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Rwanda, 15 septembre 2018 : libération de Victoire Ingabire

Dans le cadre d’une décision prise le 14 septembre 2018 par Paul Kagame et son gouvernement, une libération anticipée a été ordonnée pour 2140 détenus dont Victoire Ingabire, présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi), et le chanteur Kizito Mihigo, libérés le 15 septembre.

De nombreuses actions (sit-in, manifestations… ) furent menées au niveau international dans le but d’alerter sur la situation de la présidente du FDU emprisonnée en octobre 2010, après qu’elle voulut déposer sa candidature à l’élection présidentielle, et condamnée en appel à 15 ans de prison.

Plusieurs résolutions du Parlement européen ont appelé au respect de ses droits et condamné la chasse aux opposants menée par l’état rwandais.

En 2014 fut diffusé un documentaire de la BBC interdit au Rwanda, “Rwanda’s untold story”, retraçant la prise et l’exercice du pouvoir par le parti de Paul Kagame, le FPR.

En février 2016, l’Etat rwandais s’est retiré de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
Celle-ci a demandé le rétablissement de Mme Ingabire dans ses droits.

Le 14 octobre 2017, une journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques au Rwanda, l‘“Ingabire day”, fut organisée.

Enfin, de façon répétée en 2017 et 2018, les organisations internationales ont dénoncé la pratique de la torture, les disparitions et les arrestations arbitraires au Rwanda.

Mais la bataille pour la libération des prisonniers politiques au Rwanda ne s’achève pas aujourd’hui, puisque de nombreux militants sont encore emprisonnés sous divers prétextes, en réalité dans le but d’empêcher l’opposition politique de s’organiser.

Victoire Ingabire

Victoire Ingabire

 

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Bilan personnel et politique de Michel Galy sur 7 ans d’actions menées pour les Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire

Contribution

Par Michel Galy

7 ANS D’ACTION POUR LES DROITS DE L’HOMME ET LES PRISONNIERS EN CÔTE D’IVOIRE

(…) Nous ne sommes pas nés en 2000, ni en 2011. En même temps, quiconque s’intéresse au Sud, et donc à l’Amérique Latine, à l’Asie, à l’Afrique, ne peut se borner à un seul pays. Et pourtant. Chaque génération, dit Fanon, doit trouver sa place et son combat, comme à son époque la guerre d’Algérie. Et chaque individu doit faire de même.

2011, DES « DROITS DE L’HOMME » SI INSTRUMENTALISES

Je ne reviendrai pas sur le déroulement de la « crise » depuis 2000, et surtout depuis 2002, si ce n’est pour dire que les « défenseurs des droits de l’homme étaient au Sud, les exactions au Nord », pour reprendre une formule célèbre.
Faillite de l’humanitaire. Des « ONG », comme celle à laquelle j’ai appartenu, ACF, ont été au cœur du génocide Wê, et n’y ont rien compris. Msf, sous influence d’une chercheur pro Ouattara, servait aux rebelles de « ministère de la santé » à Bouaké, fief soroiste.
Faillite des « ONG des droits de l Homme ». HRW y a perdu son honneur et son intégrité, sponsorisée par Soros à niveau de 100 millions de dollars pour, au fond, abattre le «régime Gbagbo». Même Amnesty, avec laquelle je travaillerai plus tard, a retardé de 3 mois la publication des informations sur les charniers de Bouaké pour ne pas nuire à la rébellion. Parmi les pires : la FIDH, d’obédience francophone, dont le pseudo chercheur Geel continue à nuire et à assimiler les massacres de Wê à un conflit tribal bien équilibré…
Faillite des chercheurs. On connaît l’influence de la coterie Dozon, qui après avoir écrit un excellent libre sur les Bété, a désigné dans des tribunes et des manœuvres de couloir Laurent Gbagbo comme l’homme à abattre. La quasi totalité des chercheurs francophones ont eu la même position.
Jacques Sèmelin, avec qui j’ai enseigné 5 ans à Sciences po sur les génocides (sa «spécialité»), les massacres et guérillas, était aux abonnés absents quand je l’interpellais sur le carnage d Abidjan ou de Duekoué
Faillite de la presse, dont la quasi totalité était pro Ouattara, achetée ou convertie, suivant comme d’habitude les politiques et les militaires. Jusqu’à maintenant les Stephen Smith ou Vincent Hugeux de l’Express (qui m’a fait interdire d’antenne depuis un an sur France 24 pour l’avoir traité d’ « affidé de Ouattara »- ce qu’il est), maintiennent leur capacité de nuisance, même si les partisans du « coup d’Etat franco- africain » d’avril 2011 sont de moins en moins nombreux.

L’OPPOSITION N’A QU’UN MINISTERE, CELUI DE LA PAROLE

Dans les décombres, ou les catacombes, face à l’occupation militaire, à l’hégémonie politique, au mur de l’argent et des médias, il a fallu (se) reconstruire.
Appliquant la théorie gramscienne de reconquête préalable « des cœurs et des esprits », nous avons remobilisé l’indéfinissable, et pourtant si importante « opinion internationale »-qui peut parfois s’opposer à la « communauté internationale » néo-coloniale.
Je dois dire que ce « pouvoir de nomination » que j ‘ai exercé à travers émissions et tribunes n’a pas été facile. Re-nommer les « pro-Gbgbo », supposés partisans d’un clan, voire acteurs d’un génocidaire virtuel », en « victimes », en « prisonniers politiques » avait tout d’une gageure.
Au début seul, puis rejoint pas une poignée de militants (dont plus tard la mère française de Michel Gbagbo), j’ai fondé le «comité de défense des prisonniers politiques de Côte d’ivoire», qui publiait régulièrement des communiqués incisifs appelant à leur libération, dès 2012.
La diffusion de ces communiqués a été efficace, et nous a même parfois surpris. Écrivant par mail à tous les députés et sénateurs français, ainsi qu’à la presse, le procédé était amplifié par les réseaux sociaux (le point fort de la résistance, notamment par son côté international et transcontinental) et des sites amis.
A un moment où peu de prisonniers étaient libérés, et en proie à un certain découragement, la première visite de Ouattara à Hollande, à l’Élysée, nous a vivement stimulés. « Jeune Afrique », qui comme on le sait est un organe pro Ouattara et le navire amiral des médias de la Françafrique, a relaté que Hollande a fait pression sur le « chef d’État » ivoirien en faveur des prisonniers, en arguant du pouvoir de conviction et de dénonciation de notre Comité !
La recension par les ONG, notamment via les association ivoiriennes et Amnesty international avec qui j’ai travaillé depuis 2012, a été un des points forts de la lutte pour les prisonniers, que je n’ai fait bien souvent que relayer. Mais la diffusion de l’information a été un des enjeux vitaux du combat pour la libération des prisonniers politiques ; d’où par exemple une tribune dans l’hebdomadaire « Marianne », ou un article dans le mensuel « Afrique Asie » que j’ai , non sans mal, publiés.
Je mettrai dans cet effort de communication le relais, ou parfois (selon des informations confidentielles issues des prisons ou des avocats) la révélation des situations ou de cas individuels, dans une page personnelle Facebook, qui à ce jour est suivie par 50.000 sympathisants surtout ivoiriens, et parfois panafricains, et très souvent dans la diaspora.
Ainsi que l’écriture d’analyses sociologiques sur les prisonniers comme celle écrite pour « Affdo-CI », la remarquable association de Désirée Douati à Abidjan, reprises par la « presse bleue » et par des sites d’information internationale. Et cette synergie des lieux, médias et personnes a été extrêmement importante.

LA DENONCIATION DES TORTURES ET LA TRANSMISSION DES LISTES DE PRISONNIERS POLITIQUES

J’ai proposé dans un texte un peu théorique, de considérer le corps des prisonniers comme pierre de touche d’une dictature, « monnaie vivante » pour se référer à Klossowsky.
Et de fait la publication des textes, et surtout des images des tortures de prisonniers a eu un immense impact, dévalorisant et incriminant le régime, obligeant ONG et formations politiques à revoir leurs discours et attitudes, même en Occident.
Prises de photos non sans risques, et obtenues non sans de nombreuses solidarités, sur lesquelles je me tairai pour l’instant.
Destinataire des premières séries d’insoutenables photos de tortures, dans un document à mon nom, je me suis trouvé confronté à un douloureux dilemme.
Refusant de faire prendre des risques supplémentaires aux victimes (une douzaine de prisonniers politiques sont morts des tortures ou de mauvais traitements- maladies non soignées, « libérations » leur permettant d’achever leurs jours à l’hôpital…), je m’interrogeais sur la marche à suivre, les médias éventuels où publier et les responsables à saisir.
Par un intermédiaire, un leader de l’opposition malienne a insisté pour que sous le sceau du secret, je lui communique 3 clichés. Scandalisé, il a morigéné par téléphone un des responsables ministériels des prisonniers, sous le régime Ouattara- sorte de « bourreau en chef »…. Ce dernier, effrayé par l’impact négatif des publications pour la dictature, fit une curieuse proposition : contre notre silence, il s’engageait dans la dizaine de jours à débarquer dans les prisons avec médecins et infirmiers, à transférer en hôpital les plus atteints, à arrêter les tortures- tout cela vérifiable par un émissaire de notre choix.
Dilemme propre aux pièces de Sartre, ou l’on aurait pu négocier avec le diable pour sauver des vies, au risque de la compromission. La fuite des photos sous forme informatique nous força à publier, mettant fin à la question.
Par la suite, le travail des associations ivoiriennes, d’Amnesty international, et surtout le recensement minutieux et les remarquables analyses du professeur Michel Gbagbo et de son équipe du FPI, nous poussa à mettre en veilleuse notre comité : le relais était assuré, et au mieux.

LES DEMARCHES EN FRANCE ET LA QUESTION DU POUVOIR : VERS LA LIBERATION

Pourtant, il nous apparut dans un second temps que la question du relais et de la médiatisation nous incombait encore, dans la mesure où les responsables de l’opposition n’avaient pas toujours les liens nécessaires pour faire passer leurs messages concernant les prisonniers.
C’est ainsi que j’ai poussé à une manifestation publique devant le quai d’Orsay, où j’ai pris la parole publiquement sur le thème des prisonniers, ce qui m’est arrivé rarement. A l’inverse j’ai provoqué et organisé la visite de responsables du FPI au Quai d’Orsay, pour rencontrer sur le thème des droits de l’Homme les fonctionnaires des Affaires étrangères, notamment l’an dernier avec Laurent Akoun. A chaque fois les listes les plus récentes des prisonniers politiques ont été transmises au sommet de l’Etat français- ce n’est donc pas d’aujourd’hui, ni du mois dernier !
Les liens du FPI avec la « France insoumise » autour de JL Melenchon, la visite du député Michel Larive à Abidjan, auxquels j’ai pu, je crois, avoir utilement contribué, se sont aussi traduits par une conférence de presse conjointe à l’Assemblée nationale, pendant laquelle ce dernier a rendu compte de la situation des prisonniers politiques ivoiriens- ce qui a été médiatisé.
J’ai eu quelques mois avant son décès une polémique amicale avec le regretté chercheur d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest, Gaëtan Mootoo, avec qui je travaillais régulièrement et étroitement depuis 2012. Il était quant à lui partisan de faire pression sur les gouvernements africains, notamment celui de la Côte d’ivoire, après « 60 ans d ‘Indépendance » disait-il. Je lui rétorquais qu’en l’absence de véritable indépendance, la réalité du pouvoir était hélas à Paris, au Quai d’orsay, et plus même, à l’Élysée. C’est là qu’il fallait frapper, si j’ose dire, en tout cas aux bonnes portes.

Le parallèle avec la situation de la RDC et l’acquittement de JP Bemba, l’inquiétude croissante des milieux diplomatiques français devant l’avenir ivoirien, les évaluations universitaires confidentielles et la conviction du « Conseil » macronien pour l’Afrique ont fait le reste et emporté la décision de forcer le régime ivoirien à libérer Simone Gbagbo et la plupart des prisonniers politiques. En attendant la relaxe et le retour du président Gbagbo, le procès de la Haye étant analysé à la loupe dans les milieux diplomatiques et son résultat prévisible.
Mais tout cela n’aurait peut-être pas été possible sans ces actions et collaborations multiples, depuis six ans. Ce patient travail de recensement et de recoupement, cette médiatisation croissante, cette transformation d’une persécution d’un camp en question politique internationale n’est pas, n’aurait jamais pu être l’œuvre d’un seul homme. Mais j’espère y avoir contribué.
Aussi, ce temps qui fuit, qui nous fuit, qui me fuit n’aura pas été, malgré aléas et désespérance parfois, entièrement passé en vain.

(Source : Facebook, 7 sept. 2018)

Michel Galy

Michel Galy

Mobilisation pour la libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé toujours emprisonnés aux Pays-Bas

Ce 1er septembre 2018 = 2700 jours de détention pour le président Laurent Gbagbo

 

Laurent Gbagbo

(Source : CI-RDV)

PETITION

Le peuple ivoirien retrouvera une vie politique et sociale sereine dans un pays en paix seulement lorsque les deux personnalités leaders Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé seront de nouveau libres.
L’ONG « Jeunesse Panafricaine » (JEPA) vous invite à lire et à signer le texte suivant :

Demande de libération du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé

 

David Samba libéré, le communiqué du Parti Communiste Français

COMMUNIQUE DE PRESSE

Côte d’Ivoire / Samba David enfin libéré : il y avait urgence (PCF)

Samba David, président de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire, à l’issue de 34 mois passés en prison pour délit d’opinion et après avoir été enfin hospitalisé depuis peu pour des problèmes cardiaques graves, vient d’être mis en liberté provisoire pour raisons médicales.

Le PCF qui, à maintes reprises, a demandé sa libération ainsi que celle de tous les autres prisonniers politiques, se réjouit de cette bonne nouvelle. Dans l’immédiat, tout doit être mis en œuvre en vue du meilleur suivi possible de sa santé. Les conditions déplorables de son incarcération ne sont sans doute pas étrangères à la grave dégradation de son état de santé. C’est une fois de plus un prisonnier politique qui sort exsangue et malade des sinistres geôles de Côte d’Ivoire. Ces situations ne peuvent plus durer. Aujourd’hui sa liberté provisoire doit se transformer en liberté définitive.

Le PCF continuera d’être aux côtés des progressistes et des démocrates pour que la Côte d’Ivoire respecte pleinement les libertés individuelles et collectives et s’engage dans une politique démocratique et de progrès social.

Parti communiste français,

Paris, le 26 juillet 2018.

Conférence de presse du Collectif des Femmes et parents des Détenus d’opinion

Le cri du coeur des épouses des détenus de la crise postélectorale

La conférence de presse s’est tenue à Abidjan le mardi 29 mai 2018. Elle était composée de trois parties :

– les propos liminaires de la Présidente du COFED, Simone Datté ;
– le témoignage d’une épouse de détenu ;
– les réponses aux questions des journalistes.

(Source : vidéo mise en ligne le 30 mai 2018 par BruvTV – Durée : 26:24)

 

Un jour de plus en prison est un jour de trop !

Conférence de presse
de
l’Association des Femmes et Familles des Détenus d’Opinion – Côte d’Ivoire

(AFFDO-CI) – Abidjan, le 12 avril 2018

 

PROPOS LIMINAIRE DE LA CONFERENCE DE PRESSE

 

Mesdames et Messieurs les journalistes.

Chers amis des médias traditionnels et des médias sociaux,

Au nom de l’ Association des Femmes et Familles des Détenus d’opinion (AFFDO-CI) que j’ai l’honneur de présider…

Au nom des détenus d’opinion, eux-mêmes…

Nous tenons à vous exprimer la gratitude de l’AFFDO-CI pour les efforts que vous n’avez [pas] ménagés pour répondre à notre invitation de ce jour.

Notre reconnaissance va également aux associations de défense des Droits de l’Homme qui, malgré leur calendrier si chargé, ont aussi effectué le déplacement jusqu’ici.

Nos remerciements s’adressent aussi aux ex-détenus présents dans cette salle.

Permettez-nous de saluer notamment Docteur Blé Christophe, médecin particulier du Président Laurent Gbagbo.

Yako, Docteur pour ce que vous tous avez enduré pendant votre séjour carcéral.

Yako à tous les ex détenus présents en ces lieux pour toutes les souffrances dont vous avez été victimes.

Chers amis journalistes, et journalistes-blogueurs,

Depuis 7 ans, l’expression «détenu d’opinion» est devenue une rhétorique dans le langage des Ivoiriens parce que le piétinement, l’étouffement de la liberté d’expression, au moyen de pratiques illégales, sont devenus la règle dans notre cher pays la Côte d’ivoire.

Ce bâillonnement des libertés brise des familles, déscolarise des enfants et compromet gravement la réconciliation, chantée et dansée.

Il est aux antipodes du vivre ensemble prôné par ceux qui dirigent la Côte d’Ivoire.

Mesdames et messieurs,

Au moment où nous vous parlons, les autorités ivoiriennes recourent toujours à des arrestations arbitraires face à des revendications légales.

Ainsi, 21 personnes ont été abusivement séparées des leurs suite à une marche pacifique et démocratique de la plate-forme Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS) organisée le 22 mars 2018.

Parmi ces personnes, Tcheide Jean Gervais, vice-président du FPI et porte parole de EDS.

Il est encore maintenu en prison au moyen d’un artifice judiciaire.

Gbokou Tchétché Alain, Serge Pkele et Gnazou Kouadio Raphaël sont également emprisonnés à la Maca après leur séjour à la DST.

Il faut préciser que Raphaël a été sauvagement torturé.

Pourtant nos parents, ces démocrates arrêtés, ne réclamaient tout simplement qu’une impérieuse réforme de la Commission Électorale Indépendante au profit de la démocratie.

Mesdames et messieurs,

Pour ce qui est du point des détentions, il faut noter que plusieurs pressions nationales et internationales ont fait passer le nombre des détenus d’opinion de 800 en 2013 à environ 300 aujourd’hui.

Ces chiffres, naturellement, ne prennent pas en compte les personnes détenues dans des lieux de détention inconnus.

Voici un bref rappel des chiffres

MACA : 228 personnes

ECOLE DE GENDARMERIE : 03 personnes

MAMA : 34 personnes

DIMBOKRO : 15 personnes

CAMP BENAL DE BOUAKE : 07 personnes

BOUNA : 01 personne

BOUNDIALI : 03 personnes

MAN : 01 personne

ABENGOUROU : 07 personnes

KOROGHO : 01 personne

KATIOLA : 01 personne

Dans le chiffre de la Maca, il est bon de préciser que les 4 personnes accusées de troubles à l’ordre public, lors de la dernière marche d’EDS, en font partie.

Chers amis,

Les méthodes utilisées à l’encontre des détenus d’opinion sont attentatoires, non seulement au droit des prisonniers, mais à leurs vies même.

Aussi avons-nous déjà enregistré 7 décès sans oublier que tous les détenus sont malades.

Concernant le droit des prisonniers, outre le fait qu’ils manquent de soins, c’est la pression et la forme de torture insidieuse qui leur sont infligées qu’il y a lieu de déplorer.

En effet, alors que les juges d’instruction chargés de leurs dossiers, siègent à Abidjan, les autorités s’offrent le droit de les transférer dans les prisons de l’intérieur.

L’information judiciaire les concernant va-t-elle se poursuivre par voie de commissions rogatoires ?

Sont-ce là des pratiques pour imprimer la célérité qui est de règle dans la Justice qui doit être rendue au nom du peuple ?

Pire, des personnes ayant purgé leur peine d’emprisonnement sont maintenues en détention aux motifs que de nouvelles charges pèseraient soudainement sur elles.

Les conditions de détention de cette catégorie de personnes sont rendues intenables pour des humains.

Chers amis des médias traditionnels et des médias sociaux,

Le cas qui nous interpelle, au plus haut point, et qui risque de faire école s’il n’est pas énergiquement dénoncé, reste celui de Mr Douyou Nicaise alias Samba David.

De quoi s’agit-il ?

Mr Doyou Nicaise a été arrêté à son domicile en Septembre 2015, suite à la manifestation démocratique organisée par la Coalition nationale pour le changement, en abrégé CNC.

Le motif standard invoqué n’était autre que sa participation à des troubles à l’ordre public ; finalement, il a été jugé et condamné à 6 mois d’emprisonnement fermes.

Chose révolutionnaire dans sa situation, c’est que, quoique condamné à 6 mois d’emprisonnement fermes par une juridiction régulière, Monsieur Doyou a été contraint d’exécuter sa peine, non pas dans un établissement pénitentiaire mais dans ce camp de torture qu’est la DST.

Pour un pays revendiquant sa place dans le giron des pays de droit, de telles situations cocasses laissent sans voix.

Ce n’est que presqu’à la fin de sa peine que le persécuté fut, comme par enchantement, accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat, puis transféré à la Maca.

Est-il sans intérêt de rappeler que, pendant sa détention à la DST, Mr Doyou Nicaise a été victime d’une grave crise de paludisme qui l’a emmené au seuil de la mort pendant 3 semaines avant qu’il ne reçoive la visite d’un médecin.

Toute situation montrant clairement que d’autres personnes, détenues dans ce triste endroit, ne reçoivent aucun soin médical.

Cette privation du droit à la santé s’observe également dans l’ensemble des établissements pénitentiaires, telle la MACA.

De tels agissements ne s’analysent autrement que comme une inexcusable violation du droit à la vie.

Aussi l’on est en droit de s’interroger sur les motivations du refus d’octroyer des soins de santé aux détenus d’opinion.

S’agit-il là de la mise en œuvre d’une politique d’extermination pour des motifs bassement politiciens ?

Est-ce la mort de nos parents que l’on souhaite ?

Pour empirer les souffrances de Samba David dont la situation est l’illustration la plus démonstrative de ce qui se passe dans les prisons, le détenu, comme vous le savez tous, Mesdames et Messieurs, a été nuitamment enlevé de sa cellule de la Maca, puis transféré manu militari à la prison civile de Korhogo.

Durant tout le trajet il lui a été interdit de boire de l’eau. Une torture de plus ! Une torture de plus !

Cette méthode de transfèrement des prisonniers loin de leurs juridictions d’attache, n’est d’ailleurs pas nouvelle.

Nous nous sommes toujours battues pour dénoncer cette forme de torture et avons obtenu gain de cause provisoire.

C’est en effet en Octobre 2012 que le régime a expérimenté, pour la toute première fois, cet autre moyen de persécution, ayant pour finalité de saper le moral déjà fragile des personnes détenues.

C’est ainsi que le Ministre Douati Alphonse et 42 Co-Accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat avaient été déportés de la Maca au camp de Mr Koné Zakaria, avant d’atterrir finalement à la MAMA.

Si le Ministre Douati avait été ramené à la MACA, certains de ses Co-accusés ont été, eux, dispersés dans les prisons de l’intérieur du pays où ils demeurent toujours, pour la plupart.

Le cas de Mr Douyou Nicaise n’est plus un cas isolé. Le régime a repris le transfèrement tous azimuts des détenus politiques d’une prison à l’autre, sans même en avertir leurs conseils qui se retrouvent chaque fois devant le fait accompli.

Tous agissements portant atteinte aux droits de la défense.

C’est le lieu de dénoncer le non respect des délais prescrits par la loi dans le cadre des gardes à vues et de la détention préventive.

Alors qu’une garde à vue ne peut durer plus de 48 h, les autorités ivoiriennes ont transformé en règle, la détention d’une [ou] de plusieurs personnes à la police et à la DST.

Ainsi, pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois et aujourd’hui 7 ans, on assiste à des incarcérations de plus de 18 mois.

CHERS AMIS DES MEDIAS

L’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (OIDH) et de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme qui suivent les procès, relaient régulièrement, dans [leurs] communiqués, de tels dysfonctionnements dommageables.

Même l’opinion s’offusque de la disproportion des peines. Que dire alors du ressenti des familles que nous sommes ?

Chers amis des médias,

C’est pour y remédier que l’Affdo-Ci, qui est une organisation pour le respect de la dignité humaine, sensibilise le gouvernement et dénonce les manquements.

Dans cette logique, l’AFFDO-CI a organisé une série de manifestation dont celle de rue entre 2013 et 2015 et a participé à la mobilisation générale pour les droits démocratiques.

Nous poursuivons nos efforts diplomatiques pour qu’une loi d’amnistie ou toutes autres mesures soient prises dans les plus brefs délais en vue d’obtenir la libération incertaine de nos parents.

En un mot nous entreprenons toutes actions citoyennes et humaines qui doivent favoriser le recouvrement de leur liberté par les nôtres.

Cela aura l’avantage de donner un sens à notre existence, à travers une vie commune au quotidien avec nos parents.

MESDAMES ET MESSIEURS

CHERS AMIS DES MEDIAS

HONORABLES INVITES

Maintenant, au cas où tous ces moyens de revendications démocratiques laiss[er]aient encore les gouvernants indifférents aux souffrances des familles, il en va que, dans un délai que nous communiquerons ultérieurement, nous marcherons sur toutes les prisons dans lesquelles sont détenus les nôtres afin de les libérer et ce, à tous les prix !

Nous savons que ce dernier acte de désespoir sera réprimé, les femmes seront arrêtées, emprisonnées, bastonnées, violentées, blessées, et même tuées certainement.

Mais il y survivra toujours un parent ou une famille de détenu d’opinion pour ouvrir ces prisons.

A l’instar des femmes qui ont libéré les hommes de la prison de Grand-Bassam pendant la lutte anti coloniale, nous libérerons nos parents vaille que vaille !

Je vous remercie !

DESIREE DOUATI

(Source : Association des Femmes et Familles des detenus d’opinion·vendredi 13 avril 2018)

Le Parti de Gauche exige la libération des manifestants du 22 mars

Côte d’Ivoire : Ouattara réprime et verrouille

Déclaration  de la Commission Afrique du Parti de Gauche

La coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), avait appelé à une manifestation pacifique pour demander la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) ; les autorités l’ont dispersée violemment. Plus de 40 personnes, dont Jean Gervais Tcheidé, vice-président du Front patriotique ivoirien (FPI, opposition) et Oula Anselme du même parti, ont été arrêtées. Dans la soirée, une partie des manifestants a été libérée, cependant 18 personnes demeurent encore en détention. La manifestation n’avait pas été autorisée, nonobstant les discussions entre l’opposition et les autorités pour décider de son itinéraire. Ce n’est que la veille, assez tard dans la soirée, que l’interdiction a été communiquée.

C’est la composition de la Commission électorale indépendante (CEI) qui est dans le collimateur des opposants à Alassane Ouattara et il n’existe plus de consensus autour de la formation de cette instance déséquilibrée. Sur les dix-sept personnes qui composent cette instance, quatre représentent des membres du gouvernement – dont le président de la République – et quatre autres le parti au pouvoir. Et comme les quatre membres supposés représenter l’opposition ne sont pas reconnus par elle, les autorités emportent mécaniquement la majorité. Ouattara  a une volonté manifeste de tout verrouiller. Cette commission est tout entière au service de l’exécutif. Aucune élection juste et crédible ne peut se tenir dans ces conditions.

Ajoutons à cela le fait que président de la CEI, Youssouf Bakayoko, en place depuis plus de six ans alors que la loi l’interdit formellement est celui qui est à la base de la crise de 2010 en ayant annoncé les résultats proclamant Ouattara vainqueur de la présidentielle depuis son QG et hors du temps imparti à la commission électorale.

Les pressions internationales se sont pourtant intensifiées depuis la dernière élection présidentielle en 2015. Dans un arrêt daté du 18 novembre 2016, la Cour africaine des droits de l’Homme a ainsi estimé que « l’organe électoral ivoirien ne présente pas les garanties d’indépendance et d’impartialité ». Récemment, les représentants de plusieurs partenaires internationaux, dont l’Union européenne, la Belgique et les États-Unis, ont fait part de leur préoccupation. Mais rien n’y fait.

Ces manœuvres visant à mettre sous contrôle du régime le processus électoral, sont-elles les préparatifs d’une future présidentielle truquée ou d’un troisième mandat  illégal ?

Dans l’immédiat, l’élection de sénateurs ressemble à une pantomime dénuée de sens, sauf à considérer l’intérêt qu’a Ouattara à fidéliser sa clientèle en créant ce Sénat inutile et budgétivore.  Un tiers des sénateurs est en effet choisi directement par le président, les deux autres tiers par un collège de grands électeurs, acquis à la coalition au pouvoir. Le résultat de l’élection n’est donc pas surprenant : la coalition au pouvoir Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) remporte 50 des 66 sièges en jeu aux premières sénatoriales de Côte d’Ivoire, en l’absence de l’opposition qui boycottait le scrutin. Cependant, la surprise est venue de Bouaké, fief de la rébellion qui soutenait Ouattara, et de Yamoussoukro, la capitale administrative, patrie de l’ancien président Félix Houphouët-Boigny dont le RHDP se réclame. Dans les deux cas hautement symboliques, le RHDP y a été battu par la liste des indépendants, les ADOrateurs de la première heure sont aussi les premiers à lui signifier son inanité.

Le Parti de Gauche dénonce les restrictions systématiques au droit à la manifestation pacifique, droit garanti par la constitution ivoirienne, car elles montrent la détermination des autorités à réduire au silence toute voix dissidente.

Le Parti de Gauche soutient le peuple ivoirien dans sa volonté de défendre la démocratie contre un régime qui révèle au grand jour sa vraie nature.

Le Parti de Gauche proteste contre le maintien en détention des 18 personnes arrêtées le 22 mars, pour avoir simplement participé à une manifestation pacifique et exige leur libération.

Pierre Boutry

In : AFPA (Alliance des Forces Progressistes pour l’Afrique), 27 mars 2018

 

Pour le Parti Communiste Français, la Côte d’Ivoire sous Alassane Ouattara n’est plus un Etat de droit

La Côte d’Ivoire doit redevenir un Etat de droit

La Côte d’Ivoire continue de connaître des reculs démocratiques inquiétants. C’est par centaines que se comptent les personnes disparues ou emprisonnées pour des raisons politiques pour la plupart d’entre elles sans jugement. D’autres sont condamnées à l’issue de procès confinant au grotesque. Et pour celles et ceux qui peuvent sortir des geôles, le lot commun est souvent la liberté conditionnelle sous la menace d’un retour en prison à la moindre expression oppositionnelle. Pire, les comptes de nombreux opposants sont par ailleurs bloqués sans aucune raison valable, tentant de les réduire ainsi à l’indigence. Les atteintes contre la liberté de la presse sont monnaie courante. Des dizaines de milliers d’Ivoiriens sont contraints à l’exil.

Plus grave encore, pour conforter son régime autoritaire quasi-féodal et soumis aux multinationales, le chef de l’Etat Alassane Ouattara met en place un Sénat avec des candidatures décidées à l’avance. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, un tiers des membres est désigné par le Président de la République !

Quant à la Commission électorale indépendante (CEI – organe en charge des élections en Côte d’Ivoire, qui n’est indépendante que de nom), la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a rendu le 18 novembre 2016, un arrêt qui remet en cause sa légalité.

Sur la base de ces éléments, l’opposition ivoirienne, réunie dans la plateforme politique « Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté » (EDS) et ses partenaires, a manifesté à plusieurs reprises au mois de mars en vue d’interpeller les autorités ivoiriennes sur la nécessité d’ouvrir des discussions politiques avec elle et la société civile.

Le 22 mars 2018 environ 50 personnes qui s’apprêtaient à manifester dans ce cadre ont été arrêtées avec une grande brutalité, dont 18 sont toujours en détention. Amnesty International estime à ce sujet que « les restrictions systématiques au droit à la manifestation pacifique, droit garanti par la constitution, montrent la détermination des autorités à réduire au silence toute voix dissidente ».

Le PCF partage ce point de vue tout en pointant l’urgence à libérer ces personnes, tout comme l’ensemble des autres prisonniers politiques. Il exige d’arrêter d’utiliser le mécanisme de la liberté conditionnelle comme d’un outil contre la liberté d’expression et de cesser les intimations contre les journalistes.
La Côte d’Ivoire doit redevenir un Etat de droit, condition primordiale pour que les milliers d’Ivoiriens en exil puissent revenir.

Parti communiste français
26 mars 2018

In : PCF, 27 mars 2018
(Surtitre de la Rédaction)

 

Abidjan : plusieurs manifestants de la marche du 22 mars déférés devant le parquet

« Ils sont au nombre de dix-huit (18) personnes interpellées le jeudi 22 mars 2018 au cours de la marche, qui ont été déférées devant le Parquet au Plateau, ce vendredi 23 mars 2018, depuis 7 heures 30 minutes. (…) »
Suite de l’article

(Source : Le Temps Infos, 23 mars 2018)

La marche du 22 mars à Abidjan violemment réprimée avec l’aide des enfants délinquants

Les évènements relatés par Ivoirebusiness.net :

« La marche de la coalition de l’opposition EDS ce jeudi 22 mars à Abidjan, a été violemment réprimée par les forces de l’ordre avant même qu’elle ne démarre, alors même qu’elle était autorisée et censée être protégée par la police.
Tout s’est passé comme si la police, qui entendait casser du manifestant, était devenue folle face à ces derniers, pourtant pacifiques et aux mains nues.
Plusieurs personnes ont été arrêtées dont le porte-parole de EDS Tchéidé Jean Gervais, et plusieurs journalistes et facebookers, conduits pour l’heure vers une destination inconnue.
Alors que les manifestants affluaient par milliers tôt ce jeudi à la place des martyrs à Adjamé, la police s’est brusquement mise à les charger.
Des gaz lacrymogènes ont été lancés contre eux et même des tirs à balles réelles, faisant plusieurs blessés graves.
Certains manifestants pourchassés ont purement et simplement été remis par les forces de l’ordre aux microbes (1).
Une manifestant a reçu un coup de poignard, ses intestins étaient visibles à l’œil nu, signe de l’activisme des voyous microbes aux côtés de la police.
Une autre manifestante gisait à terre dans son sang, la bouche en lambeaux.
Un autre blessé par balle à la tête, a eu la vie sauve miraculeusement, grâce aux soins reçus aux urgences du CHU de Cocody.

La ville d’Adjamé ressemblait à un champ de bataille, les manifestants affrontant courageusement aux mains nues la police du régime.
Les services d’urgences des hôpitaux abidjanais ont été pris d’assaut par les blessés en détresse.
Au moment où nous mettons sous presse, c’était le chaos à Adjamé et au Plateau.
Des véhicules de certains leaders de EDS ont même incendiés.
Le bilan de ces affrontements est pour l’heure inconnue.
Mais les dégâts causés par les forces de l’ordre sur une manifestation pacifique sont immenses.
Nous y reviendrons. »

Serge Touré

In : Ivoirebusiness, 22 mars 2018

(1) « Microbes » : Nom donné à des bandes d’enfants et adolescents tombés dans une délinquance extrêmement violente. [NDLR de Soutien et Liberté].

 

Mettons des visages et des noms sur les prisonniers politiques ivoiriens

Campagne de soutien

https://blogs.mediapart.fr/christine-tibala/blog/151217/mettons-des-visages-et-des-noms-sur-les-prisonniers-politiques-ivoiriens

Le mouvement des étudiants ivoiriens en butte à une violente répression

Mise à jour du 17/10/2017 :

Libérés après un mois d’emprisonnement à la MACA,  les étudiants ont décrit ce qu’ils ont subi à l’occasion d’une conférence de presse organisée le 13 octobre 2017 : « Nous étions tous les 37 étudiants dans une même cellule. Nous dormions à même le sol et nous nous rincions une fois par jour. On ne nous donnait pas à manger. C’est Dieu qui a préservé nos vies. Nous souffrons aujourd’hui de plusieurs maladies. Certains ont de problèmes respiratoires, d’autres des problèmes de vue, d’autres encore souffrent de démangeaison. Certains ont des côtes brisées à cause de la bastonnade subie avant leur arrestation ». (…)
Lire le compte rendu détaillé sur Linfodrome

 

Les revendications des étudiants

  • La suppression des frais annexes du COGES [Comité de gestion des établissement scolaires] ;
  • L’égalité et l’équité dans le traitement des élèves affectés de l’État dans le privé et le public ;
  • L’instauration des sessions de remplacement aux Examens à Grand Tirage (BEPC, BAC) ;
  • L’instauration de la Bourse dans le secondaire.

Déclaration du COllectif des Parents d’Elèves et d’Etudiants de Côte d’Ivoire (COPEECI)

Le Collectif des Parents d’Elèves et d’Etudiants de Cote d’Ivoire (COPEECI) suit, à l’instar de la nation entière, avec beaucoup d’attention, la grève générale lancée par la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) qui paralyse l’ensemble des établissements (primaires, secondaires et universitaires).

Les points culminants des revendications sont les suivants :
– La restauration de la session de remplacement pour les examens à Grand Tirage ;
– La suppression des frais annexes exorbitants dans les lycées et collèges et même dans nos établissements primaires.

Face à cette situation, le Gouvernement Ivoirien, en dépit de la justesse des revendications légitimes des Etudiants, refuse de les réunir autour d’une table afin de trouver des solutions adéquates par voie de dialogue.
Pire, nous notons des cas de répressions drastiques et d’arrestations injustes des étudiants qui manifestaient les mains nues.

Au vu de cela, nous parents d’élèves de toutes les couches sociales ivoiriennes réunis au sein du COPEECI,

– Condamnons les inscriptions anarchiques instaurées par les Coges en violation flagrante de la constitution ivoirienne,

– Dénonçons cette forme de parafiscalité dont les victimes sont les parents d’élèves déjà essoufflés par la crise financière qui frappe tous les ménages ivoiriens,

– Invitons la ministre de l’Education nationale à s’expliquer devant la nation sur l’inscription en ligne et la finalité des moyens qu’elle nous impose. A quoi sert cet argent ? Où va-t-il ?

– Invitons la ministre à fixer un montant unique sur toute l’étendue du territoire national pour les inscriptions dites physiques avec obligation des Coges de rendre public un bilan en fin d’année,

– Condamnons, avec la dernière énergie, ces actes d’extrême barbarie sur nos enfants et assurons qu’ils ne resteront point impunis,

– Nous leur apportons notre soutien pour leur patience et surtout la noblesse de leurs revendications car soucieux du poids financier que ces coûts des frais annexes constituent pour nous.

– Nous demandons au gouvernement de libérer tous nos enfants arrêtés et de soigner le plus rapidement les blessés et ceux qui ont inhalé le gaz lacrymogène périmé.

– Nous invitons Mme la ministre à ne pas oublier qu’elle est aussi une mère de famille et qu’elle devrait se soucier de l’avenir de nos enfants et de la nation entière.

Par ailleurs, nous avons constaté qu’aux fins de dissuasion et de manipulation, certains parents d’élèves et d’étudiants, en complicité avec le gouvernement, ont fait une déclaration le lundi 18 Septembre 2017 sur les antennes de la RTI (Radiotélévision Ivoirienne) pour décrier les points de revendications et les manifestations organisées par nos enfants.

Nous, COPEECI, déclinons toute responsabilité vis à vis de cette déclaration et mentionnons que nous ne nous reconnaissons point en ces personnes.

C’est pourquoi, nous dénonçons la RTI qui a refusé de diffuser notre déclaration parce qu’elle n’allait pas dans le sens de la vision de Madame la ministre de l’éducation nationale.

Pour finir, nous restons à l‘écoute des autorités pour toutes discussions pouvant contribuer à garantir la tranquillité et la paix dans nos établissements.

Fait à Abidjan le 19 Septembre 2017
Pour le COPEECI, le Président
M. Martial ADJOLAIN
edu.copeeci [at] gmail.com

(Source : Facebook)

 

Côte d’Ivoire : la violence de Ouattara à l’égard des étudiants ne doit pas rester impunie
Par Claude Koudou

Depuis plusieurs jours, les étudiants et élèves ivoiriens manifestent contre les augmentations abusives des inscriptions et autres conditions d’études. Parce qu’ils expriment ainsi et à juste titre leur colère, leurs souffrances et leurs difficultés, le pouvoir de Ouattara donne comme réponse la violence, la brutalité et la barbarie. Cette situation est inacceptable.

Nous condamnons fermement cette attitude arrogante du pouvoir avant d’exprimer le plus grand dégoût et notre vive indignation, face à cette inhumanité que montrent les images qui font le tour des réseaux sociaux.

Dans tout pays, il est normal que des jeunes qui entendent exprimer leur détresse, manifestent. Il faut donc soutenir ces jeunes pour la justesse des revendications qu’ils portent. Mais également, il faut dire qu’au regard de la bêtise du pouvoir, il est incompréhensible que l’opposition avec tous les progressistes se terre dans un mutisme assourdissant.

Depuis plus de six ans, nous constatons que ce pouvoir n’a que la violence comme moyen de gouvernance. Il faudra trouver les moyens d’arrêter cette barbarie qui ne peut plus durer. Mais devant la cruauté des actes posés par ce pouvoir, Ouattara devra aussi payer un jour ou l’autre.

En tout état de cause, nous en appelons aux organisations des droits de l’homme qui ne doivent pas avoir une observation sélective sur ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Aux pays démocratiques, nous affirmons que la puissance des lobbies financiers ne doit pas l’emporter sur la considération que le sang humain est sacré. Pour cela, nous demandons une commission d’enquête internationale sur les exactions faites sur les étudiants et élèves.

Nous invitons donc la Communauté internationale à ouvrir les yeux sur ce qui se passe en Côte d’Ivoire parce que cela relève de faits vécus au contraire des campagnes de communication du chef de l’Etat ivoirien qui ne fait depuis des années que dans du cosmétique, sur la réalité de la situation.

Enfin, il faut dire que lorsque le peuple est ainsi poussé à bout, il ne faudra pas s’étonner, que devant les graves dérives du pouvoir d’Abidjan, une riposte appropriée vienne arrêter ces souffrances.

Fait à Paris, le 20 septembre 2017

Claude Koudou
Président de l’ONG « Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique » ; Journal Officiel 2010.

Ampliations :
Ambassade de Côte d’Ivoire en France ;
Amnesty International ;
Human Rigts whatch ;
FIDH ;
Union Africaine ;
Assemblée Nationale française ;
Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire ;
Elysée ;
Maison Blanche ;
Kremlin.

(Source : Fraternafrique, 20 sept. 2017)

 

Pour aider les prisonniers démunis

Le Secrétariat National chargé des prisonniers politiques et de la politique pénitentiaire au sein du Front Populaire Ivoirien communique :

Le 29 Juin 2017 passé, nous vous adressions une lettre pour vous décrire les conditions carcérales pénibles et insupportables dans lesquelles vivent les détenus politiques (civils et militaires) ivoiriens.

Ces détenus d’opinions estimés à plus de 200 (deux cents) et répartis dans 14 lieux de détention connus (12 en Côte d’ivoire et 2 hors du pays) vivent le martyre dans les conditions difficiles et insupportables.
Leur état de santé se dégrade de jour en jour et les pathologies liées à leurs conditions précaires de détention prolongée prennent des proportions inquiétantes allant de simples pathologies courantes aigües aux pathologies chroniques voir malignes comme l’illustre l’exemple d’un détenu interné aux CHU Treichville au service de cancérologie depuis avril 2017.
Ces conditions ont entrainé des cas de décès en prison, 9 au total. Le dernier en date est celui de Monsieur TONDET BONFILS. Et même après leur libération provisoire, environ 4 personnes ont rendu l’âme, à l’exemple de Monsieur SERY JOSEPH.
Plus jamais, nous ne souhaiterions voir encore un détenu passer de vie à trépas.

Nous tenons à vous remercier pour votre exceptionnelle mobilisation morale, physique, politique, médicale et financière depuis ler juillet 2017, date à laquelle nous avons lancé, pour deux mois, une opération de soutien aux détenus politiques ivoiriens.
Nous remercions le pool des avocats qui, dans des conditions difficiles, défendent ces détenus et qui, par leur compétence, leur ardeur au travail bien fait, ont permis la libération d’une quinzaine d’entre eux.
Ivoiriennes, Ivoiriens d’ici et de la diaspora, nous voudrions encore compter sur vous jusqu’au 20 août 2017 pour œuvrer à l’élargissement de ces personnes ou à tout le moins pouvoir continuer à leur apporter assistance juridique, médicale, morale et en cantine.

Merci, à la veille du 57e anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance, de souscrire à la collecte de fonds, par l’achat des gadgets au 01 46 93 39 et des dépôts en numéraire au 06 38 37 85.
(…)
Abidjan, le 29 Juillet 2017
FPI / Secrétariat National chargé des prisonniers politiques et de la politique pénitentiaire

Rappel des numéros à contacter en Côte d’Ivoire pour soutenir les prisonniers démunis :

dépôts en numéraire : 06 38 37 85
achats de gadgets : 01 46 93 39
(polo=10.000 CFA ; tee shirt=3500 CFA ; casquette=2500 CFA)

 

Opération Collecte de fonds pour les prisonniers politiques
Tee shirt et casquette « Libérez-les ! »

Côte d’Ivoire : et si l’image ne reflétait pas la réalité ?

Tel est le thème de la réunion d’information et d’échanges organisée à Lyon le jeudi 11 mai 2017 par l’association « Côte d’Ivoire : Rechercher et Dire la Vérité » (CI-RDV).

Compte rendu

POURQUOI, MOI, FRANÇAIS(E), SUIS-JE CONCERNÉ(E) ?

Concernés ? Nous l’étions tous fortement en quittant la Maison des Passages, à Lyon, au soir de ce jeudi 11 mai 2017.

Initiée et animée par Michel Dubois, cette réunion fut riche et dense d’informations et d’échanges entre la trentaine de personnes, organisateurs, intervenants et des participants qui, pour certains, découvraient avec stupéfaction la responsabilité de la France dans la déstabilisation de la Côte d’Ivoire, depuis l’élection à la présidence, en 2000, de Laurent Gbagbo, jusqu’à l’installation, en 2011, d’un régime politique qui emprisonne et torture. (suite…)

Proclamation officielle des résultats de la pétition internationale pour la libération du Président Laurent Gbagbo

Nombre total de signatures obtenu : 26 767 291

Lire la déclaration de Bernard Binlin Dadié, regarder les vidéos de la cérémonie du 29 décembre 2016

Sur le site web des Amis de Laurent GBAGBO