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Monthly Archives: octobre 2014

Côte d’Ivoire : enlèvement et séquestration de l’ancien ministre Moïse Lida Kouassi

Le 23 octobre 2014 : enlèvement du juge Noël Kodjané !

Le lendemain, 24 octobre : enlèvement de l’ancien ministre et vice-président du FPI  Moïse Lida Kouassi ! Après un séjour dans les locaux de la DST, il aurait été incarcéré.
Extradé par le Togo en 2012, maintenu au secret, puis emprisonné à Bouna, au Nord-Est de la Côte d’Ivoire, Moïse Lida Kouassi était en liberté provisoire depuis le 5 août 2013.

CPI : Laurent Gbagbo dépose une demande pour se rendre aux obsèques de sa mère

Mise à jour du 1er novembre 2014 :

La Cour Pénale Internationale n’autorise pas Laurent GBAGBO à assister aux funérailles de sa mère.
Décision de la Chambre I de première instance du 29 octobre 2014 (en anglais) :
http://www.icc-cpi.int/iccdocs/doc/doc1858263.pdf

Selon le journal « Le Temps », « Laurent Gbagbo a déposé une demande d’autorisation devant la Cour pénale internationale pour se rendre en Côte d’Ivoire afin d’enterrer sa mère Gado Marguerite.
Le président ivoirien Laurent Gbagbo, sauf coup de théâtre, sera bientôt à Mama son village natal, parmi les siens afin d’enterrer dignement sa mère et participer pleinement aux obsèques. Toujours selon les informations, certains chefs d’Etat africains, qui lui ont déjà présenté leurs condoléances depuis la CPI, seraient prêts à effectuer le déplacement en Côte d’Ivoire, pour être aux côtés du Président Laurent Gbagbo dans cette épreuve très douloureuse.

La demande de Laurent Gbagbo se base sur la jurisprudence Jean Pierre Bemba. Les prisonniers de la CPI ont la possibilité de formuler ce type de demande en cas de décès ou de maladie grave de parents proches. Le président du Congo RDC, Jean Pierre Bemba en avait bénéficié pour prendre part aux obsèques de mère adoptive décédée en 2011 en Belgique. (…) »

Source : Le Blog de Jean-Chrésus, 24 octobre 2014

Interpellation des ONG françaises sur les violations des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire

A l’initiative et autour de l’Association Femmes en Résistance, une opération « SOLIDARITE AVEC LES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS » est lancée à partir du lundi 20 octobre 2014.

Elle aura pour temps fort l’interpellation des principales ONG françaises sur les violations des droits de l’Homme que constituent les détentions arbitraires et les mauvais traitements subis par les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire.

Solidarite avec les prisonniers politiques ivoiriens

Texte de l’appel :

SOLIDARITE AVEC LES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS

Les 370 prisonniers politiques de la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan) s’apprêtent à reprendre la grève de la faim illimitée qu’ils ont suspendue depuis le 25 septembre 2014 si les autorités ivoiriennes continuent de rester sourdes à leurs demandes légitimes de respect de leurs droits les plus élémentaires à la vie, aux soins, aux visites, ainsi que le droit le plus absolu dans un véritable Etat de droit d’être jugé équitablement.
Nous militants du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes dénonçons avec la plus grande énergie ces centaines d’otages du régime aussi illégitime que liberticide imposé par la force et dans le sang au peuple ivoirien depuis le 11 avril 2011. (suite…)

Gado Marguerite, la mère de Laurent GBAGBO, nous a quittés

Le Mercredi 15 octobre 2014,
Quelques jours après avoir retrouvé son pays, Gado Marguerite a rendu l’âme.
A ses chers enfants, à ses petits-enfants, nous présentons nos condoléances émues.
Nous, ses proches, ses amis, nous garderons toujours dans notre coeur le souvenir de Gado Marguerite.

Procès en cour d’assises contre des opposants : le FPI dénonce une manoeuvre pour écarter des adversaires de poids

Par Agnès Monnet

Par courrier, le Procureur Général près la cour d’appel d’Abidjan a annoncé à leurs avocats l’ouverture d’un procès en cour d’assises contre le Premier ministre Aké N’Gbo et quatre-vingt-neuf (89) autres militants du Front Populaire Ivoirien et Pro-Gbagbo, dont Pascal Affi N’Guessan, Sangaré Abou Drahamane et Simone Ehivet Gbagbo, président, 1er Vice-président et 2ème vice-présidente du FPI, les ministres Danielle Boni-Claverie, présidente de l’URD ; Professeur Georges Armand Ouégnin ; Jean-Jacques Béchio, président du Parti pour la Côte d’Ivoire ; Geneviève Bro-Grebé, présidente des Femmes patriotes de Côte d’Ivoire, etc. Ce procès se tient conformément à l’Arrêt n-144 du 10/07/2013 de mise en accusation et de renvoi devant la cour d’assises, rendu par la Chambre d’accusation de la cour d’appel le 10 juillet 2013.
Les infractions retenues contre ces personnalités sont, entre autres : atteinte à la défense nationale, attentat ou complot contre l’autorité de l’état, constitution de bandes armées, direction ou participation à un mouvement insurrectionnel, trouble à l’ordre public, rébellion, coalition de fonctionnaires, usurpation de fonction, tribalisme et xénophobie. Le Front Populaire Ivoirien note que la qualité des personnalités concernées, le choix de la cour d’assises pour les juger et le contexte de ce procès montrent qu’il s’agit d’un procès politique. C’est une illustration de plus de la justice des vainqueurs [à] l’œuvre en Côte d’Ivoire et à La Haye depuis le 11 avril 2011. Le régime Ouattara veut faire passer les victimes pour des bourreaux pour se donner une légitimité ; les personnalités concernées par ce procès sont, en effet, toutes d’anciens collaborateurs du Président Laurent Gbagbo et des citoyens qui subissent un harcèlement juridique depuis bientôt quatre ans pour leurs choix politiques lors de la crise post-électorale de 2010-2011. Il s’agit, en réalité, d’une manœuvre destinée à écarter par des artifices judiciaires, des adversaires politiques de poids, comme l’atteste la présence sur la liste des personnalités à comparaître des trois premiers responsables du FPI, le principal parti de l’opposition, de la présidente de l’URD et du président du P.P.C.I, deux partis et un mouvement en alliance avec le FPI. En choisissant, par ailleurs, de les traduire devant la cour d’assises, le nouveau régime ivoirien veut les faire passer pour de grands criminels afin de les priver de tout droit politique pour se retrouver sans une opposition significative en face de lui. En engageant ce procès maintenant, le régime ouattara veut enfin décapiter et museler l’opposition à l’approche des échéances électorales de 2015 et, au-delà de ces élections, il veut faire reculer la Côte d’Ivoire au temps du parti unique. Estimant qu’il a d’ores et déjà « neutralisé » les autres partis membres du Rhdp (la coalition au pouvoir) au profit de son parti, le RDR, il entend à présent parachever son œuvre de fragilisation du FPI et de toute l’opposition ; le Front Populaire Ivoirien ne peut pas l’accepter, il ne peut assister sans réagir à la destruction de tout l’édifice démocratique que le peuple ivoirien a construit avec rigueur et constance depuis 1990. Il condamne ces manœuvres politico-judiciaires qui n’honorent pas la justice ivoirienne et entrainent une régression des droits politiques des citoyens en Côte d’Ivoire ; le FPI exprime son soutien total à toutes les personnes concernées par ce procès en cour d’assises, à leurs avocats et à leurs familles. Il les assure que, convaincus de leur innocence, la direction et tous les militants du parti se tiennent à leurs côtés car on veut leur faire payer le choix de la démocratie, de la liberté et de la souveraineté opéré par le peuple de Côte d’Ivoire ; le front Populaire Ivoirien estime que l’impérieuse nécessité de la réconciliation nationale, qui passe par la libération du Président Laurent Gbagbo et son retour en Côte d’Ivoire, exige que ce procès en assises n’ait pas lieu. Il est plutôt temps d’engager un véritable processus de « justice transitionnelle » pour permettre au peuple ivoirien de rebâtir la paix dans les cœurs et dans le pays ; le front Populaire Ivoirien en appelle notamment à la responsabilité de la Communauté internationale dans l’évolution de la situation politique en Côte d’Ivoire et prend à témoin l’Onuci et les représentations diplomatiques sur les risques que cette décision du pouvoir de traduire ses opposants en cour d’assises fait peser sur le dialogue politique, la réconciliation nationale et le processus de paix ; Enfin le Front Populaire Ivoirien demande à ses militants de demeurer vigilants, mobilisés et à l’écoute des mots d’ordre du parti. A travers ce procès que le régime Ouattara veut faire, c’est l’avenir du FPI qui est en jeu, c’est l’avenir de la démocratie qui est en jeu, c’est l’avenir de la Côte d’Ivoire qui se joue
Fait à Abidjan, le vendredi 10 octobre 2014

Pour le Fpi, la Secrétaire Générale Agnès Monnet, Porte-parole du parti

Source : Notre Voie n° 4837, 13 oct. 2014
(via Civox.net, 14 oct. 2014)

L’organisation LIDER dénonce la violation récurrente des droits des populations ivoiriennes

Communiqué relatif à l’arrestation puis à la libération des dirigeants de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire

C’est avec regret que LIDER a appris ce jour l’arrestation, puis la libération arbitraires des principaux dirigeants de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire, dont M. Samba David, alors qu’ils s’apprêtaient à manifester contre l’impunité et l’injustice en Côte d’Ivoire.

LIDER souligne que cette arrestation n’a pas permis l’activité prévue par cette coalition.

LIDER rappelle qu’il s’agit là d’une enfreinte aux droits constitutionnels de citoyens qui s’indignent des actes illégaux récurrents des hommes et des femmes qui gèrent l’Etat de Côte d’Ivoire.

LIDER attire l’attention de l’opinion sur la violation récurrente des droits des populations ivoiriennes :

  • Certaines réunions et manifestations de l’opposition et de la société civile sont interdites ou réprimées et leurs animateurs sont menacés, molestés, arrêtés ou emprisonnés ;
  • Les partis de l’opposition n’ont aucun accès aux médias publics, contrairement à l’article 20 de la loi n° 93-668 du 9 août 1993 relative aux partis et groupements politiques qui dispose : «Les Partis ou Groupements politiques régulièrement déclarés ont accès aux organes d’Etat de presse écrite, parlée et télévisée pour la couverture de leurs manifestations statutaires, ou pour leur propagande électorale, et dans le cadre de la retransmission des débats à l’Assemblée nationale ou des tables rondes et débats à caractère politique auxquels ils participent».
  • De nombreuses victimes de la longue crise ivoirienne demeurent sans recours ni réparations.
    Ce comportement du gouvernement à un an des élections est d’autant plus alarmant qu’un grand nombre de personnes sont emprisonnées sans procès depuis l’accession de M. Ouattara au pouvoir.

LIDER s’inquiète que l’injustice et l’arbitraire soient devenus les seuls juges de l’opposition et de la société civile ivoiriennes.

LIDER exige le respect des droits constitutionnels et des libertés fondamentales des populations de Côte d’Ivoire.

LIDER exprime son soutien à la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire.

Restons mobilisés.

Mamadou Koulibaly
Président de LIDER – Liberté et Démocratie pour la République
Abidjan, le 13 octobre 2014

Retour d’exil de la mère du Président Gbagbo

Source La Depeche d AbidjanGado Marguerite, la mère du Président Laurent Gbagbo, est revenue le 12 octobre 2014 en Côte d’Ivoire après plus de trois ans d’exil au Ghana.

Dans le souci de préserver la tranquillité de Gado Marguerite, sa famille a communiqué :

« La grande famille Gbagbo Koudou a accueilli avec responsabilité, dignité et dans la sérénité le dimanche 12 octobre 2014, sa matriarche, Mère et Grand-Mère Gado Marguerite, Mère du Président Laurent Gbagbo après plus de 3 ans d’exil au Ghana. Ce retour a été motivé par le choix de ses enfants de lui permettre de vivre à nouveau dans l’unique milieu qu’elle ait jamais connu. La famille se réjouit de son état de santé satisfaisant malgré son âge très avancé.

Cet évènement est à caractère strictement familial et privé ; en conséquence la famille ne souhaite aucune interférence ou ingérence étatique, mondaine ou publique autour de ce retour. Maman Gado a simplement exprimé le désir de se reposer dans sa famille. »

Yobo Gossé Henri, porte parole de la famille

Abidjan : libération des manifestants arrêtés le 13 octobre 2014

Soulagement : libération de Samba David et de ses compagnons de lutte en soirée !

DERNIÈRE HEURE
« 21h23, le coordonnateur de la coalition des Indigné De Cote D’ivoire ainsi que les trois autres camarades arrêtés ce matin viennent d’être libérés après toute la pression médiatique (…) »
Informations détaillées sur Contrepoids, 13 oct. 2014.

Retour sur les faits :
Ouattara libère Samba David et ses collaborateurs en catimini, après les avoir arrêtés et battus
Blog de Alain Doh Bi, 14 oct. 2014
http://lafriquepuissancemondiale2050.ivoire-blog.com/archive/2014/10/14/ouattara-libere-samba-david-et-ses-collaborateurs-en-catimin-451563.html

 

Alerte répression !

– A Yopougon (Abidjan), répression de la marche pacifique initiée le 13 octobre 2014 par la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire pour réclamer « Justice pour tous » : interpellation violente et arrestation de plusieurs participants.
http://lebandama.com/content/marche-contre-l%E2%80%99impunite-en-c%C3%B4te-d%E2%80%99ivoire-samba-david-et-quatre-autres-personnes-arretes

Douze personnes enlevées par les hommes de l’ex-commandant de zone Koné Zakaria et jetées en prison le 10 octobre 2014 :
http://lafriquepuissancemondiale2050.ivoire-blog.com/archive/2014/10/12/attaque-du-camp-d-akouedo-identite-des-12-hommes-enleves-et-jete-451446.html

Côte d’Ivoire : le vrai visage de la prétendue normalisation

Par Anderson Diédri

Affaire Kili, persécution du Fpi, etc.
Les victimes de la méchanceté de Ouattara s’accumulent

La situation que vivent le président Affi N’Guessan et sa compagne n’est que le prolongement de la politique de terreur installée par le régime actuel depuis plus de trois ans pour anéantir le Fpi et les pro-Gbagbo.
Depuis son installation à la tête de la Côte d’Ivoire, le chef de l’Etat n’a prôné qu’une politique d’anéantissement de l’opposition pro-Gbagbo. Et l’expulsion d’Angéline Kili, compagne du président du Front populaire ivoirien (Fpi), de son domicile mercredi, n’est que la face visible d’un iceberg géant ou d’une « machine à tuer à petit feu » les pro-Gbagbo. Puisque cette situation déplorable est survenue du fait de « l’insolvabilité » du couple. Le président du Fpi, actuellement en tournée politique, n’aurait certainement pas vécu une telle humiliation si son domicile de la Riviera-palmeraie n’avait pas été pillé de fond en comble par les pro-Ouattara pendant la crise postélectorale et surtout si ses avoirs n’avaient pas été gelés. Contrairement au président Gbagbo, qui malgré l’agression de son pouvoir par la rébellion armée alliée à l’opposition d’alors, versait les rentes à Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, comme il l’a révélé dans le livre du journaliste français François Mattéi, «Pour la vérité et la justice», l’actuel régime, lui, a choisi une approche plus barbare dans ses rapports avec son opposition. Il a quasiment érigé en programme de gouvernement l’anéantissement du parti de Gbagbo. Ainsi, les avoirs de la quasi totalité des cadres du Fpi ont été gelés, des milliers d’entre eux sont maintenus en exil et des centaines d’autres y compris les militants les plus anonymes sont injustement détenus dans les prisons du pays où ils vivent un enfer indescriptible. Gomont Diagou, Bohoun Bouabré, Gnan Raymond, Mahan Gahé… ont déjà fait les frais de cette politique.
En plus du gel individuel des avoirs de nombreux cadres, le financement public des partis institué par Gbagbo n’est plus versé au Fpi depuis l’accession de Ouattara au pouvoir. Pourtant, sous Gbagbo (dont l’ambition était de favoriser l’ancrage démocratique, idéal pour lequel il s’est particulièrement battu sous le parti unique), des partis comme le RDR de l’actuel chef de l’Etat ou le Pdci de Bédié percevaient une subvention annuelle de 800 millions de francs Cfa. Alors qu’il en a profité sous Gbagbo, Ouattara a bloqué le versement des rentes et indemnités dues aux anciens chefs d’institutions ou élus. Affi N’Guessan qui a été Premier ministre devrait logiquement bénéficier de ces avantages prévus par la loi. Ce n’est malheureusement pas le cas. Le régime a décidé de le maintenir (à l’instar de nombreux proches de Gbagbo) dans le dénuement dans sa logique de persécution de l’opposition et d’étouffement de toute voix discordante qui ne s’aligne pas sur la pensée unique qu’il veut imposer aux Ivoiriens.

Jusqu’où ira Ouattara ?
Mais le cas d’Affi est certes plus médiatique à cause des fonctions qu’il a occupées et qu’il occupe. Sinon, cette cynique politique touche de nombreux pro-Gbagbo que le pouvoir d’Abidjan tue dans le silence. Soit parce qu’ils ont perdu leurs emplois à cause du rattrapage ethnique ou ne peuvent pas travailler parce qu’ils sont embastillés ou que leurs avoirs sont gelés, leurs familles vivent dans la misère, leurs enfants ne peuvent plus aller à l’école… Du sadisme politique. Les gestes d’apaisement annoncés et la réconciliation régulièrement rabâchée ne sont que des professions de foi démagogiques ; le régime refuse toujours d’instaurer un état de droit susceptible de favoriser l’expression démocratique. Mais jusqu’à quand le camp Ouattara va-t-il poursuivre dans cette voie suicidaire et chaotique ?

In : Le Nouveau Courrier n° 1128, 10 oct. 2014, p. 5

(Surtitre de la Rédaction)

Audience CPI / Charles Blé Goudé : retransmissions

Vidéo de l’intervention de Charles Blé Goudé le 2 octobre 2014 :


Extraits retranscrits de l’intervention de Charles Blé Goudé (via le Blog de Alain Doh Bi) :

CHARLES BLE GOUDE :
(…) « Madame la présidente, Mesdames les juges,
-Pour le respect de la mémoire des victimes décédées ;
-Pour panser les meurtrissures physiques et morales des victimes blessées, mais aussi, pour apaiser la douleur de leurs familles, il aurait été salutaire que soit située la responsabilité de tous les principaux acteurs de la scène politique ivoirienne, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition. Hélas ! »
« Après avoir écouté la procureure, elle qui estime que j’ai utilisé mon art oratoire pour imputer la responsabilité des crimes au camp Ouattara, je ne me fais plus d’illusion : elle ne les poursuivra pas puisqu’elle les considère comme des victimes. »
« Tout le temps que je suis resté assis ici pendant des jours, à écouter le réquisitoire de la procureure, qui s’est résumé à un assemblage de bouts de vidéos, des fragments de discours hors contexte savamment sélectionnés et de commentaires tendancieux, dans une vaine tentative d’accréditer une accusation aussi boiteuse que ridicule ; je suis hélas, resté sur ma faim ! »
« S’il y a une seule chose que la procureure a réussie, c’est d’avoir achevé de me convaincre que mon arrivée à la CPI, résulte d’une loterie judiciaire ; manque de chance, la procureure a parié sur le mauvais cheval, sinon ceux qui devraient être ici, dans le box des suspects sont encore en liberté en CI. Et cela est injuste. C’est pourquoi, je voudrais m’interroger avec vous, madame la présidente: QUEL MONDE VOULONS-NOUS BÂTIR ? » (suite…)

Lire et voir 2014-10

Laurent Gbagbo, le droit à la différence. Nicoletta Fagiolo

Part. 1 (10 sept. 2014) : Presidential election in Ivory Coast November 2010. [Vidéo, 45 mn]
https://www.youtube.com/watch?v=xwDLCb2UkXE

Part. 2  (20 sept. 2014) : Presidential elections in Ivory Coast November 2010. [Vidéo, 45 mn]
http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=-_gvhoG0lu8

L’ONG « SOPCI » découvre l’étendue de la misère des prisonniers politiques ivoiriens

Par Le nouveau Courrier

Une délégation de l’ONG Soutien aux prisonniers de Côte d’Ivoire (SOPCI), conduite par son président national, Yohou Zahui Herman, a touché du doigt, le 26 septembre dernier, les conditions de détention des détenus politiques qui ont favorisé leur entrée en grève de la faim. Le Nouveau Courrier a eu copie de son rapport.

Bien que les prisonniers politiques grévistes ont suspendu leur mot d’ordre de grève du 22 au 25 septembre 2014, la délégation de l’ONG Soutien aux prisonniers de Côte d’Ivoire (SOPCI), conduite par son Président National M. Yohou Zahui Herman a rendu visite à ce jour du 26 septembre 2014 aux grévistes politiques incarcérés dans le souci de s’imprégner du motif qui les met en désaccord avec la nourriture pénale. Ce préavis de grève a fait beaucoup de victimes dont 84 cas sur 370 grévistes dans un état grave et alarmant. SOPCI a rencontré les deux camps respectifs, celui de l’administration et des grévistes ; les incarcérés politiques ne veulent plus supporter la façon dont le gouvernement traite leur situation d’incarcération ; raison pour laquelle, ils expriment leur mécontentement à travers une grève de la faim pour se faire entendre. Selon l’information des grévistes : ils évoquent cinq points focaux dont :
La durée de détention préventive (sans jugement), les mauvaises conditions de détention et de vie, la dislocation des familles, la non-scolarisation de leurs enfants et la suspension des soldes pour certains. Fort de cela, aucun dossier ne bénéfic[i]e d’un jugement équitable durant [c]es trois années passées de détention et ces dossiers jonchent les cabinets d’instruction sous une haute surveillance. Aucun juge d’instruction chargé des dossiers Pro-Gbagbo ne peut se prononcer de peur d’être radié ou sanctionné. Ce qui provoque un grand émoi dans le camp des prisonniers politiques qui sont laissés pour compte. En outre, ces bagnards vivent dans une situation d’insalubrité et d’insécurité et ils indexent des surveillants pénitentiaires (FRCI) d’empêcher la visite des familles, amis et connaissances ; la confiscation ou le détournement de leurs vivres ou non vivres au détriment des FRCI, est l’un des problèmes crucia[ux] évoqués par les grévistes. Plus vexant, la violence fait partie des quotidiens devant leurs cellules de punition par les FRCI. Selon le témoignage du régisseur : un prisonnier politique a été blessé sur ses lèvres avec un coup de cross[e] de fusil par un FRCI véreux nommé Traoré Kassoum dit la machine.

La question reste pendante
Quelle a été alors la réaction de l’autorité judiciaire et pénitentiaire face à un tel acte ignoble ? Selon l’information des grévistes : la non-scolarisation de leurs enfants reste un problème le plus déplorable et la famille ne cesse de pleurer sur sa couchette nuit et jour, car la solde de leurs parents incarcérés est toujours verrouillée depuis le délai d’incarcération ; alors que leurs enfants doivent continuer leur[s] cursus scolaires comme tout autre élève. Voici de façon succincte la raison évoquée de leur grève de la faim. Au cours de la grève, les autorités judiciaires (procureur du plateau et celui de Yopougon) sont venues les soutenir en les rassurant de la résolution de leurs problèmes dans les jours à venir. C’est ainsi que le mot d’ordre a été suspendu temporairement. Un cas d’urgence a été signalé à notre délégation, celui d’une femme libérienne gréviste du nom d’Aminata Patience Tha Behon, âgée environ de 45 ans et détenue parmi les prisonniers politiques. Selon l’information recueillie : cette dame a été interpellée au cours d’un ratissage des FRCI après l’attaque de Tabou par les inconnus ; jusqu’à ce jour, elle ne connaît pas le motif de son incarcération. Chose étonnante, son dossier se trouve entre deux cabinets d’instructions ; celui du 8e cabinet et 9e ; le 9e cabinet après instruction, lui a accordé une liberté provisoire et le second cabinet l’a maintenu pour une nécessité d’enquête. Est-ce que la justice ivoirienne a […] une main libre pour instruire un dossier d’un prisonnier politique ?
SOPCI interpelle le gouvernement d’être indulgent pour libérer tous les prisonniers politiques pour une vraie réconciliation et un bon déroulement des élections 2015.
SOPCI interpelle tous les défenseurs des droits de l’homme à oeuvrer dans le même sens pour la libération des prisonniers politiques.
SOPCI attire l’attention des ambassadeurs vivant en Côte d’Ivoire et la division des droits de l’homme à continuer d’intervenir auprès du gouvernement sur le cas des prisonniers politiques
SOPCI demande à la justice ivoirienne de libérer le plus rapidement possible cette femme libérienne, innocente dans la survenance de la situation socio-politique ivoirienne.

Président National du SOPCI
Yohou Zahui Herman
Observateur des droits de l’homme et des peuples auprès de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) de l’Union Africaine (UA)

Source  : Le Nouveau Courrier n° 1121, 1er oct. 2014
(Surtitre de la Rédaction)