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Depuis la Cour d’Assises d’Abidjan : graves révélations sur le comportement de l’entourage de Ouattara

Audience du mercredi 18 février 2015 : comparution d’Abou Drahamane Sangaré (1er Vice-président du Front Populaire Ivoirien et ancien Ministre d’Etat), Philippe Henry Dacoury-Tabley (ancien Gouverneur de la BCEAO), Martin Sokouri Bohui (Député), Maurice Lohourougnon (ancien Directeur du Développement régional et de l’Aménagement du territoire) et Michel Gbagbo.

Extraits

Abou Drahamane Sangaré :
« Monsieur le président, je ne reconnais pas les faits [atteinte à la sûreté de l’Etat, attentat et complot contre l’autorité de l’Etat, etc.]
Monsieur le président, quand on prend les faits, la question se pose à tous. Puisque tout ce qu’on me reproche c’est d’avoir respecté la loi, d’avoir accepté la loi constitutionnelle (…) »
A propos de la certification des élections par le représentant du Secrétaire général de L’Onuci, Young-Jin Choi :
« En Côte d’Ivoire, le certificateur n’organisait pas les élections. Et dans la certification, il n’est dit nulle part qu’il doit proclamer les résultats. Monsieur Choi devait simplement constater que la CEI était forclose (…) Le certificateur devait attendre que le conseil constitutionnel donne les résultats avant de se prononcer. Donc il n’avait pas ce droit de proclamer les résultats» (…)
On n’a jamais accepté que le président Laurent Gbagbo soit à la place où il est. Il a souffert dans l’opposition. Il a souffert au pouvoir.
Monsieur le président, la crise date de 1990 en Côte d’Ivoire. La crise a commencé en 1990 avec l’intrusion de monsieur Ouattara dans le jeu politique ivoirien.
Monsieur le président, quelqu’un qui gagne les élections et qui demande qu’on recompte les voix, c’est un cas exceptionnel. »

Philippe Henry Dakoury-Tabley :
«Je ne fais pas de la politique. Je ne suis pas un politicien .Je suis un banquier monétariste.
Il ne s’agit pas de la Banque centrale ici. Il s’agit de la politique ivoirienne.
Ce dont vous parlez ici ce n’est pas de la Bceao. Donc je n’ai pas ma place ici.»
Le Juge :
« Après le 2e tour des élections, les chefs d’Etat de la Bceao ont pris une décision qui reconnaissait la signature du président Ouattara. Vous en avez pris connaissance ?
– Oui
– Après cette décision des chefs d’Etat, qu’est-ce que vous avez fait concrètement ? Est-ce que vous êtes allé à l’encontre de cette décision ou vous avez exécuté ?
– Monsieur le président, votre question met encore plus en exergue ce que je viens de dire, je suis comme un cheveu sur la soupe dans ce procès. Le gouvernement de la Bceao bénéficie d’une immunité large et étendue en ce qui concerne les fonctions et les actes qu’il pose dans le cadre de ses responsabilités professionnelles.
Je peux dire dans le cadre de ces responsabilités, je ne peux pas répondre à une question qui a trait à ma carrière professionnelle.
Cette obligation va avec une obligation de réserve même après la cessation de mes fonctions (…) Donc monsieur le président, je peux répondre à cette question devant la Conférence des chefs d’Etat.
Et jusqu’à présent, les chefs d’Etat ne m’ont pas interpellé sur la question.
Je voulais noter, monsieur le président, que lorsque j’ai démissionné, la Conférence des chefs d’Etat a, dans son procès-verbal daté de février, félicité le gouverneur pour le travail abattu pendant 3 années. En trois années, j’ai fait beaucoup et mes successeurs l’ont reconnu.
L’immunité du gouverneur est valable durant sa fonction dans tous les pays de l’Union. L’immunité est valable après sa mission pour les actes posés au cours de sa fonction dans tous les pays de l’Union».

Martin Sokouri Bohui :
«J’étais député au moment des faits et j’ai été arrêté sans que mon immunité ne soit levée. Je proteste.
J’ai fait deux ans et demi de prison en tant que député. (…) Les gens ont pillé ma maison. Mon lit a été retrouvé chez un chef de guerre ! »

Maurice Lohourougnon a contesté les accusations portées contre lui. Il fait partie des personnes qui se sont rendues à l’Hôtel Pergola d’où elles ont été transférées manu militari à Boundiali.

Michel Gbagbo :
«Je ne me reconnais pas dans les faits qui ne sont reprochés.
(…) Au Golf, j’ai pu rencontrer d’éminentes personnalités, puisque j’étais dans la Chambre du président Gbagbo.
J’ai pu m’entretenir avec le ministre d’Etat, ministre de la Justice d’alors, qui est devenu Premier ministre, Monsieur Ahoussou Jeannot. Il m’a dit qu’il m’assure que mes petites soeurs seront bien traitées, qu’il avait lui-même particulièrement procédé aux négociations avec feu le général Guéi Robert et les cadres du Pdci-Rda.
Et qu’en tant que garçon, le garçon de la famille, j’allais faire un minimum de 10 ans de prison, mais que l’essentiel c’est que je sois vivant. (…)
Et après le départ du président Gbagbo et de tous les occupants de la chambre d’hôtel, j’ai reçu la visite de madame le ministre Affoussy Bamba. On a échangé.
Elle m’a informé qu’elle agissait en tant que représentante du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, qu’elle était en charge de la gestion des prisonniers, qu’elle m’invitait donc à la suivre pour l’hôtel Pergola. En face de l’hôtel du Golf, j’ai été maintenu 4 heures dans le coffre d’une 4X4 puis ils ont reculé la voiture de sorte à mettre le coffre au soleil. Elle m’a fait au revoir de la main. J’ai fait une heure dans le coffre et au bout d’une heure à peu près, un second véhicule est arrivé avec d’autres détenus et nous avons pris la route pour Bouna.
Monsieur le ministre d’Etat Ahoussou m’a bien rapporté que je devais faire 10 ans [de prison] parce que j’étais le fils du président. »

Michel Gbagbo et Me Habiba Toure

Michel Gbagbo et Me Habiba Toure

Me Habiba Touré, avocate de Michel Gbagbo a demandé à son client s’il se reconnaissait dans les faits de xénophobie. La réponse était négative.
Me Habiba Touré :
«Qu’est-ce qui justifie sa présence devant la Cour d’assises ?»

Michel Gbagbo rappelle que, pendant la phase préliminaire, le juge d’instruction ne lui a jamais signifié les faits précis pour lesquels il était poursuivi et encore moins présenté de preuves.

(Source : presse)

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