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Monthly Archives: janvier 2018

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Abidjan : Michel Gbagbo à nouveau victime de la justice politique

Le verdict est tombé ce vendredi 26 janvier 2018, à travers la décision (en délibéré) du tribunal correctionnel à Abidjan.

Communiqué de Maître Ange Rodrigue Dadjé :

Laurent Despas reconnu coupable de divulgation de fausses nouvelles et Michel Gbagbo reconnu coupable de complicité de divulgation de fausses nouvelles.

Michel Gbagbo condamné à six mois de prison sans mandat et à 500.000 F d’amende. Laurent Despas e[s]t condamné à 10.000.000 F d’amende.

Je viens de faire appel de cette décision que je conteste fermement et qui pourrait constituer un précédent grave en matière de liberté de la presse car les journalistes pourraient désormais se faire condamner pour avoir simplement recueilli les propos de personnes ou personnalités si le pouvoir ivoirien estime ne pas partager ce point de vue.

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Soutenons Michel Gbagbo !

Le procès de la liberté d’expression

Dans le procès qui est fait à Michel Gbagbo et au directeur de publication Laurent Despas, pour avoir déclaré qu’il y avait des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, la Cour a fixé la date du délibéré au vendredi 26 janvier 2018.

(Source de l’affiche : Côte d’Ivoire, Rechercher et Dire la Vérité)

Né à Lyon, franco-ivoirien, Michel Gbagbo est enseignant-chercheur en Psychologie à Abidjan. Il est l’auteur, en dehors de ses travaux universitaires, de plusieurs recueils de poésie et de nouvelles.  C’est un homme discret qui, sans être un leader politique, a toujours affirmé son attachement à la paix civile et oeuvré, dans toutes les situations, à l’apaisement des tensions.
Pendant le conflit postélectoral, réfugié avec sa femme et ses enfants à la résidence de son père, le Président Laurent Gbagbo, il fut enlevé le 11 avril 2011 après le bombardement de la résidence par l’armée française. Tous les occupants, hommes, femmes et enfants, ont été livrés aux troupes des anciens rebelles rebaptisées FRCI qui s’acharnèrent sur eux avec une rare violence, comme en témoignent les images diffusées alors sur toutes les chaînes de télévision.
D’abord séquestré au «Golf Hôtel», le QG d’Alassane Ouattara, il fut ensuite emprisonné dans un centre de détention à Bouna, au Nord-Est de la Côte d’Ivoire, en toute illégalité. Il ne faisait l’objet d’aucune poursuite au moment de son enlèvement, et le ministre ivoirien de la Justice ainsi qu’un des geôliers de Michel avoueront que ce dernier n’a été arrêté que parce qu’il était avec son père.
Après cinq mois de détention illégale, et suite à la saisine de la Cour de justice de la CEDEAO et à la dénonciation par Amnesty International des détentions arbitraires, sans fondements juridiques, le pouvoir de Guillaume Soro – alors Premier Ministre – imagina en août 2011 une série de motifs d’inculpations pour donner un cadre légal à une situation illégale.
Le caractère illégal et arbitraire de son arrestation fut confirmé par la Cour de Justice de la CEDEAO. Saisie pour violation des droits de l’homme, elle dit le 22 février 2013 «que l’arrestation et la détention de Michel GBAGBO effectuées dans le cadre de son assignation à résidence sont illégales, arbitraires et constituent une violation de l’article 6 de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples« .
Plainte avec constitution de partie civile
En juin 2012, une plainte avec constitution de partie civile a été déposée en son nom par Maître Habiba Touré auprès de la Justice française contre Guillaume Soro et les Commandants de zone (« Com’zones ») pour «Enlèvement, séquestration et traitements inhumains et dégradants».
Les procès d’Assises des proches de Laurent Gbagbo
A Abidjan, en juillet 2013, au terme d’une seule journée d’audience, le Tribunal prit dans un délibéré la décision d’envoyer 84 personnes, dont Michel Gbagbo, en Cour d’Assises. Des condamnations à de très lourdes peines de prison seront prononcées en mars 2015 (pour Michel, 5 ans de prison).
Après une hospitalisation de plusieurs mois à la PISAM, à Abidjan, Michel fut enfin remis en liberté, par une décision de la Chambre d’Accusation du 6 août 2013, en même temps que 13 autres personnes proches du Président Gbagbo. Mais depuis cette date il n’a jamais pu quitter la Côte d’Ivoire, que ce soit pour rendre visite à sa famille française ou pour répondre aux convocations de la juge Madame Sabine Khéris chargée d’instruire sa plainte contre Guillaume Soro et les Com’zones.
Aujourd’hui, en lui intentant ce procès – qui est une atteinte à la liberté d’expression et d’opinion -, on veut l’empêcher de parler de l’existence et des conditions de vie des prisonniers politiques et, par extension, également de leurs familles.
En soutenant Michel, nous soutenons leur combat pour vivre libres.
 
(Photos : Michel Gbagbo / Me Habiba Touré / Me Ange Rodrigue Dadjé)

Reprise des grands procès politiques à Abidjan

Vingt ans de prison pour d’anciens ministres de Laurent Gbagbo, et Laurent Gbagbo lui-même, pour « Braquage de banque » !

Pour en savoir plus :

« Justice des vainqueurs /Affaire «Braquage de la Bceao», 20 ans de prison pour Gbagbo, Katina Aké N’Gbo et Désiré Dallo »
https://letempsinfos.com/2018/01/19/affaire-braquage-de-la-bceao-20-ans-de-prison-pour-gbagbo-katina-ake-ngbo-et-desire-dallo/

« Casse de la BCEAO : Laurent Gbagbo condamné à 20 ans de prison ! »
http://www.malisenegal.com/casse-de-bceao-laurent-gbagbo-condamne-a-20-ans-de-prison/

« L’ancien ministre de Laurent Gbagbo, Justin Katinan Koné, victime en exil d’une traque incessante »
http://www.lesamisdelaurentgbagbo.com/actualite-468-lancien-ministre-de-laurent-gbagbo-justin-katinan-kone-victime-en-exil-dune-traque-incessante.html

 

(Source photo Le Temps Infos)

 

Quinze ans de prison pour Moïse Lida Kouassi, ancien ministre de la Défense, et trois co-accusés militaires, pour « complot contre l’autorité de l’Etat »

Déposition de Moïse Lida Kouassi le 16 janvier 2018
http://resistancisrael.com/cour-dassises-deposition-integrale-du-ministre-lida-kouassi/

Chez l’Harmattan, 2010

 

L’ancien ministre Hubert Oulaye (Travail, Fonction Publique et Réforme administrative) condamné à 20 ans de prison

Entretien avec Maître Ange Rodrigue Dadjé
https://soutienetliberte.wordpress.com/2017/12/27/proces-politique-lancien-ministre-hubert-oulaye-condamne-a-20-ans-de-prison/

 

 

Sam l’Africain a retrouvé la liberté

Jichi Sam Mohamed, dit Sam l’Africain, Président fondateur de la NACIP, Nouvelle Alliance de Côte d’Ivoire pour la Patrie, a quitté la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (Maca) où il était incarcéré, tard dans la soirée du lundi 15 janvier 2018. Il avait été arrêté le 17 mars 2017 parce qu’il aurait, selon l’accusation, diffamé et porté atteinte à l’honneur et au prestige du président de la République, lors d’un meeting dans la commune de Yopougon le 11 mars 2017. Même si cette période d’incarcération s’est « ajoutée » à une autre période concernant une ancienne affaire d’ordre non politique, il n’en demeure pas moins que cet emprisonnement est bien d’ordre politique, compte tenu non seulement des chefs d’accusation, mais aussi de la nature du témoignage de Sam l’Africain devant la CPI.
En effet, convoqué en mars 2016 comme « témoin à charge » contre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé par la Procureure de la CPI, Sam l’Africain s’était exprimé devant la Cour essentiellement comme un témoin à décharge, vibrant d’émotion lorsqu’il évoquait sont attachement quasi « filial » au Président Laurent Gbagbo.

Sam l'Africain témoin devant la CPI

Sam l’Africain témoin devant la CPI

 

 

Le régime d’Alassane Ouattara poursuit ceux qui dénoncent l’emprisonnement politique

Vendredi 12 janvier 2018, Michel Gbagbo a comparu devant le Tribunal de Première Instance du Plateau (Abidjan) pour le motif qu’il aurait contribué, avec le directeur de publication de Koaci, Laurent Despas, à la « divulgation de fausses nouvelles ». Il est accusé d’avoir affirmé, dans une interview donnée au journal en ligne Koaci, qu’il y avait des prisonniers politiques et des personnes disparues en Côte d’Ivoire.
Pour ces déclarations, le Parquet a requis contre lui une peine d’un mois de prison ferme, ainsi qu’une amende.
Le jugement a été mis en délibéré.
Naturellement son avocat, Maître Ange Rodrigue Dadjé, a fait valoir que l’emploi du terme « prisonnier politique » ne pouvait constituer en tant que tel une infraction.
Au demeurant, des personnes arrêtées dans le cadre de la crise postélectorale de 2010-2011 pour leur soutien au Président Laurent Gbagbo ou pour leur proximité avec lui, sans motif d’infraction clairement établi, sont des prisonniers politiques. Et certaines ont effectivement disparu après avoir été enlevées.

Michel Gbagbo

Source photo : « Connection ivoirienne »

 

Nestor Dahi vient d’être remis en liberté

Le mercredi 10 janvier 2018, Nestor Dahi a enfin recouvré la liberté qu’il avait perdue après son enlèvement, puis son emprisonnement au début du mois de juillet 2015.
Lors de son arrestation, Nestor Dahi remplaçait Justin Koua à la tête de la JFPI (Jeunesse du Front Populaire Ivoirien) suite à l’arrestation de celui-ci en mai 2015.

Nestor Dahi et Maître Ange Rodrigue Dadjé

 

Turquie : des milliers de prisonniers d’opinion croupissent en prison

Par Amnesty international :

Alors qu’Emmanuel Macron reçoit le président turc [Recep Tayyip Erdogan] ce vendredi 5 janvier, de nombreux défenseurs des droits humains continuent d’être poursuivis pour terrorisme en Turquie, sans aucun fondement.

Depuis la violente tentative de coup d’État en Turquie, en juillet 2016, une répression d’une ampleur sans précédent s’abat sur les journalistes et professionnels des médias, les fonctionnaires mais aussi les défenseurs des droits humains.

Aujourd’hui, l’État de droit n’est plus respecté en Turquie. En moins de deux ans, plus d’un tiers des juges et procureurs d’un pays a été limogé ou poursuivi pour de prétendus liens avec le terrorisme.

Lutter contre le terrorisme est certes un but légitime mais ne doit pas devenir un prétexte pour faire taire toute voix dissidente et bafouer les droits humains.

Le président de la section turque d’Amnesty International, avocat engagé de longue date pour la défense des droits humains , est lui aussi poursuivi pour appartenance à une organisation terroriste. Il est emprisonné depuis près de sept mois.

La répression en quelques chiffres :

Plus de 50 000 personnes sont toujours en détention préventive, pour de prétendus liens avec le mouvement de Fethullah Gülen, et un nombre équivalent de personnes se trouve en liberté conditionnelle pour les mêmes motifs. Pourtant, seule une minorité est poursuivie pour des liens directs avec la tentative de coup d’État.

  • 150 000 personnes font face à des enquêtes criminelles,
  • plus de 100 000 employés du secteur public ont été renvoyés sans préavis,
  • plus de 180 organes de presse ont été fermés,
  • environ 2 500 journalistes et autres professionnels des médias ont perdu leur emploi.

A la fin de l’année 2017, plus de 100 journalistes et travailleurs des médias étaient toujours en détention provisoire.

Une diplomatie française qui doit aller plus loin

Si nous saluons les déclarations de la diplomatie française dénonçant les attaques répétées contre la société civile turque, nous appelons vivement Emmanuel Macron à être plus ferme lors de son entrevue avec son homologue turc.

Le président français rappellera-t-il que  les défenseurs des droits humains ne sont pas des terroristes ? Car ce sont eux qui jour après jour mettent leur liberté et parfois leur vie en danger pour défendre les droits humains de tous.

Source : Amnesty International, 4 janvier 2018

 

Par le Parti Communiste Français :

Erdogan à Paris : Une provocation et un outrage

L’annonce de la visite du président turc Erdogan à Paris, le 5 janvier 2018, tonne comme une provocation. Elle se déroulera la veille d’une manifestation commémorant l’assassinat de trois militantes kurdes il y a cinq ans. La justice française avait pourtant mis en évidence l’implication des services secrets turcs dans ce crime.

La rencontre entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan constitue un nouvel outrage à l’égard des familles des victimes et des Kurdes qui subissent une impitoyable guerre meurtrière. Les parlementaires et les maires du HDP ont vu leur immunité levée, ont été destitués et croupissent désormais en prison après avoir été condamnés dans des procès iniques.

La Turquie d’Erdogan est dans une situation de chaos, dans une fuite répressive permanente.

L’opposition est réduite au silence tandis que des purges gigantesques peuplent les prisons. La politique est devenue un champ de vengeance dans lequel des milices islamo-fascistes jouissent de l’impunité pour tuer et lyncher ceux qui protestent encore.

Comment dans ces circonstances affirmer que la Turquie demeure « un partenaire essentiel » ? Le devoir de la France est d’être aux côtés des défenseurs des droits humains en Turquie.

Le PCF condamne la visite du dictateur R.T. Erdogan et exprime sa solidarité totale avec tous les démocrates de Turquie. Il appelle à faire de la manifestation du 6 janvier 2018 à Paris un succès pour que Vérité et Justice soient rendues à Leïla, Sakine et Rojbin.

Source : PCF, 2 janvier 2018