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Monthly Archives: juillet 2015

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Thématiques du blog :
Côte d’Ivoire, Résistance, Indépendances, Mutualisation des luttes, Panafricanisme…

Alerte répression ! Le journalisme d’investigation n’a pas droit de cité en Côte d’Ivoire

Mise à jour du 30/07/2015
Reporters sans frontières (RSF)
demande la libération de Joseph Titi :
Un directeur de publication en prison, 30 juil. 2015.
https://fr.rsf.org/cote-d-ivoire-un-directeur-de-publication-en-30-07-2015,48166.html

 

Après avoir fait l’objet de harcèlements et de menaces de mort, Joseph Gnahoua Titi, Directeur de publication du journal ivoirien Aujourd’hui, a été convoqué mardi 28 juillet 2015 à la Section des recherches de la Gendarmerie nationale, et écroué le 29 juillet.

Voici ce qu’il écrivait le 26 juillet 2015 :

« Ces derniers temps, notre journal a publié de nombreux documents de première main. La plupart d’entre eux ont été rédigés par la Direction Générale de la Sécurité Extérieure Française dont les enquêteurs ont montré comment nos gouvernants actuels sont corrompus et donc, sont tout sauf ce qu’ils prétendent être. Certaines personnes qui sont nos lecteurs nous ont félicité[s] de ces investigations ; d’autres sont restées soit indifférentes soit incrédules. Mais, il y a en d’autres encore que ces révélations ont rendu[es] irascible[s]. C’est donc pour parler de leurs menaces que je fais cet éditorial. En effet, depuis quelques jours, le président du Conseil National de la Presse que j’eus comme patron pendant ma période d’apprentissage de ce métier que j’aime tant, essaie de me prévenir de certaines menaces au nom des liens que nous avons gardés, malgré qu’à l’évidence et d’un point de vue purement idéologique, tout nous sépare. Je sais que, dans le cadre de sa stratégie de management du Conseil National de la Presse, monsieur Lakpé a choisi une approche discursive avec l’interpellation, pas toujours agréable, qui va avec. Ce n’est donc pas cela que je veux dénoncer. Pour avoir subi les humeurs singulières d’un président autocrate comme Eugène Kakou, je serais le dernier à me plaindre de cette méthode qui permet de s’expliquer et de s’entendre. Je parle donc plutôt des menaces sur lesquelles, par doses sûrement homéopathiques, le président du CNP essaie d’attirer mon attention. La première fois, c’est en effet lorsque notre journal du mardi a publié le titre suivant à sa Une : Transferts illicites, détournement de l’aide publique/ La Dgse accuse Ouattara d’avoir détourné l’argent des PPTE ». Ce jour-là, le président Lakpé dont je m’imaginais forcément dans son collimateur, m’a appelé pour me demander, avec cette voix fluette qui le caractérise, si j’avais les preuves de ce que j’avançais. Alors je lui avais répondu que les documents que j’ai publiés au soutien de mon article étaient tout à fait authentiques et qu’il n’avait qu’à les parcourir, les noms et adresses de ses rédacteurs ayant, au surplus, été mentionnés. Mais le président Lakpé avait également ajouté cette phrase qui m’avait quelque peu fait réfléchir : « sinon là, ce n’est plus au CNP que tu as à faire mais bien au procureur ». Dans ma communauté, cette expression recouvre une menace d’une extrême gravité. Cela dit, celui qui s’imagine que sous Ouattara la profession de journaliste l’aiderait à se mettre à l’abri de ce type de périls est un rêveur ; donc je réitérai au président que j’avais bien noté ses conseils et que je continuerai[s] de faire attention. Or hier, j’ai reçu un nouveau coup de fil du président Lakpé. Je fus d’autant plus surpris par son appel qu’il n’est pas matinal comme toutes les fois que j’ai eu l’honneur de l’avoir à l’autre bout du fil. Alors comme s’il avait compris ma crainte, il me rassura d’abord, puis il m’expliqua tout doucement qu’il continuait de me lire et que les documents publiés n’étaient pas remis en cause. Sauf que, et c’est connu dans les pays où on laisse tuer, un égaré pouvait tout seul décider de me refroidir, je précise qu’il ne l’a pas dit comme cela. En revanche, j’utilise cette expression pour que le lecteur puisse saisir la violence de cette menace qui ne vient certes pas du président lui-même mais qui faisait désormais partie des choses auxquelles je devais désormais faire attention. Parce que, comme l’a également signalé le président Lakpé, les gens peuvent parler après mais la réalité est que cela a été fait et rien n’y changera… Quand j’en ai parlé à mes collaborateurs devant lesquels j’avais déjà évoqué les premiers risques sur lesquels le président Lakpé attirait mon attention, ils m’ont conseillé d’écrire cet éditorial. Pour montrer que si demain ma vie s’achevait comme le fut celle de Désiré Oué, rédacteur en chef du magazine Tomorrow, assassiné devant la porte de sa maison par des hommes armés inconnus, ceux qui ne voudront pas se contenter de lire le communiqué dans « Aujourd’hui » devront également mettre dans la balance qu’un grand journaliste expérimenté comme le président Lakpé avait attiré mon attention sur des menaces que cette série d’articles pouvait déclencher. Parce que de là où je serais alors, je ne sais pas si je supporterais une telle indécence à dissoudre les crimes patiemment exécutés, des crimes politiques en somme comme celui qui a ôté la vie à Désiré Oué ou, avant lui, à d’autres personnes, dans [une]insécurité ritualisée. Pour le reste, je regarderai la mort lorsqu’elle viendra me prendre. Certes, je ne la cherche pas, d’autant plus que, de toute façon, je n’en connais pas de héros noir pour lesquels l’on consacre ne serait-ce qu’un jour à leur mémoire. J’ai seulement la conviction que personne ne pourra me faire dire ou me faire écrire ce que je ne veux pas. Et, puisque dans cette Côte d’Ivoire devenue le cimetière des droits humains, on peut être tué du jour au lendemain, je souhaiterais que ces lignes-là fassent comprendre à ceux qui me détestent que je ne suis pas d’accord avec eux. Et qu’il est dérisoire de croire que la terreur ne produit que la peur. Je sais que certaines personnes m’ont déjà reproché de trop parler de moi dans mes articles, mes éditoriaux en particulier, et de me mettre systématiquement en évidence. Je ne partage pas cette critique mais chacun est libre de dire ce qu’il veut de ce que je fais. Cela dit, j’avoue que ce n’est pas par souci morbide de me faire des funérailles dignes des gens qui ont marqué une partie de l’histoire de leur communauté. Car qu’aurais-je fait de toute façon pour y prétendre ? Je veux seulement dire à ceux qui pensent qu’ils peuvent m’intimider qu’ils se trompent. Pas que je n’aie pas peur de ces gens pour qui la vie humaine n’a aucune valeur, surtout lorsqu’elle appartient aux rattrapés d’aujourd’hui, mais tout simplement parce que, de toute façon, la peur, le renoncement à sa liberté ne donne droit en Côte d’Ivoire, au moindre répit. Simplement parce qu’il est gravé dans leur « révolution ethnique » que les rattrapés ont le droit de vivre et les autres le droit de mourir. »

Joseph Titi
In Aujourd’hui

(Source : La Dépêche d’Abidjan)

Ci-dessous l’un des documents de première main auxquels fait allusion Joseph Gnahoua Titi :
« Nouvelles révélations de la DGSE : Comment l’Elysée veut chasser Ouattara du pouvoir« .
http://www.civox.net/Nouvelles-revelations-de-la-DGSE-Comment-l-Elysee-veut-chasser-ouattara-du-pouvoir_a6635.html
In : Aujourd’hui, n° 937
(Source : Civox, 28 juillet 2015)

Maintenons la pression pour leur libération !

Si vous n’avez pas encore signé la pétition pour la libération de Sébastien Dano Djédjé, Justin Koua, Hubert Oulaye et de tous les autres prisonniers politiques ivoiriens, merci de penser à eux !

Signer la pétition

Liberez-les

Le Temps publie la liste des prisonniers politiques ivoiriens

Le quotidien ivoirien Le Temps a publié dans son n° 3541 du 21 juillet 2015 une nouvelle liste des prisonniers politiques de Côte d’Ivoire. De cette liste de 371 détenus, il faut soustraire 27 personnes pour lesquelles une décision de remise en liberté, suite à un non-lieu, a été prise le 15 juillet 2015, ce qui porte à 344 le nombre de détenus connus et recensés selon cette source.

Lire et voir 2015-07

Lettre ouverte à François Hollande, par un Collectif d’intellectuels ivoiriens réfugiés (15/07/2015)

http://www.lesamisdelaurentgbagbo.com/actualite-154-lettre-ouverte-a-francois-hollande-par-un-collectif-de-refugies-ivoiriens.html

Rwanda : Brusque détérioration des conditions de détention de madame Victoire Ingabire – Lettre ouverte (14/07/2015)

http://www.fdu-rwanda.com/fr/rwanda-brusque-deterioration-des-conditions-de-detention-de-madame-victoire-ingabire-lettre-ouverte

D’autres articles sur le sujet :
Appel contre la répression systématique de l’opposition au Rwanda
Rwanda : le droit à un procès équitable d’une dirigeante de l’opposition est menacé

Mobilisation pour Nestor Dahi victime de la violence d’état du pouvoir Ouattara

DECLARATION DU FRONT POPULAIRE (FPI) EXIGEANT LA LIBERATION IMMEDIATE DU SECRETAIRE NATIONAL DE LA JFPI, DAHI NESTOR

LES FAITS
Le mardi 07 juillet 2015, dans la commune de Yopougon, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) ont enlevé le camarade Dahi Nestor, Secrétaire national par intérim de la jeunesse du FPI et membre de la direction du parti. Il a été conduit à la préfecture de police où il a passé trois (3) jours avant d’être déporté à la prison de Dimbokro, au centre du pays, où il est arrivé dans un état de blessé grave, avec le tympan endommagé, après avoir subi durant le parcours des atrocités et des sévices corporels. (suite…)

Les arrestations n’intimident pas les jeunes de la JFPI

Nestor Dahi, après son enlèvement, est remplacé à la tête de la JFPI par Auguste Abraham Diéti.

Affiche Nestor Dahi et Auguste Abraham Dieti 201507

DECLARATION DE LA JEUNESSE DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN

Au nom de la Jfpi, nous prenons la parole aujourd’hui pour livrer des messages successivement à l’endroit du pouvoir liberticide de Ouattara, de la communauté internationale, des démocrates et nos militants. Et ce, au regard de l’évolution de l’actualité sociopolitique de la Côte d’Ivoire, marquée par des arrestations intempestives des
démocrates et membres de la Jfpi, dont la dernière en date est celle du camarade Dahi Nestor. En effet, alors qu’il répondait à un rendez-vous dans le cadre des activités de son parti, le camarade Dahi Nestor, secrétaire national de la Jfpi, a été enlevé par des hommes en armes à la solde du pouvoir Ouattara pour être conduit à la Préfecture de
police Abidjan Plateau. Cet enlèvement est survenu ce mardi 07 juillet 2015 à 19h, dans une station, non loin de l’Institut des aveugles de Yopougon. Ces hommes en armes n’ont pas épargné quatre autres compagnons du camarade Dahi Nestor portant ainsi à cinq le nombre de camarades détenus à la préfecture de police. Face à cette situation, le Ben de la Jfpi s’est réuni en urgence pour confier au camarade Dieti Abraham, la mission d’assurer l’intérim du camarade Dahi Nestor, conformément aux textes de la Jfpi.
Cette formalité évacuée, nous sommes aujourd’hui face à la presse nationale et internationale pour livrer l’analyse qui suit : depuis le 11 avril 2011, date de l’assassinat de la démocratie en Côte d’Ivoire, le pays ne vit qu’au rythme des brimades, assassinats, arrestations arbitraires et autres violations flagrantes des droits humains. Le pouvoir de Ouattara excelle dans le déni de démocratie à travers entre autres, arrestations et emprisonnements intempestifs des démocrates. Frileux face à la force politique de la Jfpi, il a décidé à travers Hamed Bakayoko, de réduire cet instrument de combat au silence. Ainsi après Koua Justin, Cissé Mariam, Zagol Durand et bien d’autres. C’est aujourd’hui Dahi Nestor qui se trouve aux mains du régime.
La Jfpi condamne avec la dernière énergie, cette énième arrestation. Elle exige la libération immédiate du camarade Dahi Nestor et tous les autres démocrates. Dans tous les cas, la Jfpi tient à rappeler à ce pouvoir sans repère, qu’aucune arrestation ne freinera son ardeur au combat pour les libertés démocratiques. Aucune arrestation de jeunes démocrates ne rendra Ouattara éligible. Car conscient de son inéligibilité avérée, djihadistes, emprisonnements, violations de la constitution et autres Cei aux ordres sont autant de facteurs auxquels Ouattara s’accroche pour justifier le report des élections présidentielles et se maintenir au pouvoir. Mais nous ne renoncerons pas à ce noble combat pour la Côte d’Ivoire et pour Laurent Gbagbo, nous irons jusqu’au bout. Dans cette perspective, la Jfpi interpelle et prend à témoin, la communauté nationale et internationale des dérives quotidiennes de ce pouvoir. Car trop c’est trop, la Jfpi jouera sa partition sans faiblesse pour mettre un terme aux souffrances des Ivoiriens par des moyens démocratiques. Le pouvoir sera tenu pour responsable de tout ce qui adviendra, s’il ne favorise pas les conditions d’une réconciliation vraie, à commencer par la libération de ces hommes et femmes de valeur injustement détenus.
La dynamique initiée par Koua Justin et poursuivi[e] par Dahi Nestor sera perpétuée par Dieti Abraham. Nous achevons nos propos par un appel à tous nos militants et démocrates du monde entier. Nous sommes sur la bonne voie. Restons plus que jamais mobilisés et à l’écoute des mots d’ordre imminents. Dieu aime la Côte d’Ivoire et Laurent Gbagbo.

Diéti Abraham, Secrétaire national par intérim de la Jfpi

(Source : Le Nouveau Courrier n° 1313, 10 juillet 2015, p. 4)

Alerte répression !

Mise à jour du 11/07/2015
Le 10 juillet au soir, Nestor Dahi a été conduit à la prison de Dimbokro, ville située au Sud-Est de Yamoussoukro. Les personnes qui avaient été enlevées en même temps que lui – parce que présentes sur les lieux au même moment – ont été remises en liberté après plusieurs jours de détention arbitraire. La dispersion des militants politiques aux quatre coins du pays est une pratique habituelle du régime de Ouattara depuis sa prise du pouvoir le 11 avril 2011.

Selon plusieurs sources, Nestor Dahi qui remplace à la tête des jeunes du FPI Justin Koua depuis l’emprisonnement de celui-ci le 4 mai dernier, vient lui-même d’être enlevé le mardi soir 7 juillet 2015. Il aurait été localisé à la Préfecture de Police.

Peut-on encore douter du fait que le cycle infernal de la répression politique et de la chasse aux opposants est inhérent au régime d’Alassane Ouattara ?

Campagne pour la libération des prisonniers politiques

Affiche Liberez les prisonniers

Tous ne sont pas sur l’affiche, mais les personnalités politiques ou de la société civile dont les portraits figurent ici, parce qu’elles sont emprisonnées pour avoir été fidèles à leurs convictions, les représentent aussi.

(Source : Facebook)

 SIGNER LA PETITION : Libérez-les !