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Lettre ouverte à Europe Ecologie-Les Verts

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Cette lettre fut envoyée il y a trois mois à plusieurs responsables d’Europe Ecologie-Les Verts par l’équipe d’animation de l’Inter-Collectif Afrique, collectif constitué de membres de différentes nationalités, associations et organisations politiques. En partant de l’analyse du bilan d’activités de l’ancien ministre Délégué au Développement Pascal Canfin, écologiste, le Collectif a interpellé les responsables d’EELV sur leur silence concernant la situation en Côte d’Ivoire et les relations franco-ivoiriennes.

La lettre est restée sans réponse.

Lettre ouverte à nos amis d’Europe Ecologie les Verts (mars 2014)

Cette contribution au débat porte sur le bilan d’activités du Ministre Pascal CANFIN dont l’objectif louable était de rendre l’Aide Publique au Développement plus équitable. Nous saluons aussi la technicité et la précision des sujets traités de manière générale par votre organisation sur les questions Afrique-France. Cela dit, nous ne croyons pas que cette stratégie ait le pouvoir d’infléchir la politique gouvernementale et sa gestion de l’héritage néocolonial.

Cette démarche ne constitue pas une réponse suffisante à la souffrance des sans-terre, des sans-voix et des sans-toit qui n’en peuvent plus de cet ordre inégalitaire. Elle risque même de contribuer à une mystification dans le style : la régulation et le respect des contraintes de la transition écologique ne nous inquiètent pas tant pour vous peuples du Sud qui crevez déjà de faim, que pour nous, riches pays développés vieillissants, qui ne savons plus quoi faire de nos déchets si ce n’est les déverser chez vous et tenter d’en limiter le nombre en vous interdisant notre mode de développement prédateur. Puisqu’il sied souvent de revenir à l’une des périodes sombres de notre histoire pour faire comprendre par analogie les raisonnements qui nous dérangent, c’est un peu comme si l’on obtenait l’engagement d’un général SS amateur de bon vin de gérer écologiquement une exploitation viticole française sous l’Occupation.

Est-il possible de vanter le bilan de M. CANFIN sur la gestion de l’Aide Publique au Développement et de rester silencieux sur toutes les questions soulevées depuis plusieurs années maintenant sur le droit des peuples africains, spécialement d’Afrique francophone, à disposer d’eux-mêmes ?

Le silence sur la situation politique qui prévaut en Côte d’Ivoire notamment est d’autant plus assourdissant qu’EELV n’avait de cesse d’exhiber une certaine chercheuse depuis 2001, Oumou KOUYATE qui conspuait L. GBAGBO et sa gestion calamiteuse du pouvoir selon elle après avoir lâché A. OUATTARA qu’elle avait pourtant soutenu jusque-là. Et de venir nous expliquer que le drame de la Côte d’Ivoire tenait à la corruption des politiciens renvoyant dos à dos tous les protagonistes et appelant la société civile à prendre le pouvoir. Mais il semble qu’en Occident aussi, les hommes politiques mentent, corrompent, mais nous ne nous souvenons pas avoir entendu EELV appeler à installer la société civile à la tête de la GRECE, de l’UKRAINE ou encore de la FRANCE. A en juger par une actualité récurrente et insistante depuis la mandature de N. Sarkozy, notre pays doit détenir la palme du nombre de dignitaires de haut rang inculpés pour affaires politico-financières, sans que la justice ait vraiment les moyens d’appliquer les sanctions qui s’imposent à de tels actes de corruption. Deux poids deux mesures: n’était-ce pas une erreur historique d’avoir soutenu N Sarkozy, dans sa guerre ouverte à l’encontre du pouvoir de L. Gbagbo, guerre déclenchée le 19 septembre 2002 à partir de la base arrière du Burkina-Faso dont le régime est aux ordres, soit quelques mois seulement après l’intronisation de J. Chirac, autre président de l’UMP à l’Elysée, grâce d’ailleurs indirectement au vote FN ? Lionel Jospin, premier ministre socialiste, n’avait-il pas respecté en son temps la non-ingérence dans les affaires nationales d’autrui ?

Quid de la légitimité démocratique dont procèdent normalement les institutions qui président aux destinées des peuples ? Et le cas échéant, sur quelle base auriez-vous voulu que les représentants de cette « société civile » soient désignés ? Par les bailleurs monétaires et financiers du Nord ? Commode pour perpétuer le clientélisme et les accords de coopération dans le sens de nos intérêts hexagonaux bien compris. Ou alors comptiez-vous vous appuyer sur les rapports mensongers de vos chères ONG, HRW en tête largement financée par SOROS qui ont servi de prétexte à l’adoubement illégitime de OUATTARA que vous n’avez pas dénoncé ?

De toute manière, indépendamment des divergences d’analyse sur les résultats des élections présidentielles, au bout de trois ans d’installation du régime Ouattara, le bilan est clair: il s’agit d’un régime liberticide et criminel, d’autant plus criminel qu’il est soutenu par le camp occidental, piloté par les USA et la France dans sa tentative d’éradiquer par tous les moyens une opposition pourtant pacifique. Nous continuons et continuerons de penser qu’il n’y a pas de réconciliation qui tienne tant que la Côte d’Ivoire sera dirigée de cette manière (lien vers un mémorandum en images de la crise ivoirienne depuis 2002 : http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2012/12/memorandum-en-images-sur-la-cote-divoire.html).
(…)
Suite de la lettre ouverte sur Fraternafrique

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