Accueil » Droits de l'homme » Côte d’Ivoire : après l’arrestation d’Assoa Adou, le Mouvement Ivoirien des Droits Humains interpelle les autorités ivoiriennes et les organisations internationales

Côte d’Ivoire : après l’arrestation d’Assoa Adou, le Mouvement Ivoirien des Droits Humains interpelle les autorités ivoiriennes et les organisations internationales

Les faits

Le MIDH a été informé de l’arrestation de Monsieur ASSOA ADOU, ancien ministre, membre de la direction du FPI et Directeur de campagne de Laurent GBAGBO, candidat à la présidence dudit parti, à son domicile dans la soirée du mercredi 07 janvier 2014, aux environs de 20h40. Il serait détenu à la Direction de la surveillance du territoire (DST).
Cette arrestation fait suite à celles de Monsieur LIDA Kouassi, autre cadre influent du FPI et également ancien ministre, et de Jean-Noël KOUADJANE, Magistrat, intervenues dans le courant du mois d’octobre 2014 dans des conditions insuffisamment communiquées au public et aux acteurs nationaux et internationaux et pour dit-on, atteinte à la sûreté de l’Etat.
De plus des personnes proches de l’ancien Premier Ministre, Charles KONAN BANNY, candidat déclaré à la candidature du PDCI, ont été arrêtées pour enrichissement[s] illicites dans le courant du mois de Décembre 2014.
Par ailleurs des activités politiques de certains partis ou acteurs politiques, font l’objet d’interdiction de façon répétitive.

Observations

Le Mouvement Ivoirien des Droits Humains (MIDH) se déclare très préoccupé par ces nombreuses arrestations qui sans aucun doute, ont un effet négatif sur la cohésion sociale, le nécessaire dialogue politique et la réconciliation nationale.
Le MIDH relève avec regret que les motifs réels de ces nombreuses arrestations ou interdictions qui se font au mépris des droits fondamentaux des mis en cause ou des intéressés, ne sont pas clairement exprimés par les autorités administratives, politiques, judiciaires ou de Police. Il s’inquiète de ce que les missions légitimes de sécurisation, de défense nationale et de maintien ou de préservation de l’ordre public, ne soient détournées à des fins politiques, pouvant constituer un frein à l’expression des libertés démocratiques individuelles et collectives.
Le MIDH voudrait insister sur l’obligation qui s’impose aux Pouvoirs publics, de respecter en toute circonstance, les procédures et les droits fondamentaux des citoyens. Aussi, condamne-t-il le recours systématique à l’arrestation, à la détention des leaders et responsables politiques ainsi qu’à l’interdiction de manifestation à caractère politique.

Recommandations

Au regard de ce qui précède et en tenant compte de la fragilité de la situation actuelle, notamment en raison du contexte pré-électoral, le MIDH recommande:
1. au Gouvernement et aux autorités judiciaires :
• d’informer suffisamment la communauté nationale et internationale sur les raisons des arrestations,
• de veiller scrupuleusement aux respects des procédures et des droits des personnes mises en cause,
• de réduire et de mettre fin dans la mesure du possible aux arrestations des leaders politique dans cette période pré-électorale,
• de veiller au respect des libertés individuelles et collectives

2. Aux ONG de défense des Droits humains et à la Communauté internationale :
• de redoubler de vigilance afin de veiller au respect des engagements du Gouvernement en matière de préservation et de protection des Droits humains,
• de soutenir l’Etat dans le cadre du processus de réconciliation et du dialogue politique en vue d’élections libres, transparentes et apaisées en Côte d’Ivoire.

Pour le MIDH
Le Président du Conseil d’administration
Me DOUMBIA Yacouba

Source : Le Nouveau Courrier (en ligne), 12 janvier 2015
(Titre de la Rédaction)

Publicités
janvier 2015
L M M J V S D
« Déc   Fév »
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031