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Lettre ouverte de l’écrivain et homme politique ivoirien Bernard Dadié à François Hollande

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR FRANCOIS HOLLANDE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE

MONSIEUR LE PRESIDENT,

C’est avec le cœur lourd et l’âme pleine d’amertume que je vous écris. Bernard Binlin Dadie

En effet dans ma tendre enfance, on m’a appris à chanter la douce France, la France de la liberté, de l’égalité et de la fraternité ; et malgré les coups de chicottes qu’on assénait à nos parents victimes des travaux forcés, je chantais tous les matins « la Marseillaise ». J’en étais arrivé même à croire que j’étais un descendant des gaulois.

Et voici que dans mon vieil âge, je tombe de très haut. Toutes mes illusions se sont évanouies.

Aujourd’hui je vois une France dans toute sa laideur, tuant, assassinant, bombardant des peuples faibles aux mains nues, justifiant l’adage « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».

Aujourd’hui la France est devenue le bourreau de tous les peuples d’Afrique qui courageusement avec détermination sont montés à l’assaut des nazis qui voulaient la détruire.

Shakespeare disait : « celui qui répand son sang avec le mien sera mon frère ».

Non seulement la France ignore cette vérité profonde mais elle s’évertue à semer la souffrance et la mort dans ses anciennes colonies démontrant ainsi que la vie des noirs n’a aucune valeur à ses yeux.

Et quand elle ne le fait pas elle-même, elle charge ses « sous-préfets » de la sale besogne.

Nous avons cru un moment que tout cela était le fait de la droite française. Si votre arrivée au pouvoir avait donné de l’espoir aux peuples Africains, aujourd’hui ils ont tous déchanté.

Ainsi, que ce soit la droite ou la gauche, c’est toujours la même politique de la négation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Tel le chien qui ne change jamais sa façon de s’asseoir, la France reste toujours le pays de conquête coloniale.

Aujourd’hui, « le sous-préfet » installé en Côte d’Ivoire à coups de bombe par SARKOZY au nom de la France, fait massacrer les populations ivoiriennes, violer nos sœurs, nos mères, fait enlever des enfants pour des sacrifices rituels, transformer certaines régions en régions de peuplement en exterminant les autochtones sans que cela ne vous émeuve.

La France sous votre règne est semblable à ses trois petits singes qui se ferment les yeux, se bouchent les oreilles et se ferment la bouche. Ainsi tel Ponce PILATE, la France se lave honteusement les mains devant la souffrance et le désespoir qu’elle a provoqué chez les ivoiriens.

Votre sous-préfet, monsieur le Président, joue bien son rôle à lui assigné par votre prédécesseur, Monsieur SARKOZY et entériné par vous.

Conformément aux consignes reçues de la France, pour conserver le pouvoir afin que le France continue de piller la Côte d’Ivoire, OUATTARA tente par tous les moyens de museler, voire, de tuer toute opposition. Et petit à petit, il finit par devenir allergique à toute l’opposition. Alors il ferme tout : propriétés privées, espaces privés. Tout ce qui peut servir de lieu de réunion pour l’opposition est systématiquement investi par sa police (QG de campagne du Président Laurent GBAGBO- la prestigieuse fondation Harris MEMEL FOTE- la résidence privée du Président GBAGBO).

Alors que nous pouvons sainement et fructueusement coopérer dans la dignité et le respect mutuel.

Réveillez-vous Monsieur le Président de la France des droits de l’homme car il ne vous reste plus beaucoup de temps pour essayer de marquer positivement l’histoire.

A moins que les droits de l’homme pour vous ne valent que pour la France. Si tel est le cas, nous en prendrons alors acte.

Mais, que OUATTARA se souvienne que le peuple de Côte d’Ivoire semble être son prisonnier, mais lui est prisonnier de ses propres turpitudes et avec lui ses parrains. Et quand le peuple se lèvera pour briser ses chaînes, ce qui ne saurait tarder. Lui il restera toujours prisonnier de ses crimes et de ses actes ignominieux, sans recours.

Loin de sombrer dans le désarroi, le peuple de Côte d’ivoire exprime son espoir pour dire :

Quel[le] que soit la longueur de la nuit, le jour finit toujours par se lever.

Fait à Abidjan le 13 Avril 2015

POUR LE CNRD,
LE PRESIDENT
BERNARD BINLIN DADIE

(Source : CNRD CNRD, 20 avril 2015)

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