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Monthly Archives: décembre 2017

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Procès politique : l’ancien ministre Hubert Oulaye condamné à 20 ans de prison

Verdict contre Hubert Oulaye, Me Dadjé réagit : « C’est une décision politique »

Entretien avec Maître Ange Rodrigue Dadjé,
Réalisé par Marcel Dezogno :

« Nous avons été fortement déçus par l’Arrêt rendu par la Cour d’Assises. Nous nous sommes dit que cette cour allait prendre de la hauteur et dire le droit et qu’elle allait se défaire de la pression du pouvoir politique et rendre une décision d’équité. Pour nous la décision d’équité est de prononcer purement et simplement un non-lieu. Parce que l’Accusation n’a apporté aucun élément de preuve. Vous avez vu, tout au long du procès, concernant une quelconque preuve de complicité, tant du côté du ministre Hubert Oulaye que du jeune Guiré, il n’y a n’en aucune. Nous sommes complètement désolés. Pour nous, c’est un arrêt de non-lieu pur et simple qui devait être prononcé et c’est ce qui est vrai. Cette décision de condamnation à 20 ans est une décision politique.

Un verdict politique

Nous pensons qu’elle est ainsi faite pour empêcher Mr Hubert Oulaye d’exercer librement ses activités politiques et le « mettre [hors] d’état de nuire » sur le plan politique. Afin qu’il ne gêne pas le pouvoir, d’éventuels opposants ou des suiveurs politiques. Le dossier est complètement vide pour les accusés. Mêmes les cinq (5) procès-verbaux d’audition que la Dst dit avoir synthétisés n’existent pas. A part cette note de synthèse qui est [un] ramassis de faux , il n’y aucun élément de preuve de complicité. Pour preuves, le fameux Goulia, à qui Hubert Oulaye aurait remis de l’argent et qui serait allé remettre cette somme à un mercenaire libérien, n’a jamais fait l’objet de poursuite judiciaire. Et pourtant, il est la pièce maîtresse, s’il devrait avoir une complicité. Il a été entendu librement et il reparti librement de la Cour.

Si le complice principal, qui est en rapport avec les Libériens, n’est pas poursuivi, ce n’est pas le ministre qui doit être condamné pour complicité. Nous allons faire un pourvoi en cassation, dès aujourd’hui, car ces deux accusés sont complètement innocents.

C’est une décision purement politique qui a été rendue.

Mais nous voulons dire par cette condamnation sans preuve, que ce pouvoir est train de créer un précédent suffisamment grave et ceux qui viendront après ce pouvoir, vont vouloir faire la même chose en se vengeant. Et nous allons être dans un cycle infernal de vengeance en vengeance. Les Ivoiriens sont excédés. Ils ont besoin d’une justice équitable et transparente. Pas celle qui prononce une condamnation à 20 ans sans élément de preuve. Cette justice parcellaire et partiale n’est pas à l’honneur de la Côte d’Ivoire.

La justice actuelle n’est pas en mesure de se défaire de la pression politique. À la veille de l’année 2018, nous avons encore des juges zélés qui veulent rendre service au pouvoir politique pour se faire remarquer. Nous disons que ce n’est pas le rôle d’un juge de se faire remarquer. Son rôle est de rendre une décision de justice en toute équité sur la base de preuve. Mais il n’y a eu aucun élément de preuve au procès du ministre Hubert Oulaye. »

In Le Temps Infos, 27 décembre 2017

Voir aussi :
Assises : accusé sans preuve, Hubert Oulaye condamné à 20 ans
In Le Temps Infos, 26 décembre 2017

Hubert Oulaye

 

 

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Mettons des visages et des noms sur les prisonniers politiques ivoiriens

Campagne de soutien

https://blogs.mediapart.fr/christine-tibala/blog/151217/mettons-des-visages-et-des-noms-sur-les-prisonniers-politiques-ivoiriens

Plusieurs journaux ivoiriens suspendus

Atteintes répétées à la liberté d’expression en Côte d’Ivoire

Les journaux LG Infos et La Voie originale ont écopé de plusieurs jours de suspension de parution pour avoir mis en avant l’existence de prisonniers politiques.

Rappel : le prisonnier politique est emprisonné pour ses actions ou/et ses prises de position politiques ; le prisonnier d’opinion est emprisonné pour les opinions qu’il a exprimées.
La répression qui sévit sous le régime d’Alassane Ouattara concerne :
– des militants politiques ou syndicaux ;
– des citoyens ayant usé de la liberté d’expression normalement inscrite dans la constitution ;
– d’autres faisant l’objet de soupçons – et de ce fait, de harcèlements -, à cause de leur proximité familiale (ou autre) avec Laurent Gbagbo.

 

 

Rapport 2-2017 sur les prisonniers politiques

Le dernier rapport du Secrétariat national du FPI chargé de l’administration pénitentiaire et des prisonniers politiques est paru le 1er décembre 2017, avec pour sous-titre : « Le régime du rattrapage en Côte d’Ivoire et la banalisation de la prison politique mouroir ».

Télécharger : RAPPORT N° 2-2017 SUR LES PRISONNIERS POLITIQUES  (PDF)