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En prison et condamné pour avoir secouru les blessés du 11 avril 2011

Témoignage d’un détenu ivoirien
Publié par l’Association des Femmes et des Familles des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire
(AFFDO-CI)

Chers Nôtres,
Nous partageons le temoignage d’une personne encore en détention…. Merci de la lire mais surtout de la partager afin que le monde entier prenne conscience de l’ampleur des violations des droits humains dans notre pays depuis le 11 AVRIL 2011.
Le combat de dénonciation est lent mais certain…

PRESIDENT FONDATEUR d’une ONG dénommée : SECOURISTES SANS FRONTIÈRES, marié à l’état civil le 22 MARS 2008, MR ZIZA KAKA JEAN LOUIS est injustement détenu depuis maintenant 5 ans. Ensemble lisons son témoignage.

« Le 4 AVRIL 2011, j’étais devant la porte de ma maison lorsque mon voisin m’informa qu’au CHU de COCODY le personnel avait besoin d’aide. Etant le Président Fondateur de l’ONG dénommée SECOURISTES SANS FRONTIERES je décidai le 5 Avril 2011 d’y aller afin de contribuer à sauver des vies humaines. Pour moi, cela était un devoir car mon ONG a pour but dans un premier temps de porter secours et assistance à victimes en TOUT LIEUX et en TOUT TEMPS sans exception de personnes et en second temps de contribuer à promouvoir le secourisme de proximité.
Une fois au CHU de Cocody, tous les médecins m’ont accueilli avec beaucoup de soulagement car ils étaient acculés par les blessés. Je commençai à porter assistance aux blessés avec beaucoup de joies. Certains jours il m’arrivait de ne pas trouver le temps de manger car toutes les personnes qui y venaient se trouvaient en état de gravité extrême. Par moment des personnes perdaient la vie et là, je faisais toujours une pause pour les pleurer au nom de leurs familles qui ne savaient souvent pas qu’un des leurs était décédé. Les jours passaient et les cas devenaient de plus en plus alarmants.
Le 10 Avril 2011 au environ de 15h, une ambulance est venue de la résidence du CHEF de l’ETAT pour chercher des secours car selon eux ils avaient trop de blessés à la résidence et il fallait de toute urgence avoir une équipe médicale sur place. J’avoue que j’étais très réticent car à partir du CHU nous voyions la fumée venir de la Résidence. En toute franchise j’avais une peur bleu d’y aller mais toutes  les personnes présentes n’arrêtaient pas d’insister. Une fois à la résidence, mes craintes se sont envolées car il  y avait trop de personnes entre la vie et la mort. Au final j’étais fier d’être là et d’apporter assistance à toutes ces personnes blessées.
Malheureusement, l’assistance fut de courte durée puisqu’il fallait que nous soyons tous à l’abri des bombardements. AH LES BOMBARDEMENTS… Tout au long des bombardements, je pensais à ma femme, à cette jeune et belle fille que j’avais eu la chance d’épouser en MARS 2008. Je me demandai ce qu’elle deviendra s’il arrivait que je meurs sous les bombes. Soudain, je réalisai que je n’avais même pas eu le temps de lui dire où est ce que je me trouvai. Ma femme, elle devenait ma seule prière. Oui je priai pour que Dieu m’accorde la vie afin de lui prouva tout l’amour que je porte en moi pour elle. Oui durant cette nuit je ne pensais qu’à ma femme.
Le 11 AVRIL 2011, je fus arrêté aux côtés du couple présidentiel au environ de 11 heures. Le lendemain de mon arrestation, l’on me permit d’appeler ma femme… Lorsque je lui donnai l’information de mon arrestation, elle me dit : QUE DIEU TE PROTEGE MON MARI, SI TU ES EN VIE JE SUIS HEUREUSE.
(…) Nous avons quitté le Golf hôtel, le 14 avril 2011 au environ de 10 heures, nous étions 22 personnes au total ce jour-là, dans deux mini bus (gbaka) dont ils ont pris le soin de dissimuler les plaques d’immatriculation. Et avec des chemins détournés, ils nous ont fait sortir d’Abidjan.
Une fois arrivé sur l’autoroute du nord, on ne savait pour quels raisons, notre cortège s’est presque immobilisé pendant 30 mn environ. Finalement, c’est dans l’après-midi que nous sommes arrivés à Yamoussoukro où nous avons passé la nuit du 14 au 15 avril 2011. Le 15 avril matin, nous sommes partir de là en direction du nord et c’est aux environs de 17 heures que nous sommes entrés à Korhogo, avec une escale à l’état major de la gendarmerie de Korhogo située à proximité du palais de justice de la ville.
Nous sommes restés assis dans les véhicules, de 17 heures à 22 heures. Avec des hommes armés jusqu’aux dents autour de nous, qui veillaient sur nos moindres mouvements. Plus tard, nous avons été conduits au violon du poste de police du camp militaire CTK, sous la garde du commandant FOFIÉ KOUAKOU MARTIN. Là où nous sommes restés tout ce temps. Dans un espace de 9 mètres carrés environ, du 15 avril 20 11 au 02 mai 2014. Avec aucune possibilité pour nous de voir dehors. Le plus dur commença pour nous et pour nos familles.
En dehors de l’ONU-CI et de la croix rouge qui était autorisée à nous voir, aucune personne n’avait accès à nous et même l’organisation de nos familles et épouses, en cas de besoins devrait s’adresser à la Croix rouge pour avoir de nos nouvelles. Longtemps après, ils nous ont autorisé à recevoir des colis de nos familles par le canal de la Croix rouge. Et il fallait se débrouiller avec (05) cinq kilogrammes de colis par personne et pour deux ou trois mois environ. Durant cette période d’incarcération, nous avons été torturés de diverses manières.
Par la grâce de Dieu, le 02 mai 2014 à 14 heures l’hélicoptère qui nous ramenait de Korogho s’est posé à l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan vers 16 heure. Et aussitôt, nous avons été conduits à la MACA . Après trois ans loin de tout, j’ai pu un matin voir ma femme. Ça été dur, très dur … il n’y eut que l’émotion. Elle était amaigrie, la souffrance se lisait dans ses yeux et moi j’étais partagé entre le sentiment de joie et de tristesse. Ça été et c’est toujours aussi dur.
Nous étions toujours détenus à la Maca lorsque l’on nous annonça le début de notre procès, moi qui ne connaissais pas le PRESIDENT LAURENT GBAGBO, moi qui n’avais jamais milité dans le parti du PRESIDENT LAURENT GBAGBO l’on m’appela désormais dignitaire du FPI. Je ne comprenais pas pourquoi un tel nom mais j’étais content d’aller au procès car avec le document de mon ONG pour moi il n’y avait aucune raison que l’on me garde encore en prison. Durant ce procès, je constatai l’absence généralisée de preuves et pour moi le droit n’a volontairement pas été dit.
L’ONG dont je suis le fondateur est agréée par l’état de Côte d’Ivoire et déclarée au journal officiel de la république de Côte d’Ivoire pour porter secours et assistance à victimes en TOUT LIEUX et en TOUT TEMPS sans exception de personnes. Alors je me suis demandé comment l’on pouvait me condamne r à 10 ans de prison, pourquoi continuer à me maintenir en prison sans preuves. Le secourisme a une histoire et dans le monde nul n’ignore que Mr Jean Henri DUNANT, homme d’affaire suisse, [est]le fondateur de la Croix rouge française et des mouvements Croix rouge dans le monde mais aussi l’initiateur du droit international humanitaire.
Lequel droit a pour objectif majeur la protection des blessés de guerres, du personnels soignants et des prisonniers de guerres. – Selon l’ouvrage un SOUVENIR DE SOLFERINO dont il est l’auteur, Mr Henri DUNANT raconte la sanglante bataille dont il fut témoin en 1959 pendant la guerre de la conquête ITALIENNE qui opposait d’une part l’armée FRANCAISE et leurs alliés les SARDES à l’armée AUTRICHIENNE d’autre part. Mr Henri DUNANT décida avec l’aide de quelques amis de porter secours et assistance aux blessés de ladite guerre. Ce qui lui valut à juste titre, le premier prix NOBEL DE LA PAIX en 1901.
Aujourd’hui, mon souhait ardent s’est d’être purement et simplement libéré. Avec assez de recul, je suis fier d’avoir risqué ma vie pour sauver celle des autres et si s’était à refaire, je le referais sans hésiter. Rien qu’à l’idée de savoir que de par mes actions, des personnes soient en vie et en bonne santé, cela me procure beaucoup de bonheur. Comme exemple, je pourrais citer Mr SIDIKI BAKABA ex DG du palais de la culture d’Abidjan qui, (selon son propre témoignage, barré à la une du journal LE NOUVEAU COURRIER D’ABIDJAN n° 247 du mardi 21 juin 20 11 et publié sur les réseaux sociaux) étant blessé, reçut les premiers soins à la résidence. On peut même me voir à ses côtés sur la photo publiée par le journal… Alors, rien que pour ça, je me sens en paix avec mon DIEU et avec ma conscience. Je suis heureux d’avoir accompli ma tâche de secouriste pour laquelle j’ai été agréé.
Je suis aujourd’hui condamné à 10 ans de prison, je suis accusé à tort, je suis peut-être incompris mais je garde beaucoup d’espoir en l’avenir car un jour je me battrai afin que les secouristes soient tous respectés dans notre nation.
Ma santé quant à elle, se dégrade de jours en jours, ma femme et moi n’avons plus aucune ressource financière. Je peine à manger en prison et ma femme peine pour se nourrir dehors et par moment je me dis heureusement que nous n’avons pas encore d’enfant car comment cet enfant aurait été nourri. J’ai aujourd’hui des troubles visuels et bien d’autres maux dûs aux tortures subies depuis le Golf hôtel le 11 AVRIL 2011.
J’entends parler d’Amnistie générale de tous les détenus, je sais que je suis innocent mais si c’est l’unique porte de sortie, je dis gloire à DIEU ! Alléluia !
Je ne cesserai de rendre gloire à l’éternel DIEU qui a bien voulu qu’il y ait des rescapés sortis du déluge de feu et des décombres de cette haine mondiale.
Je rends un vibrant hommage à nos braves épouses, qui ont fini par nous convaincre de la place de la femme dans la vie d’un homme. – Je remercie les associations, les ONG nationales et internationales de lutte pour les droits de l’homme, les médias, et sans oublier nos frères et amis d’ici et d’ailleurs qui font mains et pieds pour notre libération. Je remercie et félicite l’AFFDO.CI et sa présidente Désirée DOUATI, pour l’assistance et leurs choix aux côtés des détenus d’opinion inconnus du grand public. Pour finir, c’est une prière que j’adresse à DIEU : qu’il fasse que cette douloureuse page de l’histoire de notre pays, soit vite tournée afin que tous les fils et filles de la Côte d’ivoire prennent part à son développement. Amen ! Merci. »

(Source : Facebook, 2 mars 2016 – Quelques coquilles ont été corrigées par la Rédaction)

Parti Communiste Français : la Côte d’Ivoire tourne le dos à la démocratie

Dans la Lettre des relations internationales du 1er trimestre 2015, le Collectif Afrique du PCF dénonce la répression et les procès politiques en Côte d’Ivoire.

Répression et procès politique : la Côte d’Ivoire tourne le dos à la démocratie et à la nécessaire réconciliation

La Côte d’Ivoire connaît une crise profonde et violente depuis septembre 2002, date de la tentative de coup d’État contre le président Laurent Gbagbo qui s’est transformée en « rébellion » occupant la moitié nord du pays.

A l’image de la Sierra Leone et du Liberia, des manœuvres de déstabilisation y ont été menées en complicité avec le président burkinabé Blaise Compaoré, avec l’appui des puissances occidentales – France en tête – et de multinationales. Tous jouant aux « pompiers pyromanes », cherchant ainsi à aggraver la division et l’affaiblissement du pays pour leurs intérêts respectifs. Par le moyen de la force militaire française, un ancien haut fonctionnaire du FMI et membre de l’Internationale libérale, Alassane Ouattara a été imposé à la tête de l’État ivoirien après une élection dont rien ne confirme qu’il l’ait remportée. Cela au détriment d’un dialogue politique et d’un recomptage des voix qui restait souhaitable et possible.

Ainsi depuis 2002 jusqu’en 2011 de nombreuses violences ont été commises de part et d’autre lors une guerre civile larvée opposant un pouvoir élu et une rébellion. Le point culminant de ce processus est le tristement célèbre massacre de Duékoué en mars 2011 lorsque les troupes pro-Ouattara s’emparent du sud du pays.

LA CPI, POURTANT SAISIE EN 2003 PAR L’ÉTAT IVOIRIEN SUR LES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS, CHOISIRA DE NE CIBLER QU’UN DES CAMPS EN PRÉSENCE POUR LA SEULE PÉRIODE POST-ÉLECTORALE DE 2010/2011.

Suivant en cela les desiderata de membres du Conseil de Sécurité, dont la France. La CPI fait ainsi l’impasse sur le rôle du camp Ouattara, sans parler du rôle de la France et des multinationales complètement passé sous silence.

Pourtant le pouvoir d’Alassane Ouattara porté aux nues par une partie de la communauté internationale aggrave et multiplie les manquements aux droits humains en Côte d’Ivoire. Des centaines d’arrestations arbitraires et politiques, l’impunité concernant les violences meurtrières depuis 2011, la promotion et l’enrichissement de ceux qui les ont commis, la persistance de milliers de réfugiés et de déplacés à l’intérieur et à l’extérieur du pays, le non-respect des engagements pris dans la mise en place d’un processus de « rassemblement et de réconciliation », la violation des droits civils et politiques, constituent le triste quotidien de la population. Cette dernière paie le prix fort d’un régime de plus en plus autocratique, corrompu et antisocial, secoué et déstabilisé par des conflits violents entre clans rivaux pour l’accaparement des richesses et du pouvoir que les multinationales et les puissances impérialistes veulent bien leur laisser.

A ce triste tableau il faut ajouter la nomination d’un nouveau président du Conseil Constitutionnel, militant acharné du principal parti au pouvoir, remplaçant celui qui avait été illégalement mis en place par Ouattara mais qui était sans doute considéré comme plus assez docile. Sans oublier, au grand dam de la société civile et de l’opposition politique, la remise en selle du président de la Commission électorale indépendante, acteur contesté de la crise post-électorale.

Par ailleurs, le pouvoir cherche non seulement à restreindre fortement la liberté de réunion et d’association mais aussi à s’immiscer dans les débats internes des organisations de la société civile, des syndicats et des partis politiques comme en témoigne la récente décision de justice, dénoncée par Amnesty International, qui interdit la candidature d’un des candidats à la présidence du Front Populaire Ivoirien, ce qui a pour résultat de favoriser une tendance au détriment de l’autre et d’alimenter un climat délétère au sein de l’opposition.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le récent procès de 83 militants pro-Gbagbo. Selon tous les observateurs indépendants, il y a eu de graves manquements : absence de preuves matérielles pour étayer les accusations, témoins à charges incapables de reconnaître les prévenus et se contredisant dans des récits fantaisistes…

Loin de viser à satisfaire un désir de justice et de vérité, fort légitime, les peines prononcées, extrêmement lourdes et allant bien au-delà des réquisitions du parquet, relèvent d’un jugement politique. Comment pouvait-il en être autrement d’ailleurs, quand la porte-parole du gouvernement ivoirien admettait elle-même le 22 octobre dernier que des « procédures politiques » étaient en cours. A la justice des vainqueurs s’ajoute un procès inique, signe néfaste pour les libertés publiques et les centaines de militants politiques et associatifs qui croupissent dans les geôles du pouvoir. Il s’agit en réalité d’une escalade dangereuse, avec des pratiques qui ne s’observent que dans les régimes dictatoriaux.

LE POUVOIR FRANÇAIS NE PEUT CONTINUER DE SE FAIRE COMPLICE D’UNE TELLE FORFAITURE. IL FAUT BRISER LE SILENCE AUTOUR DE CE QUI SE PASSE EN CÔTE D’IVOIRE.

A défaut, on continuera de voir sévir des personnages comme Gérard Longuet. Ce dernier, représentatif des versants les plus extrêmes, réactionnaires et colonialistes de la droite française, ancien ministre de la défense de Nicolas Sarkozy lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, actuel sénateur UMP et président du conseil d’administration de Sea-Invest Africa, est arrivé à Abidjan à la fin du mois de février en vue de réclamer, sous prétexte de faire des « affaires », sa « part de gâteau » pour services rendus au régime Ouattara. A défaut de briser ce silence complice, les hostilités, les désirs de revanche et les guerres civiles de demain ne manqueront pas d’apparaître. Il est encore temps d’arrêter cet engrenage.

Collectif Afrique
Commission des relations internationales

Lien URL à la lettre :
http://international.pcf.fr/sites/default/files/lri_janvier_2015-exe-bd_0.pdf

Simone Gbagbo à ses juges : je veux « donner ma part de vérité »

Intervention de Simone Gbagbo devant les juges de Ouattara (23/02/2015)

Source de la transcription : Steve Beko, 5 mars 2015

INTERVENTION DE MADAME SIMONE EHIVET GBAGBO

Monsieur le Président,
Je tiens à saluer la mémoire de toutes les personnes qui ont perdu la vie durant cette période douloureuse que traverse la Côte d’Ivoire.

Je compatis également aux souffrances et à la douleur de toutes les personnes blessées, mutilées, physiquement, moralement. Toutes ces personnes qui ont été pillées et qui ont perdu leurs biens et qui sont aujourd’hui désemparées.

Je salue enfin toutes les personnes qui se retrouvent en exil du fait de la crise postélectorale. Je salue la Cour, et suis ravie de comparaitre afin de donner ma part de vérité sur les poursuites dont je fais l’objet. Tellement de choses ont été dites !!! (suite…)

Il y a trois ans, le Président Gbagbo était renversé

Par le CDR-CI
(Conseil de la Diaspora pour la Restauration de la Démocratie et la Défense des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire)

Il y a trois ans, le monde entier assistait en direct au renversement d’un président ; il y a trois ans des ressortissants d’un pays étaient pourchassés par d’autres, soutenus par des non-ressortissants de ce pays ; il y a trois ans la Constitution d’un pays était violée par ceux-là mêmes qui font la leçon au monde entier ; il y a trois ans la chasse aux sorcières était érigée en règle ; il y a trois ans des cadres, de hauts fonctionnaires de l’administration, des anonymes par centaines de milliers étaient contraints de partir en exil ; il y a trois ans la pacification était prônée par l’Hexagone, ce pays des droits de l’homme ; il y a trois ans, les viols, les vols, les arrestations arbitraires, les condamnations extra judiciaires, les tortures et la tenue au cachot de pro-Gbagbo ou supposés tels, sont devenus des normes dans la gouvernance d’un pays ; il y a trois ans des journalistes sont muselés ; des réunions publiques et des rassemblements réprimés. (suite…)

L’espoir, par Bernard Houdin

11 avril 2011-11 avril 2014. Trois ans ont passé depuis la rupture brutale de l’ordre constitutionnel en Côte d’ivoire dans les conditions que nous connaissons tous désormais.

Laurent Gbagbo

Trois ans que le président Laurent Gbagbo, proclamé élu par l’instance suprême de son pays, est retenu prisonnier, à Korhogo d’abord, dans des conditions indignes dont les responsables porteront à jamais la marque d’infamie de leur acte, à La Haye ensuite, au cœur de l’Europe démocratique, toujours prompte à se mobiliser au nom du Droit et de la Liberté mais qui peine à respecter l’Autre dans les faits et à admettre ses errements. Trois ans qu’une accusation menée, au début, par un Procureur aveuglé par sa partialité suspecte et sa proximité douteuse avec un pouvoir imposé par la force à un peuple avide de liberté, poursuivie ensuite par une Procureure enfermée dans les « certitudes » héritées de son prédécesseur, s’arcboute sur un dossier que la Défense du Président avait déjà mis en pièces lors des audiences de février 2013.

Trois ans que les Libertés fondamentales sont régulièrement bafouées en Côte d’Ivoire : détentions illégales et illégitimes de dirigeants politiques spoliés de leurs biens dans le même temps, vexations et intimidations quotidiennes de simples citoyens, instillation du venin de l’ethnocentrisme (le « rattrapage ethnique », version ouattarienne de « l’épuration ethnique »). Trois ans que l’économie nationale est soumise à un clan kleptomane qui « travaille » avec l’argent que la population, un peu plus paupérisée chaque jour, voudrait bien voir « circuler ». Trois ans que la Côte d ‘Ivoire, miraculeusement, continue d’exister dans l’espoir de jours meilleurs mais dont la foi est soumise à rude épreuve.

Et pourtant, pendant ces trois (trop) longues années, des milliers et des milliers d’énergies, petites et grandes, unies dans le même combat pour la Justice et la Vérité, ont dit non à la forfaiture et au découragement et, aujourd’hui, la flamme, hier vacillante, de l’Espoir brule à nouveau et éclaire le chemin qui mène à une Côte d’Ivoire réconciliée et unie dans sa diversité.

Le président Gbagbo, le premier, qui n’a jamais renoncé dans l’épreuve, affirmant dès le 5 décembre 2011 devant la Cour à la CPI : « nous irons jusqu’au bout » et qui, j’en porte témoignage, n’a jamais douté de l’issue, faisant preuve d’une force d’âme peu commune et d’une volonté absolue de préserver le tissu national, sans aucun esprit de revanche, mais farouchement décidé à faire reconnaitre son bon droit qui se confond avec la volonté d’une immense majorité d’ivoiriens et d’ivoiriennes.

Le peuple ivoirien ensuite, car le combat du Président, depuis ce funeste 11-avril, n’a pu se mener sans l’extraordinaire capacité de résilience des ivoiriens et des ivoiriennes, au pays d’abord, dans les conditions les plus pénibles, dans la diaspora ensuite, sous toutes les formes et avec le soutien chaque jour plus sensible de tous ceux, africains ou non, attachés au respect du droit.

Qui aurait pensé, le 12 avril 2011, alors qu’Abidjan, couverte des fumées noires des bombardements, portait le deuil d’une démocratie « assassinée », que trois ans plus tard la Vérité serait proche d’être reconnue, que le pouvoir en place serait acculé à des prises de décisions imposées par toutes les pressions qu’il subit, tant au plan national qu’international ?

Car ne nous trompons pas : le pouvoir actuel n’a pas choisi « spontanément » de libérer les dirigeants enfermés à Bouna, Boundiali ou ailleurs. Le pouvoir n’a pas décidé d’organiser la réconciliation ni de dégeler les comptes et libérer les biens des personnes spoliées depuis le 11-avril. Il concède, pas à pas, des « avancées », souvent, caractéristique absolue de sa vraie nature, dans la plus mauvaise foi, comme le démontre l’épisode honteux du « dégel » des 48 comptes la semaine dernière.

Désormais l’horizon se dégage : l’échéance à venir est l’élection présidentielle d’octobre 2015. C’est elle qui va permettre à la Côte d’Ivoire de retrouver son « rythme » constitutionnel, fracassé il y a trois ans et aux ivoiriens et ivoiriennes de se réconcilier, dans la diversité de leurs origines et croyances, mais dans l’intérêt national au service des générations futures.

En cet anniversaire douloureux mais où l’Espoir ne doit rien concéder à l’abattement et à la résignation, c’est cette vision d’un futur commun pacifié qui doit animer les uns et les autres.

Et cet Espoir passe par un impératif « catégorique » : la libération de tous les prisonniers politiques, au premier rang desquels le président Gbagbo, dont la présence effective dans le processus de réconciliation nationale est incontournable. Il reviendra alors aux ivoiriens et ivoiriennes de choisir, en toute liberté, leur avenir.

Le 11 avril 2014

Bernard Houdin
Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo
Porte-parole pour l’Europe et l’Amérique

Source : Ivoirenewsinfo.net, 11 avril 2014

 

Vendredi 11 avril 2013 : 3ème anniversaire de l’embastillement de la démocratie

LE FPI COMMEMORE LE 11 AVRIL, VENDREDI
(Le Nouveau Courrier)

«Pour le premier anniversaire, nous avions retenu comme thème : «souvenir de la tentative de mise à mort de la démocratie en Côte d’Ivoire». Pour le deuxième anniversaire, nos réflexions ont porté sur : «L’Etat de non-droit en Côte d’Ivoire». Pour ce troisième anniversaire, nous voulons comprendre les vraies raisons de ce coup de force. A cet égard, le Premier ministre Pascal Affi N’Gessan, président du Fpi animera une conférence sur le thème : «Comprendre le 11 avril 2011 : logique pénale, réparation et réconciliation nationale». Le 3ème anniversaire de la commémoration du 11 avril 2011 est placé sous le signe de la solidarité avec toutes les victimes de la crise ivoirienne.» C’est l’annonce faite dans la mi-journée du mardi 8 avril 2014 par le ministre Sébastien Dano Djédjé, vice-président du FPI et président du comité d’organisation de la commémoration du 3ème anniversaire du 11 avril 2011 au quartier général de son parti. Selon l’ex-ministre de la Réconciliation et de la Cohésion Sociale dans le gouvernement du président Laurent Gbagbo, «le 11 avril 2011 marque donc pour le peuple de Côte d’Ivoire, la violation de sa souveraineté par la France de Sarkozy, l’achèvement d’un long processus de coup d’Etat international, l’arrestation et la déportation du président Laurent Gbagbo. Voici trois ans que le président Laurent Gbagbo, homme de paix, de dialogue, auteur du célèbre slogan «Asseyons nous et discutons», fondateur du Front populaire ivoirien et père du multipartisme en Côte d’Ivoire a été déporté à la Cpi, depuis le 29 novembre 2011 où il est arbitrairement détenu ; voici trois ans que des milliers d’ivoiriens sont contraints à l’exil, en violation de l’article 12 de la Constitution ivoirienne ; voici trois ans que de[s] milliers d’Ivoiriens ont perdu arbitrairement leur emploi par la mise en oeuvre de la politique dite de «rattrapage ethnique » ; voici trois ans que des maisons et sites privés sont occupés illégalement par des rebelles ; voici trois ans que de nombreux ivoiriens sont arrêtés et détenus sans jugement pour la plupart dans les prisons officielles et d’autres séquestrés dans des lieux privés. Et tout cela semble normal pour le pouvoir actuel. Le 11 avril a donc été un jour de grande souffrance, de douleur et de drame pour le Front populaire ivoirien. Le 11 avril 2011 représente ainsi pour le Fpi, une date mémorable et historique. Par devoir de mémoire, le Front Populaire Ivoirien veut se souvenir, compatir aux souffrances des ivoiriens et de toutes les victimes, pleurer tous les morts et se réarmer pour le combat de la souveraineté, des libertés et de la démocratie en institutionnalisant la commémoration du 11 avril 2011, jour de la négation de notre dignité par les forces rétrogrades». Le président du comité d’organisation a révélé en outre que des témoignages inédits seront faits par des militants et sympathisants du Fpi.

G.N.

In : Le Nouveau Courrier, n° 1002, 9 avril 2014, p. 4

Commémoration du 11 avril 2011. Communiqué de presse des mouvements de la Résistance ivoirienne et panafricaine en France et en Europe

Appel Manifestation 20140412

COMMUNIQUE DE PRESSE

Attention ! Contrairement à ce qui est annoncé dans le Communiqué, l’itinéraire partira du Conseil Constitutionnel (2 rue Montpensier) et arrivera au Quai d’Orsay.

11 avril 2011 – 11 avril 2014 :

– 3 ans de dictature en Côte d’Ivoire ;

– 3 ans d’absence de preuve contre Laurent Gbagbo à la CPI.

L’Afrique se mobilise pour exiger la libération du Président Laurent Gbagbo !

Plus de dix mille (10 000) Ivoiriens et panafricanistes se mobilisent le samedi 12 avril 2014 à Paris, devant le Quai d’Orsay au Métro Invalides (lignes 8, 13 et RER C), pour prendre part à la grande marche européenne organisée par la diaspora ivoirienne et africaine.

Cette marche partira du Quai d’Orsay dans le 7ème arrondissement de Paris à 13h00, pour s’achever devant le conseil constitutionnel français dans le 1ème arrondissement de Paris (métro Palais Royal, ligne 1).

L’Afrique debout! L’Afrique mobilisée! L’Afrique dans les rues de Paris pour exiger :

1 – La libération du Président Laurent Gbagbo

2 –La libération du ministre Charles Blé Goudé et des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

L’Afrique debout ! L’Afrique mobilisée ! L’Afrique dans les rues de Paris dit :

Non à la dictature en Côte d’Ivoire

Non à la vie chère en Côte d’Ivoire

Non aux prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

Non à la FrancAfrique

Ils viendront de l’Angleterre, de la Belgique, de la Suisse, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Suède, du Danemark, de la France, de la Hollande et bien d’autres pays…

Tout ensemble Com en résistance !

 

La Justice française réitère sa demande d’entendre Michel Gbagbo, suite à sa plainte pour enlèvement et séquestration

Affaire « audition de Michel Gbagbo à Paris » : la juge française en colère contre Abidjan
Par Didier Depry

« Michel Gbagbo devrait être entendu par la justice française, le 5 novembre 2013, à Paris. Mais les autorités ivoiriennes l’ont empêché de quitter le territoire de la Côte d’Ivoire pour répondre à cette convocation. La juge d’instruction Sabine Khéris a été informée de ce blocage et je peux vous dire que ça ne lui a pas du tout plu ». Ces propos d’une source judiciaire jointe à Paris et proche du dossier «Michel Gbagbo contre Soro Guillaume et autres chefs de guerre » témoignent du tournant embarrassant pour la coopération judiciaire entre la Côte d’Ivoire et la France que pourrait prendre cette affaire si le fils aîné du Président Laurent Gbagbo se trouve de nouveau interdit de quitter le territoire ivoirien pour répondre à la seconde convocation de la juge.
Sabine Khéris, juge d’instruction près le Tribunal de grande instance de Nanterre (Paris), a convoqué, en effet, Michel Gbagbo pour être entendu le 17 février 2014 dans le cadre de la plainte que celui-ci a déposé le 14 novembre 2011, par le biais de ses conseils, devant les juridictions françaises pour «enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants », à l’encontre de Guillaume Soro ainsi que d’autres ex-chefs rebelles (Morou Ouattara, Hervé Touré dit Vétcho, Chérif Ousmane, Zoumana Ouattara, Issiaka Wattara dit Wattao, Losseni Fofana dit Loss, Dramane Traoré, Ousmane Coulibaly, Gaoussou Koné dit Dja Gao et Martin Fofié Kouakou).
C’est avec un sentiment de colère que la juge d’instruction française a accueilli, au dire de notre source, le refus catégorique du régime Ouattara de laisser Michel Gbagbo se rendre en France pour son audition datée du 5 novembre 2013. Un refus que le ministre ivoirien de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, aurait lui-même signifié par téléphone au fils Gbagbo.

Michel Gbagbo

Source : Civox

La juge Sabine Khéris a donc réitéré sa demande d’auditionner Michel Gbagbo pour voir, sans doute, si les autorités ivoiriennes vont encore empêcher le plaignant de se rendre à Paris. D’autant que, poursuit notre source, la juge qui dispose aujourd’hui de beaucoup d’éléments sur l’affaire veut entendre Michel Gbagbo afin que la procédure suive son cours. «Mais si les autorités ivoiriennes s’opposent encore à l’arrivée de Michel Gbagbo à Paris pour être entendu le 17 février prochain, c’est la juge d’instruction qui pourrait se rendre en Côte d’Ivoire pour l’auditionner sur place », précise sous le couvert de l’anonymat la source proche du dossier. Qui conclut que l’attitude du régime Ouattara témoigne de la peur de ce que Michel Gbagbo pourrait révéler à la juge Sabine Khéris sur les tortures qu’il a vécues.

Didier Depry
didierdepri@yahoo.fr
In : Notre Voie, 31 janv. 2014
(Source : Civox.net ; surtitre de la Rédaction)

Côte d’Ivoire, au-delà du masque

Par Michel Galy

En Côte d’Ivoire comme dans bien d’autres « démocratures » africaines – régimes hésitant entre démocratie d’apparence et dictatures du quotidien -, il y a bien des façons de raconter l’Histoire, la grande et la petite, celle des vainqueurs et celle des vaincus.

Depuis le 11 avril 2011 – le jour de l’arrestation du président Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises – se pose la question de la nature du régime Ouattara. S’agit-il de l’établissement progressif d’une « démocratie irréversible », ou d’un système fragile protégé, voire imposé par deux corps expéditionnaires – la force française Licorne et l’ONUCI ?

Pour y répondre, il faut aller au-delà des apparences d’un régime gouverné par un président « reconnu par la communauté internationale » (mais non par la majorité de la capitale et du Sud), comprenant bien une Chambre des députés (mais sans la participation du FPI, le principal parti d’opposition), une armée et une police (mais qui sont désarmés au profit des incontrôlables milices FRCI et dozos). Et l’état des droits de l’homme en donne une idée assez précise. (suite…)

Le Dr Assoa Adou rétablit la vérité sur le conflit postélectoral en Côte d’Ivoire

DECLARATION DE LA COORDINATION FPI EN EXIL RELATIVE AUX PROPOS DE M. SORO GUILLAUME LORS DE SON VOYAGE EN THAILANDE

Le 13 Novembre (1) 2013, répondant à une question d’un parlementaire thaïlandais, Président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, voulant avoir des éclaircissements sur la décision de l’Etat ivoirien de transférer le Président Laurent Gbagbo à la Haye, M. Soro Guillaume a fait une série d’affirmations et d’extrapolations sur lesquelles il est utile de s’arrêter.

1- A propos des élections présidentielles

M. Soro affirme que « les élections se sont bien passées ». Or, il est connu et bien établi que, dans les circonscriptions électorales du Nord, c’étaient les rebelles de Soro et de Ouattara, en armes, qui régnaient en maîtres ; que les représentants du candidat Gbagbo ont été interdits d’accès aux bureaux de vote ; que des électeurs du candidat Gbagbo ont été empêchés de voter ; que des urnes ont été, soit, bourrées, soit emportées, soit saccagées ; que des procès-verbaux de bureaux de vote fictifs ont été comptabilisés au profit du candidat Ouattara ; que le candidat Ouattara y a obtenu, parfois, plus de 100 % des voix ? Toutes ces anomalies ont été relevées par la mission d’observation électorale de l’Union Africaine et de nombreux autres observateurs africains. (suite…)

Paroles de l’acteur et metteur en scène ivoirien Sidiki Bakaba

Réfugié en France après avoir été grièvement blessé lors du bombardement et de l’assaut de la Résidence présidentielle ivoirienne en avril 2011, Sidiki Bakaba expose sa vision de la situation.

Voir la vidéo d’Afriktv.net (26/11/2013) :

https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=vPI4LHdr3N0

Dr Boga Sako Gervais : « C’est à l’ONU de libérer l’otage Gbagbo ! »

Dans une Tribune publiée par la Dépêche d’Abidjan, le Président de la FIDHOP (Fondation Ivoirienne pour les Droits de l’Homme et la Vie politique) rappelle le rôle essentiel qu’a joué l’ONU dans le conflit postélectoral de 2010-2011 et en appelle aujourd’hui à sa responsabilité pour l’avenir de toute la Côte d’Ivoire.

Devant l’imbroglio juridico-politique auquel la Cour pénale internationale (CPI) nous donne d’assister depuis deux ans, il est de notre devoir, d’une part, de rafraîchir les mémoires de nos compatriotes Ivoiriens et Africains et d’en appeler à la lucidité et au réalisme de tous : le dossier Laurent Gbagbo est plutôt politique que judiciaire !
Et d’autre part, il nous faut mettre le Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies (c’est-à-dire, toute la Communauté internationale) face à ses responsabilités quant à ce qui pourrait advenir en Côte d’Ivoire, si le Président Laurent Gbagbo continue toujours d’être pris en otage à La Haye.

En cinq points, nos vérités seront synthétisées.

1/ Qui est principalement à l’origine de la crise postélectorale survenue en Côte d’Ivoire en fin 2010 ?
C’est bien l’ONU !
Car c’est bien le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire à l’époque des faits, le nommé Yuan J. Choï, agissant en sa qualité de (simple) certificateur de l’élection, qui a créé le bicéphalisme au sommet de l’Etat ivoirien, juste trois jours après la tenue du second tour de la présidentielle ivoirienne du 28 novembre 2010.
Alors que ses missions de certificateur le contraignaient pourtant à ne jamais se substituer aux institutions de la Côte d’Ivoire, qui demeurait toujours un Etat souverain, malgré la crise, M. Choï a gravement outrepassé ses compétences, en désignant un président autre que celui proclamé vainqueur du scrutin par le Conseil Constitutionnel ivoirien.
Par son fait, l’ONU s’est ainsi rendue principalement responsable du chaos que le pays connaîtra par la suite.
Activement soutenus à l’époque par la France et les Etats-Unis, à travers leurs ambassadeurs respectifs, l’erreur et le mensonge du fonctionnaire de l’ONU ont été vite distillés, telle une vérité absolue, dans tous les réseaux de la Communauté internationale, notamment au G20, à l’UE, à l’UA et au sein de la CEDEAO, grâce à la presse occidentale et à certaines ONG internationales des Droits de l’Homme.
Dès lors, l’usage de « tous les moyens » (dont la force) s’est trouvé justifié, afin de permettre à l’ONU d’imposer sa fausse vérité au Peuple Ivoirien, en dégageant le Président Gbagbo pour installer M. Alassane Ouattara dans le fauteuil présidentiel.

2/ Qui a autorisé les bombardements d’Abidjan de mars 2011 ; principalement de la résidence présidentielle ?
C’est bien l’ONU !
Car c’est bien le Conseil de Sécurité des Nations Unies qui adopta, le 30 mars 2011, la résolution 1975, qui comprenait les cinq points injonctifs suivants :
– le retrait immédiat de M. Gbagbo de la présidence de la République ;
– l’usage par l’ONUCI de « tous les moyens nécessaires pour mettre en œuvre son mandat de protection des civils (…) y compris pour prévenir l’usage d’armes lourdes » ;
– l’imposition de sanctions ciblées (gels des avoirs et interdiction de voyager) à l’encontre du Président Laurent Gbagbo et de certains de ses proches ;
– la reconnaissance de la CPI pour juger les auteurs de crimes graves en Côte d’Ivoire ;
– la référence explicite à « la responsabilité de protéger ».
Sur la base de cette fameuse résolution, l’armée française de la Licorne et les Casques bleus se sont rendus responsables de l’extermination de plusieurs centaines de jeunes patriotes, qualifiés de miliciens pro-Gbagbo, des civils non armés pourtant, mais qui ont commis le crime de soutenir le verdict du Conseil Constitutionnel de leur pays.
Et toujours sur la base de cette résolution, le Président de la République Laurent Gbagbo fut arrêté le lundi 11 avril 2011 aux environs de 11H Gmt.

3/ Qui a ordonné le transfèrement du Président Laurent Gbagbo devant la CPI ?
C’est bien l’ONU ! (Avec la complicité explicite de M. Ouattara !)
Car c’était l’une des injonctions du Conseil de Sécurité dans la résolution 1975. En effet, aux termes du Statut de Rome instituant la CPI, au même titre que les Etats signataires de ce texte ou du procureur de la Cour, le Conseil de Sécurité de l’ONU peut ordonner ou suspendre des poursuites contre des personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes contre l’humanité.
C’est là la preuve essentielle et irréfutable de la politisation intrinsèque qui caractérise la CPI !
Car, on peut aisément comprendre qu’avec leur droit de véto, des Etats parmi les puissants du monde peuvent décider du sort de certaines personnalités et des pays qui oseraient les défier ou s’opposer à leurs intérêts.

4/ Qui est donc le commanditaire de la prise d’otage du Président Gbagbo à La Haye ?
C’est bien l’ONU ! (En concurrence avec la France sarkozienne !)
En effet, s’étant autorisée[s] à désigner un Président de la République pour les Ivoiriens, en lieu et place du Conseil Constitutionnel ivoirien, l’ONU et la France se sont cru obligées de protéger le nouveau pouvoir d’Abidjan.
Pour permettre donc à leur « poulain » d’exercer le mandat qui venait de lui être offert, l’ONU et la France se sont servi de la CPI pour tenir loin de son pays, le « populiste » et très populaire en Côte d’Ivoire, mais aussi célèbre en Afrique et dans le monde, Monsieur Laurent Gbagbo.
Ainsi, en toute violation du principe sacro-saint de la présomption d’innocence, et alors que les preuves sont insuffisantes, voire inexistantes, pour ouvrir un procès contre lui, M. Gbagbo demeure l’otage de l’ONU à la CPI !
Heureusement qu’il y a encore des Juges au sein de la CPI qui refusent de cautionner cette supercherie mondiale et qui militent pour la libération de l’otage !

5/ Qui devra donc assumer les conséquences éventuelles en Côte d’Ivoire consécutives à la non-libération de M. Laurent Gbagbo ?
Ce serait bien l’ONU !
Toute la Communauté internationale doit bien se rendre compte du dépérissement inquiétant de la vie sociopolitique ivoirienne, depuis que le Président Laurent Gbagbo est détenu à La Haye. En voici le résumé de la réalité du pays.
– La réconciliation nationale est paralysée ; voire morte ! Et le pire pourrait advenir à tout instant…
– La justice n’est que celle des vainqueurs sur les vaincus ; avec des milliers de familles de victimes de tous bords politiques qui crient justice !
– Les Droits de l’Homme continuent d’être violés au quotidien par les FRCI et « dozos », plus gravement aujourd’hui qu’hier et en toute impunité : ce fut le cas dans le drame du camp des réfugiés de Nahibly, en juillet 2012 ; c’est actuellement le cas dans la région d’Agboville, pratiquement en état de siège, sous le couvert de « l’opération Téré ».
– L’Etat de droit et les fondements de la République sont constamment remis en cause dans le pays, avec la dévalorisation, voire la ‘’disparition’’ des FDS, face à des ex-rebelles et à des « dozos » hyper-armés.

C’est pour toutes ces raisons que nous exhortons l’ONU et la Communauté internationale à se ressaisir en Côte d’Ivoire pendant qu’il est encore temps ! Il faut se souvenir des graves erreurs commises par le passé, dont le Génocide rwandais de 1994 qui hante toujours nos mémoires, afin d’éviter le pire à la Côte d’Ivoire.
Ce qui signifie simplement de libérer l’otage Laurent Gbagbo et d’exiger du régime d’Abidjan, la libération immédiate de tous les prisonniers, ainsi que le retour facilité et sécurisé de tous les exilés.
Car, aussi longtemps qu’il sera maintenu otage de l’ONU à la CPI, le Président Laurent Gbagbo continuera de conditionner la Paix et la Réconciliation en Côte d’Ivoire, et d’inspirer ou de mobiliser des milliers et des milliers d’Ivoiriens et d’Africains à travers le monde !

Fait à Rome, le 9 novembre 2013

Dr BOGA SAKO GERVAIS
• Enseignant-Chercheur à l’Université de Côte d’Ivoire ;
• Ex-Membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI) ;
• Président de la Fondation Ivoirienne pour Les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP) ;
• Ecrivain-Essayiste.

In : La Dépêche d’Abidjan, 10 nov. 2013

Témoignage de l’ancien Secrétaire Général de l’Université de Cocody sur son séjour carcéral à Bouna

Le Pr Toto Jérôme Balou Bi, ancien Secrétaire Général de l’Université de Cocody (Abidjan), revient sur les conditions de sa déportation et de son séjour à Bouna à partir d’avril 2011, ainsi que sur les destructions et les sévices dont se sont rendues coupables à l’Université de Cocody les troupes au service d’Alassane Ouattara.

Source : Exclusif L’invité du mois : Pr Balou Bi Jérôme, ex-Secrétaire Général de l’Université de Cocody. EventnewsTV1, 26 août 2013 [Vidéo]

Ces morts de la Crise ivoirienne dont personne ne parle

Par Toto Jérôme Balou Bi

Notre pays la Côte d’Ivoire a connu bien des épisodes dramatiques dans la jeune histoire de son existence.
Il y a eu d’abord l’ère Houphouët-Boigny, avec les tueries dans le Sanwi, avec l’affaire du Sanwi, ou les évènements d’Aboisso (1959-1961), les tueries dans le Guébié (1970) (1), en passant par les différents «complots» imaginaires (1960-1962) (2). (suite…)

Jacques Vergès, celui qui ne s’en laissait pas compter

Décembre 2010, en Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara refuse la décision du Conseil Constitutionnel qui a déclaré Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection présidentielle après l’invalidation des résultats dans plusieurs régions où des fraudes s’étaient déroulées à une échelle massive, dans un climat de violence et d’intimidation à l’encontre des partisans de Laurent Gbagbo.
Alors que la plupart des pays et institutions de la Communauté internationale, relayés par les grands médias, minimisaient l’ampleur des fraudes et des actes de terreur qui ont accompagné le scrutin, Jacques Vergès a pris la parole, avec Roland Dumas – qui fut président du Conseil Constitutionnel français, et ministre des Affaires étrangères – sur les radios et télévisions, documents et photos à l’appui, pour montrer l’ampleur des fraudes et tenter de rétablir la vérité sur les résultats de l’élection.

Leur enquête est publiée dans :
Crimes et fraudes en Côte d’Ivoire. Roland Dumas et Jacques Vergès. Paris : Edite, 2011

En apprenant la nouvelle de son décès, de nombreux Ivoiriens et amis de la Côte d’Ivoire lui ont rendu hommage. Parmi eux :

Bernard Houdin

 » (…) J’ai connu Jacques Vergès au début de ce que le magma « bien-pensant » a appelé la « crise postélectorale » ivoirienne, présentée, dans la Doxa « officielle » ( ?!) comme l’affrontement entre le Bien (le démocrate « élu », Alassane Ouattara) et le Mal (le dictateur « déchu », accroché au pouvoir, Laurent Gbagbo).

Dès les premières heures de cette « crise », Jacques Vergès a « senti » la réalité du dossier, en fait un nouveau mauvais coup porté au Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, en violation de des principes fondateurs de la Charte des Nations-Unies, et au nom, comble de la perversité, de ces mêmes Nations-Unies, sous le couvert de la fameuse « Communauté Internationale » à propos de laquelle l’éditorialiste Jean Claude Guillebaud se demandait récemment si elle existait réellement et si quelqu’un l’avait une fois rencontrée…(…)  »

Lire le texte complet :
http://nouveaucourrier.net/bernard-houdin-rend-hommage-a-verges-salut-jacques/

Eric Kahé

 » (…) Maître Vergès n’était pas mon ami au sens d’une intimité partagée, ni mon avocat. Mais ce soir, je suis gagné par la tristesse de la perte de celui qui m’a honoré de sa visite en 2005, dans les décombres de Guitrozon, dans la commune de Duékoué, à l’ouest de la Côte d’Ivoire, et qui a cru devoir consigner par écrit, ses aversions pour les horreurs qu’il y a vues. Son soutien n’était pas celui d’un professionnel du droit mais de quelqu’un qui comprenait ma peine solitaire. Je me souviens encore de son calme, de sa détermination et de sa méthodologie de collecte des faits pour la recherche de la vérité. Il avait tenu à interroger le maximum de victimes et de témoins, y compris parmi les membres des communautés mises en cause dans ce drame ! (…)  »

Lire le texte complet :
http://re.ivoire-blog.com/archive/2013/08/16/jacques-verges-et-guitrozon-427867.html