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A lire : le « Rendez-vous Info » de l’association « Côte d’Ivoire-Rechercher et Dire la Vérité »

RDV Info de mai 2020

Edition dédiée à la mémoire de François Mattei.

Cliquer pour feuilleter le bulletin.

 

RDV Info 2020-1 P1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors que sévit le virus Covid 19, l’opposition ivoirienne doit faire face à la répression

En pleine pandémie du Covid 19, la Côte d’Ivoire menace son opposant, Assoa Adou

Dans le contexte de pandémie de Covid-19, des libérations de prisonniers, y compris d’opinion, ont été décidées dans plusieurs pays du monde. En CôtedIvoire, le régime fait l’inverse : il profite du contexte de l’épidémie pour réprimer ses opposants et tenter de les embastiller.

Le 31 mars 2020, il a fallu à peine deux minutes pour que la Cour de cassation de Côte d’Ivoire ordonne au procureur de la République de poursuivre AssoaAdou, secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI). Personne ne sait ce qui lui est reproché. Toutes les autres affaires qui devaient être examinées par la Cour ont été renvoyées après le 26 mai.

Cette décision est politique. Elle intervient alors que l’opposition, toutes tendances confondues, appelle le pouvoir d’Alassane Ouattara à se consacrer exclusivement à la lutte contre le Covid-19, à l’y associer ainsi qu’à cesser toute répression politique, comme par exemple l’arrestation le 30 mars d’un membre du Comité central du FPI.

Le contexte actuel de l’extension de la pandémie dans ce pays rendrait encore plus inacceptable et dangereux l’arrestation d’Assoa Adou, qui est âgé de 75 ans et a déjà passé de trop nombreuses années en prison.

Le PCF appelle les démocrates et les représentants français à protester auprès des autorités ivoiriennes face au traitement scandaleux que subit le dirigeant d’un des principaux partis d’opposition en Côte d’Ivoire.

Parti communiste français
Paris le 31 mars 2020

(Via : Collectif Solidarité PCF Afrique)

 

 

ASSOA ADOU DEVANT LA COUR DE CASSATION CE MATIN
Communiqué du Front Populaire Ivoirien le 31 mars 2020
Le Secrétaire Général du Front Populaire Ivoirien (FPI), Dr ASSOA Adou, est convoqué ce mardi 31 mars 2020 à 11heures devant la Cour de Cassation à la demande du Ministère Public.
Cette saisine de la Cour de Cassation par le Procureur est consécutive à la convocation erronée émise le samedi 21 mars 2020 par la Préfecture de police d’Abidjan qui voulait auditionner le Secrétaire Général le lundi 23 mars 2020 à 10 heures.
Le collectif des Avocats du Dr ASSOA Adou, par ailleurs ancien Ministre de la République, avait alors levé une exception de droit pour signifier à la Préfecture de police qu’elle n’avait pas cette compétence, en vertu des dispositions de la loi 2005-201 du 16 juin 2005 portant statut d’anciens chefs d’Etat, chefs d’institution et ministre.
Le Procureur a donc été contraint de se conformer à la loi en saisissant préalablement la Cour de Cassation à l’effet d’autoriser la justice à ouvrir une enquête sur l’ancien Ministre qu’est le Dr ASSOA Adou, Secrétaire Général du FPI.
Il semblerait qu’il soit reproché au Secrétaire Général du FPI d’avoir, par ses déclarations, incité les populations à des manifestations de rue dans plusieurs villes de l’intérieur du pays en vue de casses et saccages des centres d’enrôlement et de matériels d’enrôlement pour les cartes nationales d’identité (CNI).
Il est bon de rappeler que lors de la conférence de presse qu’il a animée le 11 mars 2020 au siège de son parti, le Secrétaire Général du FPI avait lancé : « le Front Populaire Ivoirien demande instamment à tous les ivoiriens d’envahir tous les centres d’enrôlement afin d’obtenir leur carte nationale d’identité pendant que nous nous battons ensemble pour obtenir sa gratuité ». Ce même appel a été réitéré le 15 mars 2020, à la tribune du meeting de l’opposition à Yamoussoukro.
Le Dr ASSOA Adou, invitait ainsi tous les ivoiriens à se faire enrôler selon les règles actuellement établies, en attendant qu’on obtienne la gratuité de l’opération. Aucun mot d’ordre appelant à de quelconques violences ou à des saccages des centres d’enrôlement et de matériels d’enrôlement, n’a été à ce jour lancé par le Secrétaire Général du FPI.
Au demeurant, les manifestations de rue qui ont été observées dans la semaine du 19 mars 2020, sembleraient plutôt être des protestations contre le projet de modification de la Constitution de novembre 2016. Ces mouvements de rue ne semblent donc pas liés au processus d’établissement des cartes nationales d’identité.
SERVICE COMMUNICATION FPI

 

LA COUR DE CASSATION ORDONNE LA POURSUITE DU SG ASSOA ADOU DEVANT LE TRIBUNAL D’ABIDJAN-PLATEAU

Prévue pour ce Mardi 31 mars à 11h, l’audience à la Cour de cassation a effectivement eu lieu. A moins de deux minutes, la présidente de séance, Mme Camara Nanaba Chantal a rendu sa décision en jugeant recevable la requête du Procureur et en désignant le Tribunal de première instance d’Abidjan Plateau pour instruire et juger l’affaire. Le SG du FPI, Dr ASSOA Adou, sera donc poursuivi par le Procureur de la République.

A noter que la présidente de séance a renvoyé toutes les autres affaires devant la Cour au 26 mai 2020.

SERVICE COMMUNICATION FPI

 

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé enfin remis en liberté !

A la suite de l’audience tenue le 1er février 2019 par la Chambre d’appel de la Cour Pénale Internationale, le Président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé ont pu quitter le soir même la prison de Scheveningen.
Rappelons qu’ils étaient restés en détention bien qu’ayant été totalement acquittés par la Chambre de première instance le 15 janvier.

Cette libération est cependant assortie de conditions.

Communiqué de presse de la CPI

Communication orale de la décision (vidéo)

Texte du Jugement détaillant les conditions assorties à la mise en liberté

 

Lettre ouverte

ACQUITTÉS MAIS PRISONNIERS,

UN DÉNI DE JUSTICE

L’INDISPENSABLE LIBÉRATION DE LAURENT GBAGBO ET DE CHARLES BLE GOUDE, ACQUITTÉS MAIS MAINTENUS PRISONNIERS A LA CPI

Depuis la crise électorale de 2010 et l’arrestation du Président Laurent Gbagbo en avril 2011, la Côte d’Ivoire reste profondément divisée et traumatisée. Outre les massacres et l’exil massif d’Ivoiriens, la justice y est dévoyée. Le transfèrement de Laurent Gbagbo (novembre 2011) et Blé Goudé (mars 2014) à la Cour Pénale internationale – CPI – laissait supposer la mise à l’endroit des procédures judiciaires pour que le droit soit dit par la justice internationale. Il n’en est rien ; car la CPI nous fait vivre les péripéties d’un droit singulier à La Haye.

Malgré une détention préventive qui s’est exonérée du principe de la présomption d’innocence appliquée à tout prévenu, après une instruction à sens unique, au terme d’une audience de la Chambre de 1ère instance qui a duré trois ans et a permis aux magistrats de se rendre compte de la vacuité du dossier du Procureur, la Cour de première instance a décidé, le 15 janvier dernier, de l’acquittement et de la libération immédiate des deux accusés.

Déjà habitué à violer, sans risques, les droits des deux prévenus, le bureau du Procureur a convaincu la Chambre d’appel de maintenir le Président Gbagbo et Blé Goudé dans les liens de la détention à titre conservatoire. Déjà injuste, quand Laurent Gbagbo et Blé Goudé avaient le statut d’accusés, cette décision est un véritable déni de justice, une violation inacceptable des droits de l’homme depuis leur acquittement le 15 janvier 2019 par la chambre de 1ère instance. Une telle décision signifie aussi que la CPI fait des deux personnalités des hommes sans droits et dont on restreint la liberté alors qu’ils ne sont pas poursuivis.

Citoyens d’Afrique et du Monde, nous exigeons la libération immédiate des deux acquittés, l’application des dispositions du Statut de Rome en la matière (art. 81 du Statut de Rome) et le respect absolu des droits de MM. Gbagbo et Blé Goudé. La CPI n’a pas le droit de se placer au-dessus de la liberté et de la justice si elle veut être l’instrument universel de lutte contre l’injustice.

Fait à Paris le 18 janvier 2019.

  • Pierre Kipré, professeur, ancien ministre, ancien ambassadeur
  • Michel Galy, politologue
  • Philippe Attey, banquier, ancien ministre
  • Albert Bourgi, professeur, constitutionnaliste
  • Coulibaly Malick, spécialiste du VIH/SIDA, ancien ministre
  • Jean-Claude Djéréké, professeur (université de Baltimore)
  • Richard Kadio, professeur, ancien ministre
  • Koffi Koffi Lazare, directeur de collection (éditions L’Harmattan), ancien ministre
  • Pascal Kokora, professeur (Georgetown university), ancien ambassadeur
  • Raymond Koudou Kessié, professeur, ancien ambassadeur
  • Paul Bert Rossy Rahasimanana, député de Madagascar
  • N’Guessan Yao Thomas, professeur, ancien ministre
  • Felix Tano, professeur, ancien membre du Conseil constitutionnel ivoirien

IMPRIMER (PDF)

 

Acquittés le 15 janvier 2019, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont encore détenus à Scheveningen

Acquittés le 15 janvier 2019, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont toujours détenus, la Chambre d’Appel de la CPI ayant accédé (à la majorité de trois voix sur cinq) à la requête de la Procureure pour leur maintien en détention en attendant un éventuel Appel. La Décision de la Chambre indique que la question de leur remise en liberté sera à nouveau débattue lors d’une audience le 1er février.

Pour plus d’informations

CPI : Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont acquittés

Audience du 15 janvier 2019 : la Chambre de Première Instance prononce à la majorité l’acquittement total de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé.

En savoir plus :
https://www.lesamisdelaurentgbagbo.com/actualite-584-acquittement-total-de-laurent-gbagbo-et-charles-ble-goude.html

Audience du 16 janvier 2019 : la Chambre rejette la demande de maintien en détention formulée par le Procureur (en attente d’un éventuel appel… )

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé devraient donc retrouver très vite la liberté.

Vidéo de l’audience de clôture le 16 janvier après-midi :

Communiqué de la CPI sur la décision de mise en liberté prise par la Chambre de Première Instance :
https://www.icc-cpi.int/Pages/item.aspx?name=pr1428&ln=fr

Selon l’AFP, le Procureur aurait déposé une demande d’appel.

 

CPI Audience publique le 15 janvier 2019

Le mardi 15 janvier 2019 à 11 h, une date importante dans le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé
La Chambre de Première Instance I rendra ses décisions sur :
– la demande de liberté provisoire ;
– la requête en vue d’un acquittement formulée par les équipes de la défense du Président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé.

Paris, mercredi 24 octobre 2018 : marche vers l’Assemblée Nationale pour l’acquittement total de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé

APPEL A LA MARCHE DU 24 OCTOBRE 2018

relayé par Célestine Dabah

Marche sur l’Assemblée Nationale pour exiger
l’Acquittement total du Président GBAGBO et du ministre Charles BLE GOUDE

Bonjour,

Comme vous le savez, suite au refus de la France de reconnaître le choix du Conseil Constitutionnel ivoirien après l’élection présidentielle de 2010, elle a bombardé la présidence puis déporté Laurent GBAGBO, son président élu, à la CPI en invoquant le motif de crimes contre l’humanité qu’il aurait commis.
Or 7 ans après cette déportation d’un autre temps, la CPI ne trouve aucune charge, poussant ainsi ses juges à suggérer une demande d’acquittement aux avocats de GBAGBO. Cette audience d’acquittement est en cours.

Cependant, comme nous avons les preuves que la CPI n’est qu’une cour politique, Joker des Puissants et à la solde de la France sur ce dossier ivoirien, nous organisons une marche sur l’Assemblée Nationale, le 24 octobre pour exiger de la France que cette audience n’aboutisse en effet qu’à un acquittement total de GBAGBO et de son ministre Blé GOUDE ! Une décision autre serait fatale pour la Côte d’Ivoire.

Flyer Marche du 24 oct 2018

Le point de chute de cette marche sera l’Assemblée Nationale où le député Jean Paul Lecoq nous attend pour récupérer un mémorandum et prendre la parole.
Afin d’assurer la réussite de cet évènement important, nous comptons sur votre présence massive. Relayez l’information auprès de vos amis et proches pour que nous soyons très nombreux. Nous espérons vous compter parmi nous.
Le lien ci-dessous vous offrira un éclairage et vous permettra de comprendre le bien-fondé de notre manifestation
La marche aura lieu :

Le mercredi 24 octobre 2018 à partir de 10 h et partira du Sénat jusqu’à l’assemblée Nationale.

 

Dans l’attente de vous recevoir, nous vous remercions de votre mobilisation pour la réussite de l’évènement.

Cordialement,

 

Célestine DABAH
Pour La Résistance Ivoirienne
Contact, Relation presse : Célestine DABAH
Tél : 06.52.23.00.23
@ : celestine.dabah [at] gmail.com

 

Rwanda, 15 septembre 2018 : libération de Victoire Ingabire

Dans le cadre d’une décision prise le 14 septembre 2018 par Paul Kagame et son gouvernement, une libération anticipée a été ordonnée pour 2140 détenus dont Victoire Ingabire, présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi), et le chanteur Kizito Mihigo, libérés le 15 septembre.

De nombreuses actions (sit-in, manifestations… ) furent menées au niveau international dans le but d’alerter sur la situation de la présidente du FDU emprisonnée en octobre 2010, après qu’elle voulut déposer sa candidature à l’élection présidentielle, et condamnée en appel à 15 ans de prison.

Plusieurs résolutions du Parlement européen ont appelé au respect de ses droits et condamné la chasse aux opposants menée par l’état rwandais.

En 2014 fut diffusé un documentaire de la BBC interdit au Rwanda, “Rwanda’s untold story”, retraçant la prise et l’exercice du pouvoir par le parti de Paul Kagame, le FPR.

En février 2016, l’Etat rwandais s’est retiré de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
Celle-ci a demandé le rétablissement de Mme Ingabire dans ses droits.

Le 14 octobre 2017, une journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques au Rwanda, l‘“Ingabire day”, fut organisée.

Enfin, de façon répétée en 2017 et 2018, les organisations internationales ont dénoncé la pratique de la torture, les disparitions et les arrestations arbitraires au Rwanda.

Mais la bataille pour la libération des prisonniers politiques au Rwanda ne s’achève pas aujourd’hui, puisque de nombreux militants sont encore emprisonnés sous divers prétextes, en réalité dans le but d’empêcher l’opposition politique de s’organiser.

Victoire Ingabire

Victoire Ingabire

 

Mobilisation pour la libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé toujours emprisonnés aux Pays-Bas

Ce 1er septembre 2018 = 2700 jours de détention pour le président Laurent Gbagbo

 

Laurent Gbagbo

(Source : CI-RDV)

PETITION

Le peuple ivoirien retrouvera une vie politique et sociale sereine dans un pays en paix seulement lorsque les deux personnalités leaders Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé seront de nouveau libres.
L’ONG « Jeunesse Panafricaine » (JEPA) vous invite à lire et à signer le texte suivant :

Demande de libération du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé

 

Le point sur les mesures d’amnistie, par Maître Rodrigue Dadjé

Dans une interview de Dnewstv, Maître Ange Rodrigue Dadjé revient sur la mise en application des mesures prévues dans l’ordonnance d’amnistie du 6 août 2018, émettant le souhait que les magistrats qui en ont la charge se mettent en relation avec les avocats afin que, dans un souci d’équité, les deux parties puissent comparer leurs éléments d’informations respectifs.

Parmi les autres points abordés, figure celui des rapports entre la Justice nationale d’un pays, la Côte d’Ivoire, et la Cour Pénale Internationale.

« Mes 4 Vérités/Me Rodrigue DADJE, avocat de Simone GBAGBO : « Que la CPI respecte nos pays » »
Mise en ligne le 16 août 2018

 

Prisonniers amnistiés : tous ne sont pas encore sortis

Le 14 août 2018, selon les informations dont nous disposons, il manquait encore au moins une cinquantaine de personnes, toujours détenues, que leurs proches attendent avec impatience, restant parfois des heures devant la prison.
Ils arrivent par tout petits groupes, les uns très fatigués, parfois handicapés, d’autres au contraire pressés de parler, de dire ce qu’ils ont sur le coeur. Tous remercient les personnes qui ont oeuvré à leur libération.

Parmi les autres mesures induites par l’ordonnance d’amnistie, rappelons :
le « dégel » des comptes bancaires bloqués, mesure que le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme est chargé de mettre en oeuvre dès maintenant ;
l’effacement des condamnations pénales et l’arrêt des poursuites à l’encontre aussi bien des personnes libérées à l’occasion de la mesure d’amnistie que de celles se trouvant en liberté provisoire ou encore en exil à l’étranger. Nous en ignorons le calendrier.

 

 

Mercredi 8 août 2018 : Simone Gbagbo est libre !

Les acclamations d’une foule heureuse fusèrent dans la rue et devant la résidence où Simone Gbagbo fut accueillie dans la liesse pour sa première journée de liberté. Elle retrouva, parmi les nombreux amis politiques regroupés pour l’occasion, le Dr Adou Assoa et Moïse Lida Kouassi, libérés quelques heures plus tôt.

Annonce d’une ordonnance d’amnistie pour Simone Gbagbo et pour 800 prisonniers politiques

L’annonce tant attendue – mais venue bien tard – d’une mesure permettant d’ordonner la libération de Simone Gbagbo et de 800 prisonniers politiques fut faite par Alassane Ouattara dans un discours à la Nation prononcé le 6 août 2018, soit la veille du 58e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

Voici les termes dans lesquels fut annoncée la décision :

« (…) j’ai procédé, ce lundi 06 août 2018, à la signature d’une ordonnance portant amnistie.

Cette amnistie bénéficiera à environ 800 de nos concitoyens, poursuivis ou condamnés pour des infractions en lien avec la crise postélectorale de 2010 ou des infractions contre la sûreté de l’Etat commises après le 21 mai 2011, date de ma prestation de serment en qualité de Président de la République.

Cependant une soixantaine de militaires et de membres de groupes armés ayant commis des crimes de sang ne seront pas concernés.

Je voudrais préciser que sur les 800 personnes concernées par cette amnistie environ 500 sont déjà en liberté provisoire ou en exil et verront leurs condamnations pénales effacées ; de ce fait il sera mis fin aux poursuites à leur encontre. Il en sera de même pour les 300 autres personnes détenues qui seront libérées prochainement ».

Simone Gbagbo, Moïse Lida Kouassi et Adou Assoa sont concernés par la mesure.
Nous sommes en attente de la liste des autres personnes.

Même si nous n’avons pas encore le calendrier précis de ces libérations, leur annonce marque un pas immense dans les objectifs qui sont les nôtres et ceux de tous les amis et toutes les organisations ayant dénoncé sans relâche la situation des détenus politiques ivoiriens afin de hâter leur remise en liberté.

 

 

 

De multiples condamnations frappent les marcheurs du 22 mars

Vendredi 6 avril, 18 participants à la marche du 22 mars 2018 ont été condamnés pour trouble à l’ordre public (l’accusation fourre-tout du régime ivoirien) par le Tribunal de Première Instance d’Abidjan Plateau à :
– 12 jours d’emprisonnement ;
– 5 ans de privation des droits civiques ;
– 3 ans d’interdiction de paraître sur toute l’étendue du territoire sauf à leur lieu de naissance ;
– 50 000 Fcfa d’amende.
Leur période d’emprisonnement ayant été couverte – et au-delà – par celle déjà effectuée, ils ont été remis en liberté, à l’exception cependant de Jean-Gervais Tcheidé pour lequel, selon une méthode déjà éprouvée (cf. par exemple le cas de David Samba), de nouveaux motifs d’inculpation ont été découverts. En l’occurrence, il s’agirait d’une affaire remontant à environ 6 ans.

A propos de ces condamnations, selon Maître Rodrigue DadjéRFI) : « Le parquet n’a jamais apporté d’éléments de preuves montrant qu’ils auraient troublé l’ordre public. Donc pour cette seule raison déjà, on n’aurait pas dû les condamner. Maintenant qu’on les ait condamnés à 12 jours de prison, je ne peux pas comprendre que l’on puisse mettre, dans la même balance, 12 jours d’emprisonnement et cinq ans d’interdiction de droits civiques. En réalité, je pense qu’on avait juste envie de les mettre hors-jeu sur le plan politique, c’est tout. Nous ferons appel, lundi, de cette décision que nous trouvons injuste et injustifiée ».
De nombreuses personnalités de l’opposition étaient venues les soutenir.

(Re)lire le Communiqué d’Amnesty International dénonçant les entraves au droit de manifester en Côte d’Ivoire.