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Plus d’un millier de victimes ivoiriennes veulent faire éclater la vérité

Par Maître Habiba Touré

COMMUNIQUE DE PRESSE

Paris, le 25 janvier 2016 – Cinq (5) ans après le début de la crise postélectorale, et quatorze (14) ans après le début des exactions subies par les populations civiles principalement à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, et qui ont été ciblées du fait de leur appartenance au groupe ethnique Wê, aucun membre des forces pro-Ouattara suspecté d’avoir commis ces graves crimes contre l’humanité n’a été poursuivi par Madame le Procureur près la Cour Pénale Internationale.

Face à ce désespoir et à cette négligence coupable, 1073 victimes et leurs ayants droit ont décidé d’adresser des demandes de participation au Service concerné de la Cour Pénale Internationale.

Parallèlement, un document de dénonciation de crimes accompagné des éléments de preuves a été également adressé au Bureau du Procureur.

Des centaines de victimes du groupe ethnique Wê continuent de se mobiliser en vue de saisir également la Section de Participation des Victimes et des Réparations de la Cour Pénale Internationale.

De par le nombre important des victimes, l’ancienneté des crimes subis en 2002, leur degré de cruauté renouvelé en 2011 puis en 2012 et cela de manière aussi ostentatoire, les victimes s’étonnent de l’inertie du Procureur de la CPI, alors qu’elles continuent de subir de nouveaux crimes et les conséquences des exactions déjà subies surtout dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire.

Ce sentiment d’invincibilité et d’impunité qui se développe chez les forces pro-Ouattara, auteurs présumés de ces crimes, qui ont de surcroît bénéficié de promotions de la part du pouvoir ivoirien, et cela manifestement à titre de récompense, leur laisse tout le temps nécessaire pour faire disparaître les preuves.

Ces 1073 victimes ayant subi les pires souffrances, dont 230 enfants, attendent de Madame le Procureur BENSOUDA, qui est pratiquement arrivée à la moitié de son mandat, des poursuites à l’encontre de ces individus afin que la Cour Pénale Internationale ne perde pas le peu de crédibilité qui lui reste face aux critiques grandissantes dont elle fait l’objet.

Pour le Collectif des Avocats des Victimes,
Maître Habiba TOURE
Avocat à la Cour

 

Le nouveau rapport de janvier 2016 sur les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

 

 

Appel des Amis de Laurent Gbagbo : soyons nombreux à La Haye le 28 janvier !

Par Raphaël Dagbo

Tous à la HAYE… ensemble, allons jusqu’au bout !

 Par tous les temps, qu’ils soient pluvieux, neigeux, venteux, vous avez marché pour crier votre indignation à voir le Président Laurent GBAGBO et le Ministre Charles BLE GOUDE injustement détenus à la Haye.

Le Président Laurent GBAGBO dont chacun sait l’attachement inébranlable à la justice vous a toujours répondu en écho à vos légitimes protestations :

« NOUS IRONS JUSQU’AU BOUT pour rétablir la Vérité. »

 Le chemin aura été long, très long…, mais nous savions tous que nous étions bien sur ce chemin qui conduit à ce « au bout » dont parle le Président GBAGBO.

Vous qui êtes attachés à ce que la justice soit rendue, celle qui est l’arme des moins fortunés, celle qui fait de la preuve le glaive de la décision, l’Association des Amis de Laurent GBAGBO vous appelle aux côtés de Charles BLE GOUDE et du Président Laurent GBAGBO à l’ouverture de ce procès qui leur est fait à partir du 28 janvier 2016 à la HAYE.

Rassemblons-nous à la Haye pour prouver au Monde que ce que la haine et le mensonge ont grossièrement échafaudé, la Vérité et la détermination peuvent le défaire. Réclamons que la justice se fasse enfin respecter par ceux qui l’ont instrumentalisée pour la tourner en ridicule en l’amenant à détenir des innocents alors que les coupables sont en liberté !

Tous à la Haye pour « ALLER JUSQU’AU BOUT ! »

Pour L’Association des Amis de Laurent GBAGBO
Le Président, Raphaël DAGBO

Jacques Dahou, frère de Firmin Mahé, a rendu en France son dernier soupir

Nous avons reçu ce message d’une amie proche du défunt :

« C’est avec beaucoup de peine que nous vous annonçons le décès de Jacques DAHOU ce jeudi 21 janvier. Hospitalisé depuis plus de 3 ans sans interruption à la faveur d’une grave maladie respiratoire, Jacques a lutté avec courage et dignité sans jamais cessé de croire ni à sa guérison, ni oublié sa mission de chef de famille : réhabiliter Firmin MAHE son frère – même mère même père – sauvagement assasJacques Dahousiné par des soldats de l’Armée française Licorne le 13 mai 2005 sur la route de BANGOLO en CÔTE D’IVOIRE.
Après plusieurs années de lutte acharnée pour obtenir la stabilité sociale qui devait lui permettre d’être opéré, le statut de réfugié politique lui a été péniblement accordé fin 2014, mais toutes ses demandes de transfert sur PARIS et de prise en charge thérapeutique adaptées ont été rejetées.
Sachez également que compte tenu de la situation sociale de Jacques et Basile, de leur précarité soigneusement entretenue par les autorités françaises, l’Hôpital a annoncé que Jacques serait enterré dans une fosse commune à partir du lundi 25 janvier. Basile son neveu fait lui-même l’objet d’une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) qui deviendra exécutoire à compter du 29 janvier 2016 même si un recours a été déposé contre cette dernière.

Ce matin, Basile GNINION nous annonçait la disparition de son oncle en ces termes : « Mes camarades résistants et résistantes, la représentation FPI France et toute la diaspora ivoirienne et africaine, tous les Wê, j’ai le regret de vous annoncer le décès de mon oncle jacques Koulaï DAHOU à l’hôpital de Pontoise aujourd’hui jeudi 21 janvier 2016. Après avoir parcouru tous les hôpitaux en vain sans soins, leur stratégie a fini par payer. Voilà la triste nouvelle que voulais vous annoncer.»

Ceux qui le souhaitent peuvent se recueillir sur sa dépouille à la chambre mortuaire du centre René DUBOS de PONTOISE de 8h30 à 18h30. A noter que les 4 premiers jours en chambre mortuaire sont gratuits, mais qu’à partir de lundi il faudrait acquitter 100€ par jour supplémentaire.
(…)
Nos condoléances les plus attristées à sa famille biologique d’abord, à ses amis mais aussi à ses compagnons de lutte ainsi qu’à toutes celles et ceux qui lui étaient attachés. »

[Les personnes souhaitant se rapprocher de la famille de Jacques et lui apporter toute forme de soutien peuvent envoyer un commentaire qui sera retransmis à son neveu Basile.]

Bienvenue à Guiglo !

BIENVENUE A GUIGLO MONSIEUR LE PRESIDENT

Monsieur le Président, nous avons appris que ce lundi 18 janvier 2016, vous foulez à nouveau la terre de Guiglo, capitale de la Région du Cavally pour y accueillir votre homologue du Libéria, madame Ellen Johnson Searlif qui, elle, vous avait reçu en octobre 2013 à Zwedru, la capitale du Comté du Grand Gedeh.

Soyez donc le bienvenu, vous et votre hôte.

J’ai lu dans la presse ivoirienne que cette visite avait pour objet la question du retour des réfugiés ivoiriens résidant dans ce pays voisin et frère qu’est le Libéria depuis la crise postélectorale de 2011.

Il ne fait aucun doute que vous serez chaleureusement accueillis par les populations qui ne manqueront pas de sortir en grand nombre à cette occasion car il n’est pas donné à tout le monde de recevoir en même temps deux Chefs d’Etat dans sa cité.

Je sais aussi que des discours seront prononcés pour vous souhaiter la bienvenue à Guiglo, « la cité du pardon », vous remercier « pour votre sollicitude pour cette région » et saluer « vos nombreuses actions de développement en faveur des populations, preuves de votre amour ».

Vous serez certainement fait « Chef Wê » et un nom vous sera attribué.

Mais monsieur le Président, pour ne pas que vous ayez à interroger Hamed Bakayoko, comme vous l’avez fait à Abengourou à propos du sort du docteur Assoa Adou, je voudrais vous donner des nouvelles de quelques fils du Cavally et du Guémon qui n’auront pas « la chance et l’honneur » d’être présents à Guiglo pour vous accueillir.

Monsieur le Président, des Glahé seront certainement là pour vous remercier pour avoir « réhabilité » leurs lieux sacrés qui ont été détruits et profanés en 2011 par des personnes dont l’identité est connue de tous mais qui ne sont pas inquiétés pour ces actes pourtant punis par la loi. Oui, Monsieur le Président, les Glahé seront présents mais la plus illustre de leur servante, l’Honorable Ministre d’Etat Angèle Gnonsoa, une grande Dame, sera absente parce que contrainte à l’exil depuis votre arrivée au pouvoir.

Monsieur le Président, celui qui est perçu par les populations qui vont vous accueillir comme leur leader est en prison à Dabou depuis bientôt un an, quatre mois seulement après être revenu d’exil sur la base de votre appel aux exilés ivoiriens. Il s’appelle Hubert Oulaye, Ministre de la République de 2000 à 2010, Député et Président du Conseil général de Guiglo. Brillant Professeur agrégé de droit, cet homme compétent, humble, apprécié de tous et partout croupit en prison sous un motif des plus fallacieux.

Un autre fils de Guiglo, lui aussi vu comme un espoir et une valeur sûre de la Région est en exil au Ghana. Il a été Député et a démontré ses qualités intellectuelles en présidant la Commission des Affaires Générales et Institutionnelles de l’Assemblée Nationale dont il a dirigé les travaux avec maestria et impartialité jusqu’à sa nomination comme Ministre en 2010. Lui, c’est Emile Guiriéoulou. Il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international de votre régime.

Kahé Eric, celui dont vous avez dit un jour ne pas connaitre le « background », ingénieur informaticien hors pair, également diplômé en mathématiques, Président du Parti politique AIRD (Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie), un cadre qui bénéficie d’une grande estime dans le Cavally et le Guémon est en exil depuis avril 2011. En août 2012, peu après votre visite à Duékoué, sa ville d’origine, vous avez émis un mandat d’arrêt international contre lui.

Pol Dokoui, cette voix emblématique de Radio Côte d’Ivoire, créateur de nombreuses émissions à succès, promoteur du concours Awoulaba qui célèbre la beauté de la femme africaine, connait lui aussi l’exil depuis 2011. Il est originaire de Toulépleu, monsieur le Président.

Etienne Tahi Zoué, un autre cadre de Toulépleu, ancien Conseiller à la Présidence de la République, est lui aussi dans le collimateur de votre régime et s’est vu dans l’obligation de prendre le chemin de l’exil, depuis avril 2011.

Mais il y a ceux qui manqueront à l’appel à jamais : Raymond Gnan et Basile Mahan Gahé.

Le premier, maire de Facobly, un des rares hommes d’affaires prospères du pays Wê, est mort en exil au Togo en décembre 2011 n’ayant pas eu les moyens de se soigner parce que ses avoirs étaient gelés.

Le deuxième, fondateur et Secrétaire général de la Centrale Dignité, fils de Diboké dans le Département de Bloléquin. Monsieur le Président, Mahan Gahé est mort des suites des tortures physiques qu’il a subies lors de son arrestation par les FRCI en avril 2011 et de sa détention dans vos prisons pendant 2 ans. Il a eu des côtes et des vertèbres brisées. Ses tortionnaires qui s’en sont vantés dans un enregistrement vidéo, sont connus et toujours libres. Jusqu’à quand, monsieur le Président ?

Les 1000 victimes Wê des 28 et 29 mars 2011, attendent toujours que justice leur soit aussi rendue à l’instar du colonel Dosso et des autres victimes de la crise postélectorale. Les morts de Nahibly sont eux aussi dans l’attente de l’enquête que vous avez promise, trois ans et demie après le pogrom qui les a emportés en juillet 2012.

Monsieur le Président, ne vous fiez pas aux apparences. Ne regardez pas la foule qui va vous accueillir pour en déduire que cette région vous a adopté. C’est loin d’être le cas.

Sachez, monsieur le Président, que dans cette région, chaque village, pour ne pas dire chaque famille, a ses morts de la crise postélectorale mais aussi ses morts et ses mutilés de la rébellion dont vous avez salué le combat lors de votre visite à Ferkessédougou.

Ceux qui malgré tout choisiront de venir vous accueillir le feront en ayant en esprit ce proverbe local : « on dit fais voir dans tes mains mais on ne dit pas fais voir dans ton ventre ».

Bienvenue dans le Cavally à vous et à madame Searlif !!!

Par Clément GAODE
Citoyen ivoirien, originaire du Cavally et du Guémon

Source : Facebook, janv. 2016

Mandat d’arrêt international contre Guillaume Soro

Le Burkina Faso a lancé un mandat d’arrêt à l’encontre de Guillaume Soro (actuellement président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire).

« Ce mandat a été lancé dans le cadre de l’enquête sur le putsch perpétré le 16 septembre 2015 par le Général Gilbert Diendéré et des soldats de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Les chefs d’accusation n’ont pas encore été dévoilés. C’est le deuxième mandat d’arrêt, en plus de celui lancé contre l’ancien président Blaise Compaoré dans l’affaire Thomas Sankara, adressé aux autorités ivoiriennes. » ()
In : Burkina24, 15 janv. 2016

Rappel :
L’ancien chef des troupes putschistes (dites « rebelles ») devenu président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a fait l’objet en France d’un mandat d’amener en décembre 2015 suite à ses refus répétés de répondre aux questions de la Juge Sabine Khéris sur son implication dans l’enlèvement et la séquestration, accompagnés de traitements inhumains et dégradants, de Michel Gbagbo.

Rappelons aussi que, depuis la tentative de coup d’état du 19 septembre 2002, ces bandes armées et leurs « commandants de zones » se sont rendues coupables d’innombrables exactions, en particulier dans l’Ouest du pays. Au demeurant, la CPI a fait connaître son intention de faire remonter ses enquêtes sur les évènements ayant endeuillé la Côte d’Ivoire à l’année 2002.

 

Comprendre les ressorts et le fonctionnement de la Cour Pénale Internationale

Habiba Touré sur Laurent Gbagbo, le droit à la différence

Interview de Maître Habiba Touré par Nicoletta Fagiolo (nov. 2015). Vidéo mise en ligne le 3 janv. 2016.
(1 h 25 mn)