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Entretien avec Michel Gbagbo (La Croix)

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Michel Gbagbo, fils de…

Par Laurent Larcher, à Abidjan

Extraits :

(…)
Arrêté avec son père, en avril 2011, ­Michel Gbagbo a été libéré en août 2013. Depuis l’an dernier, il donne des cours de criminologie à l’Université d’Abidjan. Auteur d’une thèse sur la psychopathologie de la vie sociale, il s’est spécialisé dans la criminologie clinique et dans la prise en charge des patients psychologiquement dangereux.

Dans un pays qui compte moins d’une quarantaine de psychiatres, le terrain est en friche. « Les solidarités traditionnelles sont remises en question par la compétitivité, la performance individuelle et la dérégulation du marché. Dans ce contexte, l’intégration des personnes ayant souffert d’une pathologie mentale est un défi », analyse-t-il.

Un métier de professeur
Avec un statut de maître assistant, il doit assurer 200 heures de cours par an et touche 700 000 FCFA (environ 1 070 €) par mois. Il dit n’avoir aucun avantage particulier. Il est toléré par l’administration universitaire et semble plutôt apprécié par ses étudiants. « Je fais cours dans un amphi de 400 étudiants. Il est toujours plein. Je suis un peu une curiosité. À la fin de mes cours, certains s’approchent pour se prendre en photo avec moi. Je ne refuse pas. Je sais qu’à travers moi, c’est mon père qu’ils voient. C’est comme ça. »

Entre ses cours, il écrit des essais sur la folie et la criminologie. Le dernier en date Quelle place pour les fous guéris ? a été publié cette année chez L’Harmattan, à Paris. Un livre dans lequel il synthétise la problématique de la réinsertion à Abidjan des personnes ayant souffert de troubles mentaux. Avant son incarcération, il publiait même de la poésie comme Les Souillons en 2010 ou Confidences en 2006.

Il lui est interdit de quitter la Côte d’Ivoire. Sa femme et ses enfants vivent en exil au Ghana. Et sa mère, à Lyon. « Ne pas voir ma famille, ne pas vivre avec elle, c’est le plus dur. Depuis ma libération, ma femme a obtenu à deux ou trois reprises un visa de quelques jours pour venir ici. Ce n’est pas beaucoup. »

Des relations distantes avec la politique
La politique ? Il n’y a pas renoncé. Socialiste, il souhaite voir le retour au pouvoir du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de son père. Y croit-il et le souhaite-t-il vraiment ? Ce n’est pas sûr. Du temps de son père président, il n’a jamais occupé un poste clé dans le système Gbagbo.

Depuis que Laurent Gbagbo est en prison, le fils apparaît, à une partie de ses partisans, comme l’héritier du roi déchu. Mais il semble peu intéressé par cette tâche. A priori, il n’est pas de la même facture qu’un Joseph Kabila, un Karim Wade ou un Ali Bongo, ces fils de présidents africains habités par l’impérieux désir du pouvoir.

En revanche, il se mobilise pour défendre les partisans de son père toujours emprisonnés. « Les arrestations sont brutales, les conditions de détention précaires et barbares », dit-il. Ancien prisonnier des forces pro-Ouattara, il en sait quelque chose. Les images de son arrestation, de ses humiliations ont fait le tour du monde. Cette expérience l’a profondément marqué. « Pourtant, souligne-t-il, j’ai eu de la chance. Comme fils de mon père, j’ai trouvé des gens qui m’ont aidé pendant ma détention, qui m’ont apporté de la nourriture, des médicaments et des livres. Mais j’étais une exception. »

Michel Gbagbo rallume une cigarette, parle de son catholicisme : « Je pense que je dois la vie aux prêtres qui sont rapidement venus me rendre visite dès le début de ma détention. Ils m’ont protégé des plus violents. » (…)

Lire l’article complet :
http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Afrique/Michel-Gbagbo-fils-de-2015-11-23-1383650

In : La Croix, 23 nov. 2015

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