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Archives de l'année 2015

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Les associations et mouvements progressistes contre le projet de déchéance de la nationalité française pour les binationaux

Appel unitaire et pétition :

« Pour nous, c’est définitivement non !
Non au projet de déchéance de la nationalité, non à une démocratie sous état d’urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l’effroi légitime suscité par les attentats.

Nous n’acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels.

Notre rejet est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester. »

Pour signer :

http://www.nousnecederonspas.org/

 

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LIbération de plusieurs détenus politiques

Voici une nouvelle qui fait chaud au coeur : des amis ont annoncé sur les réseaux sociaux la libération de plusieurs prisonniers politiques, dont Sébastien Dano Djédjé.

Pour plus d’informations, consulter la page Facebook de l’Association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire (Affdo-ci) :
https://www.facebook.com/collectif.desfemmes

 

 

Les nouvelles des nôtres dans les prisons de Ouattara

Interview de Désirée Douati
par Cyrille Djedjed, pour l’Inter

L’ex détenue politique Désirée Douati, présidente et porte-parole de l’association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire (Affdo-ci) revient une fois encore à la charge. Dans cette interview, elle demande tout simplement à Alassane Ouattara de libérer les prisonniers politiques, pour la dignité humaine.

INTER : Mme la présidente, comment réagissez-vous au décès du prisonnier Kouya Gnépa Eric ?
D.Douati : Je vous remercie.
C’est avec beaucoup de tristesse et de désolation que je vous en parle. Le frère Kouya Eric Gnepa est le quatrième parent que nous perdons depuis que les incarcérations arbitraires et les détentions abusives sévissent dans notre pays. Avec ce décès, il y a lieu de penser que le pouvoir tue à petit feu les prisonniers d’opinion. (suite…)

Guillaume Soro au coeur de plusieurs affaires : analyse

Réécouter le débat entre Maître Habiba Touré, Pierre Soumarey et Théophile Kouamouo
Sur :
– La plainte de Michel Gbagbo
– Les conversations téléphoniques entre Guillaume Soro et Djibril Bassolé

Dans l’émission « Twittafrica », d’Ovajab Radio (10/12/2015) :

https://soundcloud.com/ovajab_media_llc/ovajab-radio-sorogate-10-12-2015

Compléter avec l’interview de Maître Habiba Touré par Mathieu Bouabré
Dans l’émission : « Diaspolitik« , Washington (12/12/2015), sur Afrique2050.com :
« Me Habiba Touré – Le rebelle… Soro est si peu courageux pour affronter la justice » (mise en ligne le 13/12/2015 par Jacquesrogershow inter).

https://youtu.be/HL4y-whGs2I

 

 

En Côte d’Ivoire, 230 prisonniers sont détenus au secret

Visite à la famille de David SAMBA, Président des Indignés de Côte d’Ivoire, détenu au secret

Correspondance

Les Fédérations FPI et JFPI de Yopougon et le Secrétaire National en charge des prisonniers politiques Michel Gbagbo ont accompagné ce samedi 12 décembre 2015 dans la matinée Monsieur le Maire de Ouaragahio, le Camarade Secrétaire National Pierre Dacoury-Tabley pour une visite de haute portée symbolique. La délégation a en effet rendu visite à Yopougon à la famille de Monsieur Samba David, Président des Indignés de Côte d’Ivoire, détenu d’opinion en un endroit tenu secret par les autorités ivoiriennes.

Depuis plusieurs mois, Monsieur Samba David est venu grossir le lot des ‘’prisonniers fantômes’’ à Abidjan. Evalués à près de 230 personnes à ce jour, les prisonniers fantômes sont des personnes emprisonnées dans des centres de détention de manière anonyme et clandestine. Ils sont enregistrés par l’administration judiciaire. Ils ont été présentés à un juge qui les a inculpés. Leur statut est cependant extrajudiciaire. Ils sont dans des centres de détention clandestins ou dans des centres administratifs (tel que la DST) dont la vocation n’est pas de garder des prisonniers. Jusqu’à ce jour, nul ne sait, y compris la famille et les avocats, si Monsieur Samba David, Président des Indignés de Côte d’Ivoire est encore en vie.

Une somme de cent mille francs a été offerte par Monsieur le Maire de Ouragahio à la famille afin, a-t-il dit, d’essuyer ses larmes, en attendant le retour du prisonnier du pouvoir d’Abidjan. Depuis son accession à la magistrature suprême en Côte d’Ivoire en 2011 suite à un conflit armé, Monsieur Alassane Ouattara, le Chef de l’Etat, s’est illustré par un exercice autoritaire du pouvoir n’hésitant pas à violer toutes les lois nationales et internationales en vigueur en matière d’arrestation et de détention d’opposants. Près de 400 autres prisonniers politiques croupissent toujours depuis des années dans les geôles ivoiriennes dont quatre sont déjà morts suite à des tortures subies à la DST notamment.

(Titre et surtitre de la Rédaction)

Communiqué de Maître Habiba Touré, avocate de Michel Gbagbo

COMMUNIQUE DE PRESSE

PARIS, le 9 Décembre 2015 – Mensonge ! Mensonge ! Mensonge ! Quand le mensonge s’érige en moyen de défense, c’est que le Défendeur craint la vérité !

Dans le cadre de la plainte pour enlèvement, séquestration et traitements inhumains et dégradants, portée par Michel GBAGBO en France, Monsieur Guillaume SORO a par l’intermédiaire de ses Conseils, indiqué qu’un mandat d’amener a été délivré à son encontre. (suite…)

Guillaume Soro devra rendre compte

L’ancien chef des troupes putschistes (dites « rebelles ») devenu président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire fait aujourd’hui l’objet en France d’un mandat d’amener suite à ses refus répétés de répondre aux questions de la Juge Sabine Khéris sur son implication dans l’enlèvement et la séquestration, accompagnés de traitements inhumains et dégradants, de Michel Gbagbo.
Rappelons que, depuis la tentative de coup d’état du 19 septembre 2002, ces bandes armées et leurs « commandants de zones » se sont rendues coupables d’innombrables exactions, en particulier dans l’Ouest du pays. Au demeurant, la CPI a fait connaître son intention de faire remonter ses enquêtes sur les évènements ayant endeuillé la Côte d’Ivoire à l’année 2002.

 

Une nouvelle victime du régime de Ouattara

Eric Gnepa Kouya vient de quitter ce monde à la MACA (prison d’Abidjan) où il avait été enfermé après des tortures à l’origine d’une dégradation rapide de son état de santé.

http://afrikanews.over-blog.com/2015/12/cote-divoire-encore-un-prisonnier-politique-pro-gbagbo-meurt-a-la-maca.html

Il est urgent, très urgent, que le monde se soucie du sort des prisonniers de Ouattara !

Pour plus d’informations, on peut aussi se connecter au compte Facebook de l’Association des Femmes et Familles des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire (AFFDO-CI) à qui nous faisons part de toute notre affliction : https://www.facebook.com/collectif.desfemmes

Une bonne nouvelle : la remise en liberté de Raphaël Dogo

Raphaël Dogo était, sous la présidence de Laurent Gbagbo, Secrétaire d’Etat chargé des handicapés et Président de la Fédération des associations des handicapés de Côte d’Ivoire.
Les conditions de son arrestation en novembre 2014 :
Qui s’inquiète des disparitions et détentions arbitraires auxquelles se livre la DST ivoirienne ?
Nous nous réjouissons de savoir qu’une décision de remise en liberté vient d’être prise à son sujet. Selon plusieurs sources, il aurait été condamné à une « peine » d’emprisonnement d’une durée équivalente à celle de la détention qu’il a déjà subie.

Michel Gbagbo parle de son père, Laurent Gbagbo

« Laurent Gbagbo, c’est l’histoire d’une quête de souveraineté »

http://www.lesamisdelaurentgbagbo.com/actualite-199-michel-gbagbo-parle-de-son-pere-laurent-gbagbo-lhistoire-dune-quete-de-souverainete.html

La France ne doit pas recevoir Guillaume Soro (PCF)

Par le Parti Communiste Français

Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et ex-seigneur de guerre, s’est rendu en Grande-Bretagne et projette de venir en France.

Guillaume Soro Photo Aujourd hui

Guillaume Soro

En plus des exactions commises par son armée qui mériteraient des poursuites devant la justice, qu’elle soit nationale ou internationale, Guillaume Soro est sous le coup d’une plainte déposée par Michel Gbagbo, ressortissant franco-ivoirien et fils de l’ancien président de Côte d’Ivoire, « pour enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants ». Après que le pouvoir d’Alassane Ouattara ait empêché illégalement Michel Gbagbo de sortir de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro s’est plusieurs fois dérobé à la justice française qui veut l’entendre.

Plus grave encore : dans une conversation téléphonique « fuitée » accessible sur internet et présumée avec l’ancien ministre de l’Intérieur burkinabé Djibril Bassolé, aujourd’hui en détention préventive, on entendrait Guillaume Soro proposer une aide à la fois financière et logistique en vue de faire réussir le coup d’Etat de Gilbert Diendéré à Ouagadougou en septembre dernier. Rappelons que l’Union africaine avait qualifié de « terroristes » les auteurs de ce coup d’Etat, appréciation que partage le PCF.

On entend également dans ce document sonore la même voix revendiquer les assassinats de l’ancien ministre de l’Intérieur de Laurent Gbagbo, Désiré Tagro, et d’Ibrahim Coulibaly dit « IB », qui le concurrençait au sein de la rébellion pro-Ouattara. Dans cette conversation enregistrée on l’entend aussi proposer l’assassinat du président actuel du Conseil national de la transition du Burkina Faso, Cheriff Sy.

Le PCF indigné par ces propos inqualifiables espère que les tribunaux burkinabé et ivoirien ainsi que la Cour Africaine des droits de l’Homme et des Peuples se saisiront de ces documents en vue de procéder aux investigations et poursuites appropriées. Le PCF partage l’exigence qui commence à se faire jour d’une enquête internationale à ce sujet, en Côte d’Ivoire notamment. Il est à noter d’ailleurs que Guillaume Soro est d’ores et déjà dans le «collimateur» de la justice burkinabé et qu’il a fait l’objet récemment d’une perquisition à son domicile de Ouagadougou.

Qui protège monsieur Soro ? Depuis une quinzaine d’années, son nom est évoqué à de nombreuses reprises dans des affaires criminelles et délictueuses. Comme celle du casse de 2003 des agences de le Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) du nord de la Cote d’Ivoire. Rappelons que la BCEAO est l’institution d’émission du franc CFA, monnaie sous contrôle de la Banque de France et de la BCE.

Dans ce contexte le PCF appelle les pouvoirs publics français et/ou des personnalités publiques à ne pas recevoir Guillaume Soro qui est le représentant d’une des branches les plus sanglantes du pouvoir Ouattara. Rappelons que, parmi d’autres manquements aux droits humains et à l’État de droit, ce pouvoir continue à détenir dans ses geôles des centaines de prisonniers politiques.

Il faut au contraire faire tout ce qui est possible pour qu’il puisse être entendu par la justice française au sujet de l’affaire « Michel Gbagbo ».

In : www.pcf.fr, 26 nov. 2015

Entretien avec Michel Gbagbo (La Croix)

Michel Gbagbo, fils de…

Par Laurent Larcher, à Abidjan

Extraits :

(…)
Arrêté avec son père, en avril 2011, ­Michel Gbagbo a été libéré en août 2013. Depuis l’an dernier, il donne des cours de criminologie à l’Université d’Abidjan. Auteur d’une thèse sur la psychopathologie de la vie sociale, il s’est spécialisé dans la criminologie clinique et dans la prise en charge des patients psychologiquement dangereux.

Dans un pays qui compte moins d’une quarantaine de psychiatres, le terrain est en friche. « Les solidarités traditionnelles sont remises en question par la compétitivité, la performance individuelle et la dérégulation du marché. Dans ce contexte, l’intégration des personnes ayant souffert d’une pathologie mentale est un défi », analyse-t-il.

Un métier de professeur
Avec un statut de maître assistant, il doit assurer 200 heures de cours par an et touche 700 000 FCFA (environ 1 070 €) par mois. Il dit n’avoir aucun avantage particulier. Il est toléré par l’administration universitaire et semble plutôt apprécié par ses étudiants. « Je fais cours dans un amphi de 400 étudiants. Il est toujours plein. Je suis un peu une curiosité. À la fin de mes cours, certains s’approchent pour se prendre en photo avec moi. Je ne refuse pas. Je sais qu’à travers moi, c’est mon père qu’ils voient. C’est comme ça. »

Entre ses cours, il écrit des essais sur la folie et la criminologie. Le dernier en date Quelle place pour les fous guéris ? a été publié cette année chez L’Harmattan, à Paris. Un livre dans lequel il synthétise la problématique de la réinsertion à Abidjan des personnes ayant souffert de troubles mentaux. Avant son incarcération, il publiait même de la poésie comme Les Souillons en 2010 ou Confidences en 2006.

Il lui est interdit de quitter la Côte d’Ivoire. Sa femme et ses enfants vivent en exil au Ghana. Et sa mère, à Lyon. « Ne pas voir ma famille, ne pas vivre avec elle, c’est le plus dur. Depuis ma libération, ma femme a obtenu à deux ou trois reprises un visa de quelques jours pour venir ici. Ce n’est pas beaucoup. »

Des relations distantes avec la politique
La politique ? Il n’y a pas renoncé. Socialiste, il souhaite voir le retour au pouvoir du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de son père. Y croit-il et le souhaite-t-il vraiment ? Ce n’est pas sûr. Du temps de son père président, il n’a jamais occupé un poste clé dans le système Gbagbo.

Depuis que Laurent Gbagbo est en prison, le fils apparaît, à une partie de ses partisans, comme l’héritier du roi déchu. Mais il semble peu intéressé par cette tâche. A priori, il n’est pas de la même facture qu’un Joseph Kabila, un Karim Wade ou un Ali Bongo, ces fils de présidents africains habités par l’impérieux désir du pouvoir.

En revanche, il se mobilise pour défendre les partisans de son père toujours emprisonnés. « Les arrestations sont brutales, les conditions de détention précaires et barbares », dit-il. Ancien prisonnier des forces pro-Ouattara, il en sait quelque chose. Les images de son arrestation, de ses humiliations ont fait le tour du monde. Cette expérience l’a profondément marqué. « Pourtant, souligne-t-il, j’ai eu de la chance. Comme fils de mon père, j’ai trouvé des gens qui m’ont aidé pendant ma détention, qui m’ont apporté de la nourriture, des médicaments et des livres. Mais j’étais une exception. »

Michel Gbagbo rallume une cigarette, parle de son catholicisme : « Je pense que je dois la vie aux prêtres qui sont rapidement venus me rendre visite dès le début de ma détention. Ils m’ont protégé des plus violents. » (…)

Lire l’article complet :
http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Afrique/Michel-Gbagbo-fils-de-2015-11-23-1383650

In : La Croix, 23 nov. 2015

Convocations répétitives du juge français à Soro : d’inévitables et sérieux dégâts politico-judiciaires en suspens !

Contribution de Tchedjougou Ouattara
(Facebook)

A l’écouter décider péremptoirement de l’issue de la vie de certaines personnes nommément désigné[e]s dans son échange téléphonique litigieux avec Djibril BASSOLE, on se représenterait un invincible et intemporel Soro Kigbafori Guillaume, détenteur exclusif du droit de vie ou de mort sur tous ses semblables ici bas…
Le monde entier a toutefois intégré que l’homme a fièrement revendiqué son statut de rebelle ayant été capable de lever une rébellion ayant vocation principale à évincer Laurent GBAGBO et son FPI du pouvoir, dès le 19 septembre 2002…
Mais, les choses n’ayant pas fonctionné comme « Pourquoi Je suis devenu Rebelle » et ses partenaires endogènes et exogènes les avaient planifiées, il eut fallu attendre l’occurrence des élections du 28 novembre 2010, pour que ses hommes à lui Soro, achevassent le boulot le 11 avril 2011…

Et c’est justement en raison des graves atteintes à l’intégrité physique infligées par les hommes sous son autorité à Michel GBAGBO qui n’avait trouvé refuge qu’auprès de son père, occupant constitutionnel de l’immeuble de la Présidence de la République, ce 11 avril 2011, et pendant sa détention à Bouna, que la responsabilité pénale de SORO Kigbafori Guillaume est, à bon droit, recherchée. (suite…)

Guillaume Soro de nouveau convoqué par la Justice française

La Juge Sabine Khéris en charge de la plainte déposée par Michel Gbagbo pour « Enlèvement, Séquestration et Traitements inhumains et dégradants » a convoqué une nouvelle fois, pour le 24 novembre, Guillaume Soro.
La fois précédente, ce dernier avait invoqué le contexte de l’élection présidentielle pour demander un report de l’audition.

Prisonniers d’un chef d’état

Scandale : prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, les otages de la haine d’un homme.

Vont-ils être libérés au nom de la réconciliation nationale ? En Côte d’Ivoire, ces questions sont posées depuis cinq ans. Elles dépassent, à l’évidence, les juges qui ne s’en préoccupent guère. Parce que, de toute façon, un seul homme tient la vie de ces centaines de prisonniers qui croupissent à la Maca. Être l’otage d’un chef de l’état, c’est en Côte d’Ivoire qu’une telle histoire s’écrit.

Surtout, il ne faut pas écrire que Ouattara est un dictateur.
Des convocations suivront de la part des hagiographes qui fonctionnent, à bien y regarder, comme une sorte de milice administrative. Car jamais président n’aura autant mis ses contemporains en prison tout en gardant l’image d’un démocrate. Une image surfaite, évidemment, mais qu’il ne faut surtout pas écorner.
Pourtant, ce qui se passe derrière les grands murs de la maison d’arrêt et de correction se passe de commentaire.
Certes, aujourd’hui, les tortures physiques ont fait la place à la torture morale.
Parce que, encore aujourd’hui, l’on peut vous faire changer de prison, vous transférer au camp pénal en particulier ou dans les autres prisons de l’intérieur du pays où l’on a plus de chance de choper des maladies et d’en mourir ensuite, une fois libéré. Tout semble en effet diaboliquement réglé à la perfection. Mais on peut aussi vous détenir au secret, là où personne ne connait.
Condamné à six ans fermes par son juge, David Samba vice-président de la CNC purge sa peine dans un lieu inconnu. Personne ne sait dans quel état il se trouve. L’ancien syndicaliste Basile Mahan Gahé, lui, l’a appris à ses dépens. Revenu du goulag d’Odienné, sa santé s’est rapidement dégradée avant de trépasser à jamais. Pourtant, tout le monde pousse aujourd’hui Alassane Dramane Ouattara à libérer les prisonniers politiques.
Y compris les américains qui ont forcé sa « réélection ».
D’abord parce qu’il n’a pas, à ce jour, condamné un seul de ses chefs de guerre, pourtant épinglés par sa propre commission d’enquête, mais ensuite parce qu’il doit montrer qu’il a une humanité.
Enfin, parce qu’il a réussi à faire déporter l’ancien président ivoirien et qu’il emprisonne également son épouse ; il devrait donc, a priori, être content.
Pourtant, les prisonniers politiques continuent de remplir les prisons. Des prisons surpeuplées comme la sinistre Maca où sont internés environ 400 prisonniers politiques. La plupart d’entre eux n’ont jamais vu un juge. Ou, dans le meilleur des cas, le cabinet ne montre pas d’empressement particulier. Parce qu’au fond, les aveux sur lesquels ils travaillent ont été obtenus sous la torture à les entendre.
Parce que visiblement leurs clients ne sont pas des justiciables comme n’importe quel citoyen. Ce sont les otages d’un chef de l’état. Alors, chacun regarde ailleurs, feint de ne rien voir pour ne pas s’attirer la colère du régime. Peu importe donc les tortures dont beaucoup continuent d’en porter les séquelles.
Il y a quelques jours, le ministre de la justice a, lui, trouvé la meilleure idée de vouloir construire dix nouvelles prisons.
De quoi montrer que personne ne sera libéré et que, de prisonniers politiques, il y en aura encore dans les prochaines cinq années. Certainement pour donner corps au pari insensé du chef de l’état de vider le FPI de sa substance. Et si c’était, en vérité, pour mettre plus de militants du parti de Gbagbo en prison, de sorte que ceux qui voudraient rester en liberté n’auraient plus qu’à le quitter ! Il ne faut jamais rien exclure dans notre pays où le régime a refusé tous les appels, à la fois discrets et publics pour élargir lesdits prisonniers politiques.
Samedi, l’association des Femmes et Familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire leur a rendu une visite à la Maca pour s’enquérir de leurs nouvelles. L’ancien ministre des handicapés Jacques Dogo, lui-même handicapé, a réceptionné les victuailles envoyées à cette occasion. En l’absence des ministres Lida Kouassi et Assoa Adou déportés à Bouaké, dans le sinistre camp pénal, c’est autour de lui que les prisonniers tentent de se réorganiser, ne serait-ce que pour garder le moral.
D’autant plus que les arrestations se poursuivent. Il y a environ une semaine, Eric Kouya Gnapa arrêté à Grabo a été torturé à la DST. Il y a perdu trois orteils, coupés par les hommes de Koné Zakaria.
Selon l’association, la victime est dans un état critique ainsi qu’Alain Durand Zagol qui, lui, a de violents maux de ventre.
Réconfortés, les détenus ont exprimé leurs joies et leurs reconnaissances à leurs épouses et leurs familles. Car en prison, on apprend aussi à se satisfaire du peu.

Aujourd’hui

(Source : Ivoirebusiness.net, 9 nov 2015)