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Côte d’Ivoire. Attaques répétées des manifestations du Fpi : le Rdr prépare les ingrédients d’une guerre civile

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Par Boga Sivori

Agacé par le refus des tenants du pouvoir d’apaiser le climat sociopolitique – refus qui s’est matérialisé par le transfèrement de Charles Blé Goudé à la Cour pénale internationale (Cpi) -, le comité central du Fpi, réuni le samedi 22 mars 2014, a décidé de renouer avec les manifestations de rue. A savoir les meetings, marches, sit-in et toute autre manifestation pacifique qu’autorise la démocratie.
Comme réplique, le Rdr, par la voix de son porte-parole principal, Joël N’Guessan, n’a rien trouvé d’autre que de donner officiellement l’ordre à ses militants de s’attaquer aux manifestations du Fpi. Cet homme, transfuge du Mfa et qui passe pour être aujourd’hui le penseur du Rdr en matière de violence, a notamment demandé aux militants du Rdr «d’accompagner les militants du Fpi dans la rue». Quand on dit à des individus d’accompagner quelqu’un qui n’en a pas fait la demande, cela veut dire clairement qu’il faut aller s’opposer à sa manifestation par tous les moyens. Avant le porte-parole principal du Rdr, le secrétaire général par intérim dudit parti, Amadou Soumahoro, avait déjà clairement prévenu que «tous ceux qui ne sont pas pour Alassane Ouattara doivent être conduits au cimetière».
Les messages de ces deux responsables du Rdr ont été reçus 5/5 par les militants du parti de Ouattara. Chauffés à blancs, ces derniers s’attaquent à toutes les manifestations du Fpi.
Tout a commencé le 20 janvier 2012 à Yopougon. Le meeting organisé ce jour-là à la place Ficgayo a été violemment attaqué par les militants du Rdr armés de fusils et d’armes blanches. Cette attaque s’est soldée par la mort d’un militant du Fpi et par plusieurs blessés graves. Sans oublier les dégâts matériels énormes.
Dans la même commune de Yopougon, les militants du Rdr ont encore violemment attaqué un meeting de la Jeunesse du Fpi organisé la semaine dernière pour protester contre la déportation de Charles Blé Goudé à la Cpi. Bilan : plusieurs blessés dans les rangs du Fpi.
Toujours la semaine dernière, les militants du Rdr ont attaqué le Parlement Kremlin de Port-Bouët-Adjouffou, faisant plusieurs blessés. Dans la même commune de Port-Bouët, cette fois-ci à la place Laurent Gbagbo, les militants du Rdr ont attaqué, le samedi 5 avril 2014, un meeting de la Jfpi. Le bilan fait état de trois blessés graves.

Le Rdr veut pousser le Fpi à l’affrontement
Les tournées du président du Fpi, le Premier ministre Pascal Affi N’Guessan, ne sont pas épargnées.
A Oumé, les militants du Rdr ont eu l’audace d’interdire l’accès de cette cité au président du Fpi. Ils avaient posé des barricades et brûlé des pneus sur les voies et dans tous les carrefours de la ville. C’est après une longue médiation du préfet et sur insistance du président Affi que ce meeting prévu pour se tenir au stade de la ville s’est finalement tenu très tard le soir dans un quartier «bété». Ce sont les interventions de Barthélemy Oréga, secrétaire national du Fpi chargé de la région du Fromager, qui couvre Oumé, et de Coulibaly Seydou, chef de cabinet du président du Fpi, qui ont calmé les militants du parti de Laurent Gbagbo qui, révoltés, étaient prêts à se défendre.
Dans l’Est, les militants du Rdr, conduits par le frère cadet de Wattao, ont violemment empêché le président du Fpi d’avoir accès à Doropo. Un mois avant, ils avaient molesté Justin Koua et ses jeunes camarades du Fpi qui avaient programmé un meeting dans la ville de Bouna.
A Duékoué, les militants du Rdr ont détruit nuitamment tout le matériel installé par les responsables locaux du Fpi sur la place publique sise en face de l’hôtel Monhéssia pour la tenue du meeting du président Affi. Il a fallu l’intervention ferme et autoritaire du préfet pour qu’au cours d’une réunion tenue dans son bureau, les militants du Rdr soient contraints à libérer le lieu afin que se tienne le meeting.
Samedi dernier, à Bonoua, le maire a refusé au président du Fpi, au dernier moment, l’accès au stade où devait se tenir le meeting. Même le sous-préfet s’est refusé à recevoir les civilités d’Affi N’Guessan. C’est finalement la Place du carnaval qui a abrité le meeting.
A cela s’ajoutent les attaques répétées du Qg de campagne du président Laurent Gbagbo qui sert de siège provisoire au Fpi après la destruction de son siège à Koumassi. Mais aussi des sièges des journaux proches de la gauche, notamment du parti du président Gbagbo.
Par ce comportement, les militants du Rdr, chauffés à blanc par Amadou Soumahoro et Joël NGuessan, veulent pousser les militants du Fpi à l’affrontement. Or un tel affrontement peut entraîner la Côte d’Ivoire dans une guerre civile dont personne ne peut prévoir l’issue.

Il n’est pas tard
Fort heureusement, grâce à la formation politique de base qu’ils reçoivent et à la doctrine de leur parti dont l’épine dorsale est la transition pacifique à la démocratie, les militants du parti du président Gbagbo ne se laissent pas entraîner dans une telle dérive qui pourrait conduire le pays vers le chaos. Mais combien de temps cela va-t-il encore durer ?
C’est pourquoi la communauté dite internationale et tous ceux qui aiment la Côte d’Ivoire et/ou ont des intérêts dans ce pays doivent dès maintenant interpeller le pouvoir Ouattara afin qu’il crée les conditions d’une réelle vie démocratique en Côte d’Ivoire, gage de la vraie paix. Rien n’est encore tard pour bien faire. Demain, il sera peut-être trop tard.

In : Notre Voie, 8 avril 2014

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