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Rapport du 20 janvier 2017 sur les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

Le dernier rapport du Secrétariat National chargé de l’Administration pénitentiaire et des prisonniers politiques (FPI), daté du 20 janvier 2017, est en ligne.

Son fil conducteur : Interrogations sur la cohésion nationale.

Lire ou télécharger le Rapport (PDF)

Plusieurs leaders arrêtés, puis libérés, à la veille d’un grand meeting

Alors qu’un meeting est annoncé à Yopougon pour le samedi 5 novembre 2016, c’est pendant la nuit du 4 au 5 que plusieurs dirigeants du Front du Refus (Aboudramane Sangaré du FPI, Mamadou Koulibaly du Lider) sont interpellés à leur domicile !
Manoeuvres d’intimidation qui n’auront pas réussi, puisque le meeting a été maintenu et que la place Ficgayo accueille en ce jour beaucoup de monde.
Quant aux leaders arrêtés sans aucune raison sinon d’ordre politique, ils ont été finalement libérés en pleine nuit.

Mise à jour du 5 novembre 2016 :
Le soir du meeting, le prof. Bamba Moriféré (Coalition du Non) fut à son tour arrêté, puis relâché.

Amnesty International demande la libération des pétitionnaires arbitrairement emprisonnés

Côte d’Ivoire. Les autorités doivent abandonner les poursuites contre trois militants de l’opposition

Par Amnesty International
Le 22 juillet 2016
Les autorités ivoiriennes doivent abandonner toutes les poursuites engagées contre trois militants de l’opposition dont le procès s’ouvre lundi prochain, a déclaré Amnesty International aujourd’hui.
Djandou Prospère, Messihi Jean Léopold et Djoman Gbata Ange Patrick, des militants du Front populaire ivoirien (FPI, opposition) ont été arrêtés le 15 juillet dernier dans la commune de Yopougon à Abidjan, la capitale, alors qu’ils recueillaient des signatures pour la libération de l’ancien président Laurent Gbagbo.
(…)

Hommage à Victorien N’Guessan, décédé le 26 avril 2016

Par Alexis Gnagno

NGUESSAN VICTORIEN
Injustement emprisonné
Cinq années durant
Torturé
Jamais jugé
Malade
Rongé par la maladie
Hospitalisé d’urgence
Hospitalisé enchaîné
Finalement libéré
Mort cinq mois plus tard
Un mort de plus
Un mort de trop

(Source : Facebook)

Rapport du 30 mars 2016 sur les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

Dernière parution : Rapport 2-2016 sur les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire (PDF).

Rédigé par le Secrétariat National du Front Populaire Ivoirien chargé de l’administration pénitentiaire et des prisonniers politiques.

En prison et condamné pour avoir secouru les blessés du 11 avril 2011

Témoignage d’un détenu ivoirien
Publié par l’Association des Femmes et des Familles des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire
(AFFDO-CI)

Chers Nôtres,
Nous partageons le temoignage d’une personne encore en détention…. Merci de la lire mais surtout de la partager afin que le monde entier prenne conscience de l’ampleur des violations des droits humains dans notre pays depuis le 11 AVRIL 2011.
Le combat de dénonciation est lent mais certain…

PRESIDENT FONDATEUR d’une ONG dénommée : SECOURISTES SANS FRONTIÈRES, marié à l’état civil le 22 MARS 2008, MR ZIZA KAKA JEAN LOUIS est injustement détenu depuis maintenant 5 ans. Ensemble lisons son témoignage.

« Le 4 AVRIL 2011, j’étais devant la porte de ma maison lorsque mon voisin m’informa qu’au CHU de COCODY le personnel avait besoin d’aide. Etant le Président Fondateur de l’ONG dénommée SECOURISTES SANS FRONTIERES je décidai le 5 Avril 2011 d’y aller afin de contribuer à sauver des vies humaines. Pour moi, cela était un devoir car mon ONG a pour but dans un premier temps de porter secours et assistance à victimes en TOUT LIEUX et en TOUT TEMPS sans exception de personnes et en second temps de contribuer à promouvoir le secourisme de proximité.
Une fois au CHU de Cocody, tous les médecins m’ont accueilli avec beaucoup de soulagement car ils étaient acculés par les blessés. Je commençai à porter assistance aux blessés avec beaucoup de joies. Certains jours il m’arrivait de ne pas trouver le temps de manger car toutes les personnes qui y venaient se trouvaient en état de gravité extrême. Par moment des personnes perdaient la vie et là, je faisais toujours une pause pour les pleurer au nom de leurs familles qui ne savaient souvent pas qu’un des leurs était décédé. Les jours passaient et les cas devenaient de plus en plus alarmants.
Le 10 Avril 2011 au environ de 15h, une ambulance est venue de la résidence du CHEF de l’ETAT pour chercher des secours car selon eux ils avaient trop de blessés à la résidence et il fallait de toute urgence avoir une équipe médicale sur place. J’avoue que j’étais très réticent car à partir du CHU nous voyions la fumée venir de la Résidence. En toute franchise j’avais une peur bleu d’y aller mais toutes  les personnes présentes n’arrêtaient pas d’insister. Une fois à la résidence, mes craintes se sont envolées car il  y avait trop de personnes entre la vie et la mort. Au final j’étais fier d’être là et d’apporter assistance à toutes ces personnes blessées.
Malheureusement, l’assistance fut de courte durée puisqu’il fallait que nous soyons tous à l’abri des bombardements. AH LES BOMBARDEMENTS… Tout au long des bombardements, je pensais à ma femme, à cette jeune et belle fille que j’avais eu la chance d’épouser en MARS 2008. Je me demandai ce qu’elle deviendra s’il arrivait que je meurs sous les bombes. Soudain, je réalisai que je n’avais même pas eu le temps de lui dire où est ce que je me trouvai. Ma femme, elle devenait ma seule prière. Oui je priai pour que Dieu m’accorde la vie afin de lui prouva tout l’amour que je porte en moi pour elle. Oui durant cette nuit je ne pensais qu’à ma femme.
Le 11 AVRIL 2011, je fus arrêté aux côtés du couple présidentiel au environ de 11 heures. Le lendemain de mon arrestation, l’on me permit d’appeler ma femme… Lorsque je lui donnai l’information de mon arrestation, elle me dit : QUE DIEU TE PROTEGE MON MARI, SI TU ES EN VIE JE SUIS HEUREUSE.
(…) Nous avons quitté le Golf hôtel, le 14 avril 2011 au environ de 10 heures, nous étions 22 personnes au total ce jour-là, dans deux mini bus (gbaka) dont ils ont pris le soin de dissimuler les plaques d’immatriculation. Et avec des chemins détournés, ils nous ont fait sortir d’Abidjan.
Une fois arrivé sur l’autoroute du nord, on ne savait pour quels raisons, notre cortège s’est presque immobilisé pendant 30 mn environ. Finalement, c’est dans l’après-midi que nous sommes arrivés à Yamoussoukro où nous avons passé la nuit du 14 au 15 avril 2011. Le 15 avril matin, nous sommes partir de là en direction du nord et c’est aux environs de 17 heures que nous sommes entrés à Korhogo, avec une escale à l’état major de la gendarmerie de Korhogo située à proximité du palais de justice de la ville.
Nous sommes restés assis dans les véhicules, de 17 heures à 22 heures. Avec des hommes armés jusqu’aux dents autour de nous, qui veillaient sur nos moindres mouvements. Plus tard, nous avons été conduits au violon du poste de police du camp militaire CTK, sous la garde du commandant FOFIÉ KOUAKOU MARTIN. Là où nous sommes restés tout ce temps. Dans un espace de 9 mètres carrés environ, du 15 avril 20 11 au 02 mai 2014. Avec aucune possibilité pour nous de voir dehors. Le plus dur commença pour nous et pour nos familles.
En dehors de l’ONU-CI et de la croix rouge qui était autorisée à nous voir, aucune personne n’avait accès à nous et même l’organisation de nos familles et épouses, en cas de besoins devrait s’adresser à la Croix rouge pour avoir de nos nouvelles. Longtemps après, ils nous ont autorisé à recevoir des colis de nos familles par le canal de la Croix rouge. Et il fallait se débrouiller avec (05) cinq kilogrammes de colis par personne et pour deux ou trois mois environ. Durant cette période d’incarcération, nous avons été torturés de diverses manières.
Par la grâce de Dieu, le 02 mai 2014 à 14 heures l’hélicoptère qui nous ramenait de Korogho s’est posé à l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan vers 16 heure. Et aussitôt, nous avons été conduits à la MACA . Après trois ans loin de tout, j’ai pu un matin voir ma femme. Ça été dur, très dur … il n’y eut que l’émotion. Elle était amaigrie, la souffrance se lisait dans ses yeux et moi j’étais partagé entre le sentiment de joie et de tristesse. Ça été et c’est toujours aussi dur.
Nous étions toujours détenus à la Maca lorsque l’on nous annonça le début de notre procès, moi qui ne connaissais pas le PRESIDENT LAURENT GBAGBO, moi qui n’avais jamais milité dans le parti du PRESIDENT LAURENT GBAGBO l’on m’appela désormais dignitaire du FPI. Je ne comprenais pas pourquoi un tel nom mais j’étais content d’aller au procès car avec le document de mon ONG pour moi il n’y avait aucune raison que l’on me garde encore en prison. Durant ce procès, je constatai l’absence généralisée de preuves et pour moi le droit n’a volontairement pas été dit.
L’ONG dont je suis le fondateur est agréée par l’état de Côte d’Ivoire et déclarée au journal officiel de la république de Côte d’Ivoire pour porter secours et assistance à victimes en TOUT LIEUX et en TOUT TEMPS sans exception de personnes. Alors je me suis demandé comment l’on pouvait me condamne r à 10 ans de prison, pourquoi continuer à me maintenir en prison sans preuves. Le secourisme a une histoire et dans le monde nul n’ignore que Mr Jean Henri DUNANT, homme d’affaire suisse, [est]le fondateur de la Croix rouge française et des mouvements Croix rouge dans le monde mais aussi l’initiateur du droit international humanitaire.
Lequel droit a pour objectif majeur la protection des blessés de guerres, du personnels soignants et des prisonniers de guerres. – Selon l’ouvrage un SOUVENIR DE SOLFERINO dont il est l’auteur, Mr Henri DUNANT raconte la sanglante bataille dont il fut témoin en 1959 pendant la guerre de la conquête ITALIENNE qui opposait d’une part l’armée FRANCAISE et leurs alliés les SARDES à l’armée AUTRICHIENNE d’autre part. Mr Henri DUNANT décida avec l’aide de quelques amis de porter secours et assistance aux blessés de ladite guerre. Ce qui lui valut à juste titre, le premier prix NOBEL DE LA PAIX en 1901.
Aujourd’hui, mon souhait ardent s’est d’être purement et simplement libéré. Avec assez de recul, je suis fier d’avoir risqué ma vie pour sauver celle des autres et si s’était à refaire, je le referais sans hésiter. Rien qu’à l’idée de savoir que de par mes actions, des personnes soient en vie et en bonne santé, cela me procure beaucoup de bonheur. Comme exemple, je pourrais citer Mr SIDIKI BAKABA ex DG du palais de la culture d’Abidjan qui, (selon son propre témoignage, barré à la une du journal LE NOUVEAU COURRIER D’ABIDJAN n° 247 du mardi 21 juin 20 11 et publié sur les réseaux sociaux) étant blessé, reçut les premiers soins à la résidence. On peut même me voir à ses côtés sur la photo publiée par le journal… Alors, rien que pour ça, je me sens en paix avec mon DIEU et avec ma conscience. Je suis heureux d’avoir accompli ma tâche de secouriste pour laquelle j’ai été agréé.
Je suis aujourd’hui condamné à 10 ans de prison, je suis accusé à tort, je suis peut-être incompris mais je garde beaucoup d’espoir en l’avenir car un jour je me battrai afin que les secouristes soient tous respectés dans notre nation.
Ma santé quant à elle, se dégrade de jours en jours, ma femme et moi n’avons plus aucune ressource financière. Je peine à manger en prison et ma femme peine pour se nourrir dehors et par moment je me dis heureusement que nous n’avons pas encore d’enfant car comment cet enfant aurait été nourri. J’ai aujourd’hui des troubles visuels et bien d’autres maux dûs aux tortures subies depuis le Golf hôtel le 11 AVRIL 2011.
J’entends parler d’Amnistie générale de tous les détenus, je sais que je suis innocent mais si c’est l’unique porte de sortie, je dis gloire à DIEU ! Alléluia !
Je ne cesserai de rendre gloire à l’éternel DIEU qui a bien voulu qu’il y ait des rescapés sortis du déluge de feu et des décombres de cette haine mondiale.
Je rends un vibrant hommage à nos braves épouses, qui ont fini par nous convaincre de la place de la femme dans la vie d’un homme. – Je remercie les associations, les ONG nationales et internationales de lutte pour les droits de l’homme, les médias, et sans oublier nos frères et amis d’ici et d’ailleurs qui font mains et pieds pour notre libération. Je remercie et félicite l’AFFDO.CI et sa présidente Désirée DOUATI, pour l’assistance et leurs choix aux côtés des détenus d’opinion inconnus du grand public. Pour finir, c’est une prière que j’adresse à DIEU : qu’il fasse que cette douloureuse page de l’histoire de notre pays, soit vite tournée afin que tous les fils et filles de la Côte d’ivoire prennent part à son développement. Amen ! Merci. »

(Source : Facebook, 2 mars 2016 – Quelques coquilles ont été corrigées par la Rédaction)

Question écrite au Gouvernement français sur les atteintes aux droits de l’homme en Côte d’Ivoire

Situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire : Michel Billout interroge le gouvernement sur la position de la France

Par Michel Billout, Sénateur Communiste de Seine-et-Marne, Membre de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées  / 18 février 2016

 

Question écrite n° 20252 adressée à M. le ministre des affaires étrangères et du développement international

M. Michel Billout attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.

De nombreux défenseurs des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, dont ceux d’Amnesty international, s’inquiètent de l’arrestation et de la détention massive et arbitraire de centaines d’Ivoiriens depuis la venue au pouvoir de l’actuel chef de l’État, de l’enlisement organisé des procédures judiciaires concernant la plupart d’entre eux, des tortures dont certains font ou ont fait l’objet, du non-respect des droits de la défense et des prisonniers ainsi que de l’existence de lieux de détention illégaux.

Ainsi selon le rapport n° 1-2016 du secrétariat national du front populaire ivoirien chargé de l’administration pénitentiaire et des prisonniers politiques, il y aurait plus de 300 prisonniers d’opinion détenus dans des lieux de détention officiels. S’ajoutent à ce nombre plus de 200 prisonniers « fantômes ». Ces derniers ont été enregistrés par l’administration judiciaire et présentés à un juge qui les a inculpés. Mais soit ces prisonniers « fantômes » sont détenus de manière anonyme et clandestine dans des centres de détention clandestins ou dans des centres administratifs (tels que la direction de la surveillance du territoire ivoirienne) dont la vocation n’est pas de garder des prisonniers, soit ils ont complètement disparu.

Le respect des droits, déjà insuffisant pour les prisonniers d’opinion officiellement répertoriés, est inexistant pour ces prisonniers « fantômes ».

Parmi tous ces prisonniers d’opinion figurent des opposants politiques, des fonctionnaires, des militants de la société civile, des syndicalistes et de simples citoyens dont certains porteurs d’un handicap.

Parallèlement à cela, d’autres protagonistes, partisans de l’actuel chef de l’État et soupçonnés de nombreux crimes depuis septembre 2002 jusqu’à aujourd’hui, ont été promus aux plus hauts postes du pouvoir d’État.

Le chef de l’État ivoirien a par ailleurs exprimé son refus d’envoyer ces autres protagonistes de la crise ivoirienne sur qui pèsent de lourds soupçons de crimes contre l’humanité à la cour pénale internationale alors qu’il y a transféré son prédécesseur et le ministre de celui-ci Charles Blé Goudé dont le procès a débuté depuis le 28 janvier 2016.

La totalité de ces éléments confirme malheureusement une fois de plus une collusion entre pouvoir exécutif et judiciaire en Côte d’Ivoire et a pour conséquence une justice des vainqueurs qui ne peut que peser négativement sur la réconciliation nationale et le retour de milliers d’exilés.

Sur l’ensemble des points soulevés la France s’honorerait d’exprimer l’exigence, vis-à-vis des autorités ivoiriennes, du respect des libertés, de l’État de droit et de la sécurité des populations en Côte d’Ivoire. Il lui demande ce qu’il compte faire en ce sens.

 Source : Michel Billout
Les question écrites
« De nombreux défenseurs des droits de l’homme s’inquiètent de l’arrestation et de la détention massive et arbitraire de centaines d’Ivoiriens »

Mise à jour du 3 mai 2016 :

La réponse du Ministère des Affaires étrangères français publiée au JO Sénat du 28 avril 2016 ne prend absolument pas acte des graves faits dénoncés par Michel Billout, n’exprime aucune solidarité à l’égard des victimes du régime, mais « encourage » la Côte d’Ivoire à poursuivre ses efforts. Bref, bientôt 6 ans après la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, le même discours abstrait contre l’impunité, rien de concret sinon… l’annonce de 31 M€ « consacrés au secteur prioritaire de la justice, à l’amélioration des conditions de détention et au respect des droits de l’Homme » !

La Défense de Laurent Gbagbo rétablit la vérité historique contre toutes les falsifications de l’Accusation

Journée du 1er février 2016 : vidéos des interventions de la Défense de Laurent Gbagbo

Mise à jour du 2 février :

Journée du 2 février 2016 : vidéos des interventions de Charles Blé Goudé et ses Conseils

Le nouveau rapport de janvier 2016 sur les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

 

 

Les nouvelles des nôtres dans les prisons de Ouattara

Interview de Désirée Douati
par Cyrille Djedjed, pour l’Inter

L’ex détenue politique Désirée Douati, présidente et porte-parole de l’association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire (Affdo-ci) revient une fois encore à la charge. Dans cette interview, elle demande tout simplement à Alassane Ouattara de libérer les prisonniers politiques, pour la dignité humaine.

INTER : Mme la présidente, comment réagissez-vous au décès du prisonnier Kouya Gnépa Eric ?
D.Douati : Je vous remercie.
C’est avec beaucoup de tristesse et de désolation que je vous en parle. Le frère Kouya Eric Gnepa est le quatrième parent que nous perdons depuis que les incarcérations arbitraires et les détentions abusives sévissent dans notre pays. Avec ce décès, il y a lieu de penser que le pouvoir tue à petit feu les prisonniers d’opinion. (suite…)

La France ne doit pas recevoir Guillaume Soro (PCF)

Par le Parti Communiste Français

Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et ex-seigneur de guerre, s’est rendu en Grande-Bretagne et projette de venir en France.

Guillaume Soro Photo Aujourd hui

Guillaume Soro

En plus des exactions commises par son armée qui mériteraient des poursuites devant la justice, qu’elle soit nationale ou internationale, Guillaume Soro est sous le coup d’une plainte déposée par Michel Gbagbo, ressortissant franco-ivoirien et fils de l’ancien président de Côte d’Ivoire, « pour enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants ». Après que le pouvoir d’Alassane Ouattara ait empêché illégalement Michel Gbagbo de sortir de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro s’est plusieurs fois dérobé à la justice française qui veut l’entendre.

Plus grave encore : dans une conversation téléphonique « fuitée » accessible sur internet et présumée avec l’ancien ministre de l’Intérieur burkinabé Djibril Bassolé, aujourd’hui en détention préventive, on entendrait Guillaume Soro proposer une aide à la fois financière et logistique en vue de faire réussir le coup d’Etat de Gilbert Diendéré à Ouagadougou en septembre dernier. Rappelons que l’Union africaine avait qualifié de « terroristes » les auteurs de ce coup d’Etat, appréciation que partage le PCF.

On entend également dans ce document sonore la même voix revendiquer les assassinats de l’ancien ministre de l’Intérieur de Laurent Gbagbo, Désiré Tagro, et d’Ibrahim Coulibaly dit « IB », qui le concurrençait au sein de la rébellion pro-Ouattara. Dans cette conversation enregistrée on l’entend aussi proposer l’assassinat du président actuel du Conseil national de la transition du Burkina Faso, Cheriff Sy.

Le PCF indigné par ces propos inqualifiables espère que les tribunaux burkinabé et ivoirien ainsi que la Cour Africaine des droits de l’Homme et des Peuples se saisiront de ces documents en vue de procéder aux investigations et poursuites appropriées. Le PCF partage l’exigence qui commence à se faire jour d’une enquête internationale à ce sujet, en Côte d’Ivoire notamment. Il est à noter d’ailleurs que Guillaume Soro est d’ores et déjà dans le «collimateur» de la justice burkinabé et qu’il a fait l’objet récemment d’une perquisition à son domicile de Ouagadougou.

Qui protège monsieur Soro ? Depuis une quinzaine d’années, son nom est évoqué à de nombreuses reprises dans des affaires criminelles et délictueuses. Comme celle du casse de 2003 des agences de le Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) du nord de la Cote d’Ivoire. Rappelons que la BCEAO est l’institution d’émission du franc CFA, monnaie sous contrôle de la Banque de France et de la BCE.

Dans ce contexte le PCF appelle les pouvoirs publics français et/ou des personnalités publiques à ne pas recevoir Guillaume Soro qui est le représentant d’une des branches les plus sanglantes du pouvoir Ouattara. Rappelons que, parmi d’autres manquements aux droits humains et à l’État de droit, ce pouvoir continue à détenir dans ses geôles des centaines de prisonniers politiques.

Il faut au contraire faire tout ce qui est possible pour qu’il puisse être entendu par la justice française au sujet de l’affaire « Michel Gbagbo ».

In : www.pcf.fr, 26 nov. 2015

Le Secrétaire National du Parti Communiste Français interpelle Laurent Fabius sur la situation des prisonniers politiques ivoiriens

Paris, le 7 septembre 2015

Monsieur le Ministre,

Je me permets d’attirer votre attention sur la situation rencontrée par Monsieur Assoa Adou dirigeant historique du FPI, homme de Paix et de dialogue, et d’autres prisonniers politiques de Côte d’Ivoire.

Dans la nuit du 1er au 2 septembre des hommes encagoulés puissamment armés se présentant comme des forces spéciales ont pénétré dans les cellules d’Assoa Adou et d’autres prisonniers politiques à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) et les ont fouillé[es]. (suite…)

A diffuser ! Le rapport sur la situation des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

Rapport sommaire sur la situation des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire (04/08/2015)
Version PDF

Très ému par ce qu’il a vu à la MACA, Joseph Titi remercie tous ceux qui ont contribué à sa libération

Encore merci !  Joseph Titi

Dans l’impossibilité de toucher individuellement toutes les personnes
qui m’ont témoigné, à titre individuel d’une part, ainsi qu’à l’ensemble du personnel du journal « Aujourd’hui » d’autre part, leur soutien à l’occasion de mon emprisonnement, j’écris ces lignes pour leur exprimer ma gratitude.

Merci au groupement des éditeurs de presse de Côte d’Ivoire qui n’a pas ménagé sa peine pour réaffirmer le principe de dépénalisation des délits de presse dans notre pays ; merci également à toutes les autres associations professionnelles de journalistes qui ont déploré les graves menaces que le gouvernement d’Alassane Dramane Ouattara fait peser sur les médias qu’il ne contrôle pas, à quelques deux mois de l’élection présidentielle.

Merci enfin à la presse internationale d’ordinaire si réticente, lorsqu’il s’agit de regarder de plus près les atteintes auxquelles le régime se rend régulièrement coupable, mais dont le soutien a été, ces derniers jours, décisif pour faire reculer le dictateur. Je sais que cette mobilisation extraordinaire, les déclarations de soutien ayant fleuri sur les réseaux sociaux comme jamais auparavant, a écœuré certains confrères de la place qui ne comprennent pas cette solidarité dont le journal et moi avons été entourés tout au long de cette crise.

Certains parmi eux s’en sont alors directement pris à ma personne m’accusant, sans le moindre fait, de faire un journalisme de type fiction mais aussi d’être un illustre inconnu qui s’octroierait un coup de projecteur inespéré avec cet emprisonnement. Le directeur général de Fraternité Matin, auteur de ce coup de folie, a même affirmé que je me suis fait arrêter parce que le journal que je dirige ne s’achète pas et que le gouvernement devrait, pour cela, me libérer pour ne pas me faire plus de publicité que ça…

Il arrive des moments où il faut se contenter du peu. Je remercie donc Venance Konan d’avoir demandé que je sois libéré même s’il se trompe en pensant que son sort est plus enviable comparé au mien. Car ce n’est pas en dirigeant des journaux conçus par d’autres qu’on démontre qu’on a un quelconque savoir. Au demeurant, lorsqu’on regarde de près les ventes du journal progouvernemental, on a plutôt envie de blâmer son premier responsable que de le féliciter. Donc, Venance devrait arrêter de commencer par l’injure. Car cela manque non seulement de finesse mais aussi de pertinence.

Pour le reste, je ne comprends pas la propension du directeur général de Fraternité Matin à guerroyer sur tout et rien lorsque Ouattara se fait lui-même prendre dans la nasse de son irresponsabilité. Le chef de l’état n’avait-il pas l’occasion de changer l’article 35, lui qui est si populaire et qui a fait ce que personne avant lui n’avait jamais réussi ? Autrement, pourquoi devrait-on le reprocher à ceux qui avaient intérêt à ce que cela ne change pas ? Avant d’accuser des adversaires prétendument sans relief, Venance Konan devrait demander à son mandant pourquoi il a eu constamment peur d’affronter le suffrage des Ivoiriens ; pourquoi un gouvernement de savants qui plus est des démocrates reconnus comme tels, ont pu se faire prendre au piège de mon emprisonnement ?

A la vérité, aussi bien Ouattara que ses défenseurs acharnés se sont laissé surprendre par les changements intervenus dans la compréhension des événements politiques dans notre pays. Et ils n’y ont vu d’autant plus que du feu qu’ils croyaient gagnée la complicité des médias internationaux, y compris celle des organisations de droits de l’homme, en particulier celle de la presse internationale qui a bien souvent montré trop de mansuétude à l’égard de Ouattara et de son régime. Or, visiblement ce temps-là est passé…

Je reviens de la Maca où je n’ai finalement passé qu’une petite semaine. Mais j’ai pu comprendre que le meilleur exemple d’abandon qu’un Etat peut s’autoriser est ce qu’il se permet dans ses prisons. Et la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan illustre cette réalité ; on réalise ainsi à quel point la politique sociale d’Alassane Dramane Ouattara a créé des déchets humains que son gouvernement préfère « enterrer » ici. Je rendrai donc mon témoignage à l’occasion du dossier que je publierai sous le titre « De retour de l’enfer de la Maca ». Mais je me suis également habitué à des termes : le badjot, TTS, baygon… Le premier indique ces menus bois durs bien plus étroits qu’un matelas normal d’une place.

Le badjot vous détruit la colonne vertébrale au fur et à mesure que vous l’utilisez parce qu’il est fixé dans le béton et que vous n’avez aucune possibilité d’en changer la position. Quant au terme TTS, il désigne tous ceux qui, plus [de] 390 personnes, sont accusées de l’accusation rituelle d’atteinte à la sûreté de l’état. Pour cela, le régime a d’abord obtenu des aveux extorqués pendant d’atroces séances de torture. Des témoignages terrifiants de prisonniers battus au chevron, leurs plaies ensuite brûlées par des langues de feu sont là pour le prouver… D’ailleurs, la plupart de ces personnes en portent encore les stigmates… à vie.

D’autres ont vu leurs maladies s’aggraver ; parfois les sévices endurés les handicapent à vie comme ce prisonnier qui est devenu insuffisant rénal après une série de tortures. Quant à cet ancien motard de la gendarmerie, il a fini par disjoncter. C’est l’un des malades mentaux qui déambulent dans la cour de la prison tout comme le vieil aveugle qui a demandé en vain de voir un spécialiste. A ceux-là, il faut ajouter ceux qui ont contracté des maladies en prison et qui, faute de soins adéquats, sont devenues incurables.

Je raconterai ces histoires parce qu’elles reflètent la réalité que dissimule pour l’instant le brouhaha médiatique instauré par Ouattara. Comme quoi, ceux qui m’ont envoyé à la Maca m’ont permis de voir toutes ces choses inimaginables qu’on ne soupçonne pas au-delà des immenses murs de la prison. Je les en remercie.

Joseph Titi

(Source : Eburnienews, 6 août 2015 ; surtitre de la Rédaction)

Alerte répression ! Le journalisme d’investigation n’a pas droit de cité en Côte d’Ivoire

Mise à jour du 30/07/2015
Reporters sans frontières (RSF)
demande la libération de Joseph Titi :
Un directeur de publication en prison, 30 juil. 2015.
https://fr.rsf.org/cote-d-ivoire-un-directeur-de-publication-en-30-07-2015,48166.html

 

Après avoir fait l’objet de harcèlements et de menaces de mort, Joseph Gnahoua Titi, Directeur de publication du journal ivoirien Aujourd’hui, a été convoqué mardi 28 juillet 2015 à la Section des recherches de la Gendarmerie nationale, et écroué le 29 juillet.

Voici ce qu’il écrivait le 26 juillet 2015 :

« Ces derniers temps, notre journal a publié de nombreux documents de première main. La plupart d’entre eux ont été rédigés par la Direction Générale de la Sécurité Extérieure Française dont les enquêteurs ont montré comment nos gouvernants actuels sont corrompus et donc, sont tout sauf ce qu’ils prétendent être. Certaines personnes qui sont nos lecteurs nous ont félicité[s] de ces investigations ; d’autres sont restées soit indifférentes soit incrédules. Mais, il y a en d’autres encore que ces révélations ont rendu[es] irascible[s]. C’est donc pour parler de leurs menaces que je fais cet éditorial. En effet, depuis quelques jours, le président du Conseil National de la Presse que j’eus comme patron pendant ma période d’apprentissage de ce métier que j’aime tant, essaie de me prévenir de certaines menaces au nom des liens que nous avons gardés, malgré qu’à l’évidence et d’un point de vue purement idéologique, tout nous sépare. Je sais que, dans le cadre de sa stratégie de management du Conseil National de la Presse, monsieur Lakpé a choisi une approche discursive avec l’interpellation, pas toujours agréable, qui va avec. Ce n’est donc pas cela que je veux dénoncer. Pour avoir subi les humeurs singulières d’un président autocrate comme Eugène Kakou, je serais le dernier à me plaindre de cette méthode qui permet de s’expliquer et de s’entendre. Je parle donc plutôt des menaces sur lesquelles, par doses sûrement homéopathiques, le président du CNP essaie d’attirer mon attention. La première fois, c’est en effet lorsque notre journal du mardi a publié le titre suivant à sa Une : Transferts illicites, détournement de l’aide publique/ La Dgse accuse Ouattara d’avoir détourné l’argent des PPTE ». Ce jour-là, le président Lakpé dont je m’imaginais forcément dans son collimateur, m’a appelé pour me demander, avec cette voix fluette qui le caractérise, si j’avais les preuves de ce que j’avançais. Alors je lui avais répondu que les documents que j’ai publiés au soutien de mon article étaient tout à fait authentiques et qu’il n’avait qu’à les parcourir, les noms et adresses de ses rédacteurs ayant, au surplus, été mentionnés. Mais le président Lakpé avait également ajouté cette phrase qui m’avait quelque peu fait réfléchir : « sinon là, ce n’est plus au CNP que tu as à faire mais bien au procureur ». Dans ma communauté, cette expression recouvre une menace d’une extrême gravité. Cela dit, celui qui s’imagine que sous Ouattara la profession de journaliste l’aiderait à se mettre à l’abri de ce type de périls est un rêveur ; donc je réitérai au président que j’avais bien noté ses conseils et que je continuerai[s] de faire attention. Or hier, j’ai reçu un nouveau coup de fil du président Lakpé. Je fus d’autant plus surpris par son appel qu’il n’est pas matinal comme toutes les fois que j’ai eu l’honneur de l’avoir à l’autre bout du fil. Alors comme s’il avait compris ma crainte, il me rassura d’abord, puis il m’expliqua tout doucement qu’il continuait de me lire et que les documents publiés n’étaient pas remis en cause. Sauf que, et c’est connu dans les pays où on laisse tuer, un égaré pouvait tout seul décider de me refroidir, je précise qu’il ne l’a pas dit comme cela. En revanche, j’utilise cette expression pour que le lecteur puisse saisir la violence de cette menace qui ne vient certes pas du président lui-même mais qui faisait désormais partie des choses auxquelles je devais désormais faire attention. Parce que, comme l’a également signalé le président Lakpé, les gens peuvent parler après mais la réalité est que cela a été fait et rien n’y changera… Quand j’en ai parlé à mes collaborateurs devant lesquels j’avais déjà évoqué les premiers risques sur lesquels le président Lakpé attirait mon attention, ils m’ont conseillé d’écrire cet éditorial. Pour montrer que si demain ma vie s’achevait comme le fut celle de Désiré Oué, rédacteur en chef du magazine Tomorrow, assassiné devant la porte de sa maison par des hommes armés inconnus, ceux qui ne voudront pas se contenter de lire le communiqué dans « Aujourd’hui » devront également mettre dans la balance qu’un grand journaliste expérimenté comme le président Lakpé avait attiré mon attention sur des menaces que cette série d’articles pouvait déclencher. Parce que de là où je serais alors, je ne sais pas si je supporterais une telle indécence à dissoudre les crimes patiemment exécutés, des crimes politiques en somme comme celui qui a ôté la vie à Désiré Oué ou, avant lui, à d’autres personnes, dans [une]insécurité ritualisée. Pour le reste, je regarderai la mort lorsqu’elle viendra me prendre. Certes, je ne la cherche pas, d’autant plus que, de toute façon, je n’en connais pas de héros noir pour lesquels l’on consacre ne serait-ce qu’un jour à leur mémoire. J’ai seulement la conviction que personne ne pourra me faire dire ou me faire écrire ce que je ne veux pas. Et, puisque dans cette Côte d’Ivoire devenue le cimetière des droits humains, on peut être tué du jour au lendemain, je souhaiterais que ces lignes-là fassent comprendre à ceux qui me détestent que je ne suis pas d’accord avec eux. Et qu’il est dérisoire de croire que la terreur ne produit que la peur. Je sais que certaines personnes m’ont déjà reproché de trop parler de moi dans mes articles, mes éditoriaux en particulier, et de me mettre systématiquement en évidence. Je ne partage pas cette critique mais chacun est libre de dire ce qu’il veut de ce que je fais. Cela dit, j’avoue que ce n’est pas par souci morbide de me faire des funérailles dignes des gens qui ont marqué une partie de l’histoire de leur communauté. Car qu’aurais-je fait de toute façon pour y prétendre ? Je veux seulement dire à ceux qui pensent qu’ils peuvent m’intimider qu’ils se trompent. Pas que je n’aie pas peur de ces gens pour qui la vie humaine n’a aucune valeur, surtout lorsqu’elle appartient aux rattrapés d’aujourd’hui, mais tout simplement parce que, de toute façon, la peur, le renoncement à sa liberté ne donne droit en Côte d’Ivoire, au moindre répit. Simplement parce qu’il est gravé dans leur « révolution ethnique » que les rattrapés ont le droit de vivre et les autres le droit de mourir. »

Joseph Titi
In Aujourd’hui

(Source : La Dépêche d’Abidjan)

Ci-dessous l’un des documents de première main auxquels fait allusion Joseph Gnahoua Titi :
« Nouvelles révélations de la DGSE : Comment l’Elysée veut chasser Ouattara du pouvoir« .
http://www.civox.net/Nouvelles-revelations-de-la-DGSE-Comment-l-Elysee-veut-chasser-ouattara-du-pouvoir_a6635.html
In : Aujourd’hui, n° 937
(Source : Civox, 28 juillet 2015)