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Annonce du Parquet d’Abidjan

Un communiqué du Parquet d’Abidjan-Plateau annonce :
– la remise en liberté provisoire de 50 détenus « de la crise post-électorale »;
– le « dégel » des comptes de 31 personnes.
Plus de détails à propos du dégel des comptes sur Le Nouveau Courrier en ligne du 21 janvier 2015

Sur la question des comptes bancaires gelés, retrouver nos autres articles en inscrivant dans la zone de recherche du site les mots : gel comptes

Concernant les libérations provisoires, nous n’avons pas d’informations pour l’instant.

L’annonce du « dégel des comptes » était en grande partie un leurre

Les craintes exprimées par les victimes des gels de comptes en Côte d’Ivoire se sont confirmées : la liste désormais connue s’avère être un leurre, puisqu’il y figure des personnes dont les comptes sont « dégelés » depuis plusieurs années, certaines dont les comptes ont été bloqués pour d’autres raisons que le soutien au Président Gbagbo, des personnes décédées, etc.
C’est encore une fois un leurre à l’usage de la « Communauté internationale » (Etats, médias, ONG…), méthode utilisée systématiquement par le régime de Ouattara, lorsque des failles menacent d’apparaître dans le soutien qui lui est apporté de l’extérieur.

Commentaires détaillés sur Notre Voie (via Lecridabidjan.net, 5 avril 2014) :
Ouattara fait du faux dégel des avoirs de «43 pro-GBAGBO»

Alassane Ouattara

Alassane Ouattara

Depuis trois ans, plusieurs centaines d’Ivoiriens n’ont plus le droit d’accéder à leur compte bancaire

« Comptes gelés », « Dégel des comptes », la question est cruciale pour les nombreux chefs de famille privés de revenus depuis la prise du pouvoir par Alassane Ouattara. Les autorités ivoiriennes ont annoncé cette semaine le dégel des comptes de 43 personnes « proGbagbo » ou considérées comme telles par un régime qui utilise la privation de ressources comme moyen de chantage. Mais de telles annonces ne sont pas les premières, et les éventuels intéressés – dont la liste n’a pas été diffusée – demeurent pour l’instant circonspects.
Un dossier du Nouveau Courrier n° 998 du 4 avril 2014 aborde le sujet sous ses différents angles.

Quelques extraits :

Philippe Traoré :
« En plein coeur de la crise postélectorale de 2011, les soutiens occidentaux du camp Ouattara, notamment dans l’Union européenne, ont cru bon d’intensifier la pression et le chantage politique contre Laurent Gbagbo et ses proches, en procédant aux gels de leurs avoirs réels ou supposés dans les pays membres de l’Ue et en Suisse. Avec l’appui militaire de l’Onu et de l’armée française, Ouattara parvient au pouvoir le 11 avril 2011. Dans l’ivresse de la « victoire », lui et ses proches procèdent aux gels des comptes bancaires en Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo, de plusieurs centaines de personnalités proches ou supposées l’être. Dans la foulée, des dénonciations calomnieuses et accusations farfelues vont entrainer le gel des avoirs de nombreux Ivoiriens pas forcément politiquement marqués. C’est le début de l' »intifada » économique qui dure jusqu’à ce jour, trois ans après la crise. Et qui continue de mettre en péril la vie de milliers de familles et particulièrement l’avenir de nombreux enfants.
Le maintien du gel des avoirs s’est transformé en chantage politique, et un véritable business tel dans une mafia savamment organisée. (…) »

Benjamin Silué :
« Le lundi 31 mars 2014, Le Nouveau Courrier annonçait dans ses colonnes un dossier sur le gel des avoirs, cette mesure inique prise par Ouattara pour affamer ses opposants. Depuis cette date, le gouvernement s’est mis en branle, au point d’annoncer en conseil des ministres que la plupart des comptes des pro-Gbagbo avaient été dégelés. Comme joignant l’acte à la parole, ou du moins en soumettant une fois de plus l’institution judiciaire aux décisions de l’exécutif, le procureur de la République Adou Richard Christophe a pondu hier un communiqué annonçant le dégel ce jeudi 3 avril de comptes de «43 personnalités dont les comptes avaient été gelés suite à la crise post-électorale». La liste des personnalités concernées n’a pour l’heure pas encore été communiquée.
Les dirigeants du FPI, notamment les cadres impliqués au plus haut niveau dans la négociation avec le pouvoir ne disposaient pas, à l’heure où nous mettions sous presse, de la fameuse liste. Or c’est elle qui situera l’opinion sur le sérieux des intentions du pouvoir. En effet, il faut savoir que le pouvoir avait déjà fait produire une liste par ses relais judiciaires, dans laquelle figuraient étrangement des personnes dont les avoirs n’avaient pas été gelés, et dont étai[en]t absents d’autres personnes souffrant pourtant de la mesure. C’est à la suite de cette « incompréhension » que le FPI a produit une « contre-liste » de 41 personnes concernées par le gel des avoirs. D’autres initiatives ont sans doute été concomitantes. En tout cas, le pouvoir a d’abord affirmé avoir l’intention de dégeler les comptes de 52 personnes, avant d’arriver à la dernière minute à une liste de 43 cadres. Des vrais faux « dégelés » figurent-ils dans cette liste ? On le saura très vite. En tout cas, cette petite percée qui demeure réversible intervient près de trois mois après la décision gouvernementale de procéder à l’indispensable dégel des avoirs des cadres de l’opposition. Habitué au sadisme judiciaire et à l’arbitraire le plus brutal, le régime Ouattara a du mal à envisager des concessions. Même quand elles vont dans le sens de ses intérêts. »

Frank Toti :
« Trois ans après la grave crise qui a secoué le pays, et alors même que les Ivoiriens sont à même de s’attendre à des actes allant dans le sens de la normalisation et de la réconciliation, le régime en place depuis le 11 avril 2011 continue dans sa posture du « Golf Hotel ». Ouattara et son régime continuent de bloquer l’accès à leurs avoirs à près de 300 personnalités et simples anonymes. En fait, ce régime se sert de cette « arme » comme un moyen puissant selon lui de chantage politique. Dans l’entendement du camp Ouattara, l' »allégeance » pourrait s’obtenir par cette voie. Si la prison, l’exil et le bâillonnement de l’opposition en général et du Fpi en particulier n’ont pas pu avoir raison de cette adversité, le camp Ouattara et surtout les faucons de ce régime estiment que l’usure de Affi et ses camarades pourrait venir du gel ad vitam aeternam de leurs avoirs. C’est pourquoi, malgré les nombreuses rencontres dans le cadre du dialogue politique et les assurances données, leurs comptes bancaires restent toujours gelés. (…)
Le dégel se négocie à la tête du client
Dans les faits, et selon les informations en notre possession, le dégel des avoirs se négocie à la tête du client et selon l’influence politique du demandeur. (…) »

Jules Adja, président du Collectif pour le dégel des avoirs gelés en Côte d’Ivoire (CDAG-CI) :
« Merci de vous intéresser au calvaire de plusieurs centaines de familles qui souffrent depuis bientôt trois ans d’une décision arbitraire qui n’aurait jamais dû être prise. Nous la jugeons arbitraire, parce que rien n’a été notifié à qui que ce soit. Donc nous n’avons jamais su exactement ce qu’on nous reprochait. De la création du Collectif en novembre 2011 à ce jour, pour les dossiers dont nous sommes informés, il n’y a pas plus de 40 personnes aux avoirs dégelés sur près de 300 victimes. C’est vraiment infime. (…)
Beaucoup de gens se sont retrouvés sur des listes sans qu’ils ne sachent ce qu’ils ont fait. Quelquefois le patronyme a suffi. (…)
Il faut que les autorités fassent dégeler les comptes, fassent libérer les maisons, les biens mobiliers et immobiliers les propriétés privées occupées car cela peut jouer un rôle dans la réconciliation. (…)
Nous avons adressé des correspondances à plusieurs Institutions ivoiriennes dont la CDVR. Elle ne nous a jamais répondu. Nous ignorons pourquoi, elle dont le rôle est de réconcilier les Ivoiriens. Nous avons écrit à la Grande Médiature. Elle nous a reçu une fois et plus rien. Nous avons demandé à la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (Cndhci) d’intercéder. Elle nous a reçus deux fois pour nous écouter. Le Nonce Apostolique a été saisi par courrier. Le Forum des Confessions Religieuses a été approché. Des Organisations de Défense des Droits de l’Homme dont la Lidho, Amnesty International ont été saisi[e]s. C’est vous dire que nous avons fait le tour de ceux qui pouvaient contribuer au règlement de ce problème. Je suppose que ces institutions et organisations ont fait quelque chose. Mais les seules qui ont fait un retour sont la Cndhci, la Lidho et la Grande Médiature. (…)
Au regard des conséquences qui résultent du gel des avoirs, nous disons que c’est bon, ça suffit, il faut qu’on arrête ça. »

 

 

 

Après leur libération, ils sont sans résidences et sans argent

Par Frank Toti

Injustement emprisonnés depuis la fin de la guerre postélectorale, des détenus pro-Gbagbo viennent de bénéficier d’une liberté provisoire. Mais une fois dehors, ces personnalités sont confrontées à un problème de logis, leurs domiciles étant encore aujourd’hui occupés par les FRCI.

Libérés le mardi 6 août 2013, Affi N’Guessan et ses camarades ont regagné Abidjan. Cela aurait été plus agréable qu’ils eussent retrouvé leurs différentes résidences. Malheureusement, depuis la prise du pouvoir d’Alassane Ouattara, les différentes résidences de ces collaborateurs et proches du président Laurent Gbagbo ont été pillées et saccagées. Et certaines d’entre elles sont encore occupées par la soldatesque de Ouattara. Pareil pour les résidences de la plupart des exilés politiques. Comment le régime entend-il montrer des signes de décrispation politique s’il donne l’impression d’avoir obéi à un «ordre supérieur » qui consistait à «vider» ses goulags des principaux leaders du Fpi ?
Aujourd’hui, au-delà de la question de la liberté provisoire que certains ADOrateurs voient en l’expression de la «magnanimité» d’Alassane Ouattara, se pose la véritable question des bases solides d’un dialogue politique devant aboutir à une décrispation conduisant elle-même à l’amorce d’un véritable processus de réconciliation nationale. De grands serviteurs de l’Etat que le pouvoir a juste libéré de ses goulags, sans mesures minimum d’accompagnement. Notamment, la libération des résidences encore occupées et leurs réhabilitations, le dégel des avoirs des détenus politiques et des exilés. Parce que ce que les Ivoiriens ignorent, c’est que nombre d’entre ces personnalités libérées n’ont pas un «toit» habitable. Certains sont logés chez des proches, ou des amis. Quand d’autres squattent encore chez des «camarades » de parti. Que dire donc de leurs conditions de vie ? Comment devront-ils faire face à leurs besoins les plus élémentaires, quand on sait qu’ils sont sans le moindre sou ? Puisque leurs différents avoirs sont gelés depuis la prise du pouvoir d’Alassane Ouattara. Qui chante à longueur de discours la réconciliation sans le manifester dans ses moindres actes. Des pères de familles, qui continuent d’avoir à leurs charges, en dehors des membres de leurs familles, d’autres «parents».

Ouattara veut-il vraiment la réconciliation ?
On ne peut pas vouloir de la réconciliation du bout des lèvres, sans en démontrer la volonté. Alassane Ouattara, lors de son interview le 7 aout dernier, avait fait savoir qu’il avait de tout temps souhaité la mise en liberté des détenus politiques, seulement la justice allait à son rythme à elle. «La libération des pro-Gbagbo a toujours été mon souhait. La justice va à son rythme. Je me réjouis de cette décision. C’est un acte d’apaisement», avait déclaré Ouattara le 7 août dernier devant les caméras de la télévision nationale. Seulement, la traduction de cette volonté exprimée par le chef de l’Etat se fait discrète voire quasi inexistante.
A quand donc le dégel des avoirs d’Affi N’Guessan et de ses camarades, libérés hier mais aussi il y a plus d’un an pour d’autres ? Afin qu’on entre véritablement dans une autre phase du dialogue politique s’inscrivant lui-même dans le processus de réconciliation nationale. De plus, il semble plus que nécessaire de penser à la protection des leaders de l’opposition ivoirienne. Durant presque deux ans, tous les leaders de l’opposition sous Gbagbo, avaient bénéficié de mesure de protection individuelle. C’est cela aussi les signes de la décrispation politique.

In : Le Nouveau Courrier, n° 850, 12 août 2013, p. 2

Communiqué du Collectif pour le dégel des avoirs gelés en Côte d’Ivoire

Pour donner une chance à la décrispation
Le CDAG-CI réclame le dégel des avoirs des pro-Gbagbo

Après la libération des prisonniers politique le 5 aout dernier, le Collectif pour le Dégel des Avoirs Gelés en Côte d’Ivoire (CDAG-CI) monte au créneau pour demander au gouvernement de poursuivre ses efforts de décrispation en dégelant les avoirs de tous les pro-Gbagbo parce qu’«une nation ne se construit pas dans la haine contre une partie de sa population. (suite…)

Collectif pour le dégel des avoirs gelés en Côte d’Ivoire (CDAG-CI) indigné

Pour rappel : les familles de plusieurs centaines de prisonniers politiques ivoiriens sont sans ressources, les comptes des détenus – y compris les comptes joints – ayant été bloqués sur ordre du régime. Cette mesure touche aussi des personnes mises en liberté provisoire.

Par Dr Adja K. Jules

Dans son numéro 4360 du mercredi 6 mars 2013 à la p age 5, le quotidien Notre Voie a publié sous le titre de « Mise sous séquestre des biens : Duncan entérine la haine contre les pro-Gbagbo » une liste de 19 personnalités dont les avoirs, bien que dégelés pour certains, parce que ayant bénéficié d’un non lieu, viennent d’être mis sous séquestre. Une information malheureusement confirmée dans la déclaration liminaire du président intérimaire du FPI lors de la reprise du dialogue direct avec le pouvoir le vendredi 08 mars dernier.
Le Collectif pour le Dégel des Avoirs Gelés en Côte d’Ivoire (CDAG-CI), créé le 03 novembre 2011 pour agir en faveur des victimes de la mesure du gel des avoirs préconisée par le pouvoir après la chute brutale de Laurent GBAGBO, est profondément ému par ce rebondissement inattendu.  (suite…)