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Monthly Archives: juin 2014

Journée mondiale de soutien aux victimes de la torture

L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 26 juin « Journée mondiale de soutien aux victimes de la torture ».

A cette occasion, n’oublions pas les prisonniers politiques de Côte d’Ivoire et rendons hommage à ceux qui, comme le syndicaliste Basile Mahan Gahé, sont morts suite aux mauvais traitements qu’il ont subis dans les prisons d’Alassane Ouattara.

« En Côte d’Ivoire, près de 800 prisonniers toujours maltraités et torturés »

« Témoignage d’un détenu ivoirien torturé »

« Après le décès de Basile Mahan Gahé, hommages chaleureux et nombreuses réactions »

 

 

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Plaidoyer pour la libération de Simone EHIVET GBAGBO

L’Association Femmes En Résistance communique :
Ce vendredi 20 juin 2014, jour anniversaire de la première Dame Simone EHIVET GBAGBO que notre jeune association Femmes En Résistance a choisi comme figure emblématique de sa lutte pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, nous avons adressé une lettre ouverte aux Parlementaires français que vous pouvez consulter sur le lien suivant :
Lettre ouverte aux Parlementaires français du vendredi 20 juin 2014.
Pour l’Association Femmes En Résistance,
Fatou MAHINE,
Sa Présidente
06 10 47 67 17


Lettre ouverte à Europe Ecologie-Les Verts

Cette lettre fut envoyée il y a trois mois à plusieurs responsables d’Europe Ecologie-Les Verts par l’équipe d’animation de l’Inter-Collectif Afrique, collectif constitué de membres de différentes nationalités, associations et organisations politiques. En partant de l’analyse du bilan d’activités de l’ancien ministre Délégué au Développement Pascal Canfin, écologiste, le Collectif a interpellé les responsables d’EELV sur leur silence concernant la situation en Côte d’Ivoire et les relations franco-ivoiriennes.

La lettre est restée sans réponse.

Lettre ouverte à nos amis d’Europe Ecologie les Verts (mars 2014)

Cette contribution au débat porte sur le bilan d’activités du Ministre Pascal CANFIN dont l’objectif louable était de rendre l’Aide Publique au Développement plus équitable. Nous saluons aussi la technicité et la précision des sujets traités de manière générale par votre organisation sur les questions Afrique-France. Cela dit, nous ne croyons pas que cette stratégie ait le pouvoir d’infléchir la politique gouvernementale et sa gestion de l’héritage néocolonial.

Cette démarche ne constitue pas une réponse suffisante à la souffrance des sans-terre, des sans-voix et des sans-toit qui n’en peuvent plus de cet ordre inégalitaire. Elle risque même de contribuer à une mystification dans le style : la régulation et le respect des contraintes de la transition écologique ne nous inquiètent pas tant pour vous peuples du Sud qui crevez déjà de faim, que pour nous, riches pays développés vieillissants, qui ne savons plus quoi faire de nos déchets si ce n’est les déverser chez vous et tenter d’en limiter le nombre en vous interdisant notre mode de développement prédateur. Puisqu’il sied souvent de revenir à l’une des périodes sombres de notre histoire pour faire comprendre par analogie les raisonnements qui nous dérangent, c’est un peu comme si l’on obtenait l’engagement d’un général SS amateur de bon vin de gérer écologiquement une exploitation viticole française sous l’Occupation.

Est-il possible de vanter le bilan de M. CANFIN sur la gestion de l’Aide Publique au Développement et de rester silencieux sur toutes les questions soulevées depuis plusieurs années maintenant sur le droit des peuples africains, spécialement d’Afrique francophone, à disposer d’eux-mêmes ?

Le silence sur la situation politique qui prévaut en Côte d’Ivoire notamment est d’autant plus assourdissant qu’EELV n’avait de cesse d’exhiber une certaine chercheuse depuis 2001, Oumou KOUYATE qui conspuait L. GBAGBO et sa gestion calamiteuse du pouvoir selon elle après avoir lâché A. OUATTARA qu’elle avait pourtant soutenu jusque-là. Et de venir nous expliquer que le drame de la Côte d’Ivoire tenait à la corruption des politiciens renvoyant dos à dos tous les protagonistes et appelant la société civile à prendre le pouvoir. Mais il semble qu’en Occident aussi, les hommes politiques mentent, corrompent, mais nous ne nous souvenons pas avoir entendu EELV appeler à installer la société civile à la tête de la GRECE, de l’UKRAINE ou encore de la FRANCE. A en juger par une actualité récurrente et insistante depuis la mandature de N. Sarkozy, notre pays doit détenir la palme du nombre de dignitaires de haut rang inculpés pour affaires politico-financières, sans que la justice ait vraiment les moyens d’appliquer les sanctions qui s’imposent à de tels actes de corruption. Deux poids deux mesures: n’était-ce pas une erreur historique d’avoir soutenu N Sarkozy, dans sa guerre ouverte à l’encontre du pouvoir de L. Gbagbo, guerre déclenchée le 19 septembre 2002 à partir de la base arrière du Burkina-Faso dont le régime est aux ordres, soit quelques mois seulement après l’intronisation de J. Chirac, autre président de l’UMP à l’Elysée, grâce d’ailleurs indirectement au vote FN ? Lionel Jospin, premier ministre socialiste, n’avait-il pas respecté en son temps la non-ingérence dans les affaires nationales d’autrui ?

Quid de la légitimité démocratique dont procèdent normalement les institutions qui président aux destinées des peuples ? Et le cas échéant, sur quelle base auriez-vous voulu que les représentants de cette « société civile » soient désignés ? Par les bailleurs monétaires et financiers du Nord ? Commode pour perpétuer le clientélisme et les accords de coopération dans le sens de nos intérêts hexagonaux bien compris. Ou alors comptiez-vous vous appuyer sur les rapports mensongers de vos chères ONG, HRW en tête largement financée par SOROS qui ont servi de prétexte à l’adoubement illégitime de OUATTARA que vous n’avez pas dénoncé ?

De toute manière, indépendamment des divergences d’analyse sur les résultats des élections présidentielles, au bout de trois ans d’installation du régime Ouattara, le bilan est clair: il s’agit d’un régime liberticide et criminel, d’autant plus criminel qu’il est soutenu par le camp occidental, piloté par les USA et la France dans sa tentative d’éradiquer par tous les moyens une opposition pourtant pacifique. Nous continuons et continuerons de penser qu’il n’y a pas de réconciliation qui tienne tant que la Côte d’Ivoire sera dirigée de cette manière (lien vers un mémorandum en images de la crise ivoirienne depuis 2002 : http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2012/12/memorandum-en-images-sur-la-cote-divoire.html).
(…)
Suite de la lettre ouverte sur Fraternafrique

Interview de François MATTEI, auteur d’un livre d’entretiens avec Laurent GBAGBO

Le 26 juin 2014, le livre « Pour la vérité et la justice« , aux Editions du Moment, sera disponible en librairie.
Il est le fruit de nombreuses rencontres entre le journaliste François Mattéi et le Président Laurent Gbagbo au Centre de détention de la CPI, à Scheveningen.

Interview de François Mattéi par Toussaint Alain et Joachim Vokouma. EventnewsTv.tv, PoliticoMag. 20 juin 2014.

Communiqué de presse de la Défense de Laurent GBAGBO

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

La Défense du Président Gbagbo prend acte de la décision de la majorité des Juges de la Chambre Préliminaire I de la Cour Pénale Internationale renvoyant en procès le Président Gbagbo sur la base des charges formulées par le Procureur dans son Document Contenant les Charges du 13 janvier 2014.

La Défense du Président Gbagbo prend note aussi avec intérêt de l’opinion dissidente du troisième Juge de la Chambre Préliminaire qui considère que le Procureur n’a pas présenté d’éléments suffisamment probants pour qu’un procès ait lieu dans ces conditions.

La Défense considère que la décision des Juges est une étape sur le chemin menant à la vérité. La vérité, c’est ce que demande le Président Gbagbo, pour l’Histoire et pour la Côte d’Ivoire. Pouvoir regarder la vérité en face est la première condition de la réconciliation nationale. Un procès sera l’occasion d’un débat sur les réelles raisons de la crise que connaît la Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002. Ce sera l’occasion de pointer les vraies responsabilités. Ce procès sera celui de ceux qui furent à l’origine de la destruction du pays.

Le processus judiciaire permet grâce au débat contradictoire de donner à voir la réalité historique. C’est pourquoi le Président Gbagbo, promoteur du multipartisme et de la démocratie en Côte d’Ivoire, sait avoir tout à gagner à un procès à l’issue duquel son
innocence sera reconnue.

La Défense du Président Gbagbo se joint aux appels des démocrates et des associations de défense des droits de l’Homme pour que le Procureur de la CPI mette en accusation dans les plus brefs délais ceux qui, en Côte d’Ivoire, sont, parmi les nouveaux dirigeants ivoiriens, suspectés de s’être rendus coupables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crime de génocide.

La lutte contre l’impunité est une nécessité. Il n’y a pas de réconciliation sans justice. Il n’y a pas de démocratie sans justice. La justice demande du courage, le courage d’examiner le passé sans faux-fuyant. Ce n’est qu’à ce prix que le pays sera à nouveau uni et que les conditions pour qu’existe une démocratie sereine, prospère et respectueuse des droits de l’Homme seront réunies.

Fait à La Haye, le 18 juin 2014

Emmanuel ALTIT
Avocat principal du Président Gbagbo

Agathe BAHI BAROAN
Avocat du Président Gbagbo

Contact :
Jennifer NAOURI
95, rue de Courcelles
75017 PARIS

Cour Pénale Internationale : un des trois Juges s’oppose à la décision de confirmer les charges à l’encontre du Président GBAGBO

CPI – Les charges confirmées contre Gbagbo: L’intégralité des arguments de la juge belge qui a dit non – See more at: http://ivoirebusiness.net/?q=articles/cpi-les-charges-confirm%C3%A9es-contre-gbagbo-lint%C3%A9gralit%C3%A9-des-arguments-de-la-juge-belge-qui#sthash.nepcEmia.dpuf
CPI – Les charges confirmées contre Gbagbo: L’intégralité des arguments de la juge belge qui a dit non – See more at: http://ivoirebusiness.net/?q=articles/cpi-les-charges-confirm%C3%A9es-contre-gbagbo-lint%C3%A9gralit%C3%A9-des-arguments-de-la-juge-belge-qui#sthash.nepcEmia.dpuf
CPI – Les charges confirmées contre Gbagbo: L’intégralité des arguments de la juge belge qui a dit non – See more at: http://ivoirebusiness.net/?q=articles/cpi-les-charges-confirm%C3%A9es-contre-gbagbo-lint%C3%A9gralit%C3%A9-des-arguments-de-la-juge-belge-qui#sthash.nepcEmia.dpuf

Par Le Nouveau Courrier
Les charges confirmées contre Gbagbo. L’intégralité des arguments de la juge belge Christine Van den Wyngaert qui a dit non.

Au sein de la rédaction du « Nouveau Courrier », nous avons voulu traduire pour nos lecteurs la totalité de l’opinion dissidente de la juge belge Christine Van den Wyngaert sur l’affaire qui oppose Fatou Bensouda à Laurent Gbagbo. Ses propos sont frappés au coin du bon sens juridique, et le fait que son argumentaire n’ait pas été suivi par ses collègues montre bien qu’il ne s’agissait pas, dans le cas d’espèce, de s’en tenir à la logique judiciaire dans toute sa rationalité. Un document pour l’Histoire.

1-Je suis dans l’incapacité de suivre mes collègues quant à leur décision de confirmer les charges contre Laurent Gbagbo sur la base de l’article 25(3)(a),(b) et (d). Pour les raisons explicitées dans cette opinion, je suis d’avis que les preuves restent insuffisantes.

2-Il y a une augmentation quantitative considérable des preuves soumises par le procureur depuis l’ajournement du 3 juin de l’année dernière. Les différents incidents soutenant l’accusation de crimes contre l’humanité sont désormais mieux soutenus par des preuves. Cependant, en dépit de la demande visant à obtenir plus d’informations et de meilleurs informations sur le nombre de victimes en relation avec les incidents supposés, le problème précédement identifié concernant le recours aux ouï-dire anonymes demeure.

3-Plus important, je ne suis pas convaincue que le procureur a prouvé les modes de responsabilités alternatifs qui sont considés dans le Document amendé contenant les charges. Je n’ai aucune objection de principe quant à confirmer les modes de responsabilité alternatifs. Au contraire, si les modes de responsabilité alternés sont soutenus par des preuves, ils doivent être appliqués aussi vite que possible dans les procédures, si possible lors de la confirmation. Ce qui évite l’application de la régulation 55 à des moments tardifs de la procédure.

4-Toutefois, les charges doivent seulement être confirmées si les preuves ont des chances réalistes de convaincre au delà du doute raisonnable. Je suis, bien sûr, consciente de ce que les standards applicables pour une confirmation sont bien plus bas que lors d’un procès. Lors de l’étape de la confirmation, le procureur peut même bénéficier du bénéfice du doute quand les questions relatives à la crédibilité de certains témoins ou à la valeur probante de documents en particulier. Toutefois, il doit exister une base de preuve suffisante pour convaincre de ce que ces questions seront résolues par le procureur durant le procès. S’il est clair que, si la preuve est considérée à son niveau maximal, des doutes substantiels sur son caractère suffisant demeurent, on ne peut pas confirmer les charges. En me basant sur ma compréhension de cela, je suis d’avis que les preuves à l’appui des charges sous l’article 25 (3)(a),(b) et (d) tombent en dessous des seuils de l’article 61(7) du Statut.

5-En ce qui concerne les accusations en vertu de l’article 25 (3) (a), je ne suis pas convaincue par les éléments de preuve disponibles qu’il existe des motifs substantiels de croire que le plan commun présumé de maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir soit explicitement ou implicitement la cause de la commission de crimes contre des civils pro-Ouattara . Il n’existe aucune preuve convaincante, à mon avis, qui montrent que Laurent Gbagbo s’est entendu à un quelconque moment avec son supposé « cercle rapproché » pour commettre des crimes contre des civils innocents. Par conséquent, je ne suis pas convaincue qu’il y avait un effort délibéré de la part de Laurent Gbagbo et de son « cercle rapproché » en vue de préparer mentalement et matériellement ses partisans à commettre des crimes contre des civils. Par exemple, je ne partage pas l’interprétation de mes collègues sur le fait que le discours de Gbagbo à Divo le 27 août 2010 a été un signal faisant comprendre à ses partisans qu’ils seraient autorisés à commettre des crimes contre des civils pro-Ouattara en toute impunité. Je ne crois pas non plus qu’il était prévisible que le meurtre et le viol de civils auraient lieu dans le cours normal des événements.
Les données disponibles sur un nombre d’incidents violents isolés commis par les partisans de Laurent Gbagbo dans les années précédentes ne suffisent pas, à mon avis, pour montrer que Laurent Gbagbo savait que les FDS et/ou ses autres partisans auraient inévitablement commis des crimes contre des civils pro-Ouattara.

6-En outre, les preuves disponibles ne m’ont pas convaincu qu’il y a des motifs substantiels de croire que Laurent Gbagbo, seul ou de concert avec un ou plusieurs membres du «cercle rapproché» présumé, a utilisé les forces à sa disposition pour commettre intentionnellement des crimes contre des civils. Il n’y a pas de preuve spécifique sur un quelconque ordre ou une instruction émanant de Laurent Gbagbo à cet effet, pas plus qu’un ordre ou une instruction qui puisse être déduite d’autres éléments de preuves disponibles, à mon avis. En particulier, je ne crois pas qu’il soit possible de déduire du fait que Laurent Gbagbo a interdit la marche sur la RTI, qu’il a implicitement chargé les forces impliquées dans la répression de commettre des crimes contre des protestataires civils pacifiques. De la même manière, je ne vois pas comment le déploiement de forces armées à Abobo, qui a impliqué une possible utilisation de mortiers, peut être interprété comme une instruction d’utiliser ces armes contre des civils. Il est important de garder à l’esprit, à cet égard, que l’armée a été déployée afin de lutter contre un groupe d’insurgés lourdement armés et que la pratique régulière application de la loi (police, gendarmerie) n’était plus en mesure de gérer la situation. Bien qu’il puisse être soutenu que par l’envoi d’unités militaires dans une zone civile densément peuplée, Laurent Gbagbo a créé et accepté un risque que des civils innocents pourraient être blessés (c.-à-dol éventuel), cela n’est pas suffisant pour conclure qu’il [a] activement incité ces troupes à prendre délibérément des civils pour cibles. Je suis donc dans l’incapacité de considérer Laurent Gbagbo comme un auteur indirect au sens de l’article 25 (3) (a).

7-En ce qui concerne les charges visées à l’article 25 (3) (b), comme [je] viens de [le] mentionner, je ne vois pas suffisamment de preuves pour conclure que Laurent Gbagbo aurait ordonné ou autrement délibérément incité la commission de l’un des crimes contre les civils. En termes d’incitation implicite, sur la base du éléments de preuve concernant des discours publics de Laurent Gbagbo et ses prétendues instructions et déclarations adressées aux membres des FDS ou au « cercle rapproché », je ne suis pas convaincu qu’ils montrent un effort délibéré, de la part de Laurent Gbagbo, d’inciter ou de préparer mentalement ses partisans à commettre des crimes contre les civils, et encore moins qu’ils aient eu un tel effet direct.

8-En ce qui concerne les accusations en vertu de l’article 25 (3) (d), je ne peux pas me joindre à mes collègues pour confirmer [les charges, ndlr], parce que je ne vois pas de preuves suffisantes de l’existence d’un groupe de personnes agissant dans un but commun. Le document amendé contenant les charges ne fournit aucune indication précise quant à la composition d’un tel groupe. En effet, étant donné que personne ne soutenir que tous les membres des FDS, tous les mercenaires, tous les membres des milices et tous les groupes de jeunesse constituaient un large « groupe agissant dans un objectif commun », il est nécessaire de savoir qui a appartenu à ces groupes agissant avec un objectif commun.

9-La décision de confirmation estime que les éléments de preuve démontrent suffisamment que «les membres des forces pro-Gbagbo » conduits par Laurent Gbagbo et le cercle rapproché constituent un groupe au sens de l’article 25 (3) (d) du Statut. Alors que je suis d’accord sur le fait qu’il n’est pas nécessaire d’identifier chaque membre du groupe et que la composition du « groupe agissant avec un but commun » peut, dans une certaine mesure, changer au fil du temps, je ne pense pas qu’il soit permis d’inclure dans le « groupe » des personnes qui n’ont jamais eu, et encore moins partagé, l’intention de commettre des crimes contre des civils. Cela fait suite au fait que, comme cela a été indiqué dans les cas précédents, afin d’avoir un groupe agissant dans un but commun au sens de l’article 25 (3) (d), il est nécessaire de montrer que tous les membres du groupe avaient le même état d’esprit, comme cela est requis dans les cas de co-action selon un plan commun au sens de l’article 25 (3)(a). En conséquence, seules les personnes qui ont accepté de maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir à tous les coûts et de commettre des crimes contre les civils dans le but d’atteindre cet objectif, peuvent être considérés comme appartenant au groupe agissait avec un but commun. Bien qu’il soit probable qu’il y avait un certain nombre d’acteurs de bas niveau hiérarchique qui étaient prêts à commettre des crimes contre des civils au nom de Laurent Gbagbo, je pense pas que des éléments de preuve substantiels donnent des raisons de croire qu’ils constituaient un ou plusieurs groupes agissant avec un objectif commun, parce qu’il n’y avait aucune preuve d’un accord mutuel entre eux. En tout cas, le procureur ne fournit aucun argument clair et ne pointe pas des preuves spécifiques concernant le contour et la composition du prétendu « groupe agissant dans un but commun. »

10-En outre, à supposer même qu’il existait un ou plusieurs «groupe(s) agissant avec un objectif commun », je ne parviendrais toujours pas à voir assez de preuves des contributions présumées de Laurent Gbagbo en connaissance de l’intention criminelle de la part du groupe présumé. Beaucoup de prétendues contributions, par exemple les achats d’armes présumés ou l’argent qui aurait été transféré à plusieurs organisations pro-Gbagbo, sont soit trop insignifiantes ou n’ont pas de lien évident avec les crimes allégués contre des civils. Un facteur pertinent à cet égard est que le régime Gbagbo faisait face à un adversaire puissamment militarisé dans plusieurs régions du pays, y compris Abidjan. L’achat et la distribution des armes a donc probablement été liée à l’imminence / escalade des hostilités armées.

11-Enfin, dans la mesure où les accusations en vertu de l’article 28 du Statut sont concernées, je considère les éléments de preuve plutôt ambigus. Il est clair, de mon point de vue, que Laurent Gbagbo savait que des civils étaient lésés par certaines unités des FDS et par d’autres groupes armés qui lui sont fidèles. (…) Il existe des preuves montrant que le gouvernement putatif de Laurent Gbagbo a pris un certain nombre de mesures pour que les crimes allégués fassent l’objet d’enquêtes et soient poursuivis. Toutefois, l’efficacité de ces mesures en vue de prévenir ou réprimer la commission d’autres crimes – ou même d’enquêter et de poursuivre les auteurs de celles déjà commises – dépendait dans une large mesure de la réponse à une question. Étaient-ils de véritables efforts pour arrêter et/ou sanctionner la violence contre les civils ? Cette question ne peut être résolue à ce stade de la procédure. En conséquence, étant donné que des doutes à l’étape de confirmation ne doivent pas fonctionner automatiquement contre le Procureur, j’aurais pu, en principe, envisager de confirmer des charges sur la base de l’article 28. Toutefois, je tiens seulement à confirmer des crimes qui ont été supposément commis par des membres des FDS ou par des miliciens et mercenaires opérant dans la structure de commandement des FDS. En ce qui concerne les crimes qui auraient été commis par d’autres groupes armés pro-Gbagbo, qui opéraient en dehors de la structure de commandement des FDS, je ne suis pas convaincu par les preuves disponibles qu’il y a des motifs substantiels de croire que les membres de ces groupes peuvent être considérés comme « des subordonnés placés sous l’autorité effective [de Laurent Gbagbo] et [son] contrôle » au sens de l’article 28 (b) du Statut.

12-En conclusion, je tiens à dire très clairement que, bien que je ne suis pas convaincue que les éléments de preuve versés au dossier suffisent pour traduire Laurent Gbagbo en justice pour les accusations en vertu de l’article 25 (3) (a), (b) et (d), je ne nient pas que des crimes horriblesont été commis contre des civils par les forces fidèles à Laurent Gbagbo. Cependant, en tant que juge de la Chambre de la Cour préliminaire, il est de mon devoir d’évaluer si les poursuites contre Laurent Gbagbo, telles que formulées par la Procureure dans le document amendé contenant les charges, sont suffisamment fortes pour aller au procès. C’est mon opinion réfléchie que, dans la mesure où les articles 25 (3) (a), (b) et (d) sont concernés, elles ne le sont pas.

Traduit par Benjamin Silué

Source : Ivoirebusiness, 14 juin 2014

Réaction d’un militant du Pront Populaire Ivoirien : nous sommes dans un procès politique

Le FPI a les clés de la libération de Gbagbo : le FPI doit prendre ses responsabilités !

Par CI Yako
Propos d’un militant de base du FPI

Nous sommes dans un procès politique et en politique seul le rapport des forces en présence est déterminant. C’est pourquoi il faut bien comprendre que le FPI ( Front Populaire Ivoirienn) est, dans notre camp, l’acteur principal de cette lutte pour la libération du Président Gbagbo. Il est même la carte maîtresse dont dispose le Président en face de ses geôliers puisque c’est cet instrument de combat (le FPI), qu’il a lui-même créé, qui doit par ses actions, par son engagement à ses côtés lui apporter le poids politique dont il a besoin pour tenir tête à ceux qui veulent « l’éteindre » politiquement. Car c’est de cela qu’il s’agit : « sortir » le président Gbagbo du champ politique parce qu’il représente un danger pour ceux qui l’ont déporté loin de la terre de ses ancêtres.

Répétons-le, c’est un procès politique.

Si le FPI accepte de les regarder continuer de dérouler leur plan comme ils l’ont prévu, ces rapaces arriveront tranquillement à leurs fins. Si le FPI ne prend pas toute sa place aux côtés du Président Gbagbo dans ce procès, il est clair que nous allons à une condamnation pure et simple. Ne l’oublions pas, nous sommes des démocrates, nous ne connaissons donc pas le langage de la violence. Et le Président Gbagbo nous a inculqué d’autres valeurs que celles prisées par ces fomenteurs de coups d’État. C’est la raison pour laquelle nous évoluons sur le seul registre qui nous sied : l’arène politique.
Ainsi, d’une façon ou d’une autre, pour sortir le Président Gbagbo de leurs griffes et pour qu’ils lâchent prise, IL FAUT QUE LE FPI ARRIVE A LEUR « TORDRE » LE BRAS POLITIQUEMENT. Et ça, le FPI a les capacités et les moyens de le faire. S’il le veut.

Mais dans ce procès politique, le FPI sait-il, aujourd’hui, que les clés de la libération de celui qui l’a créé sont entre ses mains ? À tout le moins, le FPI sait-il, aujourd’hui, que personne n’est mieux outillé que lui pour porter efficacement le combat de la libération du Président Gbagbo ? Dans ce procès politique, le FPI, aujourd’hui, sait-il qu’une défaillance de sa part équivaudrait à une condamnation certaine pour le Président ?
C’est le simple militant de base qui s’interroge.

Dans tous les cas, le FPI, qui est un véritable rouleau compresseur quand il le décide, n’a pas encore pleinement joué sa partition auprès de celui qui a fait de lui ce qu’il est : une véritable « bête » politique. On sait tous de quoi ce Parti est capable. Et le Président Gbagbo est aux prises avec des ennemis (c’est le mot adéquat) qui ne lui font et feront aucun cadeau. Il ne peut donc pas faire l’économie d’un engagement sans failles du FPI à ses côtés. Le moment est certainement venu pour le FPI d’assumer entièrement la mission qui est la sienne d’être le fer de lance de cette lutte pour la libération du Président que les Ivoiriens ont élu, le Président Gbagbo.

In Civox, 13 juin 2014
(Source : Facebook)

Laurent GBAGBO n’a pas été libéré aujourd’hui

Devant l’absence de faits tangibles pouvant étayer les accusations de la Cour Pénale Internationale contre Laurent Gbagbo, ses amis et soutiens en Côte d’Ivoire et dans le monde ont nourri l’espoir de voir la « Justice » l’emporter sur les considérations politiques.
Mais la Chambre préliminaire I de la CPI a annoncé le 12 juin 2014 qu’elle confirmait (à la majorité de deux contre un) les charges présentées par la Procureure Fatou Bensouda.
Dans le communiqué de la CPI, le caractère approximatif de la description des charges atteste, s’il en était besoin, de la nature politique de la décision.

Alerte arrestation !

Mise à jour du 12 juin à 22 h :
Remise en liberté d’Ahoua Don Mello (attestée par plusieurs sources).

12 juin 2014 :
Ahoua Don Mello, Ministre de l’Equipement et porte-parole du Gouvernement Aké N’Gbo sous la présidence de Laurent Gbagbo, a été arrêté ce matin au Cameroun où il venait de passer une semaine dans le cadre de ses activités professionnelles.
Cette arrestation a eu lieu à l’aéroport de Douala.
L’opposition camerounaise se serait mobilisée pour lui venir en aide et obtenir sa remise en liberté.

Les nouveaux signataires de la Tribune pour la libération immédiate de Laurent Gbagbo

[Mise à jour du 13 juin 2014]

Tribune

Mise à jour du 11 juin 2014

 

POUR LA LIBERATION IMMEDIATE DU PRESIDENT
LAURENT GBAGBO !
 

Depuis son élection en 2000, le président Laurent Gbagbo a été la victime d’attaques répétées – médiatiques, politiques, puis militaires -, qui ont culminé après sa réélection confirmée par le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, avec son arrestation le 11 avril 2011 par les forces spéciales françaises aidées par leurs supplétifs africains.

Après 10 jours de bombardements de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, et particulièrement de la résidence présidentielle, suivis d’une répression impitoyable par les forces coalisées, provoquant des milliers de victimes parmi les partisans civils du président Gbagbo, ce dernier a été incarcéré hors de toute légalité dans le Nord du pays, dans des conditions de détention scandaleuses, ainsi que sa famille et l’ensemble de son gouvernement.

La justice des vainqueurs a ensuite organisé, en complicité avec le procureur de la Cour pénale internationale, les puissances néocoloniales et le nouveau régime qui leur est inféodé, son transfèrement à la Haye dans des conditions juridiquement plus que contestables.

Pour que la force des armes ne devienne pas un droit, nous, responsables politiques et intellectuels d’Afrique et du monde :

– Exigeons la libération immédiate du président Laurent Gbagbo ;

– Demandons sa réhabilitation judiciaire pleine et entière.

Seules cette libération et cette réhabilitation créeront les conditions du rétablissement d’une confiance mutuelle entre les populations de Côte d’Ivoire et d’une véritable réconciliation nationale.

SIGNATAIRES
Association des Amis de Laurent GBAGBO
Albert BOURGI / Robert CHARVIN / Bernard Binlin DADIE / Amath DANSOKHO
Mireille FANON MENDES‑FRANCE / Patrice FINEL / Michel GALY
Joseph Kokou KOFFIGOH / Guy LABERTIT / Malick NDIAYE
Jean-François PROBST (*) / Denis PRYEN / Paul Bert RAHASIMANANA / Aminata TRAORE
Jean ZIEGLER / Kofi YAMGNANE / Boubacar Boris DIOP
Massa KONE (militant pour la défense des droits des démunis au Mali)
Félix TANO (ancien membre du Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire)
Les anciens Ministres de Côte d’Ivoire Adou ASSOA, Ahoua DON MELLO, Bertin KADET,
Lazare KOFFI KOFFI, Douayoua LIA BI, Clotilde OHOUOCHI, Hubert OULAYE //
Bernard HOUDIN / Hanny TCHELLEY / Calixthe BEYALA / Jean-Paul VANHOOVE
Alain CAPPEAU / René EMEH ELONG (U. P. C. en France – Cameroun)
Jean Paul TCHAKOTE (S. D. F. en France – Cameroun) / Djamal BENMERAD (Belgique)
Gadji CELI (Président en exil de l’Union nationale des artistes de Côte d’Ivoire, et du Bureau ivoirien du Droit d’auteur)
Didier ORSOT (Londres) / Prince SERRY dit JAH PRINCE

 

(*) Note du 13/06/2014 : nous venons d’apprendre la triste nouvelle du décès de Jean-François PROBST, signataire de cette Tribune, le 12 juin 2014.

 

Contact Presse :
Raphaël DAGBO, président de l’Association des Amis de Laurent GBAGBO
Tél : 06 15 52 35 06
E-Mail : asso.amisdelaurentgbagbo@gmail.com

Tribune : des personnalités politiques et intellectuelles demandent que Laurent Gbagbo soit immédiatement libéré

Tribune

Le 6 juin 2014

POUR LA LIBERATION IMMEDIATE DU PRESIDENT
LAURENT GBAGBO !

Depuis son élection en 2000, le président Laurent Gbagbo a été la victime d’attaques répétées – médiatiques, politiques, puis militaires -, qui ont culminé après sa réélection confirmée par le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, avec son arrestation le 11 avril 2011 par les forces spéciales françaises aidées par leurs supplétifs africains.

Après 10 jours de bombardements de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, et particulièrement de la résidence présidentielle, suivis d’une répression impitoyable par les forces coalisées, provoquant des milliers de victimes parmi les partisans civils du président Gbagbo, ce dernier a été incarcéré hors de toute légalité dans le Nord du pays, dans des conditions de détention scandaleuses, ainsi que sa famille et l’ensemble de son gouvernement.

La justice des vainqueurs a ensuite organisé, en complicité avec le procureur de la Cour pénale internationale, les puissances néocoloniales et le nouveau régime qui leur est inféodé, son transfèrement à la Haye dans des conditions juridiquement plus que contestables.

Pour que la force des armes ne devienne pas un droit, nous, responsables politiques et intellectuels d’Afrique et du monde :

– Exigeons la libération immédiate du président Laurent Gbagbo ;

– Demandons sa réhabilitation judiciaire pleine et entière.

Seules cette libération et cette réhabilitation créeront les conditions du rétablissement d’une confiance mutuelle entre les populations de Côte d’Ivoire et d’une véritable réconciliation nationale.

 

PREMIERS SIGNATAIRES

Association des Amis de Laurent GBAGBO
Albert BOURGI / Robert CHARVIN / Bernard Binlin DADIE / Amath DANSOKHO
Mireille FANON MENDES‑FRANCE / Patrice FINEL / Michel GALY
Joseph Kokou KOFFIGOH / Guy LABERTIT / Malick NDIAYE
Jean-François PROBST / Denis PRYEN / Paul Bert RAHASIMANANA / Aminata TRAORE
Jean ZIEGLER

 

Contact Presse :
Raphaël DAGBO, président de l’Association des Amis de Laurent GBAGBO
Tél : 06 15 52 35 06
E-Mail : asso.amisdelaurentgbagbo@gmail.com

Les Amis de Laurent GBAGBO le 31 mai 2014. Les images

Mise à jour du 4 juin 2014 :

Les films de Roger Bongos, de Afrique Rédaction

Interview de Maître Habiba Touré et de Jacqueline Chamois par Roger Bongos le 2 juin 2014

Intervention d’Ahmat Dansokho le 31 mai 2014

Autres interventions prononcées le 31 mai 2014 :

Témoignage du Professeur Jean-Charles Coovi Gomez
https://www.youtube.com/watch?v=EhwprCKsIs4

Intervention de Clotilde Ohouochi
https://www.youtube.com/watch?v=bFfNvuhpJ00

Maître Habiba Touré répond à la question : Sarkozy pourrait-il être traduit devant la CPI ?
https://www.youtube.com/watch?v=WAOZxkRSR2w

Aussi à la radio

RFI : Interview de Raphaël Dagbo, Président de l’Association des Amis de Laurent GBAGBO, par Anthony Lattier, le 31 mai 2014

Les premiers films de la Journée du lancement officiel de l’Association des Amis de Laurent GBAGBO

Par EventNews TV (1er juin 2014) :

Interventions et extraits d’interventions (par ordre chronologique) de Jacqueline Chamois, Claude Koudou pour la lecture d’un message de Justin Koné Katinan (porte-parole du Président Laurent Gbagbo), Guy Labertit, André-Julien Mbem, Clotilde Ohouochi, Jean-Charles Coovi Gomez ; plusieurs interviews dont celles d’Albert Bourgi et d’Amath Dansokho.

Par Ovajab TV (31 mai – 1er juin 2014) :
http://new.livestream.com/OvajabMedia/LancementAssociationDesAmisDeLGbagbo31Mai2014/videos/52484745
Interventions d’Albert Bourgi et d’Amath Dansokho

Par La Dépêche d’Abidjan (2 juin 2014) :
http://www.dailymotion.com/video/x1y1up0_lancement-de-l-association-les-amis-de-laurent-gbagbo_news
Les questions / réponses

Par Gri Gri TV et HGMJ (1er juin 2014) : « Happy birthday Mister President Gbagbo – 31 mai 2014 AGECA / Paris »
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=eWSmTRzbiOA
D’un endroit à l’autre