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Après un an sans soins médicaux, Simone Gbagbo hospitalisée en urgence

COMMUNIQUE DE PRESSE DES AVOCATS DE MADAME SIMONE GBAGBO

Abidjan, le 4 Juillet 2016 – Le vendredi 1er Juillet 2016, Madame Simone EHIVET GBAGBO a été victime d’un malaise nécessitant son transfert de toute urgence à l’hôpital PISAM.

A son arrivée, et à la vue de son état de santé, il a été décidé par le corps médical de son hospitalisation.

Il est d’ores et déjà bon de préciser que Madame Simone EHIVET GBAGBO a été privée de soins médicaux pendant près d’un an.

Son état de santé actuel est donc étroitement lié à l’absence de soins dont elle a été victime. A cet égard, il y a déjà quelques mois, nous nous sommes émus auprès des autorités ivoiriennes de la santé précaire de Madame Simone GBAGBO, résultat d’une privation de soins médicaux.

Lors de l’audience des Assises de ce matin, le Procureur Général a affirmé s’être entretenu avec le médecin, et que Madame Simone GBAGBO « se portait mieux » et qu’elle quitterait l’hôpital le mardi 5 juillet 2016, de sorte que le procès pourrait reprendre ce jeudi 7 juillet 2016.

La Défense a tenu à attirer l’attention de la Cour sur le fait qu’elle n’avait pas encore eu d’échanges avec le Médecin de sorte qu’il ne pouvait être sérieusement déterminé le jour de la sortie de l’hôpital de Madame Simone GBAGBO, et encore moins le jour de la reprise du procès.

C’est ainsi que l’audience a été reportée au lundi 11 juillet prochain.

Nous nous sommes alors rendus à la PISAM afin de nous entretenir avec le Docteur KOUAKOU Kouadio, Directeur Médical, que nous n’avons pu joindre qu’au téléphone.

A notre grande surprise, ce dernier a refusé catégoriquement toute conversation ou rencontre avec les Avocats de Madame Simone GBAGBO estimant n’avoir de compte à rendre qu’au Procureur Général.

Le Docteur KOUAKOU Kouadio refuse ainsi catégoriquement d’informer Madame Simone GBAGBO et ses Avocats, sur son état de santé.

Paradoxalement, il communique avec le Procureur Général, avec lequel il semble avoir décidé de la sortie de Madame Simone GBAGBO, le mardi 5 juillet 2016, sans que cette dernière et ses Conseils aient été préalablement informés.

Nous sommes particulièrement inquiets de ce procédé qui consiste à maintenir Madame Simone GBAGBO et ses Avocats, en dehors de toute[s] informations relatives à l’état de santé de cette dernière.

Informations que le Docteur KOUAKOU Kouadio a décidé de réserver au Procureur Général.

Il convient de préciser que Madame Simone GBAGBO n’a pas encore obtenu les résultats des examens médicaux intervenus, et qu’elle souffre depuis de longues années de multiples pathologies nécessitant des soins médicaux quotidiens.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que la PISAM divulgue des informations médicales au Pouvoir ivoirien, tout en refusant aux patients toutes informations sur son dossier médical.

Au demeurant, cette attitude viole manifestement le secret médical, et le respect dû aux patients.

Face aux agissements plus que condamnables et méprisants du Docteur KOUAKOU Kouadio, qui semble davantage préoccupé par ses relations avec le Pouvoir ivoirien que par l’état de santé de Madame Simone GBAGBO, nous tenons à faire part de nos vives préoccupations.

On ne juge pas un cadavre !

La Défense tient à rappeler que la priorité doit être l’état de santé de Madame Simone GBAGBO, les soins qu’on doit lui apporter ainsi que sa convalescence.

Le procès ne saurait sérieusement se poursuivre, sans la prise en compte de ces préalables.

Les connivences du Docteur KOUAKOU Kouadio avec le pouvoir ivoirien sont inacceptables, indignes, et irrespectueuses des règles déontologiques que tout médecin digne de ce nom, se doit de respecter en veillant à ce qu’aucune influence politique ne détermine son attitude à l’égard d’un patient.

Le calendrier médical et judiciaire de Madame Simone GBAGBO ne doit en aucune manière être soumis à un éventuel calendrier politique.

Maître Ange Rodrigue Dadje & Maître Habiba Toure
Avocats de Simone EHIVET GBAGBO

 

 

Intervention de Simone Gbagbo devant la Cour d’Assises d’Abidjan

Cour d’Assises d’Abidjan, 1er juin 2016

Madame Simone Ehivet Gbagbo a présenté une intervention en 5 points sur lesquels elle a rétabli la vérité historique des faits qui l’ont amenée à comparaître aujourd’hui devant la Cour d’Assises d’Abidjan, ainsi que de toutes les violations du Droit – et des droits de l’homme et de la femme – dont elle a été victime.

I.   Le vainqueur des élections présidentielles de 2010    
II.  La prise du pouvoir par Alassane Ouattara
III. La crise postélectorale
IV. La violation de mes droits
V.  Les chefs d’accusation
Madame Simone Gbagbo et Me Rodrigue Dadjé

 

Lire le texte de l’intervention de Simone Gbagbo 

 

 

Madame Simone Gbagbo et Maître Rodrigue Dadjé

Procès contre le Président Gbagbo et Charles Blé Goudé 9-19 mai 2016

Vu et entendu à La Haye du 9 au 19 mai 2016

Communiqué de Maître Habiba Touré, avocate de Michel Gbagbo

COMMUNIQUE DE PRESSE

PARIS, le 9 Décembre 2015 – Mensonge ! Mensonge ! Mensonge ! Quand le mensonge s’érige en moyen de défense, c’est que le Défendeur craint la vérité !

Dans le cadre de la plainte pour enlèvement, séquestration et traitements inhumains et dégradants, portée par Michel GBAGBO en France, Monsieur Guillaume SORO a par l’intermédiaire de ses Conseils, indiqué qu’un mandat d’amener a été délivré à son encontre. (suite…)

Guillaume Soro devra rendre compte

L’ancien chef des troupes putschistes (dites « rebelles ») devenu président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire fait aujourd’hui l’objet en France d’un mandat d’amener suite à ses refus répétés de répondre aux questions de la Juge Sabine Khéris sur son implication dans l’enlèvement et la séquestration, accompagnés de traitements inhumains et dégradants, de Michel Gbagbo.
Rappelons que, depuis la tentative de coup d’état du 19 septembre 2002, ces bandes armées et leurs « commandants de zones » se sont rendues coupables d’innombrables exactions, en particulier dans l’Ouest du pays. Au demeurant, la CPI a fait connaître son intention de faire remonter ses enquêtes sur les évènements ayant endeuillé la Côte d’Ivoire à l’année 2002.

 

Convocations répétitives du juge français à Soro : d’inévitables et sérieux dégâts politico-judiciaires en suspens !

Contribution de Tchedjougou Ouattara
(Facebook)

A l’écouter décider péremptoirement de l’issue de la vie de certaines personnes nommément désigné[e]s dans son échange téléphonique litigieux avec Djibril BASSOLE, on se représenterait un invincible et intemporel Soro Kigbafori Guillaume, détenteur exclusif du droit de vie ou de mort sur tous ses semblables ici bas…
Le monde entier a toutefois intégré que l’homme a fièrement revendiqué son statut de rebelle ayant été capable de lever une rébellion ayant vocation principale à évincer Laurent GBAGBO et son FPI du pouvoir, dès le 19 septembre 2002…
Mais, les choses n’ayant pas fonctionné comme « Pourquoi Je suis devenu Rebelle » et ses partenaires endogènes et exogènes les avaient planifiées, il eut fallu attendre l’occurrence des élections du 28 novembre 2010, pour que ses hommes à lui Soro, achevassent le boulot le 11 avril 2011…

Et c’est justement en raison des graves atteintes à l’intégrité physique infligées par les hommes sous son autorité à Michel GBAGBO qui n’avait trouvé refuge qu’auprès de son père, occupant constitutionnel de l’immeuble de la Présidence de la République, ce 11 avril 2011, et pendant sa détention à Bouna, que la responsabilité pénale de SORO Kigbafori Guillaume est, à bon droit, recherchée. (suite…)

Guillaume Soro de nouveau convoqué par la Justice française

La Juge Sabine Khéris en charge de la plainte déposée par Michel Gbagbo pour « Enlèvement, Séquestration et Traitements inhumains et dégradants » a convoqué une nouvelle fois, pour le 24 novembre, Guillaume Soro.
La fois précédente, ce dernier avait invoqué le contexte de l’élection présidentielle pour demander un report de l’audition.

Les quatre militants maliens de l’UACDDDD acquittés et libérés

Une très bonne nouvelle : les quatre militants maliens de l’UACDDDD (Union des Associations et Coordinations d’associations pour la Défense des Droits des Démunis) ont gagné leur procès. Mais la vigilance ne doit pas être relâchée, car le Parquet pourrait encore faire appel.

Les quatre-ex prisonniers remercient très chaleureusement ceux et celles qui les ont soutenus dans leur combat contre l’accaparement des terres. Ils sont ressortis libres et fatigués du tribunal après l’acquittement prononcé par les juges. Les arguments de leurs avocats ont été entendus.

Les personnes souhaitant les aider à couvrir leurs frais d’avocats peuvent envoyer un chèque à l’ordre de la Confédération paysanne de l’Ardèche, à l’adresse suivante :
Confédération paysanne d’Ardèche
BP 129
07 001 Privas Cedex
(en précisant dans le courrier que la somme est destinée aux militants maliens).

Rappel des faits

Cour Pénale Internationale : la nouvelle équipe de défense de Charles Blé Goudé

Vendredi 13 février 2015, une audience de mise en état se tient à la Cour Pénale Internationale, en présence de Charles Blé Goudé qui a constitué une nouvelle équipe de défense composée des personnes suivantes :

– Me Geert-Jan Alexander Knoops, du Barreau d’Amsterdam, avocat principal
– Me Claver N’Dri, du Barreau d’Abidjan
– Me Jean Serge Gbougnon, du Barreau d’Abidjan
– Me Simplice Seri Zokou, du Barreau de Bruxelles
– Antonia Maria Dyk, gestionnaire de dossiers (Texas)
– Marion Carrin, juriste
– Carry Hamburger, consultante juridique, du Barreau d’Amsterdam
– Phoebe Oyugi, juriste

(Source : presse)

Depuis la Cour d’Assises d’Abidjan : la parole à plusieurs anciens ministres sous Laurent Gbagbo

Extraits des réponses du Premier Ministre Gilbert Marie Aké N’Gbo et des ministres Danièle Boni Claverie (Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant), Désiré Dallo (Ministre de l’Economie et des Finances), Joseph Kata Kéké (Recherche scientifique) aux interrogatoires du mardi 10 février 2015.

Gilbert Ake N Gbo

Gilbert Aké N’Gbo

Gilbert Marie Aké N’Gbo se trouvait au Bénin lorsque le poste de Premier Ministre lui a été proposé par le  Président Gbagbo :
« J’ai accepté ce poste pour venir servir mon pays. »

Désiré Dallo :
« Je suis un enfant de la République. La Constitution a fait de moi un ministre. J’ai appris le respect des lois. Notre boulot était de faire en sorte que l’Etat fonctionne, que les salaires soient payés, que les Ivoiriens se soignent… ».
Il réfute évidemment l’accusation grotesque de « casse de la BCEAO » !

Danièle Boni Claverie :
« Quand le Conseil Constitutionnel a déclaré Gbagbo comme président, je ne me suis pas posé de questions, je l’ai rejoint. »

Joseph Kata Kéké raconte comment lui-même et les autres ministres ont été attirés dans le guet-apens tendu par l’Onuci à l’Hôtel La Nouvelle Pergola :
« J’ai reçu un coup de fil du Premier Ministre Aké N’Gbo m’informant de ce que si je le désirais, je pouvais le rejoindre dans un lieu où lui-même se trouvait déjà sous la protection de l’Onuci. J’ai attendu quelques jours. Et c’est le vendredi 22 avril que j’ai quitté mon refuge pour me rendre de mes propres moyens à l’Hôtel La Nouvelle Pergola. Monsieur, je n’ai pas été arrêté pour être emmené à l’Hôtel Pergola, j’ai vu un dispositif militaire de l’Onuci aussi bien à l’entrée que partout autour de la Nouvelle Pergola. Donc j’étais rassuré. Ce sont les éléments de l’Onuci qui m’ont accueilli gentiment à l’entrée, et ils m’ont fait accéder à l’intérieur de cet hôtel. C’est seulement une fois à l’intérieur de l’hôtel que je me suis rendu compte que j’étais dans un camp des FRCI. C’est là-bas que j’ai appris que j’étais en résidence surveillée avec les autres collègues. C’est là-bas que j’ai été inculpé et c’est à partir de l’Hôtel La Nouvelle Pergola que j’ai été conduit avec les autres le 9 juillet 2011 en direction de la Maison d’Arrêt et de Correction de Boundiali ».

Tous ont affirmé avoir exercé leur Ministère dans les règles de l’art.
Tous ont été nommés dans ce gouvernement en conformité avec la Constitution ivoirienne, le Conseil Constitutionnel ayant déclaré Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection présidentielle.

(Source : presse)

 

 

Depuis la Cour d’Assises d’Abidjan

Un témoin raconte : « Il n’y avait pas d’armes et de munitions chez Gbagbo »

Par Anderson Diédri
(pour Le Nouveau Courrier)

Le ministre Niamien Yao, Diabaté Bêh et Chantal Gnahoua sont les accusés qui étaient à la barre hier mercredi 5 février dans le cadre du procès des pro-Gbagbo devant la Cour d’assises. Dans leurs témoignages, ils ont fait des révélations sur la crise postélectorale et particulièrement sur ce qui s’est passé à la résidence du président Laurent Gbagbo.

La grève des gardes pénitentiaires qui a conduit à la suspension de l’interrogatoire des accusés embastillés a ouvert la voie à l’audition des personnalités pro-Gbagbo en liberté provisoire. Ainsi, trois accusés étaient à la barre hier : Niamien Yao, Diabaté Bêh et Chantal Gnahoua.

C’est d’abord l’ancien ministre Niamien Yao qui a été appelé à la barre pour donner sa version des faits sur les événements de la crise postélectorale. «J’ai servi la Côte d’Ivoire en tant que fonctionnaire à la présidence et conseillé diplomatique du président Laurent Gbagbo. Cela ne fait pas de moi un militant du Fpi : je suis et je reste un militant du Pdci. Mais il était de mon devoir d’utiliser tous les recours pacifiques possibles pour que mon candidat [Laurent Gbagbo] soit déclaré vainqueur», a déclaré Niamien Yao qui a souligné qu’il était un fervent défenseur de la théorie du recomptage des voies comme solution à la crise politique née du second tour des élections de 2010. Une proposition de Gbagbo que le camp Ouattara avait systématiquement rejetée, privilégiant l’option de la guerre. L’accusé a aussi fait remarquer qu’il est indispensable «de faire en sorte que ce qui est arrivé dans l’histoire de notre pays puisse être évité à l’avenir». Lorsque le parquet général lui demande jusqu’à quel moment il considérait le président Gbagbo comme président, voici sa réponse : «Pour moi, jusqu’à ce que le président Alassane Ouattara ne prête serment devant le Conseil constitutionnel, le chef de l’Etat était le président Laurent Gbagbo».

Après l’ambassadeur Niamien Yao, c’est Diabaté Bêh, militant du Front populaire ivoirien (Fpi) et ancien membre du Conseil économique et social (CES) qui a été auditionné. Il a répondu sans faux-fuyant aux questions sur ce qui s’est passé à la résidence du président Gbagbo à Cocody qui a été bombardée pendant la crise postélectorale par les avions de l’armée française et de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci). «Je ne sais pas s’il y avait deux sous-sol mais celui dans lequel nous étions au palais avec le président Gbagbo ne contenait pas d’armes ou de munitions », a révélé Diabaté Bêh, témoin oculaire des événements. Accusé aussi d’avoir organisé la «résistance», l’ancien membre du CES a précisé que tous ceux qui étaient à la résidence avec Gbagbo avaient d’autres chats à fouetter. «Nous étions préoccupé[s] par d’autres choses que par des coups de fil pour mobiliser une quelconque résistance. Comme manger et protéger les enfants qui étaient avec nous au palais était notre principale préoccupation », a-t-il raconté. «J’ai de bons rapports avec les responsables des autres partis politiques. Au niveau de ma région natale comme dans tout le pays. Je n’ai jamais cessé de communiquer avec eux. Je souhaite que la Côte d’Ivoire se réconcilie. Je souhaite que les Ivoiriens s’entendent. Je demande à la Cour de nous aider à nous réconcilier. Je ne suis pas une personne dangereuse. J’ai toujours oeuvré pour la cohésion», a poursuivi Diabaté Bêh.

Chantal Gnahoua a, à l’instar de ses prédécesseurs, rejeté les accusations portées contre elle relativement à la crise postélectorale.

In : Le Nouveau Courrier, n° 1208, 5 fév. 2015, p. 5.

Abidjan, audiences de la Cour d’Assises : accusations faibles, enquêtes poussives, témoins hésitants

Extrait d’une dépêche de l’AFP sur les procès en cours de 83 personnes considérées comme « pro-Gbagbo » par le régime Ouattara, 24 janvier 2015

Témoins hésitants

Les auditions de témoins clé, primordiaux pour l’accusation, donnent pourtant l’impression d’une justice poussive. Leurs invraisemblables propos sont retransmis par des micros crachotants, dont le comique macabre fait parfois pouffer de rire le public, comme lors de ces échanges:
« – (Juge) : Etes-vous sûr que l’accusé ici présent était-là quand on a tué votre mari ?
– (Témoin) : Je ne sais pas. Mais son nom était cité dans toutes les exactions. »
ou encore :
« – (Juge) : Avez-vous vu les accusés ?
– (Témoin) : Non. Mais on m’a dit que ce sont les chefs des milices. »

Accusés ou simples témoins, les rôles peuvent vriller d’un moment à l’autre : ainsi, jeudi, une victime, gendarme de son état, a accusé un témoin policier d’avoir fait piller et incendier son domicile, où quatre personnes ont été tuées en avril 2011.

La veille, on avait attendu, en vain, l’arrivée de trois témoins.
« On ne peut pas dire que l’enquête ait été mal faite. Mais les témoins présents ne sont pas les meilleurs pour la procédure », reconnaît, conciliant, Drissa Traoré, de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH). Nombre de dossiers souffrent en outre d’une fragilité évidente, relève-t-il. Tels ce coiffeur, cet agent de sécurité et ce réparateur de téléphone, accusés avec un quatrième homme, d’avoir « fomenté des attaques qu’ils n’ont pas commises » à San Pedro (ouest). Aucun d’eux n’avait d’arme, aucun d’eux n’a été violent, a-t-on appris durant l’audience. « Ces personnes n’ont rien à faire ici. On ne peut pas juger des gens aux assises pour des faits aussi faibles », s’indigne Me Rodrigue Dadjé pour la défense.

« Pour l’instant, on voit beaucoup d’actes isolés, commis par des lampistes.
On ne voit pas le lien direct entre les faits reprochés à ces personnes et les chefs d’accusation », remarque Drissa Traoré.
« En Afrique, on parle d’atteinte à la sécurité de l’Etat quand on veut se débarrasser de quelqu’un », observe par ailleurs un expert africain des droits de l’Homme, qui critique, comme toute la société civile, la « justice des vainqueurs » en vogue en Côte d’Ivoire, où aucun dignitaire pro-Ouattara n’est pour l’instant inquiété.

Interview de Maître Habiba Touré : quelle défense dans le cadre de la situation postélectorale ivoirienne ?

Interviewée par EventnewsTv, Maître Habiba TOURE fait le point sur les dossiers en cours concernant successivement :
– la plainte déposée par Michel GBAGBO contre Guillaume SORO et les Commandants de zone ;
– le procès de Simone GBAGBO ;
– les actions judiciaires engagées par la CPI à l’encontre de Laurent GBAGBO et Charles BLE GOUDE.
C’est également l’occasion pour elle d’expliquer selon quels principes elle assure la défense de ses clients dans le cadre de la situation issue du conflit postélectoral.

Vidéo mise en ligne le 08/01/2015 (34.37 mn)

Dix mois avant l’élection présidentielle, Ouattara organise le procès de ses adversaires politiques

Cadeau de fin d’année aux Ivoiriens : Alassane Dramane Ouattara ouvre les procès en assises aujourd’hui

Par Koulibaly Doucy
(Notre Voix, le 26/12/2014)

Et si les autres étaient en détention pendant qu’il gouverne ? En tout cas, ce 26 décembre 2014, en guise de cadeau de fin d’année, Alassane Dramane Ouattara va offrir le procès en assises de 83 Ivoiriens. Pour être en règle par rapport à leur détention qui se fait jusqu’ici sans jugement. Car pour les assises qui s’ouvrent aujourd’hui, le régime est sûr d’obtenir la condamnation des accusés, grâce à une cour d’assises et un jury connotés. Parce que comme tout le monde le sait, les Ivoiriens qui rentrent en procès à partir d’aujourd’hui ont en commun d’être soit des proches du président Laurent Gbagbo, soit simplement considérés comme tels. Par ailleurs, ces personnalités ont en commun d’être soit détenues depuis plus de trois ans sans jugement, soit en liberté provisoire depuis l’avènement d’Alassane Dramane Ouattara. Ces prévenus ont surtout en commun d’avoir été soit à la résidence du chef de l’Etat Laurent Gbagbo pendant que la France la bombardait en avril, soit à l’hôtel la Nouvelle Pergola où les avait attirés l’Onu en promettant de les protéger.
Tous font l’objet d’une procédure engagée par les vainqueurs de la guerre postélectorale de 2011. La Procédure baptisée « l’affaire Aké N’gbo et 89 autres» est une conséquence de la crise postélectorale, elle-même, suite logique de la rébellion de septembre 2002 qui a fini par prendre le pouvoir par la force. En principe, les accusés, Simone Gbagbo, Aké N’gbo et les autres sont poursuivis dans trois 3 compartiments : les crimes politiques, les crimes économiques et les crimes de sang. Après plus de trois années d’instructions, le pouvoir Ouattara n’a réussi qu’à instruire (naturellement) les crimes politiques en rapport avec la fameuse « atteinte à la sûreté de l’Etat ». Et il a fallu que le procès s’ouvre aujourd’hui, alors que les conseils n’ont pas toutes les pièces pour assurer la défense de leurs clients. Parce que d’une part le régime avait promis à la communauté internationale de mettre fin à la situation d’une procédure arbitraire, mais [que d’autre part] le pouvoir avait pris l’engagement de juger Mme Simone Gbagbo que la Cpi réclame.

(…)

Suite de l’article dans Notre Voix du 27 décembre 2014
(Surtitre de la Rédaction)

 

Au tribunal ce matin : Simone GBAGBO ovationnée par la salle

Abidjan, vendredi 26 décembre 2014 : arrivée de Simone GBAGBO au tribunal. Mise en ligne le 26 déc. 2014 par CitoyenTv. [Vidéo, 24 s.]