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Il y a trois ans, le Président Gbagbo était renversé

Par le CDR-CI
(Conseil de la Diaspora pour la Restauration de la Démocratie et la Défense des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire)

Il y a trois ans, le monde entier assistait en direct au renversement d’un président ; il y a trois ans des ressortissants d’un pays étaient pourchassés par d’autres, soutenus par des non-ressortissants de ce pays ; il y a trois ans la Constitution d’un pays était violée par ceux-là mêmes qui font la leçon au monde entier ; il y a trois ans la chasse aux sorcières était érigée en règle ; il y a trois ans des cadres, de hauts fonctionnaires de l’administration, des anonymes par centaines de milliers étaient contraints de partir en exil ; il y a trois ans la pacification était prônée par l’Hexagone, ce pays des droits de l’homme ; il y a trois ans, les viols, les vols, les arrestations arbitraires, les condamnations extra judiciaires, les tortures et la tenue au cachot de pro-Gbagbo ou supposés tels, sont devenus des normes dans la gouvernance d’un pays ; il y a trois ans des journalistes sont muselés ; des réunions publiques et des rassemblements réprimés. Il y a trois ans la haine et le rattrapage ethnique sont cultivés qui ont dressé un mur de méfiance entre les habitants d’un pays qui abrite depuis des lustres plus d’une soixantaine d’ethnies, qui vivaient en bonne intelligence.
Ah ! Sous le règne du faux et avec les chaînes du passé, pour citer Bédi Holy (à paraître bientôt chez L’Harmattan), nous devons comprendre que la démocratie est un prétexte : « Le monde est faux », aurait écrit l’écrivain malien Yambo Ouologuem, une critique de l’hypocrisie généralisée dans la vie de tous les jours. Son livre, qui n’a jamais été publié, serait le dernier écrit connu de l’auteur de « Le devoir de violence » publié en 1968, puis de « Lettre à la France nègre » en 1969. Le monde est faux !
Le monde est tellement faux que bien souvent, les vraies valeurs sont ignorées, parfois méprisées, martyrisées, au profit du mensonge généralisé entretenu par toutes sortes de réseaux, dont les maîtres dans nos Etats se sont dotés et qui rythment toute la vie. La fausse apparence est devenue le modèle de vie, et les « maîtres » de ce monde ont élevé au rang de règle la tricherie et la fourberie. On a fait de la duplicité une méthode de réussite, de la prostitution une preuve de capacité d’attirance, et de la corruption un système de régulation des relations au quotidien. Partout, les faux dévots mènent le jeu, un jeu perfide de perdition de l’humanité dont, pour exister, chacun semble s’accommoder. C’est le règne de l’imposture.

En Afrique, ce continent de l’excès, l’imposture a pris des proportions si grandes qu’il apparaîtrait dérisoire d’en parler. Ce serait comme dire en plein Sahel, à midi, qu’il fait chaud. Pourtant, c’est aussi pour cette raison qu’il faut en parler : le paysan du Sahel, qui ne connaît pas d’autre temps que la canicule, prend une conscience réelle de sa situation, lorsqu’il lui arrive de s’arrêter un moment, pour y attacher quelque attention. L’imposture dans ce monde est grande ! Elle l’est encore plus en Afrique. Alors parlons-en. Pour être précis, nous prenons pour point d’ancrage la Côte d’Ivoire. Et comme ce pays n’est pas si différent des autres pays africains, alors qu’aucun pays n’est aujourd’hui une entité isolée, nous verrons comment, à l’exemple de ce pays, le règne du faux alimente la vie sur notre continent, et dans le monde. ».

Cela explique qu’il y a trois ans Laurent Gbagbo, après avoir était tenu au cachot comme un vulgaire malfrat, a été déporté à La Haye. Cela explique que sans charges confirmées, une détention préventive – qui ne tient plus à son nom – soit un prétexte pour isoler le président Laurent Gbagbo de son pays .
Le 22 mars dernier, c’est Charles Blé Goudé, le symbole d’une jeunesse – par définition d’une autre génération à laquelle la classe politique occidentale est attentive – est également déporté à La Haye. AH ! COUR PENALE INTERNATIONALE ! Où est la justice internationale pendant que ceux qui sont à la base des souffrances des populations ivoiriennes (19 septembre 2002) sont en liberté ?
La provocation est constante parce que des anthropologues ont montré dans leurs études que les Ivoiriens ont été formatés à ne pas réagir devant les pires injustices. Sinon, qu’est ce qui peut expliquer toutes ces animosités qui s’abattent sur un peuple, à cause d’un DESACCORD ELECTORAL ?

Après trois ans de soutien systématique à Ouattara ; après trois ans de sa mise à l’épreuve ; après trois de promotion de l’ivraie, l’opinion publique et la Communauté internationale doivent remettre la vérité à l’endroit malgré la dureté que la réalité des faits impose !

Fait à Paris, le 11 Avril 2014

Pour le CDR-CI, le Porte-parole Dr Claude Koudou
MOSOURPA (Marseille) ; CRI-PANAFRICAIN ; Plate-forme panafricaine (PSP) ; CPAD-France ; CDDS (Conseil pour la Défense de la Démocratie et de la Souveraineté) ; UNG (Union des Nouvelles Générations) ; MIR ; COJEP ; Parlement et AGORA (Lyon) ; CFCIA ; Go Africa ; Mouvements des Artistes engagés ; GBAGBO FREE ; CODESCI ; 3000 Femmes ; Initiatives citoyennes.

Source : Ivoirebusiness.net, 14 avril 2014

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