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Monthly Archives: avril 2014

Il faut dénoncer la pratique de la torture en Côte d’Ivoire

Dans un article du Nouveau Courrier (n° 1018 du 29 avril 2014), Benjamin Silué rapporte que le Commandant Anselme Séka Yapo, ancien aide de camp de Simone Ehivet Gbagbo, transféré le 28 avril 2014 de la DST au camp pénal de Bouaké, est un homme méconnaissable. Après 3 ans de détention au secret, il est apparu terriblement amaigri et portant des séquelles de tortures.
Extraits :
Dans une interview accordée au confrère Notre Voie, le 3 mai 2013, le père de l’officier supérieur de l’armée ivoirienne, Emmanuel Atsé Séka, indiquait qu’il n’avait aucune nouvelle de son fils depuis les images que l’ensemble des Ivoiriens ont pu voir sur la RTI première chaîne juste après son arrestation.
«Au départ, j’ai tenté de le voir. Mais on ne nous a pas permis de le voir. On ne nous donne pas une seule occasion pour l’approcher. Jusqu’à ce jour, je ne sais pas où il se trouve. Je me demande où on l’a amené. Au niveau de sa famille, personne ne sait dans quel camp ou dans quelle prison il est gardé. Depuis son arrestation, je lutte pour voir mon fils, mais je n’ai aucune trace (…) Quand j’ai effectué toutes les démarches sans le voir, j’ai effectivement contacté un avocat. Ce dernier fait tout ce qu’il peut, mais il n’arrive pas à voir le commandant Séka Yapo Anselme. Moi, je n’ai pas de pouvoir pour demander à l’Etat de Côte d’Ivoire de m’autoriser à voir mon fils. S’il est en prison, qu’on me dise où il est détenu et qu’on me permette de lui rendre visite. Face à cette difficulté, j’ai contacté l’Onuci pour m’aider dans mes démarches», a révélé le père de l’ex-aide de camp de Simone Gbagbo. Espérons que maintenant que son lieu de détention désormais connu – dans une prison officielle –, Emmanuel Atsé Séka pourra obtenir une autorisation de visite à son fils. (…)
L’officier de gendarmerie a été précédé, 48h plus tôt au camp pénal de Bouaké, par son frère d’armes, le Commandant Jean-Noël Abéhi, et Jean-Yves Dibopieu de la galaxie patriotique.
Le procureur militaire Ange Kessi avait indiqué que le procès d’Anselme Séka Yapo et Jean-Noël Abéhi se tiendrait entre le 2 et le 30 octobre 2013. Mais il n’a pas eu lieu à cette date. Ange Kessi Kouamé a alors décliné sa responsabilité dans le maintien en détention prolongée et abusive d’ex-Fds emprisonnées par le régime Ouattara. «Quand j’arrête un militaire ou un policier, j’ai 10 jours pour le juger. Si sa détention doit être prolongée, il faut que son ministre de tutelle – Alassane Ouattara, Paul Koffi Koffi et
Hamed Bakayoko – m’en donne l’autorisation », a-t-il révélé dans une tribune que lui a accordée abidjan.net TV le 5 septembre 2013. (…)

Michel GBAGBO sur RFI : « Je suis en résidence surveillée de fait »

Michel Gbagbo, mis en liberté provisoire en août 2013 après plus de deux années d’emprisonnement en Côte d’Ivoire, parle peu. Ce Franco-Ivoirien de 44 ans est le fils de l’ancien président Laurent Gbagbo. Il se fait discret.

RFI : Michel Gbagbo bonjour. Vous avez été mis en liberté provisoire en août dernier, après plus de deux années d’emprisonnement. Vos avocats invoquaient non seulement la présomption d’innocence mais aussi votre mauvais état de santé pour demander cette mesure. Comment s’est passé cette détention et comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Michel Gbagbo : Je me sens beaucoup mieux, mon état de santé s’est stabilisé. Il [y] a eu des vidéos qui ont circulé sur Internet concernant les conditions de mon arrestation et celles de ma détention. Il s’agissait de moi et de certains codétenus, dont le président Affi Nguessan. Ces éléments sont parlants, mais je ne voudrais pas revenir là-dessus. Parce que, aujourd’hui il faut, non pas ressasser le passé, mais regarder l’avenir avec confiance en aidant à chercher l’unité nationale dans le pays.

On vous voyait peu quand votre père était président et puis vous êtes devenu célèbre, quand vous avez été arrêté avec lui, dans son bunker à Abidjan le 11 avril 2011. Est-ce que vous êtes proche de Laurent Gbagbo ?

C’est une petite célébrité ! Je n’ai pas fait montre d’un courage extraordinaire ! Je n’ai été que près de mon père ainsi que de ma famille et mes enfants. Mais je voudrais revenir sur le mot « bunker ». Ne nous méprenons pas. Il ne s’agit pas d’un bunker au sens où on l’entend dans l’imaginaire français. Il s’agissait simplement d’un sous-sol. Voilà.

Je suis proche de mon père. Dans ses affaires, il a toujours fait la distinction entre sa famille et ses collaborateurs politiques. Donc je n’ai pas participé à la gestion des affaires publiques. J’ai été arrêté parce que j’étais son fils.

Vous êtes quand même en liberté provisoire. La justice ivoirienne vous reproche des choses. Est-ce que vous savez de quoi vous êtes inculpé précisément ?

Je suis inculpé de l’ensemble du Code pénal, nonobstant le crime de génocide. C’est pour vous montrer à quel point ces accusations sont farfelues, dénuées de fondement. Je m’étonne parce que je n’ai toujours pas eu de chef d’inculpation à proprement parler. On ne m’a toujours pas dit ce que j’aurais commis exactement comme acte. Ça démontre bien que ces dossiers sont purement politiques et totalement vides.

Mais il ne s’agit pas simplement de moi. Il s’agit de toutes ces personnes proches du président Gbagbo et qui sont injustement incarcérées. Il n’y a simplement pas de justice en Côte d’Ivoire. Aucune date de début d’un commencement d’un éventuel procès n’a jamais été communiquée à un de nos conseils. Et cela est valable pour tout le monde. Ça démontre bien que quelque part la machine judiciaire en Côte d’Ivoire est totalement grippée. Et ça fait partie des chantiers que nous devons reconstruire dans un esprit d’apaisement, dans une perspective de consensus.

Comment se passent vos journées ?

Je reçois beaucoup, je lis beaucoup et je participe à quelques réunions ici et là. Ce sont des journées très remplies. Pour rire, je dis souvent à mes amis que je ne me suis jamais senti aussi occupé que depuis que je suis au chômage forcé. J’étais jusqu’en 2011, enseignant à l’université Félix Houphouët-Boigny en psychologie. Et je continue maintenant de me battre, pour pouvoir reprendre mon enseignement, puisque je suis fonctionnaire ivoirien.

En droit, je suis libre de travailler comme de faire de la course à pied. Et je suis libre de sortir du territoire. Je suis libre d’avoir un compte en banque, je suis libre de prendre la parole en public. Dans les faits effectivement il y a des limitations, il y a des crispations. Je suis en résidence surveillée de fait et il y a cet empêchement malheureux de sortir du territoire, qui ne sert pas l’image de la Côte d’Ivoire et qui ne sert pas la réconciliation.

Quels sont vos liens avec le FPI, le parti fondé par votre père, Laurent Gbagbo ?

Structurellement, je suis un militant de base. Maintenant je suis conscient que je porte un nom particulier et que mes interventions, mes apparitions… créent toujours un certain émoi. Donc j’essaie de faire très, très attention à ce que je dis, à mes déclarations… Et en tout cas, la prison a créé ou renforcé des liens personnels avec beaucoup de dirigeants du Front populaire ivoirien et c’est normal. Ça c’est l’histoire qui le veut. Et j’ai de très, très bonnes relations avec l’ensemble de la direction et l’ensemble des militants et des membres du Front populaire ivoirien.

Lors d’un récent meeting, vous avez parlé d’une déportation coloniale de Charles Blé Goudé. Vous avez appelé les militants à rester mobilisés, un discours très politisé.

Soyons clairs, on n’est pas au temps de la colonie ! Mais on est quand même dans un contexte particulier, où le fait de prendre un individu noir, africain, et d’aller le juger dans une prison occidentale, rappelle des souvenirs. Il y a une perception particulière que des citoyens ivoiriens peuvent avoir de ce genre d’opérations médiatico-juridiques.

In : RFI, 28 avril 2014

Lien au fichier podcasté de l’émission :
http://telechargement.rfi.fr/rfi/francais/audio/modules/actu/201404/CIV_INVITE_AFRIQUE_MATIN_2804_MICHEL_GBAGBO_LONG.mp3

 

En Côte d’Ivoire, près de 800 prisonniers toujours maltraités et torturés

Plusieurs articles de Politicomag.com dénoncent la situation alarmante des prisonniers politiques ivoiriens :

Par Sonia Cohen, avec Jonathan Ehud

Accusés d’être d’anciens collaborateurs ou militants au service de l’ex dirigeant ivoirien, Laurent Gbagbo, 800 prisonniers détenus par le gouvernement croupissent dans des cellules en attente de jugement.

Ces dernières semaines, les familles, les proches et les médias d’opposition ont tiré la sonnette d’alarme sur les graves manquements au respect des droits de l’homme concernant les détenus politiques. Tous pointent des actes de maltraitances et de tortures pratiqués sur les détenus.

Interrogé par Politico, un membre d’une association locale de défense des droits humains, s’indigne : “Il est temps que le gouvernement ivoirien suive la loi et respecte les droits de l’homme, (…) sans quoi il ne pourra pas y avoir de réconciliation nationale.“ Pour des raisons évidentes de sécurité, il a souhaité gardé l’anonymat.

Dans une note confidentielle adressée en décembre dernier à son siège de Genève, en Suisse, la délégation ivoirienne du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait signalé la difficulté pour ses équipes à visiter ou soigner les prisonniers de la guerre postélectorale de décembre 2010 à avril 2011 en Côte d’Ivoire.

Or, insiste notre source, le CICR doit veiller au traitement plus humain des détenus. C’est tout naturellement que cette institution des Nations-Unies a regretté que les violations du droit international humanitaire soient par trop fréquentes, notamment dans le cas de la Côte d’Ivoire. De nombreux rapports sont restés lettres mortes et le gouvernement ivoirien semble peu soucieux de faire évoluer positivement la situation.

Sur la foi de témoignages directs portant sur les conditions de détention à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), plusieurs organisations ont ainsi pu reléver que les détenus sont exposés à la maladie, privés de sommeil ou encore laissés sans vêtements. La nourriture est inappropriée ou de mauvaise qualité, quand elle n’est pas insuffisante.

La communauté internationale, la France surtout, semble guider uniquement par des intérêts économiques, alors que de grandes entreprises françaises, comme Bouygues, Total et Orange sont en train de consolider leurs affaires en Côte d’Ivoire. “Elle doit s’assurer que les droits humains figurent bien au cœur du processus de réconciliation en cours dans le pays”, s’offusque un membre de l’opposition. “La France ne doit pas continuer de récompenser un régime qui ne tient pas toutes ses promesses. Elle doit cesser de violer le droit international en toute impunité”, ajoute-t-il.

On se souvient tous des terribles photos qui étaient sorties de la prison d’Abu Ghraib en Irak. On y voyait des prisonniers irakiens torturés et humiliés par des soldats américains. Et bien il semble que l’histoire se répète, mais à plusieurs milliers de kilomètres de là, en Côte d’Ivoire.

Les photos ont été prises ces dernières semaines à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), le principal centre de pénitentiaire ivoirien.

Selon les organisations internationales de défense des droits de l’homme et l’opposition ivoirienne, environ 800 personnes – civils et militaires – restent détenues sans jugement par le pouvoir ivoirien depuis la fin de la crise post-électorale en avril 2011.

In : Politicomag, 26 avril 2014

La Cour Pénale Internationale est dans une impasse

Audience de « confirmation des charges » à l’encontre du Président Laurent Gbagbo : où en est la procédure ?

19-28 février 2013 : tenue des audiences destinées à confirmer ou non les charges de l’Accusation contre le Président Gbagbo.

3 juin 2013 : devant l’absence d’éléments permettant de confirmer les charges, la Chambre Préliminaire 1 décide de reporter l’audience et demande à la Procureure, Fatou Bensouda, de présenter un dossier plus solide.

16 décembre 2013 : la Chambre d’Appel de la CPI rejette l’appel qu’avait interjeté la Procureure contre l’ajournement.

Un document amendé de notification des charges en date du 13 janvier 2014 fut déposé par la Procureure qui, soit-dit en passant, bénéficia d’un délai supplémentaire ; puis la Défense, sous la direction de Me Altit, déposa ses observations, ainsi que des éléments de preuves à décharge. Les soumissions finales de la Défense ont été déposées le 14 avril.

Laurent Gbagbo-Source photo ApricainfoLa CPI est censée statuer dans 60 jours à partir de cette date, soit à la mi-juin.
Faute d’éléments – parce qu’il ne peut pas y en avoir -, elle doit libérer Laurent Gbagbo.
Rappelons que, dans un passé récent, d’autres détenus ont été remis en liberté par la CPI.

Que deviennent les preuves et les témoins de la Procureure ?

Deux articles de Philippe Brou parus dans Le Nouveau Courrier en ligne du 20 avril 2014 nous éclairent sur ce point :

CPI : les « preuves » annoncées par l’ONUCI contre Gbagbo en 2011 ont « disparu »
Les hauts fonctionnaires de l’hôtel Sébroko juraient, il y a trois, la main sur le cœur, qu’ils disposaient d’éléments inattaquables contre le président Gbagbo, notamment à propos du prétendu bombardement du « marché d’Abobo » par les FDS. Aujourd’hui qu’il est question de remettre ces « preuves » à Fatou Bensouda, ils disparaissent de la circulation. (…)
Suite de l’article

Tentative de confirmation de charges contre Gbagbo : le régime jette en prison un témoin-clé, Fatou Bensouda le couvre
C’est une histoire dont le récit nous est offert par les observations de Maître Emmanuel Altit, avocat principal du président Gbagbo, qui a transmis ses observations à la Cour pénale internationale (CPI) suite à la remise, par la procureure Fatou Bensouda, de son document contenant les charges (DCC) amendé, censé combler les lacunes du DCC initial, qui avait été purement et simplement rejeté par les juges pour « preuves insuffisantes ».
C’est l’histoire de « P 44″, un des témoins-clés de Fatou Bensouda, censé accréditer la thèse selon laquelle Gbagbo est coupable de graves crimes contre l’humanité. Si l’on suit la trame de son témoignage, « P 44″ doit être un ancien membre de la « galaxie patriotique » retourné pour les besoins de la cause. (…)
Suite de l’article

 

Michel Gbagbo de retour dans le village de son père

Par Coulibaly Zié Oumar

9 mois après sa sortie des geôles de Ouattara : Michel Gbagbo retourne dans son village
« Je salue ton courage Michel. Il faut que tu tiennes bon. Au nom de nos ancêtres, Gbagbo reviendra », ce sont les paroles d’Obou Jojo, chef de la famille Gbagbo à Mama, le village du président Laurent Gbagbo où son fils Michel Gbagbo s’est rendu, le vendredi 11 avril dernier, neuf mois après sa sortie des geôles d’Alassane Ouattara à Bouna dans le nord-est de la Côte d’Ivoire. Mama situé dans la commune d’Ouragahio, à 20 km de Gagnoa, dans le Centre-Ouest du pays, était visiblement heureux du retour de son fils. Selon le témoignage de Diabaté Bêh, ex-conseiller économique et social et ami de Michel Gbagbo, les propos d’Obou Jojo traduisaient la joie de retrouver Michel Gbagbo. A travers lui, il voyait son père. D’où cette phrase pleine d’espoir : « Au nom de nos ancêtres, Gbagbo reviendra ».
Toujours au dire de Diabaté Bêh, c’est dans la cour de feu Koudou Zêpê, le grand-père de Michel, que s’est tenue la rencontre entre la population de Mama, sa notabilité, Michel Gbagbo et sa délégation. « Je ne suis pas venu pour faire la fête. Car l’heure n’est certainement pas à la fête. Votre fils, oncle, père, Laurent Gbagbo et sa femme, Simone Ehivet et de nombreux inconnus croupissent encore dans les prisons. Je suis venu vous saluer et prendre des bénédictions avec vous », a dit Michel Gbagbo. Qui a effectivement reçu les bénédictions. Mais avant, dès 6 h du matin de ce vendredi 11 avril, les notables ont conduit une cérémonie de purification à son profit. Après la rencontre avec les sages, le fils aîné du Président Laurent Gbagbo a visité la villa de son père totalement pillée et dévastée par les forces armées pro-Ouattara.
De Mama, il s’est rendu à Blouzon. Le village natal de sa grand-mère, Gado Marguerite. Contrainte à l’exil au Ghana depuis l’arrestation de son fils. Ici, l’ambiance était électrique malgré la propension de Michel à faire les choses dans la sobriété. Michel Gbagbo et sa délégation se rendent, accompagnés par la foule, à la résidence de Gado Marguerite. Après Blouzon, c’est Gnaliépa qui les accueille. Le village où la mère de Laurent Gbagbo s’est remariée et où elle était installée depuis des lustres. A Gnaliépa, la joie de revoir Michel Gbagbo était équivalente aux étapes précédentes. Avec beaucoup d’émotions comme ce fut le cas à Mama, précise Diabaté Bêh.

In Notre Voie, 14 avril 2014
(Surtitre de la Rédaction)

Dédicace : Steve Beko

Dimanche 20 avril 2014, de 14 h à 19 h :
Steve Beko dédicacera son livre « Côte d’Ivoire : comment je suis devenu cyberactiviste. Au coeur de la traque des partisans de Laurent Gbagbo par le régime Ouattara »
Espace Matières grises, 4 rue Olivier Métra, 75020 PARIS (M° Jourdain ligne 11 ou Place des Fêtes ligne 7 bis)
Contacts : 0665719568 / 0781741561

Extraits du livre

Censure ! Plusieurs journaux suspendus !

Plusieurs journaux ivoiriens (Le Temps , Aujourd’hui et le Quotidien d’Abidjan) ont été suspendus pour avoir écrit qu’Alassane Ouattara était un dictateur !
Le journal satirique Bôl’Kotch, lui, est accusé d’avoir publié une représentation de Ouattara « avec des traits du visage exagérément déformés », bref une caricature !
Quant à Soir Info, ce sont ses prises de position sur un sujet d’actualité (la fièvre Ebola) qui lui ont valu également une suspension.
(Source : Lecridabidjan.net)

Dernières nouvelles (18/04/2014) : selon l’AFP, le CNP (Conseil National de la Presse) a levé la suspension de trois journaux : Le Temps, Aujourd’hui et Le Quotidien d’Abidjan.
Aujourd’hui, lorsqu’un régime tente de censurer la presse, il se heurte à la force des médias extérieurs qui font immédiatement circuler l’information. Comme sur beaucoup d’autres questions, le régime ivoirien se trouve donc pris en tenailles entre sa volonté d’empêcher la libre expression des oppositions et celle de donner à l’extérieur l’image d’une démocratie.

 

Il y a trois ans, le Président Gbagbo était renversé

Par le CDR-CI
(Conseil de la Diaspora pour la Restauration de la Démocratie et la Défense des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire)

Il y a trois ans, le monde entier assistait en direct au renversement d’un président ; il y a trois ans des ressortissants d’un pays étaient pourchassés par d’autres, soutenus par des non-ressortissants de ce pays ; il y a trois ans la Constitution d’un pays était violée par ceux-là mêmes qui font la leçon au monde entier ; il y a trois ans la chasse aux sorcières était érigée en règle ; il y a trois ans des cadres, de hauts fonctionnaires de l’administration, des anonymes par centaines de milliers étaient contraints de partir en exil ; il y a trois ans la pacification était prônée par l’Hexagone, ce pays des droits de l’homme ; il y a trois ans, les viols, les vols, les arrestations arbitraires, les condamnations extra judiciaires, les tortures et la tenue au cachot de pro-Gbagbo ou supposés tels, sont devenus des normes dans la gouvernance d’un pays ; il y a trois ans des journalistes sont muselés ; des réunions publiques et des rassemblements réprimés. (suite…)

L’espoir, par Bernard Houdin

11 avril 2011-11 avril 2014. Trois ans ont passé depuis la rupture brutale de l’ordre constitutionnel en Côte d’ivoire dans les conditions que nous connaissons tous désormais.

Laurent Gbagbo

Trois ans que le président Laurent Gbagbo, proclamé élu par l’instance suprême de son pays, est retenu prisonnier, à Korhogo d’abord, dans des conditions indignes dont les responsables porteront à jamais la marque d’infamie de leur acte, à La Haye ensuite, au cœur de l’Europe démocratique, toujours prompte à se mobiliser au nom du Droit et de la Liberté mais qui peine à respecter l’Autre dans les faits et à admettre ses errements. Trois ans qu’une accusation menée, au début, par un Procureur aveuglé par sa partialité suspecte et sa proximité douteuse avec un pouvoir imposé par la force à un peuple avide de liberté, poursuivie ensuite par une Procureure enfermée dans les « certitudes » héritées de son prédécesseur, s’arcboute sur un dossier que la Défense du Président avait déjà mis en pièces lors des audiences de février 2013.

Trois ans que les Libertés fondamentales sont régulièrement bafouées en Côte d’Ivoire : détentions illégales et illégitimes de dirigeants politiques spoliés de leurs biens dans le même temps, vexations et intimidations quotidiennes de simples citoyens, instillation du venin de l’ethnocentrisme (le « rattrapage ethnique », version ouattarienne de « l’épuration ethnique »). Trois ans que l’économie nationale est soumise à un clan kleptomane qui « travaille » avec l’argent que la population, un peu plus paupérisée chaque jour, voudrait bien voir « circuler ». Trois ans que la Côte d ‘Ivoire, miraculeusement, continue d’exister dans l’espoir de jours meilleurs mais dont la foi est soumise à rude épreuve.

Et pourtant, pendant ces trois (trop) longues années, des milliers et des milliers d’énergies, petites et grandes, unies dans le même combat pour la Justice et la Vérité, ont dit non à la forfaiture et au découragement et, aujourd’hui, la flamme, hier vacillante, de l’Espoir brule à nouveau et éclaire le chemin qui mène à une Côte d’Ivoire réconciliée et unie dans sa diversité.

Le président Gbagbo, le premier, qui n’a jamais renoncé dans l’épreuve, affirmant dès le 5 décembre 2011 devant la Cour à la CPI : « nous irons jusqu’au bout » et qui, j’en porte témoignage, n’a jamais douté de l’issue, faisant preuve d’une force d’âme peu commune et d’une volonté absolue de préserver le tissu national, sans aucun esprit de revanche, mais farouchement décidé à faire reconnaitre son bon droit qui se confond avec la volonté d’une immense majorité d’ivoiriens et d’ivoiriennes.

Le peuple ivoirien ensuite, car le combat du Président, depuis ce funeste 11-avril, n’a pu se mener sans l’extraordinaire capacité de résilience des ivoiriens et des ivoiriennes, au pays d’abord, dans les conditions les plus pénibles, dans la diaspora ensuite, sous toutes les formes et avec le soutien chaque jour plus sensible de tous ceux, africains ou non, attachés au respect du droit.

Qui aurait pensé, le 12 avril 2011, alors qu’Abidjan, couverte des fumées noires des bombardements, portait le deuil d’une démocratie « assassinée », que trois ans plus tard la Vérité serait proche d’être reconnue, que le pouvoir en place serait acculé à des prises de décisions imposées par toutes les pressions qu’il subit, tant au plan national qu’international ?

Car ne nous trompons pas : le pouvoir actuel n’a pas choisi « spontanément » de libérer les dirigeants enfermés à Bouna, Boundiali ou ailleurs. Le pouvoir n’a pas décidé d’organiser la réconciliation ni de dégeler les comptes et libérer les biens des personnes spoliées depuis le 11-avril. Il concède, pas à pas, des « avancées », souvent, caractéristique absolue de sa vraie nature, dans la plus mauvaise foi, comme le démontre l’épisode honteux du « dégel » des 48 comptes la semaine dernière.

Désormais l’horizon se dégage : l’échéance à venir est l’élection présidentielle d’octobre 2015. C’est elle qui va permettre à la Côte d’Ivoire de retrouver son « rythme » constitutionnel, fracassé il y a trois ans et aux ivoiriens et ivoiriennes de se réconcilier, dans la diversité de leurs origines et croyances, mais dans l’intérêt national au service des générations futures.

En cet anniversaire douloureux mais où l’Espoir ne doit rien concéder à l’abattement et à la résignation, c’est cette vision d’un futur commun pacifié qui doit animer les uns et les autres.

Et cet Espoir passe par un impératif « catégorique » : la libération de tous les prisonniers politiques, au premier rang desquels le président Gbagbo, dont la présence effective dans le processus de réconciliation nationale est incontournable. Il reviendra alors aux ivoiriens et ivoiriennes de choisir, en toute liberté, leur avenir.

Le 11 avril 2014

Bernard Houdin
Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo
Porte-parole pour l’Europe et l’Amérique

Source : Ivoirenewsinfo.net, 11 avril 2014

 

Programme des manifestations parisiennes autour de la commémoration du 11 avril 2011

11 avril 2011 – 11 avril 2014 !
3 ans déjà que la Côte d’Ivoire a perdu sa souveraineté ; 3 ans que la Côte d’Ivoire a été bombardée, défigurée, ses enfants martyrisés, déportés. N’oublions jamais !

Programme des manifestations parisiennes autour de cette triste mais nécessaire commémoration

Vendredi 11 avril 2013 : 3ème anniversaire de l’embastillement de la démocratie

LE FPI COMMEMORE LE 11 AVRIL, VENDREDI
(Le Nouveau Courrier)

«Pour le premier anniversaire, nous avions retenu comme thème : «souvenir de la tentative de mise à mort de la démocratie en Côte d’Ivoire». Pour le deuxième anniversaire, nos réflexions ont porté sur : «L’Etat de non-droit en Côte d’Ivoire». Pour ce troisième anniversaire, nous voulons comprendre les vraies raisons de ce coup de force. A cet égard, le Premier ministre Pascal Affi N’Gessan, président du Fpi animera une conférence sur le thème : «Comprendre le 11 avril 2011 : logique pénale, réparation et réconciliation nationale». Le 3ème anniversaire de la commémoration du 11 avril 2011 est placé sous le signe de la solidarité avec toutes les victimes de la crise ivoirienne.» C’est l’annonce faite dans la mi-journée du mardi 8 avril 2014 par le ministre Sébastien Dano Djédjé, vice-président du FPI et président du comité d’organisation de la commémoration du 3ème anniversaire du 11 avril 2011 au quartier général de son parti. Selon l’ex-ministre de la Réconciliation et de la Cohésion Sociale dans le gouvernement du président Laurent Gbagbo, «le 11 avril 2011 marque donc pour le peuple de Côte d’Ivoire, la violation de sa souveraineté par la France de Sarkozy, l’achèvement d’un long processus de coup d’Etat international, l’arrestation et la déportation du président Laurent Gbagbo. Voici trois ans que le président Laurent Gbagbo, homme de paix, de dialogue, auteur du célèbre slogan «Asseyons nous et discutons», fondateur du Front populaire ivoirien et père du multipartisme en Côte d’Ivoire a été déporté à la Cpi, depuis le 29 novembre 2011 où il est arbitrairement détenu ; voici trois ans que des milliers d’ivoiriens sont contraints à l’exil, en violation de l’article 12 de la Constitution ivoirienne ; voici trois ans que de[s] milliers d’Ivoiriens ont perdu arbitrairement leur emploi par la mise en oeuvre de la politique dite de «rattrapage ethnique » ; voici trois ans que des maisons et sites privés sont occupés illégalement par des rebelles ; voici trois ans que de nombreux ivoiriens sont arrêtés et détenus sans jugement pour la plupart dans les prisons officielles et d’autres séquestrés dans des lieux privés. Et tout cela semble normal pour le pouvoir actuel. Le 11 avril a donc été un jour de grande souffrance, de douleur et de drame pour le Front populaire ivoirien. Le 11 avril 2011 représente ainsi pour le Fpi, une date mémorable et historique. Par devoir de mémoire, le Front Populaire Ivoirien veut se souvenir, compatir aux souffrances des ivoiriens et de toutes les victimes, pleurer tous les morts et se réarmer pour le combat de la souveraineté, des libertés et de la démocratie en institutionnalisant la commémoration du 11 avril 2011, jour de la négation de notre dignité par les forces rétrogrades». Le président du comité d’organisation a révélé en outre que des témoignages inédits seront faits par des militants et sympathisants du Fpi.

G.N.

In : Le Nouveau Courrier, n° 1002, 9 avril 2014, p. 4

Côte d’Ivoire. Attaques répétées des manifestations du Fpi : le Rdr prépare les ingrédients d’une guerre civile

Par Boga Sivori

Agacé par le refus des tenants du pouvoir d’apaiser le climat sociopolitique – refus qui s’est matérialisé par le transfèrement de Charles Blé Goudé à la Cour pénale internationale (Cpi) -, le comité central du Fpi, réuni le samedi 22 mars 2014, a décidé de renouer avec les manifestations de rue. A savoir les meetings, marches, sit-in et toute autre manifestation pacifique qu’autorise la démocratie.
Comme réplique, le Rdr, par la voix de son porte-parole principal, Joël N’Guessan, n’a rien trouvé d’autre que de donner officiellement l’ordre à ses militants de s’attaquer aux manifestations du Fpi. (suite…)

Commémoration du 11 avril 2011. Communiqué de presse des mouvements de la Résistance ivoirienne et panafricaine en France et en Europe

Appel Manifestation 20140412

COMMUNIQUE DE PRESSE

Attention ! Contrairement à ce qui est annoncé dans le Communiqué, l’itinéraire partira du Conseil Constitutionnel (2 rue Montpensier) et arrivera au Quai d’Orsay.

11 avril 2011 – 11 avril 2014 :

– 3 ans de dictature en Côte d’Ivoire ;

– 3 ans d’absence de preuve contre Laurent Gbagbo à la CPI.

L’Afrique se mobilise pour exiger la libération du Président Laurent Gbagbo !

Plus de dix mille (10 000) Ivoiriens et panafricanistes se mobilisent le samedi 12 avril 2014 à Paris, devant le Quai d’Orsay au Métro Invalides (lignes 8, 13 et RER C), pour prendre part à la grande marche européenne organisée par la diaspora ivoirienne et africaine.

Cette marche partira du Quai d’Orsay dans le 7ème arrondissement de Paris à 13h00, pour s’achever devant le conseil constitutionnel français dans le 1ème arrondissement de Paris (métro Palais Royal, ligne 1).

L’Afrique debout! L’Afrique mobilisée! L’Afrique dans les rues de Paris pour exiger :

1 – La libération du Président Laurent Gbagbo

2 –La libération du ministre Charles Blé Goudé et des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

L’Afrique debout ! L’Afrique mobilisée ! L’Afrique dans les rues de Paris dit :

Non à la dictature en Côte d’Ivoire

Non à la vie chère en Côte d’Ivoire

Non aux prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

Non à la FrancAfrique

Ils viendront de l’Angleterre, de la Belgique, de la Suisse, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Suède, du Danemark, de la France, de la Hollande et bien d’autres pays…

Tout ensemble Com en résistance !

 

Lancement, en Afrique du Sud, d’une campagne contre le rôle néfaste de la Cour Pénale Internationale

CAMPAGNE POUR LA LIBERATION DE GBAGBO EN AFRIQUE DU SUD : LES GRANDES DECISIONS DE LA RENCONTRE DE JOHANNESBURG

Par Aujourd’hui

Dans notre édition d’hier, nous indiquions qu’à l’initiative de l’avocat russe, Alexander Mezyaev, une vaste campagne internationale contre la CPI et par ricochet, pour la libération du président Laurent Gbagbo, a été lancée le même jour, à l’Université de Johannesbourg. Et cela, en présence d’un plateau relevé d’invités dont des diplomates, des universitaires de renom, des hommes politiques, des leaders d’opinion et des membres influents de la société civile locale. Pendant un peu plus de deux heures, le Pr Mezyaev, qui officie à la cour pénale internationale (CPI), a tenu le crachoir devant une assistance des plus studieuses.
Selon certains participants, l’initiateur de la croisade contre la CPI, en des mots bien choisis, a montré la laideur et la nocivité de la cour de la Haye, qui à ses yeux, inscrit son action dans la combine politique plutôt que de dire le droit. Dans son exposé, le juriste a longuement puisé dans le cas du président Laurent Gbagbo, pour illustrer les aberrations et autres incongruités de la cour pénale internationale, dans ses poursuites sélectives notamment. (suite…)

L’annonce du « dégel des comptes » était en grande partie un leurre

Les craintes exprimées par les victimes des gels de comptes en Côte d’Ivoire se sont confirmées : la liste désormais connue s’avère être un leurre, puisqu’il y figure des personnes dont les comptes sont « dégelés » depuis plusieurs années, certaines dont les comptes ont été bloqués pour d’autres raisons que le soutien au Président Gbagbo, des personnes décédées, etc.
C’est encore une fois un leurre à l’usage de la « Communauté internationale » (Etats, médias, ONG…), méthode utilisée systématiquement par le régime de Ouattara, lorsque des failles menacent d’apparaître dans le soutien qui lui est apporté de l’extérieur.

Commentaires détaillés sur Notre Voie (via Lecridabidjan.net, 5 avril 2014) :
Ouattara fait du faux dégel des avoirs de «43 pro-GBAGBO»

Alassane Ouattara

Alassane Ouattara