé Goudé lave ses habits, il est obligé de rester nu jusqu’à ce que ceux-ci sèchent. Ils affirment que c’est seulement la veille de son audition que les vêtements qui avaient été confisqués ont été ramenés à leur client.

Robert Krassault
ciurbaine@yahoo.fr
(In Notre Voie, via Ivoirebusiness, 15 mars 2014)

Cour Pénale Internationale contre Laurent Gbagbo. La stratégie de l’accusation consiste à gagner du temps

« Quand la procureure Bensouda charge la mule »
Contribution d’Alain Cappeau, Conseiller spécial du Président Laurent Gbagbo

Alain Cappeau

Alain Cappeau

Dans un procès politique pénal, là où l’esbroufe prime le droit, l’accusateur public se révèle être un féticheur du système auquel il est corseté.

La mécanique de fonctionnement d’un procès politique du type de celui de la CPI, à l’encontre du Président Laurent Gbagbo, retourne avant tout de la psychanalyse, d’une philosophie scabreuse, d’une forme de sophisme moderne, d’acrobaties de sémantique, du phénomène d’intoxication des fonctions cérébrales de l’être humain et très accessoirement du droit.

L’implémentation de son mode opératoire est, dans les prétoires, un jeu à somme nulle qui n’a qu’un seul objectif, croiser un fer factice entre confrères, par effets de manches de robes et d’obséquiosités, pour s’élever dans une hiérarchie de pseudos caciques, en quête de reconnaissance morale d’abord, avant d’être matérielle, et ce, en faisant totalement abstraction d’un inculpé, bouc émissaire en privation de liberté, (euphémisme pour dire incarcéré), faire valoir déshumanisé. (suite…)

A Paris, organisation d’un sit-in pour les prisonniers politiques ivoiriens

Rassemblement Paris 20140315

Bien qu’étant incapable de prouver la réalité des crimes dont elle accuse Laurent Gbagbo, la Cour pénale internationale lui refuse encore la liberté provisoire !

Après plusieurs années de maintien en détention sans avoir pu fournir aucune preuve tangible des crimes dont elle l’accuse, la Cour pénale internationale vient, une nouvelle fois – dans une décision de la Chambre préliminaire I du 12 mars 2014 – de répondre négativement à la demande de mise en liberté provisoire de Laurent Gbagbo formulée par Me Altit.
Un nouveau refus qui confirme le caractère politique de cette incarcération dont le but apparaît de plus en plus clairement : éloigner le plus longtemps possible le Président Gbagbo de son pays.

Traitement dégradant des prisonniers politiques ivoiriens : l’ancien ministre Eric Kahé demande une enquête internationale

UNE ENQUETE INTERNATIONALE APRES LES IMAGES DE LA DST
Depuis ce week-end du mars 2014, des images choquantes et attentatoires à la dignité humaine, circulent sur les réseaux sociaux et dans la presse nationale sur la détention de l’ancien ministre Charles Blé Goudé et de Jean Yves Dibopieu, tous deux anciens leaders estudiantins.

Authentifiées, ces images dégradantes de nos compatriotes Blé Goudé et de Dibopieu détenus à la DST de Côte d’Ivoire, montreraient une fois de plus à la face du monde, après les tortures dénoncées par Amnesty International, la vraie nature du régime en place à Abidjan et que n’ont de cesse de dénoncer les militants des droits de l’homme.

Pour aussi cyniques que soient ces images, elles viennent sonner comme une humiliation de la politique de la haine. Ce ne sont pas les détenus qui sont humiliés mais bien le régime du “rattrapage” ethnique qui est ainsi rattrapé par sa duplicité entre le discours vertueux et les pratiques choquantes au quotidien. De la “résidence protégée” à ces images, c’est une gifle à la conscience de celles des ivoiriennes et de ceux des ivoiriens qui étaient encore sourds à nos appels au respect des droits humains et à la cessation de la politique de division. Nombreux sont ceux des partisans du régime qui en sont confus et les gesticulations de la presse de l’indéfendable cachent un gros malaise.

Ces images doivent appeler à la libération immédiate de tous les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, soit plus de sept cent à ce jour. La responsabilité de la communauté internationale qui a, par erreur, aidé à l’installation d’un système de pieuvre dictatoriale au motif de défendre la démocratie, doit enfin la pousser à agir. Le minimum attendu de cette situation, c’est une enquête internationale pour situer les faits et faire les états généraux de l’emprisonnement politique en Côte d’Ivoire.

Le ministre Eric KAHE
Président de l’AIRD [Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie]

In : Ivorian.net, 10 mars 2014

La société civile ivoirienne bâillonnée

Par Rosa Moussaoui
(L’Humanité)

Le régime d’Alassane Ouattara entrave les initiatives et la libre expression de la Convention de la société civile, dont le siège à Abidjan est occupé par des hommes en armes.

Un régime « démocratique » ? Le gouvernement d’Alassane Ouattara a franchi un pas de plus, vendredi dernier, avec le déploiement policier destiné à perturber la tenue d’un séminaire de la Convention de la société civile dans le quartier de Cocody, à Abidjan. « Malgré la présence de représentants de l’ambassade de France, de l’Union européenne, de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest et même du ministère de la Justice, et alors qu’aucun trouble public n’était à craindre, nous avons assisté à un déploiement policier clairement destiné à empêcher ce rassemblement », relate un participant.

Les démêlés de cette coalition (132 associations, syndicats et organisations professionnelles) avec le ministère de l’Intérieur ont commencé lorsque le précédent président de la Convention, Patrice N’Gouan, a passé la main. Défenseur des droits de l’homme, ce dernier fut, durant la crise postélectorale de 2011, une précieuse voix de paix. Lors du passage de relais, profitant de la confusion qui régnait dans les organisations syndicales, dont certaines ont été décapitées par la répression qui a suivi l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir, le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a tenté d’imposer son propre neveu, Sidiki Bakayoko, à la tête de la Convention de la société civile. Celle-ci avait pourtant porté à sa tête une personnalité indépendante, le Dr Christophe Kouamé, un pharmacien. La bataille judiciaire engagée avec l’appui du pouvoir s’est conclue par la fermeture des comptes bancaires, l’interdiction d’activité et l’occupation du siège par des hommes armés.

« Si l’on accepte ce diktat, c’en est fini de la société civile en Côte d’Ivoire. Prétendant à la succession d’Alassane Ouattara, le ministre de l’Intérieur tente de faire taire tous ceux qui peuvent faire entendre une voix dissonante. Mais notre indépendance n’est pas négociable, nous résistons », résume une dirigeante de la Convention qui reçoit régulièrement des appels anonymes la menaçant d’arrestation ou même de mort. Si les militants sont pris pour cibles, les artistes critiques envers le régime ne sont pas épargnés. Chanteur de reggae, Jah Prince a passé onze mois derrière les barreaux, sans raison consistante. Tout son matériel professionnel a été confisqué, sa maison détruite par les FRCI, les ex-rebelles des forces nouvelles dont Ouattara a fait son armée. « Simplement parce que, en 2011, nous ne voulions pas de la guerre et que nous rêvons aujourd’hui à voix haute d’une Côte d’Ivoire unie », résume le musicien.

In : L’Humanité.fr, 7 mars 2014

Des photos bouleversantes de Charles Blé Goudé et Jean-Yves Dibopieu dans leur prison

Des photos de Charles Blé Goudé et Jean-Yves Dibopieu, détenus tous deux au secret par le régime Ouattara depuis de nombreux mois, ont été diffusées sur Internet, sans qu’on en connaisse l’origine. Elles nous les montrent nus, barbus et amaigris.

Charles Ble Goude 2Commentaires d’Alain Doh Bi :
Blé Goudé debout derrière la porte blindée de la DST avec une bible et une éponge en main.
Mon commentaire : quand le Chef de poste surnommé « Soumangourou » par les détenus est de service, il donne 3 mn à chaque détenu pour prendre sa douche. Il faut être prêt et se dépêcher, dès qu’il ouvre la porte blindée en fer. Sinon, si tu traînes, tu ne finiras pas ta seule douche de la journée.
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Charles Ble Goude
Conditions de détention de Charles Blé Goudé, Président du COJEP : je reconnais cette cellule, surtout les écritures sur cette porte blindée en fer. Il s’agit de la 1ère Cellule à Gauche, l’une des 4 cellules de la DST Abidjan-Cocody. Le muret du WC se trouve juste à côte du pied de Blé GOUDE. C’est donc ça la fameuse « résidence protégée » dans laquelle le régime Ouattara détient Blé Goudé. Barbu, visage tuméfié, méconnaissable. Le régime Ouattara est cruel.
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(Extraits publiés par ResistanCIsrael, 9 mars 2014)

Jean-Yves Dibopieu 2