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Le mouvement des étudiants ivoiriens en butte à une violente répression

Les revendications des étudiants

  • La suppression des frais annexes du COGES [Comité de gestion des établissement scolaires] ;
  • L’égalité et l’équité dans le traitement des élèves affectés de l’État dans le privé et le public ;
  • L’instauration des sessions de remplacement aux Examens à Grand Tirage (BEPC, BAC) ;
  • L’instauration de la Bourse dans le secondaire.

Déclaration du COllectif des Parents d’Elèves et d’Etudiants de Côte d’Ivoire (COPEECI)

Le Collectif des Parents d’Elèves et d’Etudiants de Cote d’Ivoire (COPEECI) suit, à l’instar de la nation entière, avec beaucoup d’attention, la grève générale lancée par la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) qui paralyse l’ensemble des établissements (primaires, secondaires et universitaires).

Les points culminants des revendications sont les suivants :
– La restauration de la session de remplacement pour les examens à Grand Tirage ;
– La suppression des frais annexes exorbitants dans les lycées et collèges et même dans nos établissements primaires.

Face à cette situation, le Gouvernement Ivoirien, en dépit de la justesse des revendications légitimes des Etudiants, refuse de les réunir autour d’une table afin de trouver des solutions adéquates par voie de dialogue.
Pire, nous notons des cas de répressions drastiques et d’arrestations injustes des étudiants qui manifestaient les mains nues.

Au vu de cela, nous parents d’élèves de toutes les couches sociales ivoiriennes réunis au sein du COPEECI,

– Condamnons les inscriptions anarchiques instaurées par les Coges en violation flagrante de la constitution ivoirienne,

– Dénonçons cette forme de parafiscalité dont les victimes sont les parents d’élèves déjà essoufflés par la crise financière qui frappe tous les ménages ivoiriens,

– Invitons la ministre de l’Education nationale à s’expliquer devant la nation sur l’inscription en ligne et la finalité des moyens qu’elle nous impose. A quoi sert cet argent ? Où va-t-il ?

– Invitons la ministre à fixer un montant unique sur toute l’étendue du territoire national pour les inscriptions dites physiques avec obligation des Coges de rendre public un bilan en fin d’année,

– Condamnons, avec la dernière énergie, ces actes d’extrême barbarie sur nos enfants et assurons qu’ils ne resteront point impunis,

– Nous leur apportons notre soutien pour leur patience et surtout la noblesse de leurs revendications car soucieux du poids financier que ces coûts des frais annexes constituent pour nous.

– Nous demandons au gouvernement de libérer tous nos enfants arrêtés et de soigner le plus rapidement les blessés et ceux qui ont inhalé le gaz lacrymogène périmé.

– Nous invitons Mme la ministre à ne pas oublier qu’elle est aussi une mère de famille et qu’elle devrait se soucier de l’avenir de nos enfants et de la nation entière.

Par ailleurs, nous avons constaté qu’aux fins de dissuasion et de manipulation, certains parents d’élèves et d’étudiants, en complicité avec le gouvernement, ont fait une déclaration le lundi 18 Septembre 2017 sur les antennes de la RTI (Radiotélévision Ivoirienne) pour décrier les points de revendications et les manifestations organisées par nos enfants.

Nous, COPEECI, déclinons toute responsabilité vis à vis de cette déclaration et mentionnons que nous ne nous reconnaissons point en ces personnes.

C’est pourquoi, nous dénonçons la RTI qui a refusé de diffuser notre déclaration parce qu’elle n’allait pas dans le sens de la vision de Madame la ministre de l’éducation nationale.

Pour finir, nous restons à l‘écoute des autorités pour toutes discussions pouvant contribuer à garantir la tranquillité et la paix dans nos établissements.

Fait à Abidjan le 19 Septembre 2017
Pour le COPEECI, le Président
M. Martial ADJOLAIN
edu.copeeci [at] gmail.com

(Source : Facebook)

 

Côte d’Ivoire : la violence de Ouattara à l’égard des étudiants ne doit pas rester impunie
Par Claude Koudou

Depuis plusieurs jours, les étudiants et élèves ivoiriens manifestent contre les augmentations abusives des inscriptions et autres conditions d’études. Parce qu’ils expriment ainsi et à juste titre leur colère, leurs souffrances et leurs difficultés, le pouvoir de Ouattara donne comme réponse la violence, la brutalité et la barbarie. Cette situation est inacceptable.

Nous condamnons fermement cette attitude arrogante du pouvoir avant d’exprimer le plus grand dégoût et notre vive indignation, face à cette inhumanité que montrent les images qui font le tour des réseaux sociaux.

Dans tout pays, il est normal que des jeunes qui entendent exprimer leur détresse, manifestent. Il faut donc soutenir ces jeunes pour la justesse des revendications qu’ils portent. Mais également, il faut dire qu’au regard de la bêtise du pouvoir, il est incompréhensible que l’opposition avec tous les progressistes se terre dans un mutisme assourdissant.

Depuis plus de six ans, nous constatons que ce pouvoir n’a que la violence comme moyen de gouvernance. Il faudra trouver les moyens d’arrêter cette barbarie qui ne peut plus durer. Mais devant la cruauté des actes posés par ce pouvoir, Ouattara devra aussi payer un jour ou l’autre.

En tout état de cause, nous en appelons aux organisations des droits de l’homme qui ne doivent pas avoir une observation sélective sur ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Aux pays démocratiques, nous affirmons que la puissance des lobbies financiers ne doit pas l’emporter sur la considération que le sang humain est sacré. Pour cela, nous demandons une commission d’enquête internationale sur les exactions faites sur les étudiants et élèves.

Nous invitons donc la Communauté internationale à ouvrir les yeux sur ce qui se passe en Côte d’Ivoire parce que cela relève de faits vécus au contraire des campagnes de communication du chef de l’Etat ivoirien qui ne fait depuis des années que dans du cosmétique, sur la réalité de la situation.

Enfin, il faut dire que lorsque le peuple est ainsi poussé à bout, il ne faudra pas s’étonner, que devant les graves dérives du pouvoir d’Abidjan, une riposte appropriée vienne arrêter ces souffrances.

Fait à Paris, le 20 septembre 2017

Claude Koudou
Président de l’ONG « Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique » ; Journal Officiel 2010.

Ampliations :
Ambassade de Côte d’Ivoire en France ;
Amnesty International ;
Human Rigts whatch ;
FIDH ;
Union Africaine ;
Assemblée Nationale française ;
Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire ;
Elysée ;
Maison Blanche ;
Kremlin.

(Source : Fraternafrique, 20 sept. 2017)

 

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Côte d’Ivoire : le pouvoir lance des accusations graves et fallacieuses contre deux responsables politiques en exil

Alassane Ouattara et son Conseil National de Sécurité ont trouvé de nouveaux boucs émissaires en la personne de Stéphane Kipré, Président de l’Union des Nouvelles Générations (UNG) et en celle de Damana Pickas, Vice-Président du Front Populaire Ivoirien (FPI), tous deux en exil, accusés d’implications dans les récentes manoeuvres de déstabilisation du pays dont tout le monde a pourtant vu qu’elles étaient provoquées par les propres forces qui ont aidé Alassane Ouattara à prendre le pouvoir en 2011.
(…)
Lire la suite de l’article sur le site des Amis de Laurent Gbagbo, 12 sept. 2017 :
Les faux complots sont de retour en Côte d’Ivoire

 

Que deviennent les Ivoiriens exilés suite au conflit postélectoral ?

Les damnés de leur terre

Par Leslie Varenne
31 août 2017
Note de voyage

Extrait

La guerre de 2011 en Côte d’Ivoire n’est toujours pas soldée. Outre les problèmes politiques et sécuritaires auxquels ce pays est confronté, de nombreux Ivoiriens sont encore exilés aux quatre coins du monde ; des milliers se trouvent toujours dans des camps de réfugiés au Ghana, au Togo et au Libéria. Ces enfants, ces femmes, ces hommes, oubliés de tous, tentent de survivre en attendant un éventuel retour… Après six longues années, certains ont fini par perdre l’espoir de pouvoir, un jour, rentrer chez eux et ont pris les routes dangereuses des migrants – désert nigérien, prisons libyennes et pour certains, la traversée de la Méditerranée, les plus chanceux sont arrivés en Italie. D’autres, les plus nombreux ont trouvé refuge au Maroc, en Algérie ou encore en Mauritanie. Ceux qui restent dans les camps essayent de s’organiser pour résister, améliorer, autant que faire se peut, leur condition de survie et se prémunir des vautours pour qui « réfugié » signifie aussi : « business ». Au mois d’août 2017, l’IVERIS a été à la rencontre des réfugiés ivoiriens au Ghana dans le camp d’Egyeikrom.

« Ils auront honte »
Cette petite phrase inscrite sur une des tentes du camp d’Egyeikrom dans lesquelles certaines familles dorment encore, depuis plus de six ans, s’adresse à beaucoup de monde ; « ILS » sont nombreux.

Le gouvernement ivoirien
En premier lieu, cette formule concerne l’Etat ivoirien qui n’a rien mis en place pour permettre aux réfugiés de rentrer chez eux. Environ 70% des 1800 personnes vivant dans ce camp sont originaires de l’Ouest ivoirien, une région de planteurs où des ressortissants des Etats voisins ont profité de la guerre pour accaparer les terres des autochtones. Le gouvernement n’a montré aucune volonté politique pour résoudre ce problème afin de permettre aux expulsés de retrouver enfin leur maison et leur travail. Mieux, depuis quelques mois, le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) enregistre de nouvelles demandes, quarante-cinq familles de l’Ouest sont arrivées à Egyeikrom, inquiètes de la situation sécuritaire et des soubresauts violents que pourrait connaître à nouveau la Côte d’Ivoire. Ces populations ont payé le plus lourd tribut de la guerre de 2011. Mais quelle que soit l’origine des réfugiés ou les raisons de leur présence ici, tous sont empêchés de rentrer en raison de l’insécurité qui perdure. Mamadou Bamba, un des porte-parole de l’association du camp, expose la situation : « Les réfugiés urbains qui sont connus peuvent négocier leur retour en toute sécurité avec le pouvoir d’Abidjan, certains ont été emprisonnés à leur retour mais les journaux s’inquiètent de leur sort (1). Ceux appartenant à une autre couche sociale, les anonymes, ne sont pas protégés du tout, s’ils sont tués, personne n’en fait état. Vous retournez dans votre quartier où vous êtes connu comme un supporter de Laurent Gbagbo et on vous envoie les microbes, les dozos ou les FACI (2). Un gars rentré au pays s’est fait découpe[r] le bras à la machette par les microbes. C’est la raison pour laquelle, ici, il n’y a pas eu plus de 50 retours volontaires au pays en six ans (3). »

Tous les partis politiques ivoiriens confondus…
Si le sort des prisonniers politiques est une revendication à l’agenda de plusieurs partis, celui des réfugiés est totalement absent des débats, y compris pendant la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2015. Ces compatriotes exilés dans les camps sont les grands oubliés de la société ivoirienne.

Depuis deux ans, un programme de construction de maisons en dur a commencé, les matériaux sont fournis par le HCR, mais ce sont les habitants qui bâtissent.

Les ONG
Le fonctionnement d’un camp de réfugiés, géré par le HCR en collaboration avec le Ghana Refugee  Board, est assez surréaliste, toutes les activités sont sous-traitées à des ONG. Le HCR reçoit l’argent des pays donateurs et reverse les fonds à des associations afin qu’elles s’acquittent de certaines missions.

Caritas Ghana
Le marché de l’aide alimentaire a été attribué à Caritas Ghana. De 2011 jusqu’en septembre 2015, cette association caritative fournissait 12 kilos de riz par mois et par réfugié ainsi que de l’huile, un kilo de haricot et un morceau de savon. Mais le riz distribué par Caritas était de très mauvaise qualité et l’huile était carrément impropre à la consommation. L’ONG refourguait aux réfugiés de vieux stocks de riz invendables sur le marché et empochait la différence de prix au passage. Le camp d’Egyeikrom est réputé pour la capacité de ses résidents à dénoncer toutes les bassesses et à résister à toutes formes de pression d’où qu’elles viennent. En septembre 2011, ils ont profité d’une visite des ambassadeurs d’Australie, du Canada et de la Grande Bretagne venus s’enquérir de ce que devenaient les fonds des donateurs, pour s’insurger et montrer ce qu’ils recevaient comme nourriture. Après le passage des diplomates, les réfugiés ont pu manger le riz du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Depuis septembre 2015, le problème ne se pose plus puisque le HCR ne fournit plus d’aide alimentaire aux réfugiés ivoiriens. Les donateurs ne contribuent plus au prétexte que la Côte d’Ivoire est désormais un pays en paix.

De l’Assemblée de dieu aux adventistes du 7ème jour…
En prévision de cet arrêt de l’aide alimentaire, dès 2012, le HCR a initié des programmes de formations pour que les réfugiés se prennent en charge et s’insèrent dans la société ghanéenne. Le Haut-Commissariat a sous-traité le programme à une association religieuse, Assemblies of God Relief and Development Services (AGREDS). Ces formations en pâtisserie et informatique étaient fantomatiques et inefficaces, le programme a littéralement échoué. Le HCR a donc attribué le marché à un autre groupe : les Adventist Development and Relief Agency (ADRA). Cette nouvelle ONG s’est orientée vers l’agriculture et l’élevage. 4000 poulets ont fait leur apparition dans le camp, deux semaines plus tard, toute la volaille était morte. Pour faire des bénéfices sur les prestations, les Adventistes du 7ème jour leur avaient donné de la nourriture destinée aux cochons. Cette fois, le HCR a décidé de ne plus sous-traiter le marché, une responsable de projet est arrivée, les résidents espèrent… Certains hommes, les plus jeunes dont des étudiants qui ont été obligés d’arrêter leurs études, ont trouvé du travail sur un chantier de BTP chinois dans la ville voisine de Cape Coast…
(…)

Ecole primaire en reconstruction
(source : IVERIS)

Le Christian Council of Ghana
L’école primaire est administrée, elle, par le Christian Concil of Ghana (CCG). De nombreux enfants vivent ici, depuis 2011 il y a eu entre 300 et 400 naissances. Lors de la construction de l’édifice, le CCG a oublié d’y intégrer des toilettes, les petits doivent donc se soulager en brousse, ce qui n’est pas sans danger.

En 2011, au vu de l’afflux de réfugiés ivoiriens – plus de 80 000 urbains et 20 000 dans les camps – le gouvernement ghanéen s’est vu dans l’obligation d’ouvrir de nouvelles structures pour les accueillir. Ils ont alors défriché la forêt pour ériger Egyeikrom avec pour conséquence une cohabitation délicate avec des serpents, des scorpions et autres bestioles. Le CCG a reçu des fonds de l’ambassade du Danemark pour prendre en charge la cantine scolaire qui devrait ouvrir à la rentrée car depuis l’arrêt de l’aide alimentaire, de nombreux enfants ne mangent plus à leur faim. Les résidents espèrent…
(…)

[1] Les réfugiés urbains sont ceux qui ont les moyens financiers de vivre dans des maisons particulières dans les villes.
[2] Les Dozos sont des chasseurs traditionnels utilisés parfois par le pouvoir comme milice. FACI est la nouvelle appelation de l’armée ivoirienne. Microbe est le nom donné à des enfants délinquants et  qui sontutilisés parfois par leurs chefs plus agés à des fins politiques.
[3] En 2011, 2500 réfugiés vivaient dans ce camp, ils sont encore 1800 aujourd’hui.
(…)

Lire le texte complet :
https://www.iveris.eu/list/notes_de_voyage/274-les_damnes_de_leur_terre

 

Le rapport alarmant de l’Association des Femmes et Familles des Détenus d’Opinion en Côte d’Ivoire

Communiqué relatif à la détention arbitraire de personnes détenues pour leurs opinions en Côte d’Ivoire

L’Association des Femmes et Familles des Détenus d’Opinion (AFFDO-CI) informe l’opinion nationale et internationale, les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’Homme et les défenseurs des libertés et droits fondamentaux du monde entier qu’en Côte d’Ivoire, des personnes sont arbitrairement détenues dans des prisons et des lieux non conventionnels.

L’Affdo-Ci qui œuvre pour l’Etat de droit, souhaite simplement que soient observées les dispositions élémentaires en la matière dont leur libération.

Depuis le 11 avril 2011, des centaines d’Ivoiriens, des anonymes et d’illustres personnalités qui ont servi ce pays, croupissent en prison pour leurs opinions politiques. Dans la plupart des cas, ils sont détenus dans des conditions dégradantes sans avoir rencontré un juge.
Disséminés dans 12 des prisons du pays, ils sont souvent privés des visites de leurs proches et vivent l’enfer de l’isolement et des changements abusifs des prisons sans que les avocats ou la famille aient été informé[s].

Outre ce cas nous nous permettons d’informer de la réalité du nombre de prisonniers politiques et leur répartition. Ce sont 306 ivoiriens qui croupissent dans les geôles. En voici la répartition :

1- 185 PERSONNES SONT DETENUES A LA MACA
2- 71 PERSONNES SONT DETENUES A LA DST
3- 10 PERSONNES SONT DETENUES A LA MAMA
4- 03 PERSONNES SONT DETENUES A L’ECOLE DE GENDARMERIE
5- 08 PERSONNES SONT DETENUES AU CAMP PENAL DE BOUAKE
6- 05 PERSONNES SONT DETENUES A LA PRISON DE BOUNA
7- 03 PERSONNES SONT DETENUES A LA PRISON BOUNDIALI
8- 05 PERSONNES SONT DETENUES A LA PRISON TOUMODI
9- 02 PERSONNES SONT DETNUES A LA PRISON DABOU
10- 02 PERSONNES SONT DETENUES A LA PRISON MAN
11- 06 PERSONNES SONT DETENUES A LA PRISON KATIOLA
12- 06 PERSONNES SONT DETENUES A LA PRISON DIMBOKRO
Hormis cela, 08 de nos parents subissent le martyr au Libéria et 11 Ivoiriens autrefois détenus à la MACA et enlevés nuitamment sont aujourd’hui introuvables.

Nous informons également que des personnes sont torturées de jours comme de nuits à la DST avant d’être déféré[es] dans une prison légale. Nous interpellons toutes les organisations de défense des droits de l’homme en particulier Amnesty International afin qu’une enquête soit menée de toute urgence.
Nous portons à la connaissance de tous que l’Etat ivoirien refuse de prendre en charge les soins de santé des détenus malades et ceux-ci perdent souvent la vie par manque de soins. Les derniers en date sont : Kouatchi Assi Jean décédé le 20 MAI 2017 et Tonde Bonfils décédé le 19 JUIN 2017 ;
Le détenu Sery Daleba détenu à la Maison d’Arrêt Militaire d’Abidjan (MAMA) est interné depuis 05 Avril 2016 au CHU de Treichville et les soins de santé sont à la charge des personnes de bonne volonté et de L’AFFDO-CI. Il souffre d’un cancer au niveau cerveau.
C’est le lieu d’informer que la longue détention arbitraire a causé des troubles mentaux à des détenus dont Damohoué Hassane aujourd’hui interné à l’hôpital Psychiatrique de Bingerville et, malgré son état de santé, le régime refuse de le libérer.
L’on est en droit de s’interroger sur les motivations réelles de ces actes de torture.
L’Association des familles et femmes des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire (Affdo-Ci) dénonce la répression, l’emprisonnement abusif et les arrestations arbitraires qui ont repris de plus belle en Côte d’Ivoire.
Aussi l’AFFDOCI exige-t-elle la libération pure et simple de tous les détenus. L’AFFDO-CI affirme que les mises en liberté se font [au] compte goutte, comme [celles] dont les derniers bénéficiaires sont :
Mr Hubert Oulaye
Mme Meho Antoinette
Mr Simon Ehivet Gbagbo
Mr Guehi Nahi
Mr Dogba Abale
Mr Gnamia Gode Joseph
Mr Gnamien Opa Pierre

Ne saurait cacher la réalité carcérale de plus de 200 personnes encore dans [les] geôles du régime.
A titre illustratif l’AFFDO-CI est en droit de s’interroger sur les vrais motifs de la condamnation des militaires suivants : Dogbo Blé Brunot, Aby Jean, Ohoukou Mody, Osee Loguey et du civil Bleka Joel lors du Procès des Assassinats du NOVOTEL malgré l’aveu public de Mr Yoro Tape Max déclarant être membre du commando ayant commis cet assassinat.
La seconde illustration est la condamnation à 4 ans d’emprisonnement ferme du Ministre Assoa Adou pour Trouble à l’ordre public alors qu’il a déjà passé deux ans et demi en prison. Plus grave est que dans les chefs d’inculpation dont il faisait l’objet, il n’est nullement question d’un délit de trouble à l’ordre public.
La troisième illustration concerne les détenus Koua Justin et Dahi Nestor respectivement arrêtés depuis Mai 2015 et Septembre 2015 qui viennent s’être condamnés à deux ans de prison ferme après un séjour carcéral de [non renseigné, ndlr].
La quatrième illustration est le cas du Ministre Lida Kouassi Moïse arrêté depuis 2014 et actuellement incarcéré sans jugement.

L’AFFDO-CI trouve l’occasion appropriée pour relever que la déclaration du Chef de l’Etat, faite à l’occasion du nouvel an le 31 décembre 2015, et portant promesse de libération de 3100 détenus, par voie de grâce présidentielle, n’a connu aucune matérialisation dans les faits.
La libération provisoire, annoncée le 11 mars 2016 par le parquet, au profit de 70 autres détenus, n’est restée qu’au simple stade d’annonce.

Par ailleurs, l’AFFDO-CI informe que Douyou Nicaise alias Samba David arrêté pour trouble à l’ordre public depuis Septembre 2015 est toujours en détention et son délit a subitement changé quant il [a] épuisé la peine à lui infligée. Tout comme Mr Mohamed Jichi alias Sam l’Africain !

Du point de vue de la répartition des dossiers de détenus d’opinion dans les juridictions, l’AFFDO-CI relève que sur les détenus,
35 personnes ont leur dossier à la chambre d’accusation
08 personnes ont leur dossier au tribunal correctionnel
36 personnes ont leur dossier à la cour de cassation
05 personnes ont leur dossier au tribunal militaire
53 personnes ont été condamnées lors des procès en assise et à défaut
48 personnes ont leur dossier au 8e cabinet
15 personnes ont leur dossier au 9e cabinet
38 personnes ont leur dossier au 10e cabinet
01 personne a son dossier au 4e cabinet
02 personnes ont leurs dossiers au 7e cabinet
71 personnes sont torturées de jours comme de nuits à la DST

L’AFFDO-CI note à ce jour malheureusement que 53 personnes, poursuivies pour délit d’opinion, ont été traduites devant la Cour d’assises et condamnées à des peines de 10 ans et plus comme c’est le cas [de] Ziza Jean Louis, Les Frères Zokou, Kakou Bi Moïse pour ne citer que ceux là. Tous sont emprisonnés à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA).

L’AFFDO-CI tient à souligner que même les personnes qui dénoncent ces violations des droits de l’homme subissent très souvent elles-mêmes des intimidations comme c’est le cas de Mr Michel Gbagbo qui a été interpellé par la justice ivoirienne le 26 Mai 2016 pour avoir dénoncé la disparation de plusieurs détenus et s’être inquiété du déni prononcé par le chef de l’Etat sur l’existence de prisonniers politiques en Côte d’ivoire. A cet effet, son procès est prévu en octobre 2017.

Au regard de ce qui précède, l’AFFDO-CI :
– Demande la libération des personnes détenues arbitrairement pour leurs opinions ou supposé[e]s. Qu’elles soient civiles, militaires, politiques, condamné[e]s et anonymes sans jugement !
– Exhorte le gouvernement, en particulier le chef de l’Etat, à favoriser une justice équitable et respectueuse des droits de l’homme
– Invite les autorités judiciaires à faire avancer les procédures concernant tous les détenus d’opinion, le cas échéant à leur accorder la liberté provisoire qui fait partie de leur droit
– Demande au chef de l’Etat, d’examiner particulièrement le cas de l’ex-Première dame Simone Gbagbo afin qu’elle recouvre la liberté pour bénéficier de soins médicaux adéquats au regard de sa santé qui se dégrade au fil des jours.
– Invite le Ministère de la Justice à respecter le droit à la santé de tous les détenus.
– Invite les organisations des Droits de l’homme à mener des investigations plus poussées sur les cas de violations des droits des détenus d’opinion et d’en publier les résultats.
– Encourage les détenus à tenir bon pour leurs enfants et leurs familles respectives…. Qu’ils sachent que toutes les organisations de défense des droits de l’Homme se battent afin qu’ils recouvrent la liberté et l’AFFDO-CI demeurera constamment à leurs côtés et aux côtés de leurs familles.

Enfin, l’AFFDO-CI dit aux autorités ivoiriennes :
« POUR LA DIGNITE HUMAINE, LIBEREZ NOS PARENTS » Nous vous en supplions.

Fait à Abidjan, le 28 JUILLET 2017
Pour l’Affdo-Ci
LA SECRETAIRE GENERALE
RAISSA LOROUGNON

 

 

 

Pour le Parti Communiste Français, la condamnation de l’ancien ministre Assoa Adou est emblématique de la grave situation qui prévaut en Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire : la condamnation de l’ancien ministre Assoa Adou jette le discrédit sur la justice et le pouvoir ivoiriens

Assoa Adou, homme de paix et figure de la gauche ivoirienne, vient d’être condamné à quatre ans de prison à l’issue d’un procès politique.

Arrêté il y a deux ans et demi, en dehors de toute procédure légale, il a été détenu à Abidjan puis transféré au Camp pénal de Bouaké où il a été notamment victime de mauvais traitements. Du fait de conditions de détention épouvantables, l’état de santé de Assoa Adou, 72 ans, s’est considérablement dégradé.
C’est dans ce contexte et après des tergiversations sans fin qu’a eu lieu son procès pour « complot contre l’autorité de l’Etat ». Au cours des audiences, tous les témoins cités par l’accusation se sont dédits, et tous les chefs d’accusation se sont effondrés les uns après les autres.
La Cour d’Assise l’a finalement condamné sans preuves ni faits établis à 4 ans de prison pour « troubles à l’ordre public ».
Le jugement que vient de rendre [la Cour] n’a pas de fondement juridique en Côte d’Ivoire mais relève d’une décision politique.
Ces méthodes rappellent la sombre période des procès politiques en Côte d’Ivoire.

Le cas d’Assoa Adou est emblématique de centaines de détenus politiques qui croupissent sans jugement en prison.

A la veille de l’ouverture à Abidjan des 8e Jeux de la Francophonie ce vendredi 21 juillet, cette condamnation inique est un mauvais signal, un de plus, envoyé par les dirigeants ivoiriens.

Le Parti communiste français demande au gouvernement français et au président Macron de prendre publiquement position pour la libération des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire dont le climat politique, sous la férule d’Alassane Ouattara, se dégrade à vue d’oeil.

In : PCF, 24 juillet 2017
(Surtitre de la Rédaction)

Table ronde du 11 mai 2017 à Lyon : détail des interventions

Dans son bulletin RDV Info n°4, l’association CI-RDV présente le compte rendu complet et détaillé de la réunion d’information et d’échanges organisée à Lyon le 11 mai 2017, sur le thème :
« Côte d’Ivoire : et si l’image ne reflétait pas la réalité ? »

A lire ou télécharger : CI-RDV Info n° 4 20170723

 

Simon, le frère cadet de Simone Gbagbo, a enfin retrouvé la liberté

Ce Mercredi 19 juillet 2017, Me Ange Rodrigue Dadjé annonça qu’il venait d’obtenir devant la Chambre d’Accusation la remise en liberté de Simon Pierre Ehivet, après un emprisonnement de presque 5 ans.  Simon Ehivet Gbagbo

Simon Pierre est un homme tranquille, victime de ce qu’on peut appeler le délit de patronyme, pratique habituelle depuis la prise du pouvoir par Alassane Ouattara en avril 2011.

Il avait été arrêté à son domicile en octobre 2012, sans motifs réels, transféré à la DST où il a passé plusieurs mois, puis déféré en janvier 2013 à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan.

 

 

Le Dr ASSOA Adou parle devant les Assises d’Abidjan

Assises d’Abidjan : Assoa Adou raconte les conditions ‘’atroces’’ de sa détention au Camp pénal de Bouaké

Par l’APA, 17 juillet 2017

L’ancien ministre des Eaux et forêts, Dr Assoa Adou, a relaté, lundi [17 juillet 2017] à la barre de la Cour d’Assises d’Abidjan où il comparaît avec sept autres accusés pour des faits de ‘’attentat, complot contre l’autorité de l’Etat, assassinat, crimes et constitution de bandes armées….’’, les conditions ‘’atroces’’ de sa détention au Camp pénal de Bouaké, au Centre-nord du pays.

‘’J’ai été enlevé sans mandat, chez moi, le 7 janvier 2015 à 20h30 par des policiers pour être conduit à la DST (Direction de la surveillance du territoire) puis à la MACA (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan) avant d’être déporté au Camp pénal de Bouaké où j’ai passé plus de deux ans dans des conditions atroces. Un seul repas aspergé de je ne sais quoi nous est servi par jour’’ a raconté Dr Assoa Adou à la barre.

Il a poursuivi que ce qui lui servait de cellule n’avait qu’une petite ‘’ persienne’’ pour laisser de timide lumière du jour ajoutant que ‘’le comble est que 24h/24 on venait nous éclairer le visage avec une torche’’.

Sur les charges, l’ex-ministre de Laurent Gbagbo a plaidé ‘’non coupable’’, affirmant n’être ‘’concerné ni de près, ni de loin par les charges de l’accusation’’.

‘’J’ai été mis en confrontation le 8 janvier 2016 avec Metch Metchro et devant le juge d’instruction, Zahourou Théophile a déclaré ne m’avoir jamais rencontré. Tout comme j’ai répété au juge que je n’avais jamais vu Metch Metchro’’, a-t-il expliqué à la Cour présidée par le magistrat Emile Kouamé.

Selon Assoa Adou, le Front populaire ivoirien (FPI) dont il est membre fondateur ‘’en 1969 avec feu Pr Zadi Zaourou, Mamadou Traoré et Laurent Gbagbo, a fait de l’accession au pouvoir de façon démocratique son credo’’ soulignant que ‘’la violence ‘’est proscrite de leur lutte.

‘’Sous la transition militaire en 2000 comme sous le gouvernement du Premier ministre Pascal Affi N’guessan en 2003 j’ai conduit des missions de paix pour ramener les présidents Bédié, Ouattara et Guéï dans le processus de réconciliation dans le cadre du Forum national de réconciliation en 2001. J’ai dans le cadre de ces missions rencontré le Président Blaise Compaoré et le ministre Djibril Bassolé. Comment un tel homme peut-il mener des actions subversives contre son pays ?’’, a interrogé l’accusé.

Auparavant, son co-accusé Metch Metchro a soutenu à la barre ‘’n’avoir jamais rencontré le ministre Assoa Adou ni n’avoir jamais reçu des armes de lui pour quelque attaque que ce soit’’.

‘’Je n’ai pas de preuve que Assoa Adou a distribué des armes’’, s’est encore défendu M. Metch après avoir ‘’formellement désigné le ministre Assoa Adou comme l’instigateur des attaques d’Abengourou’’ selon l’arrêt de la Chambre d’Accusation. Des propos qu’il a d’ailleurs battus en brèches devant le juge d’instruction.

Ce sont sur ces allégations que le président Emile Kouamé a suspendu l’audience pour être reprise mardi avec les plaidoiries.

HS/ls/APA

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Côte d’Ivoire : après l’arrestation d’Assoa Adou, le Mouvement Ivoirien des Droits Humains interpelle les autorités ivoiriennes et les organisations internationales

Le Parti Communiste Français appelle à la libération immédiate d’Assoa Adou

 

Dr ASSOA Adou

 

Répartition des prisonniers politiques ivoiriens par lieux de détention

Le total de 212 personnes réparties dans 14 lieux (dont 2 à l’extérieur de la Côte d’Ivoire) correspond à des prisonniers dûment recensés par le Secrétariat National chargé de la politique pénitentiaire et des détenus politiques du Front Populaire Ivoirien.

LIEUX DE DETENTION
1 MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan) 175
2 CAMP PENAL DE BOUAKE 4
3 ABENGOUROU 2
4 LIBERIA 7
5 LA HAYE 2 (Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé)
6 DIMBOKRO 4
7 KATIOLA 1
8 MAMA (Maison d’Arrêt Militaire d’Abidjan) 4
9 MAN 3
10 BOUNDIALI 3
11 BOUNA 1
12 ECOLE DE GENDARMERIE 3 (dont Simone Gbagbo)
13 TOUMODI 2
14 HOPITAL PSYCHIATRIQUE DE BINGERVILLE 1
TOTAL 212

Source : IMatin.net du 3 juillet 2017

Dans les prisons ivoiriennes, le rythme des décès s’accélère !

[Article republié suite à un problème technique lors de l’affichage]

Nous apprenons qu’un nouveau décès a frappé les détenus politiques.
Le Capitaine Tondé Bonfils, âgé de 62 ans, est décédé le jeudi 29 juin 2017.

Voici quelques réactions immédiates en face de la très grave situation qui prévaut :

  • Dans une vidéo enregistrée sur Facebook le 29 juin 2017, Alain Doh Bi fait part de son émotion devant les ravages causés aux familles et aux villages par la politique de rancoeur et de haine entretenue par Alassane Ouattara à l’égard de simples citoyens qui sont, pour certains, enfermés à la MACA depuis presque 7 ans.
    La vidéo est consultable sur sa page Facebook à la date du 29 juin.
  • Organisation à la Riviera Golf d’un point presse par le Secrétariat National chargé de la politique pénitentiaire et des prisonniers politiques du FPI (Front Populaire Ivoirien) de Laurent Gbagbo, au cours duquel a été annoncée une opération de Funds rising (Collecte de fonds) en vue de soutenir les détenus politiques qui enregistrent de nombreux morts faute de moyens conséquents pour se soigner à la suite de la maltraitance subie.
    « Nous comptons à ce jour plus de deux cent (200) prisonniers (civils et militaires) répartis dans quatorze (14) lieux de détention officiellement connus (12 en cote d’Ivoire et 2 à l’extérieur) », a déclaré le Directeur de Cabinet du Secrétariat national.
    « Les conditions carcérales inhumaines exposent les détenus à des pathologies diverses (hypertension, diabétique, cardiaque, parasitaire, cancéreuse, oculaire, herniaire…) (…) Nous notons une vingtaine dans une situation de santé délétère. »
    « Ces mêmes conditions ont entraîné des cas de décès en prison et même en dehors (plus de huit décès enregistrés ). C’est pour cela que nous nous engageons sans cesse pour le soutien aux détenus politiques et pour leur libération. Et c’est pour cela qu’à partir du 1er juillet jusqu’au 20 août 2017, nous lançons une opération de Funds rising (collecte de fonds) pour soutenir les détenus politiques » .
    Divers objets (casquettes, t-shirts) sont mis en vente pour récupérer des fonds.
    (Source : presse)

 

Aux mains de la DST

La Dst en Côte d’Ivoire « demeure un camp de torture… 20 personnes détenues à la Maca sont aujourd’hui très mal en point »

Interview de Désirée Douati  (Association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire)
Par SD, Abidjan

Désirée Douati, la fille de l’ancien ministre de Laurent Gbagbo, Alphonse Douati, dirige depuis 2014, une association qui apporte aide et assistance aux prisonniers d’opinion ainsi qu’à leurs familles respectives. Elle parle dans cette interview du combat de l’Association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire (Affdo-Ci).

Deux ans après la création de votre association, quel est votre bilan en termes d’actions en faveur des prisonniers d’opinion ?

Nous ne pouvons étayer les différentes actions que nous avons menées sur le plan diplomatique car la diplomatie est avant tout silencieuse ni les actions menées à l’endroit des détenus eux-mêmes et également des familles car nous leur apportons notre aide dans la discrétion. Cependant nous pensons que notre bilan général est négatif car les arrestations arbitraires continuent et nos parents demeurent toujours des otages.

A combien estimez-vous le nombre de prisonniers que vous défendez et qui sont-ils vraiment ?

Le nombre de détenus en Côte d’Ivoire comme j’ai pour l’habitude de le dire s’accroît de jour en jour. A cette heure précise, nous sommes à près de 300 détenus d’opinion dans les prisons légales et près de 100 à la Dst (Direction de la surveillance du territoire, ndlr) qui demeure un camp de torture. Les détenus sont des ivoiriens civils ou militaires. Ce sont des personnalités publiques mais également des citoyens ordinaires.

Quel est l’état des lieux dans les familles de détenus que vous avez dû visiter au cours de ces derniers mois ?

Les familles sont dans l’ultime détresse car tous les détenus sont de grands malades et tout porte à croire que le gouvernement se réjouit de voir leur santé se dégrader dangereusement. C’est triste, c’est inhumain et c’est pour cette raison que nous continuons de mener des actions certes discrètes afin que tous, sans aucune condition, recouvrent la liberté. Les familles des détenus sont à bout.

Le pouvoir n’est pas d’accord avec vous quand vous parlez de prisonniers politiques ou de prisonniers d’opinion. Comment justifiez-vous de votre côté l’usage de cette terminologie de « prisonniers politiques » ?

Nous considérons comme prisonnier d’opinion toute personne détenue ou restreinte dans sa liberté du fait de ses convictions politiques ou religieuses ou pour toute autre raison de conscience, de son origine ethnique. Aucun pouvoir, aussi dictatorial soit-il, ne peut se réjouir de détenir des personnes pour leurs opinions politiques. Ici, les faits sont concrets et visibles. Seules les personnes proches du Président Laurent Gbagbo sont injustement incarcérées. Seuls les corps habillés qui ont dit ‘’non’’ là où l’on leur demandait de dire ‘’oui’’ sont injustement condamnés comme c’est le cas du Général Dogbo Blé et de son adjoint Abi Jean pour ne citer que ceux-là. Il faut que cette justice de vengeance et de haine gratuite prenne fin car les détenus et leurs familles se meurent de jour en jour.

A la mi-mai, le décès du Mdl Kouatchi a ébranlé l’opinion ivoirienne surtout qu’il est décédé au Chu de Treichville, enchaîné sur son lit. Avez-vous des choses à dire sur les circonstances de ce décès ?

Je tiens avant tout propos à avoir une pensée pour sa famille biologique en particulier pour sa compagne Rose qui était à ses côtés et dont la souffrance est aujourd’hui silencieuse et profonde. J’ai également une pensée pour les détenus car ils sont plus endeuillés que nous. Enfin Je m’incline devant sa dépouille et prie afin que Dieu lui accorde cette paix qui lui a manqué durant 6 ans de détention arbitraire. Le MDL Kouatchi est décédé par la faute des services du Ministère de la Justice et M. Sansan Kambilé actuel Ministre de la Justice en est le 1er responsable car lorsqu’on est à la tête d’un Ministère, on est comptable des manquements graves au sein de ce département. Le MDL Kouatchi est mort par négligence car malade depuis décembre 2016, ce n’est qu’en mai 2017 qu’il a été transféré dans un centre hospitalier à la charge des membres de sa famille biologique et juridique. C’est grave !!!! Naturellement le mal s’était déjà propagé et lorsqu’il arrivait à l’hôpital il était déjà dans le coma. Malgré les soins reçus, il a rendu l’âme au Chu de Treichville. C’est l’occasion pour moi de remercier toutes les organisations de défense des droits au niveau national et international, le fonds de prévoyance militaire qui souhaitait l’évacuer dans une clinique et enfin tout le corps médical des centres hospitaliers universitaires de Yopougon et de Treichville. Nous leur sommes sincèrement reconnaissants.

Ce décès pose le problème des conditions de détention des prisonniers. Avez-vous enquêté pour dresser un rapport sur lesdites conditions ?

Ce décès pose surtout le problème du DROIT à la santé des prisonniers et de façon générale du traitement humain dû à leur égard. Selon le droit pénal international, un détenu a droit à la santé. En Côte d’Ivoire, il s’avère que les personnes détenues pour leurs opinions n’ont droit qu’à la mort. Lorsqu’elles sont malades, l’administration pénitentiaire attend qu’elles soient d’abord invalides avant de les transférer dans un centre hospitalier. Nous prions et implorons toutes les organisations nationales et internationales des droits de l’Homme afin qu’elles se préoccupent des conditions de détention des prisonniers d’opinion qui se meurent en Côte d’Ivoire. Il est bon de signaler que 20 personnes détenues à la Maca sont aujourd’hui très mal en point et en ce moment rien n’est fait pour leur prise en charge.

Plusieurs fois vous avez lancé un appel au gouvernement pour la libération des prisonniers. Depuis la justice va à son rythme et six ans après la fin de la crise postélectorale, ils sont encore nombreux en détention préventive. Comment envisagez-vous d’orienter votre démarche pour leur faire bénéficier de la liberté provisoire ou accélérer les procédures judiciaires contre eux ?

En commençant ce combat, nous étions conscients qu’il serait très long et nous nous sommes préparés en conséquence. Nous ne baisserons jamais les bras tant que nos parents seront emprisonnés et traités comme des animaux. Nous resterons debout jusqu’à ce que nous obtenions leur libération totale ! Le pouvoir en continuant de les détenir arbitrairement prouve à la face du monde que seule la tyrannie règne dans notre pays. Il faut libérer les détenus avant de parler d’émergence car aucun développement ne se construit dans l’oppression. Il faut libérer les détenus car aucune réconciliation n’est envisageable sans une justice équitable et impartiale. Il faut libérer les détenus car détenir des personnes sans raison c’est faire preuve d’un abus de pouvoir. Pour la dignité humaine, libérez nos parents !

In : Moacinter, 9 juin 2017
(Surtitre de la Rédaction)

 

Hubert Oulaye en liberté provisoire

Selon Maître Rodrigue Dadjé, la Chambre d’accusation a accédé le 7 juin 2017 à la demande de mise en liberté provisoire de l’ancien ministre Hubert Oulaye qui avait été arrêté le 4 mai 2015 pour avoir participé à l’organisation du Congrès du Front Populaire Ivoirien à Mama.
Les libérations au compte-gouttes, nous les saluons chaque fois avec joie, mais nous demandons que TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES soient libérés, et libérés sans charges, non à titre provisoire (ce qui constitue une « épée de Damoclès » sur leur tête).

Hubert Oulaye

 

 

 

Alerte, prisonniers en danger à Dimbokro

Mise à jour du 1er juin 2017 :
L’un des 4 prisonniers politiques de Dimbokro, M. Félicien BAWA, a été transféré mercredi 31 mai à la MACA (Abidjan).
(Source : le COFED)


Nos parents de la prison de Dimbokro sont en danger !

Par Le COFED (Collectif des Femmes et des Enfants des Détenus de la crise postélectorale)

« … En effet, depuis hier [le 28 mai 2017] il y a des tirs entre les prisonniers de droit commun c’est à dire les bandits de grands chemins et les gardes pénitenciers.
Et nos parents sont enfermés depuis hier sans nourriture et dans une chaleur atroce.
En plus les gardes pénitenciers veulent procéder a une fouille et tout leur arracher.

Nous sommes inquiets pour le sécurité de nos parents et nous interpellons une fois de plus les organismes de droits des hommes pour gérer cette situation car nos parents aussi ont des droits.
Il faut rappeler qu’ils sont encore 4 prisonniers politiques dans la prison de Dimbokro, il s’agit de :

ADOGONY FRANÇAIS
DAZIRIGNON ANGE ARISTIDE
BAWA FELICIEN
KOUDOU GNANGO JEAN DIDIER »

(Source : COFED, sur Facebook)

Lire aussi :

Par Christine Tibala :

« ALERTE ALERTE A DIMBROKO : PRISONNIERS POLITIQUES EN DANGER DE MORT !
Le Collectif Des Femmes Cofed (Collectif des Femmes et des Enfants de Détenus) lance une alerte sur la situation des 4 prisonniers politiques de DIMBROKO. Dimanche dernier, une mutinerie a éclatée à l’initiative des prisonniers de droit commun. Fortement réprimée, elle a fait 3 morts parmi eux. C’est là que la Direction de l’établissement a décidé de sanctions collectives y compris contre les 4 prisonniers politiques de DIMBROKO. Il s’agit de François ADOGONI (mandat de dépôt 27/07/2012) ; Koudou GNANGO Jean Didier (MD 21/08/2012) ; Serge DAZIRIGNON (MD : 21/09/2012) et Félicien BAWA (MD : 31/12/2013). Depuis dimanche donc, ils ne reçoivent plus ni nourriture, ni électricité, ni même eau et les visites sont suspendues. La responsable du collectif des femmes Cofed, Simone Datte Bennie, a bien essayé de discuter avec la régisseuse de la prison Akissi N’DRI, mais elle refuse de prendre l’appel. Ce mardi 30 mai 2017, elle est partie voir le Directeur de l’Administration Pénitentiaire (Koffi COMOE) mais en vain également.
Leurs familles sont très inquiètes et nous invitent à nous mobiliser de toutes les façons possibles afin de contribuer à leur libération et en attendant à l’amélioration de leurs conditions de détention. »

(Source : Facebook)

 

Meurtres en silence dans les prisons ivoiriennes : que fait la « communauté internationale » ?

Déclaration du COJEP
(Mouvement de Soutien au Président Laurent GBAGBO)
sur le DÉCÈS du prisonnier politique : le MDL KOUATCHI ASSIE JEAN

Le 20 mai dernier, le COJEP apprenait avec consternation, dégoût et révolte, le décès à l’hôpital du détenu politique, le MDL de la gendarmerie nationale : KOUATCHI ASSIE JEAN.

Consternation, car la liste des morts parmi les prisonniers pro-Gbagbo ou supposés tels est devenue, hélas, trop longue. Des familles sont endeuillées et le pays perd des valeureux fils du fait de ces emprisonnements à la fois inutiles et inhumains.

Dégoût, car les conditions de la mort du MDL Kouatchi Assie Jean sont dignes des pires régimes fachistes, jugez-en vous même. Le MDL est tombé malade du fait de sa détention prolongée. Détention qui va du 26 mars 2012 à son décès le 20 mai 2017, dans ce que nos traditions, par la bouche du savant Harris Mémêl-Fôté, nomment : « l’anus de la société » (la prison). Malade, le MDL Kouatchi n’a bénéficié que d’un traitement sommaire. Mourant, le MDL Kouatchi a été hospitalisé avec des menottes aux pieds pour l’empêcher, dit-on, de s’évader. Décédé, le corps sans vie du MDL Kouatchi a bénéficié, du retrait des honteuses menottes. C’est le summum du cynisme d’État.

Révolte, car le drame que nous vivons dans notre pays se produit au vu et au su de tous, communauté nationale comme internationale. Ils étaient nombreux, ceux qui à la moindre action sécuritaire du président Laurent GBAGBO, crachaient leur bile sur le pays et son président. Où sont-ils les : Amnesty international, Human Rights Watch, RFI, BBC, France24, la voix de l’Amérique, l’Union Européenne, le FMI, l’ONU, la CPI… ? Où sont ces inspirateurs, initiateurs, soutiens et porte-parole de la rébellion et de la guerre en Côte-d’Ivoire ? Aujourd’hui devant des crimes d’État qui déshumanisent l’homme, ils sont subitement devenus aphones. Oh Honte à eux.

Le COJEP :

  • Exprime toute sa compassion à la famille biologique (la famille Kouatchi) et à la famille professionnelle (la gendarmerie) du MDL Kouatchi Assie Jean dans ce moment terrible qu’elles traversent ;
  • Condamne avec la dernière énergie ce nième meurtre de prisonnier politique issu de la guerre postélectorale de 2011. Être prisonnier sous Ouattara, c’est être déjà condamné à mort. En effet, non content de les avoir torturés, ce régime dictatorial organise leur meurtre. Ainsi jours après jours des personnes dans la fleur de l’âge se voient voler leur force vitale. C’est leur vie que Alassane DRAMANE Ouattara leur vole. Les plus chanceux sortent de ces goulags complètement valétudinaires pour le reste de la vie ; les moins chanceux comme le MDL Kouatchi, en sortent les pieds devant. Pauvre Côte-d’Ivoire ;
  • Accuse le régime dictatorial de Alassane DRAMANE Ouattara de procéder à une épuration ethnique par prisons interposées. Une statistique faite par nos soins révèle que 98% des détenus politiques anonymes sont dans l’ordre ethnique décroissant : les guérés, les Attié, les Bété, les Dida… Le plus frappant c’est une absence quasi-totale de nordiste, et de musulmans. On peut dire que Ouattara emprisonne et assassine les pauvres anonymes, parce qu’ils ne sont ni musulmans, ni du nord donc présumés soutenir le président Laurent GBAGBO.
  • Invite les organisations de défense des droits humains, tant nationales qu’internationales à faire, enfin, leur travail de dénonciation, d’interpellation et de condamnation. L’inexplicable silence actuel fait d’eux des complices du dictateur Alassane Ouattara ;
  • Invite le peuple ivoirien à faire barrage, par tous les moyens légaux, [à] cette autre guerre silencieuse faite à la Côte-d’Ivoire ;
  • S’engage à prendre toute sa place dans cette lutte de libération nationale.

« LORSQUE LA NUIT EST TROP NOIRE, C’EST QUE LE JOUR EST TRÈS PROCHE ».

Fait à Abidjan le 21 mai 2017,
Agenor Youan BI, Le Président National du COJEP

(Source : Presse ; surtitre de la Rédaction)

 

 

La Côte d’Ivoire est incapable de protéger ses prisonniers, qu’elle les libère !

Interview de Toussaint Alain
par Franck Harding M’Bra, pour Le Nouveau Courrier

Prisonniers politiques, mutineries, climat social en Côte d’Ivoire
Toussaint Alain : « Le gouvernement doit assumer ses responsabilités »

On a appris samedi le décès d’un 5ème prisonnier politique de la crise post-électorale de 2011 : le MDL Kouatchi Assie Jean, détenu depuis le 26 mars 2012 à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Comment réagissez-vous à cette autre mauvaise nouvelle ?

Je voudrais commencer par présenter mes condoléances à la famille, aux proches du défunt ainsi qu’à ses codétenus. C’est une grande tragédie pour les siens et une très triste nouvelle pour les mouvements de défense des droits de la personne. Le gouvernement risque de payer le prix politique de ce cinquième décès d’un détenu de la crise post-électorale. Kouatchi Assie Jean est mort prisonnier, enchainé sur son lit d’hôpital. Pendant longtemps, les demandes constantes de soins et d’assistance ont été refusées. En dépit des nombreux appels au secours, toutes les sollicitations sont tombées dans un silence létal de l’administration pénitentiaire. En le privant des soins appropriés alors que ce gendarme souffrait d’un cancer et d’autres infections, les autorités ont commis un crime virtuel, gratuit et prémédité. Je redoute que ce triste dénouement se reproduise à cause de la privation de soins médicaux, la torture et des conditions de détention des 247 autres prisonniers. D’ailleurs 185 détenus attendent toujours d’être jugés. Quand on n’a pas les moyens de juger ou de soigner des gens, on ne les emprisonne pas. Face à ces drames humains, il y a une extrême urgence à agir pour éviter d’autres drames. Le gouvernement doit assumer ses responsabilités et reconnaître enfin la nécessité de décrisper le climat en libérant ces détenus. Je demande à mes concitoyens de multiplier les plaidoyers pour sauver la vie de ces prisonniers de la crise post-électorales. Les enfants de notre pays ne méritent pas de mourir ainsi. Le besoin de justice est incompatible avec le revanchisme. Cette situation ternit l’image de la Côte d’Ivoire.

De nombreux prisonniers croupissent depuis des années dans les prisons du pays, sans jugement. Certains se meurent [à petit] feu. Pensez-vous que le régime Ouattara est disposé à aller à la réconciliation ?

Je n’ai pas sondé les cœurs et les reins du régime Ouattara. Je préfère me fier aux actes, aux signaux qui iraient dans le bon sens. Or, là, je ne vois absolument rien ! Je constate que le gouvernement vit dans un déni de réalité permanent. Dans leurs déclarations publiques, des ministres, et non des moindres, s’évertuent à minimiser ce dossier et même à ignorer carrément l’existence des prisonniers de la crise post-électorale. Le pouvoir ne peut pas indéfiniment garder des personnes en détention sans jugement depuis plusieurs années, en leur coupant illégalement tout accès aux soins de santé. Cela est inacceptable, inhumain. Vous savez qu’on a enregistré la mort d’un cinquième détenu. Un autre est entre la vie et la mort. Il s’agit du sergent Seri Daleba, actuellement interné au CHU de Treichville pour une tumeur à l’oreille. Il l’a déjà été au CHU de Cocody à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Ce prisonnier est placé en détention dans un hôpital mais il ne reçoit pas les traitements adéquats parce qu’il est sans ressources. Je m’interroge sur les droits des détenus en matière de santé. L’État devrait s’assurer que tout prisonnier est détenu dans des conditions qui sont compatibles avec le respect de la dignité humaine. Il lui incombe de prendre en charge ceux que son système judiciaire prive de liberté. Cela est-il acceptable dans ce pays où l’on distribue des milliards à des mutins ? Est-ce ainsi que nous pouvons construire une Nation forte, unie et prospère ? Nous avons le devoir de léguer aux générations futures un pays apaisé, fort de ses valeurs et de sa diversité. Or, notre gouvernement a tourné le dos aux valeurs élémentaires de la civilisation moderne : la compassion, la solidarité et l’humanisme. Le régime doit faire un geste de bonne volonté afin de donner de vraies chances à la réconciliation. Celle-ci ne peut s’incarner qu’à travers des actes de paix et de fraternité.

(…)

Lire l’article complet sur Le Nouveau Courrier du 22 mai 2017
ou en ligne sur : AfrikEco.com ou  Seneplus International

[Surtitre de la Rédaction]