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Le détenu politique Serge Kanon Blé est décédé faute de soins

Communiqué de l’Association des Femmes et Familles des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire

L’Association des Femmes et Familles des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire (AFFDO-CI) est préoccupée et très inquiète par les graves violations des droits de l’homme qui ont cours dans les prisons de notre pays, la Côte d’Ivoire, particulièrement ceux des détenus d’opinion, dont les conséquences des tortures subies vont jusqu’à la mort.

L’AFFDO-CI informe l’opinion nationale et internationale ainsi que toutes les personnes ayant apporté une aide financière, lors de son SOS lancé sur le réseau social Facebook, le 20 Juin 2018, du décès de M. Kanon Serge survenu ce Samedi 30 Juin 2018 à 22H30 au Centre Hospitalier de Yopougon.

Arrivé au CHU de Cocody le 18 Juin 2018, les différentes analyses ont montré que le détenu souffrait d’un mal qui ne pouvait être suivi au CHU de Yopougon. Le 25 Juin 2018, l’on le ramena à la MACA, car selon la procédure judiciaire, un détenu ne peut quitter un centre hospitalier pour se rendre dans un second même en cas d’urgence. C’est donc le 28 Juin qu’il est admis en Médecine Spécialisée du CHU de Yopougon et qu’il rendit l’âme deux jours plus tard.

Rappelons que M. Kanon Serge était un technicien en bâtiment, qui a été arrêté sous dénonciation par la police nationale dans les environs du palais de Justice de Yopougon. Après une détention abusive de 22 jours au 17ème arrondissement, il a été placé sous mandat de dépôt le 14 octobre 2011 et conduit à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA).

Il a comparu le 21 Janvier 2015 et fut condamné lors des premières assises à 10 ans de prison ferme, le 10 Mars 2015, pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Durant le procès, son état de santé était déjà alarmant et aucune preuve ne l’accablait. Si M. Kanon Serge avait été transféré bien des années auparavant dans un centre hospitalier, il serait encore vivant. L’on a attendu, comme les autres qui sont morts, qu’il soit à la porte du cimetière pour le transférer dans un centre de santé.

L’AFFDO-CI déplore que le droit à la santé des détenus soit si négligé par les autorités.
Depuis Janvier 2017, l’AFFDO-CI, à travers différents canaux de communication n’a cessé d’interpeller le gouvernement ivoirien sur la détérioration alarmante de l’état de santé des détenus d’opinion et signale,

L’AFFDO-CI dénonce les conditions de détention de tous les détenus d’opinion, les tortures subies à la DST et dans d’autres lieux de détention illégaux qui, précisons-le, sont la cause de la dégradation de santé de tous les détenus d’opinion.

L’AFFDO-CI condamne fermement ces assassinats programmés des détenus d’opinion.

L’AFFDO-CI réitère sa compassion à la famille de M. Kanon Serge, aux détenus d’opinion et renouvelle sa compassion aux familles des huit autres détenus d’opinion décédés dans les conditions similaires.

L’AFFDO-CI exhorte le Chef de l’État ivoirien à plus d’humanisme en faveur de ses opposants détenus.

L’AFFDO-CI demande à tous les Ivoiriens, à tous les religieux et à toutes les chancelleries de continuer à œuvrer sous toutes les formes afin que les 301 détenus d’opinion recouvrent leur Liberté, car 7 ans de détention dans des conditions malsaines, c’est énorme.

Au gouvernement ivoirien, l’AFFDO-CI dit :
POUR LA DIGNITE HUMAINE, APRES 7 ANS, LIBÉREZ LES DÉTENUS D’OPINION !

Fait Abidjan, le 01 Juillet 2018

Pour l’AFFDO-CI

Dr GUEU THEODORE, Porte-parole

(Source : presse)

Hommage à vous !

 

 

 

 

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Pour sortir de la Françafrique : conférence-débat du Forum des Résistances 2018

Pour sortir de la France Afrique : aller jusqu’au bout de l’indépendance…

La conférence suivie d’une partie consacrée aux échanges avec le public s’est tenue le samedi 2 juin 2018 dans le cadre des activités organisées à l’occasion du Rassemblement annuel des Glières (Haute Savoie) par l’association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourdhui (CRHA).

Intervenants : Odile Tobner, écrivaine et Présidente de l’association Survie, Kako Nubukpo, économiste togolais, Thomas Dietrich, romancier et haut fonctionnaire et Théophile Kouamouo, journaliste au Média.
Animée par Julien Masson, réalisateur.

 

 

Alertons l’opinion internationale sur la situation du prisonnier SAMBA DAVID !

L’état de santé de M. Samba David, responsable de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire (CICI), est alarmant.
Voir ci-dessous, le communiqué de son avocat, Maître Rodrigue Dadjé :

COMMUNIQUE DE PRESSE
Abidjan, le 5 Juin 2018

Il m’est revenu de la part de la famille de Monsieur DOUYOU Nicaise alias SAMBA DAVID qu’il serait actuellement gravement malade et privé de soins.
Pour rappel, Monsieur DOUYOU Nicaise alias SAMBA DAVID était en détention préventive à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), lorsqu’il a été déporté en secret par les autorités judiciaires ivoiriennes vers une destination qui m’est toujours inconnue à ce jour et ce, malgré les courriers que j’ai adressé[s] aux Autorités judiciaires.
La Défense de Monsieur DOUYOU Nicaise alias SAMBA DAVID craint désormais pour sa vie car son état de santé serait actuellement très précaire.
Monsieur DOUYOU Nicaise alias SAMBA DAVID se trouve dans une procédure d’instruction incompréhensible dans laquelle, il est poursuivi pour des faits pour lesquels il a déjà été jugé et condamné.
La procédure d’instruction actuelle engagée contre Monsieur DOUYOU Nicaise alias SAMBA David semble avoir pour seul but : son maintien en dehors de la scène politique.
J’attire l’attention de l’Etat de Côte d’Ivoire sur la préservation des droits humains (dont le droit à la santé) de Monsieur DOUYOU Nicaise alias SAMBA DAVID, qui de surcroît n’est qu’en détention préventive et donc présumé innocent au regard de la Constitution Ivoirienne.

Maître Ange Rodrigue DADJE
Avocat de Monsieur DOUYOU Nicaise alias SAMBA DAVID

Lire aussi :

Le régime d’Abidjan s’acharne contre Samba David : exigeons sa libération (Parti Communiste Français)

Transfert en pleine nuit de deux prisonniers

Arrestation et condamnation de David Samba : Amnesty International réagit

 

 

Conférence de presse du Collectif des Femmes et parents des Détenus d’opinion

Le cri du coeur des épouses des détenus de la crise postélectorale

La conférence de presse s’est tenue à Abidjan le mardi 29 mai 2018. Elle était composée de trois parties :

– les propos liminaires de la Présidente du COFED, Simone Datté ;
– le témoignage d’une épouse de détenu ;
– les réponses aux questions des journalistes.

(Source : vidéo mise en ligne le 30 mai 2018 par BruvTV – Durée : 26:24)

 

Les familles de détenus déplorent et dénoncent un nouveau décès à la MACA

Communiqué

L’Association des Femmes et Familles des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire (AFFDOCI) informe l’opinion nationale et internationale du décès, ce lundi 30 avril 2018, à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), de Monsieur Boyo Jean Paul, incarcéré sous le mandat de dépôt du 21/08/2017.

Selon les premières informations recueillies, il est décédé des suites d’un malaise à l’infirmerie de la MACA après une heure d’attente sans soins.

L’AFFDOCI rappelle que Monsieur Boyo Jean Paul n’a été présenté ni à un juge ni à un avocat depuis sa détention.

L’AFFDOCI exprime sa compassion à la famille de Boyo Jean Paul.

L’AFFDOCI constate que le droit à la santé de M. Boyo Jean Paul a été violé.

L’AFFDOCI dénonce les conditions de détention de Monsieur Boyo Jean Paul et de tous les détenus d’opinion, qui précisons-le, sont tous malades.

L’AFFDOCI signale que le décès de M. Boyo Jean Paul porte à huit le nombre de détenus d’opinion décédés en prison depuis la fin de la crise post électorale.

L’AFFDOCI renouvelle sa compassion aux familles des 7 autres détenus d’opinion décédés et à toutes les familles qui ont vu l’un des leurs décéder en détention, dans les conditions similaires.

L’AFFDOCI prend à témoin l’opinion nationale et internationale sur les conséquences des traitements subis par les détenus d’opinion qui vont jusqu’à la mort.

L’AFFDOCI dénonce, par ailleurs, le maintien en prison à ce jour de 299 prisonniers d’opinion dont la plupart est sans jugement.

L’AFFDOCI apporte son soutien à toutes les personnes brimées, arrêtées et incarcérées pour leurs opinions et exige leur libération immédiate.

L’AFFDOCI en appelle à toutes les organisations de Défense des Droits de l’Homme et aux chancelleries à manifester la solidarité dans l’action afin que, rapidement, la mise en liberté des personnes injustement maintenues en prison soit prononcée.
L’AFFDO-CI demande au gouvernement ivoirien de respecter les droits fondamentaux dont celui de la liberté d’opinion.
Pour la dignité humaine, l’AFFDO-CI demande au gouvernement ivoirien de libérer tous les détenus d’opinion !

FAIT A ABIDJAN
LE LUNDI 30 avril 2018 
POUR L’AFFDO-CI
MR GUEU THEODORE
PORTE PAROLE

 

 

 

 

 

La France a mis Alassane Ouattara au pouvoir, elle doit agir pour obtenir la libération des prisonniers politiques

Le régime d’Abidjan s’acharne contre Samba David. Exigeons sa libération !

Par le Parti Communiste Français

Samba David est le président de la Coalition des Indignés, organisation partie intégrante du mouvement social en Côte d’Ivoire. Il a été emprisonné par le régime en 2015 au seul motif qu’il est un opposant. Condamné à 6 mois de prison à l’issue d’une farce judiciaire, il est depuis 2016 pris en otage par le régime, enfermé sans raison. Il est un de ces centaines de prisonniers politiques ivoiriens embastillés arbitrairement. La situation particulièrement injuste qu’il subit a été mentionnée dans le dernier rapport d’Amnesty International. Il vient d’être transféré de nuit et manu militari de la MACA, prison d’Abidjan, à celle de Korhogo aux conditions de détentions épouvantables, et où il sera à des centaines de kilomètres de sa famille, de son avocat et de ses proches.
Le Parti communiste français dénonce ces agissements et appelle à la libération immédiate de Samba David et des autres prisonniers politiques. Rappelons que le régime d’Alassane Ouattara a été installé par les chars français en 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Depuis, toute décision prise à Abidjan se fait avec l’aval de Paris. Le gouvernement français pourrait demander le respect des droits humains et obtenir la libération de Samba David. Il ne le fait pas. Cela devient urgent.
(Surtitre de la Rédaction)

Un jour de plus en prison est un jour de trop !

Conférence de presse
de
l’Association des Femmes et Familles des Détenus d’Opinion – Côte d’Ivoire

(AFFDO-CI) – Abidjan, le 12 avril 2018

 

PROPOS LIMINAIRE DE LA CONFERENCE DE PRESSE

 

Mesdames et Messieurs les journalistes.

Chers amis des médias traditionnels et des médias sociaux,

Au nom de l’ Association des Femmes et Familles des Détenus d’opinion (AFFDO-CI) que j’ai l’honneur de présider…

Au nom des détenus d’opinion, eux-mêmes…

Nous tenons à vous exprimer la gratitude de l’AFFDO-CI pour les efforts que vous n’avez [pas] ménagés pour répondre à notre invitation de ce jour.

Notre reconnaissance va également aux associations de défense des Droits de l’Homme qui, malgré leur calendrier si chargé, ont aussi effectué le déplacement jusqu’ici.

Nos remerciements s’adressent aussi aux ex-détenus présents dans cette salle.

Permettez-nous de saluer notamment Docteur Blé Christophe, médecin particulier du Président Laurent Gbagbo.

Yako, Docteur pour ce que vous tous avez enduré pendant votre séjour carcéral.

Yako à tous les ex détenus présents en ces lieux pour toutes les souffrances dont vous avez été victimes.

Chers amis journalistes, et journalistes-blogueurs,

Depuis 7 ans, l’expression «détenu d’opinion» est devenue une rhétorique dans le langage des Ivoiriens parce que le piétinement, l’étouffement de la liberté d’expression, au moyen de pratiques illégales, sont devenus la règle dans notre cher pays la Côte d’ivoire.

Ce bâillonnement des libertés brise des familles, déscolarise des enfants et compromet gravement la réconciliation, chantée et dansée.

Il est aux antipodes du vivre ensemble prôné par ceux qui dirigent la Côte d’Ivoire.

Mesdames et messieurs,

Au moment où nous vous parlons, les autorités ivoiriennes recourent toujours à des arrestations arbitraires face à des revendications légales.

Ainsi, 21 personnes ont été abusivement séparées des leurs suite à une marche pacifique et démocratique de la plate-forme Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS) organisée le 22 mars 2018.

Parmi ces personnes, Tcheide Jean Gervais, vice-président du FPI et porte parole de EDS.

Il est encore maintenu en prison au moyen d’un artifice judiciaire.

Gbokou Tchétché Alain, Serge Pkele et Gnazou Kouadio Raphaël sont également emprisonnés à la Maca après leur séjour à la DST.

Il faut préciser que Raphaël a été sauvagement torturé.

Pourtant nos parents, ces démocrates arrêtés, ne réclamaient tout simplement qu’une impérieuse réforme de la Commission Électorale Indépendante au profit de la démocratie.

Mesdames et messieurs,

Pour ce qui est du point des détentions, il faut noter que plusieurs pressions nationales et internationales ont fait passer le nombre des détenus d’opinion de 800 en 2013 à environ 300 aujourd’hui.

Ces chiffres, naturellement, ne prennent pas en compte les personnes détenues dans des lieux de détention inconnus.

Voici un bref rappel des chiffres

MACA : 228 personnes

ECOLE DE GENDARMERIE : 03 personnes

MAMA : 34 personnes

DIMBOKRO : 15 personnes

CAMP BENAL DE BOUAKE : 07 personnes

BOUNA : 01 personne

BOUNDIALI : 03 personnes

MAN : 01 personne

ABENGOUROU : 07 personnes

KOROGHO : 01 personne

KATIOLA : 01 personne

Dans le chiffre de la Maca, il est bon de préciser que les 4 personnes accusées de troubles à l’ordre public, lors de la dernière marche d’EDS, en font partie.

Chers amis,

Les méthodes utilisées à l’encontre des détenus d’opinion sont attentatoires, non seulement au droit des prisonniers, mais à leurs vies même.

Aussi avons-nous déjà enregistré 7 décès sans oublier que tous les détenus sont malades.

Concernant le droit des prisonniers, outre le fait qu’ils manquent de soins, c’est la pression et la forme de torture insidieuse qui leur sont infligées qu’il y a lieu de déplorer.

En effet, alors que les juges d’instruction chargés de leurs dossiers, siègent à Abidjan, les autorités s’offrent le droit de les transférer dans les prisons de l’intérieur.

L’information judiciaire les concernant va-t-elle se poursuivre par voie de commissions rogatoires ?

Sont-ce là des pratiques pour imprimer la célérité qui est de règle dans la Justice qui doit être rendue au nom du peuple ?

Pire, des personnes ayant purgé leur peine d’emprisonnement sont maintenues en détention aux motifs que de nouvelles charges pèseraient soudainement sur elles.

Les conditions de détention de cette catégorie de personnes sont rendues intenables pour des humains.

Chers amis des médias traditionnels et des médias sociaux,

Le cas qui nous interpelle, au plus haut point, et qui risque de faire école s’il n’est pas énergiquement dénoncé, reste celui de Mr Douyou Nicaise alias Samba David.

De quoi s’agit-il ?

Mr Doyou Nicaise a été arrêté à son domicile en Septembre 2015, suite à la manifestation démocratique organisée par la Coalition nationale pour le changement, en abrégé CNC.

Le motif standard invoqué n’était autre que sa participation à des troubles à l’ordre public ; finalement, il a été jugé et condamné à 6 mois d’emprisonnement fermes.

Chose révolutionnaire dans sa situation, c’est que, quoique condamné à 6 mois d’emprisonnement fermes par une juridiction régulière, Monsieur Doyou a été contraint d’exécuter sa peine, non pas dans un établissement pénitentiaire mais dans ce camp de torture qu’est la DST.

Pour un pays revendiquant sa place dans le giron des pays de droit, de telles situations cocasses laissent sans voix.

Ce n’est que presqu’à la fin de sa peine que le persécuté fut, comme par enchantement, accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat, puis transféré à la Maca.

Est-il sans intérêt de rappeler que, pendant sa détention à la DST, Mr Doyou Nicaise a été victime d’une grave crise de paludisme qui l’a emmené au seuil de la mort pendant 3 semaines avant qu’il ne reçoive la visite d’un médecin.

Toute situation montrant clairement que d’autres personnes, détenues dans ce triste endroit, ne reçoivent aucun soin médical.

Cette privation du droit à la santé s’observe également dans l’ensemble des établissements pénitentiaires, telle la MACA.

De tels agissements ne s’analysent autrement que comme une inexcusable violation du droit à la vie.

Aussi l’on est en droit de s’interroger sur les motivations du refus d’octroyer des soins de santé aux détenus d’opinion.

S’agit-il là de la mise en œuvre d’une politique d’extermination pour des motifs bassement politiciens ?

Est-ce la mort de nos parents que l’on souhaite ?

Pour empirer les souffrances de Samba David dont la situation est l’illustration la plus démonstrative de ce qui se passe dans les prisons, le détenu, comme vous le savez tous, Mesdames et Messieurs, a été nuitamment enlevé de sa cellule de la Maca, puis transféré manu militari à la prison civile de Korhogo.

Durant tout le trajet il lui a été interdit de boire de l’eau. Une torture de plus ! Une torture de plus !

Cette méthode de transfèrement des prisonniers loin de leurs juridictions d’attache, n’est d’ailleurs pas nouvelle.

Nous nous sommes toujours battues pour dénoncer cette forme de torture et avons obtenu gain de cause provisoire.

C’est en effet en Octobre 2012 que le régime a expérimenté, pour la toute première fois, cet autre moyen de persécution, ayant pour finalité de saper le moral déjà fragile des personnes détenues.

C’est ainsi que le Ministre Douati Alphonse et 42 Co-Accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat avaient été déportés de la Maca au camp de Mr Koné Zakaria, avant d’atterrir finalement à la MAMA.

Si le Ministre Douati avait été ramené à la MACA, certains de ses Co-accusés ont été, eux, dispersés dans les prisons de l’intérieur du pays où ils demeurent toujours, pour la plupart.

Le cas de Mr Douyou Nicaise n’est plus un cas isolé. Le régime a repris le transfèrement tous azimuts des détenus politiques d’une prison à l’autre, sans même en avertir leurs conseils qui se retrouvent chaque fois devant le fait accompli.

Tous agissements portant atteinte aux droits de la défense.

C’est le lieu de dénoncer le non respect des délais prescrits par la loi dans le cadre des gardes à vues et de la détention préventive.

Alors qu’une garde à vue ne peut durer plus de 48 h, les autorités ivoiriennes ont transformé en règle, la détention d’une [ou] de plusieurs personnes à la police et à la DST.

Ainsi, pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois et aujourd’hui 7 ans, on assiste à des incarcérations de plus de 18 mois.

CHERS AMIS DES MEDIAS

L’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (OIDH) et de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme qui suivent les procès, relaient régulièrement, dans [leurs] communiqués, de tels dysfonctionnements dommageables.

Même l’opinion s’offusque de la disproportion des peines. Que dire alors du ressenti des familles que nous sommes ?

Chers amis des médias,

C’est pour y remédier que l’Affdo-Ci, qui est une organisation pour le respect de la dignité humaine, sensibilise le gouvernement et dénonce les manquements.

Dans cette logique, l’AFFDO-CI a organisé une série de manifestation dont celle de rue entre 2013 et 2015 et a participé à la mobilisation générale pour les droits démocratiques.

Nous poursuivons nos efforts diplomatiques pour qu’une loi d’amnistie ou toutes autres mesures soient prises dans les plus brefs délais en vue d’obtenir la libération incertaine de nos parents.

En un mot nous entreprenons toutes actions citoyennes et humaines qui doivent favoriser le recouvrement de leur liberté par les nôtres.

Cela aura l’avantage de donner un sens à notre existence, à travers une vie commune au quotidien avec nos parents.

MESDAMES ET MESSIEURS

CHERS AMIS DES MEDIAS

HONORABLES INVITES

Maintenant, au cas où tous ces moyens de revendications démocratiques laiss[er]aient encore les gouvernants indifférents aux souffrances des familles, il en va que, dans un délai que nous communiquerons ultérieurement, nous marcherons sur toutes les prisons dans lesquelles sont détenus les nôtres afin de les libérer et ce, à tous les prix !

Nous savons que ce dernier acte de désespoir sera réprimé, les femmes seront arrêtées, emprisonnées, bastonnées, violentées, blessées, et même tuées certainement.

Mais il y survivra toujours un parent ou une famille de détenu d’opinion pour ouvrir ces prisons.

A l’instar des femmes qui ont libéré les hommes de la prison de Grand-Bassam pendant la lutte anti coloniale, nous libérerons nos parents vaille que vaille !

Je vous remercie !

DESIREE DOUATI

(Source : Association des Femmes et Familles des detenus d’opinion·vendredi 13 avril 2018)

De multiples condamnations frappent les marcheurs du 22 mars

Vendredi 6 avril, 18 participants à la marche du 22 mars 2018 ont été condamnés pour trouble à l’ordre public (l’accusation fourre-tout du régime ivoirien) par le Tribunal de Première Instance d’Abidjan Plateau à :
– 12 jours d’emprisonnement ;
– 5 ans de privation des droits civiques ;
– 3 ans d’interdiction de paraître sur toute l’étendue du territoire sauf à leur lieu de naissance ;
– 50 000 Fcfa d’amende.
Leur période d’emprisonnement ayant été couverte – et au-delà – par celle déjà effectuée, ils ont été remis en liberté, à l’exception cependant de Jean-Gervais Tcheidé pour lequel, selon une méthode déjà éprouvée (cf. par exemple Jean Gervais Tcheidele cas de David Samba), de nouveaux motifs d’inculpation ont été découverts. En l’occurrence, il s’agirait d’une affaire remontant à environ 6 ans.

A propos de ces condamnations, selon Maître Rodrigue DadjéRFI) : « Le parquet n’a jamais apporté d’éléments de preuves montrant qu’ils auraient troublé l’ordre public. Donc pour cette seule raison déjà, on n’aurait pas dû les condamner. Maintenant qu’on les ait condamnés à 12 jours de prison, je ne peux pas comprendre que l’on puisse mettre, dans la même balance, 12 jours d’emprisonnement et cinq ans d’interdiction de droits civiques. En réalité, je pense qu’on avait juste envie de les mettre hors-jeu sur le plan politique, c’est tout. Nous ferons appel, lundi, de cette décision que nous trouvons injuste et injustifiée ».
De nombreuses personnalités de l’opposition étaient venues les soutenir.

(Re)lire le Communiqué d’Amnesty International dénonçant les entraves au droit de manifester en Côte d’Ivoire.

 

 

Le Parti de Gauche exige la libération des manifestants du 22 mars

Côte d’Ivoire : Ouattara réprime et verrouille

Déclaration  de la Commission Afrique du Parti de Gauche

La coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), avait appelé à une manifestation pacifique pour demander la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) ; les autorités l’ont dispersée violemment. Plus de 40 personnes, dont Jean Gervais Tcheidé, vice-président du Front patriotique ivoirien (FPI, opposition) et Oula Anselme du même parti, ont été arrêtées. Dans la soirée, une partie des manifestants a été libérée, cependant 18 personnes demeurent encore en détention. La manifestation n’avait pas été autorisée, nonobstant les discussions entre l’opposition et les autorités pour décider de son itinéraire. Ce n’est que la veille, assez tard dans la soirée, que l’interdiction a été communiquée.

C’est la composition de la Commission électorale indépendante (CEI) qui est dans le collimateur des opposants à Alassane Ouattara et il n’existe plus de consensus autour de la formation de cette instance déséquilibrée. Sur les dix-sept personnes qui composent cette instance, quatre représentent des membres du gouvernement – dont le président de la République – et quatre autres le parti au pouvoir. Et comme les quatre membres supposés représenter l’opposition ne sont pas reconnus par elle, les autorités emportent mécaniquement la majorité. Ouattara  a une volonté manifeste de tout verrouiller. Cette commission est tout entière au service de l’exécutif. Aucune élection juste et crédible ne peut se tenir dans ces conditions.

Ajoutons à cela le fait que président de la CEI, Youssouf Bakayoko, en place depuis plus de six ans alors que la loi l’interdit formellement est celui qui est à la base de la crise de 2010 en ayant annoncé les résultats proclamant Ouattara vainqueur de la présidentielle depuis son QG et hors du temps imparti à la commission électorale.

Les pressions internationales se sont pourtant intensifiées depuis la dernière élection présidentielle en 2015. Dans un arrêt daté du 18 novembre 2016, la Cour africaine des droits de l’Homme a ainsi estimé que « l’organe électoral ivoirien ne présente pas les garanties d’indépendance et d’impartialité ». Récemment, les représentants de plusieurs partenaires internationaux, dont l’Union européenne, la Belgique et les États-Unis, ont fait part de leur préoccupation. Mais rien n’y fait.

Ces manœuvres visant à mettre sous contrôle du régime le processus électoral, sont-elles les préparatifs d’une future présidentielle truquée ou d’un troisième mandat  illégal ?

Dans l’immédiat, l’élection de sénateurs ressemble à une pantomime dénuée de sens, sauf à considérer l’intérêt qu’a Ouattara à fidéliser sa clientèle en créant ce Sénat inutile et budgétivore.  Un tiers des sénateurs est en effet choisi directement par le président, les deux autres tiers par un collège de grands électeurs, acquis à la coalition au pouvoir. Le résultat de l’élection n’est donc pas surprenant : la coalition au pouvoir Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) remporte 50 des 66 sièges en jeu aux premières sénatoriales de Côte d’Ivoire, en l’absence de l’opposition qui boycottait le scrutin. Cependant, la surprise est venue de Bouaké, fief de la rébellion qui soutenait Ouattara, et de Yamoussoukro, la capitale administrative, patrie de l’ancien président Félix Houphouët-Boigny dont le RHDP se réclame. Dans les deux cas hautement symboliques, le RHDP y a été battu par la liste des indépendants, les ADOrateurs de la première heure sont aussi les premiers à lui signifier son inanité.

Le Parti de Gauche dénonce les restrictions systématiques au droit à la manifestation pacifique, droit garanti par la constitution ivoirienne, car elles montrent la détermination des autorités à réduire au silence toute voix dissidente.

Le Parti de Gauche soutient le peuple ivoirien dans sa volonté de défendre la démocratie contre un régime qui révèle au grand jour sa vraie nature.

Le Parti de Gauche proteste contre le maintien en détention des 18 personnes arrêtées le 22 mars, pour avoir simplement participé à une manifestation pacifique et exige leur libération.

Pierre Boutry

In : AFPA (Alliance des Forces Progressistes pour l’Afrique), 27 mars 2018

 

Pour le Parti Communiste Français, la Côte d’Ivoire sous Alassane Ouattara n’est plus un Etat de droit

La Côte d’Ivoire doit redevenir un Etat de droit

La Côte d’Ivoire continue de connaître des reculs démocratiques inquiétants. C’est par centaines que se comptent les personnes disparues ou emprisonnées pour des raisons politiques pour la plupart d’entre elles sans jugement. D’autres sont condamnées à l’issue de procès confinant au grotesque. Et pour celles et ceux qui peuvent sortir des geôles, le lot commun est souvent la liberté conditionnelle sous la menace d’un retour en prison à la moindre expression oppositionnelle. Pire, les comptes de nombreux opposants sont par ailleurs bloqués sans aucune raison valable, tentant de les réduire ainsi à l’indigence. Les atteintes contre la liberté de la presse sont monnaie courante. Des dizaines de milliers d’Ivoiriens sont contraints à l’exil.

Plus grave encore, pour conforter son régime autoritaire quasi-féodal et soumis aux multinationales, le chef de l’Etat Alassane Ouattara met en place un Sénat avec des candidatures décidées à l’avance. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, un tiers des membres est désigné par le Président de la République !

Quant à la Commission électorale indépendante (CEI – organe en charge des élections en Côte d’Ivoire, qui n’est indépendante que de nom), la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a rendu le 18 novembre 2016, un arrêt qui remet en cause sa légalité.

Sur la base de ces éléments, l’opposition ivoirienne, réunie dans la plateforme politique « Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté » (EDS) et ses partenaires, a manifesté à plusieurs reprises au mois de mars en vue d’interpeller les autorités ivoiriennes sur la nécessité d’ouvrir des discussions politiques avec elle et la société civile.

Le 22 mars 2018 environ 50 personnes qui s’apprêtaient à manifester dans ce cadre ont été arrêtées avec une grande brutalité, dont 18 sont toujours en détention. Amnesty International estime à ce sujet que « les restrictions systématiques au droit à la manifestation pacifique, droit garanti par la constitution, montrent la détermination des autorités à réduire au silence toute voix dissidente ».

Le PCF partage ce point de vue tout en pointant l’urgence à libérer ces personnes, tout comme l’ensemble des autres prisonniers politiques. Il exige d’arrêter d’utiliser le mécanisme de la liberté conditionnelle comme d’un outil contre la liberté d’expression et de cesser les intimations contre les journalistes.
La Côte d’Ivoire doit redevenir un Etat de droit, condition primordiale pour que les milliers d’Ivoiriens en exil puissent revenir.

Parti communiste français
26 mars 2018

In : PCF, 27 mars 2018
(Surtitre de la Rédaction)

 

Côte d’Ivoire : Amnesty International dénonce les entraves au droit de manifester

Communiqué de presse

Côte d’Ivoire. 18 opposants toujours en détention pour avoir exercé leur droit de manifester pacifiquement

Publié le 23.03.2018.

Les autorités ivoiriennes doivent immédiatement libérer 18 personnes arrêtées hier, 22 mars, pour avoir simplement participé à une manifestation pacifique.

18 opposants politiques sont toujours en détention après leur arrestation au cours d’une manifestation à Abidjan, pour demander la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI). La manifestation n’avait pas été autorisée, nonobstant les discussions entre l’opposition et les autorités pour décider de son itinéraire. Ce n’est que la veille, assez tard dans la soirée, que l’interdiction a été communiquée.

« Les restrictions systématiques au droit à la manifestation pacifique, droit garanti par la constitution, montrent la détermination des autorités à réduire au silence toute voix dissidente,» a déclaré Gaetan Mootoo chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

« A défaut de les inculper d’une offense légitime sur la base de preuves suffisantes, toutes les personnes arrêtées doivent immédiatement être libérées.»

Hier, la coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), avait appelé à une manifestation pacifique pour demander la réforme de la Commission électorale indépendante ; les autorités l’ont dispersée pour défaut d’autorisation. Plus de 40 personnes, dont Jean Gervais Tcheidé, vice-président du Front patriotique ivoirien (FPI, opposition) et Oula Anselme du même parti, ont été arrêtées. Dans la soirée, une partie des manifestants a été libérée, cependant 18 personnes demeurent encore en détention.

Le même jour, l’Alliance des forces démocratiques (AFD, opposition) dirigée par Pascal Affi N’Guessan a été autorisée à déposer une motion à la CEI. Le journaliste- bloggeur Daouda Coulibaly qui était présent dans le cadre de son travail a été agressé par les forces de l’ordre, arrêté puis relâché. Il a perdu une somme d’argent et des effets personnels.

Il a confié à Amnesty International :

« Pendant qu’un policier cherchait à me faire tomber en marchant sur ma cheville, les autres me donnaient des coups sur les côtes… L’un d’eux me frappait avec une matraque sur mon genou gauche. Quand je suis tombé, me tordant de douleur, ils m’ont traîné sur le sol sur environ un mètre. J’ai perdu mon portefeuille, de l’argent, et un appareil pour la connexion à internet. Quand ils m’ont relâché, je suis allé au commissariat de police où un officier a refusé de prendre ma plainte…»

« Les responsables de cette agression contre le journaliste doivent être identifiés et traduits en justice au cours de procès équitables,» a déclaré Gaetan Mootoo.

In : Amnesty International, 23 mars 2018
[Note de la Rédaction de Soutien et Liberté : au 5e paragraphe, lignes 3-4, il faut lire « Front Populaire Ivoirien » et non « Front Patriotique Ivoirien ».]

 

Abidjan : plusieurs manifestants de la marche du 22 mars déférés devant le parquet

« Ils sont au nombre de dix-huit (18) personnes interpellées le jeudi 22 mars 2018 au cours de la marche, qui ont été déférées devant le Parquet au Plateau, ce vendredi 23 mars 2018, depuis 7 heures 30 minutes. (…) »
Suite de l’article

(Source : Le Temps Infos, 23 mars 2018)

La marche du 22 mars à Abidjan violemment réprimée avec l’aide des enfants délinquants

Les évènements relatés par Ivoirebusiness.net :

« La marche de la coalition de l’opposition EDS ce jeudi 22 mars à Abidjan, a été violemment réprimée par les forces de l’ordre avant même qu’elle ne démarre, alors même qu’elle était autorisée et censée être protégée par la police.
Tout s’est passé comme si la police, qui entendait casser du manifestant, était devenue folle face à ces derniers, pourtant pacifiques et aux mains nues.
Plusieurs personnes ont été arrêtées dont le porte-parole de EDS Tchéidé Jean Gervais, et plusieurs journalistes et facebookers, conduits pour l’heure vers une destination inconnue.
Alors que les manifestants affluaient par milliers tôt ce jeudi à la place des martyrs à Adjamé, la police s’est brusquement mise à les charger.
Des gaz lacrymogènes ont été lancés contre eux et même des tirs à balles réelles, faisant plusieurs blessés graves.
Certains manifestants pourchassés ont purement et simplement été remis par les forces de l’ordre aux microbes (1).
Une manifestant a reçu un coup de poignard, ses intestins étaient visibles à l’œil nu, signe de l’activisme des voyous microbes aux côtés de la police.
Une autre manifestante gisait à terre dans son sang, la bouche en lambeaux.
Un autre blessé par balle à la tête, a eu la vie sauve miraculeusement, grâce aux soins reçus aux urgences du CHU de Cocody.

La ville d’Adjamé ressemblait à un champ de bataille, les manifestants affrontant courageusement aux mains nues la police du régime.
Les services d’urgences des hôpitaux abidjanais ont été pris d’assaut par les blessés en détresse.
Au moment où nous mettons sous presse, c’était le chaos à Adjamé et au Plateau.
Des véhicules de certains leaders de EDS ont même incendiés.
Le bilan de ces affrontements est pour l’heure inconnue.
Mais les dégâts causés par les forces de l’ordre sur une manifestation pacifique sont immenses.
Nous y reviendrons. »

Serge Touré

In : Ivoirebusiness, 22 mars 2018

(1) « Microbes » : Nom donné à des bandes d’enfants et adolescents tombés dans une délinquance extrêmement violente. [NDLR de Soutien et Liberté].

 

Transfert en pleine nuit de deux prisonniers

Selon les renseignements communiqués via les réseaux sociaux, David Samba et Maurice Guire Dahoue, détenus à la MACA (Abidjan), ont été déplacés le 16 mars 2018 avant le lever du jour pour être transférés dans le Nord du pays, avec une première étape à Bouaké où Maurice Guire Dahoue aurait été incarcéré, puis à Korhogo, le nouveau lieu de détention de David Samba.

David Samba, Président de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire, est un leader de la société civile. Il a été arrêté le 13 septembre 2015 pour avoir appelé à une marche pacifique. Il a été jugé le 2 octobre 2015 et condamné à 6 mois de prison pour trouble à l’ordre public. Alors que sa remise en liberté aurait dû intervenir le 13 mars 2016, il s’est vu accuser d’un nouveau « délit » et n’est toujours pas libéré à ce jour !
Pourquoi ce transfert inopiné (son avocat n’en a pas été informé !) ? Pour l’éloigner géographiquement des nombreuses personnes qui le soutiennent ? Pour faire pression sur l’opposition quelques jours avant la marche organisée le jeudi 22 mars par l’EDS (Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté) pour imposer le respect des droits du citoyen bafoués depuis le 11 avril 2011 ?

Voir le communiqué d’Amnesty International sur les conditions de son arrestation en 2015.

 

L’ancien ministre Justin Katinan Koné interpellé « par erreur » puis relâché

Pour ceux qui douteraient encore de l’existence d’une politique de harcèlement menée par Alassane Ouattara, si nécessaire via les pays voisins, à l’encontre des militants politiques de l’opposition proches du Président Laurent Gbagbo, l’évènement de ce matin est là pour en témoigner une fois de plus.

En effet, l’ancien ministre Justin Katinan Koné, exilé au Ghana, fut interpellé la nuit dernière pour interrogatoire, puis relâché ce matin, car il y a eu « erreur sur la personne ».
Voici ce qu’il relata par téléphone à l’APA (Agence de Presse Africaine) :
‘’ Je suis rentré de l’Afrique du Sud aux environs de 23h. Pendant que j’attendais mes bagages, des éléments de la police sont venus vers moi et m’ont demandé de les suivre parce que le Bureau of National Investigations (BNI) l’équivalent de la DST (Direction de la surveillance du territoire) en Côte d’Ivoire ont pensé qu’il y a un problème sur mon nom. Chose que j’ai faite.’’
‘’ Ils m’ont ramené toutes mes affaires et mes documents de voyage aux alentours de 10h ce matin, ils ont par la suite dit qu’ils se sont trompés de personne et ont présenté les excuses de la police ghanéenne avant que je ne sois libéré. ’’

En complément, lire (ou relire) le texte publié par J. Katinan Koné le 20 janvier 2018 :
Adresse de Justin Katinan Koné, suite au verdict de l’affaire « Casse de la BCEAO »
(Source : Les Amis de Laurent Gbagbo, 20 janvier 2018)

Justin Katinan Kone

(Source photo : Le Gri-Gri International)