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Que deviennent les Ivoiriens exilés suite au conflit postélectoral ?

Les damnés de leur terre

Par Leslie Varenne
31 août 2017
Note de voyage

Extrait

La guerre de 2011 en Côte d’Ivoire n’est toujours pas soldée. Outre les problèmes politiques et sécuritaires auxquels ce pays est confronté, de nombreux Ivoiriens sont encore exilés aux quatre coins du monde ; des milliers se trouvent toujours dans des camps de réfugiés au Ghana, au Togo et au Libéria. Ces enfants, ces femmes, ces hommes, oubliés de tous, tentent de survivre en attendant un éventuel retour… Après six longues années, certains ont fini par perdre l’espoir de pouvoir, un jour, rentrer chez eux et ont pris les routes dangereuses des migrants – désert nigérien, prisons libyennes et pour certains, la traversée de la Méditerranée, les plus chanceux sont arrivés en Italie. D’autres, les plus nombreux ont trouvé refuge au Maroc, en Algérie ou encore en Mauritanie. Ceux qui restent dans les camps essayent de s’organiser pour résister, améliorer, autant que faire se peut, leur condition de survie et se prémunir des vautours pour qui « réfugié » signifie aussi : « business ». Au mois d’août 2017, l’IVERIS a été à la rencontre des réfugiés ivoiriens au Ghana dans le camp d’Egyeikrom.

« Ils auront honte »
Cette petite phrase inscrite sur une des tentes du camp d’Egyeikrom dans lesquelles certaines familles dorment encore, depuis plus de six ans, s’adresse à beaucoup de monde ; « ILS » sont nombreux.

Le gouvernement ivoirien
En premier lieu, cette formule concerne l’Etat ivoirien qui n’a rien mis en place pour permettre aux réfugiés de rentrer chez eux. Environ 70% des 1800 personnes vivant dans ce camp sont originaires de l’Ouest ivoirien, une région de planteurs où des ressortissants des Etats voisins ont profité de la guerre pour accaparer les terres des autochtones. Le gouvernement n’a montré aucune volonté politique pour résoudre ce problème afin de permettre aux expulsés de retrouver enfin leur maison et leur travail. Mieux, depuis quelques mois, le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) enregistre de nouvelles demandes, quarante-cinq familles de l’Ouest sont arrivées à Egyeikrom, inquiètes de la situation sécuritaire et des soubresauts violents que pourrait connaître à nouveau la Côte d’Ivoire. Ces populations ont payé le plus lourd tribut de la guerre de 2011. Mais quelle que soit l’origine des réfugiés ou les raisons de leur présence ici, tous sont empêchés de rentrer en raison de l’insécurité qui perdure. Mamadou Bamba, un des porte-parole de l’association du camp, expose la situation : « Les réfugiés urbains qui sont connus peuvent négocier leur retour en toute sécurité avec le pouvoir d’Abidjan, certains ont été emprisonnés à leur retour mais les journaux s’inquiètent de leur sort (1). Ceux appartenant à une autre couche sociale, les anonymes, ne sont pas protégés du tout, s’ils sont tués, personne n’en fait état. Vous retournez dans votre quartier où vous êtes connu comme un supporter de Laurent Gbagbo et on vous envoie les microbes, les dozos ou les FACI (2). Un gars rentré au pays s’est fait découpe[r] le bras à la machette par les microbes. C’est la raison pour laquelle, ici, il n’y a pas eu plus de 50 retours volontaires au pays en six ans (3). »

Tous les partis politiques ivoiriens confondus…
Si le sort des prisonniers politiques est une revendication à l’agenda de plusieurs partis, celui des réfugiés est totalement absent des débats, y compris pendant la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2015. Ces compatriotes exilés dans les camps sont les grands oubliés de la société ivoirienne.

Depuis deux ans, un programme de construction de maisons en dur a commencé, les matériaux sont fournis par le HCR, mais ce sont les habitants qui bâtissent.

Les ONG
Le fonctionnement d’un camp de réfugiés, géré par le HCR en collaboration avec le Ghana Refugee  Board, est assez surréaliste, toutes les activités sont sous-traitées à des ONG. Le HCR reçoit l’argent des pays donateurs et reverse les fonds à des associations afin qu’elles s’acquittent de certaines missions.

Caritas Ghana
Le marché de l’aide alimentaire a été attribué à Caritas Ghana. De 2011 jusqu’en septembre 2015, cette association caritative fournissait 12 kilos de riz par mois et par réfugié ainsi que de l’huile, un kilo de haricot et un morceau de savon. Mais le riz distribué par Caritas était de très mauvaise qualité et l’huile était carrément impropre à la consommation. L’ONG refourguait aux réfugiés de vieux stocks de riz invendables sur le marché et empochait la différence de prix au passage. Le camp d’Egyeikrom est réputé pour la capacité de ses résidents à dénoncer toutes les bassesses et à résister à toutes formes de pression d’où qu’elles viennent. En septembre 2011, ils ont profité d’une visite des ambassadeurs d’Australie, du Canada et de la Grande Bretagne venus s’enquérir de ce que devenaient les fonds des donateurs, pour s’insurger et montrer ce qu’ils recevaient comme nourriture. Après le passage des diplomates, les réfugiés ont pu manger le riz du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Depuis septembre 2015, le problème ne se pose plus puisque le HCR ne fournit plus d’aide alimentaire aux réfugiés ivoiriens. Les donateurs ne contribuent plus au prétexte que la Côte d’Ivoire est désormais un pays en paix.

De l’Assemblée de dieu aux adventistes du 7ème jour…
En prévision de cet arrêt de l’aide alimentaire, dès 2012, le HCR a initié des programmes de formations pour que les réfugiés se prennent en charge et s’insèrent dans la société ghanéenne. Le Haut-Commissariat a sous-traité le programme à une association religieuse, Assemblies of God Relief and Development Services (AGREDS). Ces formations en pâtisserie et informatique étaient fantomatiques et inefficaces, le programme a littéralement échoué. Le HCR a donc attribué le marché à un autre groupe : les Adventist Development and Relief Agency (ADRA). Cette nouvelle ONG s’est orientée vers l’agriculture et l’élevage. 4000 poulets ont fait leur apparition dans le camp, deux semaines plus tard, toute la volaille était morte. Pour faire des bénéfices sur les prestations, les Adventistes du 7ème jour leur avaient donné de la nourriture destinée aux cochons. Cette fois, le HCR a décidé de ne plus sous-traiter le marché, une responsable de projet est arrivée, les résidents espèrent… Certains hommes, les plus jeunes dont des étudiants qui ont été obligés d’arrêter leurs études, ont trouvé du travail sur un chantier de BTP chinois dans la ville voisine de Cape Coast…
(…)

Ecole primaire en reconstruction
(source : IVERIS)

Le Christian Council of Ghana
L’école primaire est administrée, elle, par le Christian Concil of Ghana (CCG). De nombreux enfants vivent ici, depuis 2011 il y a eu entre 300 et 400 naissances. Lors de la construction de l’édifice, le CCG a oublié d’y intégrer des toilettes, les petits doivent donc se soulager en brousse, ce qui n’est pas sans danger.

En 2011, au vu de l’afflux de réfugiés ivoiriens – plus de 80 000 urbains et 20 000 dans les camps – le gouvernement ghanéen s’est vu dans l’obligation d’ouvrir de nouvelles structures pour les accueillir. Ils ont alors défriché la forêt pour ériger Egyeikrom avec pour conséquence une cohabitation délicate avec des serpents, des scorpions et autres bestioles. Le CCG a reçu des fonds de l’ambassade du Danemark pour prendre en charge la cantine scolaire qui devrait ouvrir à la rentrée car depuis l’arrêt de l’aide alimentaire, de nombreux enfants ne mangent plus à leur faim. Les résidents espèrent…
(…)

[1] Les réfugiés urbains sont ceux qui ont les moyens financiers de vivre dans des maisons particulières dans les villes.
[2] Les Dozos sont des chasseurs traditionnels utilisés parfois par le pouvoir comme milice. FACI est la nouvelle appelation de l’armée ivoirienne. Microbe est le nom donné à des enfants délinquants et  qui sontutilisés parfois par leurs chefs plus agés à des fins politiques.
[3] En 2011, 2500 réfugiés vivaient dans ce camp, ils sont encore 1800 aujourd’hui.
(…)

Lire le texte complet :
https://www.iveris.eu/list/notes_de_voyage/274-les_damnes_de_leur_terre

 

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Retour d’exil de la mère du Président Gbagbo

Source La Depeche d AbidjanGado Marguerite, la mère du Président Laurent Gbagbo, est revenue le 12 octobre 2014 en Côte d’Ivoire après plus de trois ans d’exil au Ghana.

Dans le souci de préserver la tranquillité de Gado Marguerite, sa famille a communiqué :

« La grande famille Gbagbo Koudou a accueilli avec responsabilité, dignité et dans la sérénité le dimanche 12 octobre 2014, sa matriarche, Mère et Grand-Mère Gado Marguerite, Mère du Président Laurent Gbagbo après plus de 3 ans d’exil au Ghana. Ce retour a été motivé par le choix de ses enfants de lui permettre de vivre à nouveau dans l’unique milieu qu’elle ait jamais connu. La famille se réjouit de son état de santé satisfaisant malgré son âge très avancé.

Cet évènement est à caractère strictement familial et privé ; en conséquence la famille ne souhaite aucune interférence ou ingérence étatique, mondaine ou publique autour de ce retour. Maman Gado a simplement exprimé le désir de se reposer dans sa famille. »

Yobo Gossé Henri, porte parole de la famille

Jean-Claude Atsé est mort sans avoir revu son pays

Exilé au Ghana, Jean-Claude Atsé était un militant du PDCI farouchement attaché au respect des institutions de son pays, la Côte d’Ivoire.
Après l’élection présidentielle de 2010, il milita auprès des jeunes de son parti pour que soit respecté l’avis du Conseil Constitutionnel qui avait déclaré Laurent Gbagbo vainqueur du second tour de l’élection.
La maladie l’a frappé, alors qu’il envisageait son retour au pays, ainsi qu’en a témoigné son épouse.
Ce décès intervenu le 28 septembre 2013 succède à celui de plusieurs autres responsables politiques morts dans le pays où ils avaient trouvé refuge, tels que l’ancien ministre Paul-Antoine Bohoun Bouabré décédé en Israël en janvier 2012.
A partir d’avril 2011, des dizaines de milliers d’Ivoiriens ont dû s’exiler au Ghana, au Libéria, au Togo et dans d’autres pays du monde.

Interview de Me Hervé Gouamené : «La justice ivoirienne doit mettre fin à la comédie»

SUITE AU VERDICT DANS L’AFFAIRE KATINAN AU GHANA, ME HERVE GOUAMENE : « LA JUSTICE IVOIRIENNE DOIT METTRE FIN A LA COMEDIE »
(Le Nouveau Courrier)

Réagissant au rejet par la justice ghanéenne de la demande d’extradition de Koné Katinan, formulée par le Gouvernement Ouattara, Me Hervé Gouamené, membre du collectif des Avocats des détenus politiques, estime que cette décision de la justice ghanéenne démontre non seulement que le dossier de Katinan est vide, mais aussi qu’il est purement politique à l’instar de la procédure contre Gbagbo à la CPI et de celles lancées contre les détenus politiques en Côte d’Ivoire.

Propos recueillis par F. Toti, Coll. Anderson Diedri

La justice ghanéenne vient de donner son verdict dans l’affaire Koné Katinan et il a été tout simplement acquitté. Vous dont les clients ont en commun avec Koné Katinan quelques chefs d’accusations notamment de crimes économiques, quel commentaire faites-vous sur cette décision de la justice ghanéenne ?
Pour être exactement précis, comme nous sommes juristes, il faut employer les termes tels qu’ils sont. En fait, on ne peut pas parler d’acquittement. Il s’agit plutôt du rejet par la justice ghanéenne de la demande d’extradition de M. Koné Katinan. Parce que l’Etat de Côte d’Ivoire a estimé que Koné Katinan avait commis un certain nombre de crimes dont des crimes économiques. Du coup, il avait demandé à l’Etat du Ghana de l’extrader en Côte d’Ivoire pour qu’il soit jugé ici. Mais là où la décision de la justice ghanéenne est une bonne décision, c’est que la justice ghanéenne a estimé que les crimes qui lui sont reprochés sont en réalité des crimes politiques. En effet, il s’agit d’une affaire politique. Dans les faits, il n’a rien fait. Il n’y a rien qu’on puisse lui reprocher. C’est purement politique. La base est politique. La base de la demande d’extradition est politique et cela conforte tout ce que nous disons depuis : qu’en Côte d’Ivoire, il s’agit bien de procès politiques et de prisonniers politiques. Parce que dans le fond du problème, il n’y a rien derrière les infractions qu’on a prises pour habiller les poursuites. C’est du pipeau. Nous venons d’en avoir une confirmation avec la justice ghanéenne. Je pense que la justice ivoirienne devrait suivre la justice ghanéenne et décider à un moment donné de mettre fin à cette comédie puisqu’il s’agit exactement de poursuites politiques, de prisonniers politiques. Avec l’exemple de la justice ghanéenne, on espère que ça va vite aller au niveau des juges ivoiriens.

Avec cette décision, malgré les difficultés, avez-vous bon espoir que la justice ivoirienne dira le droit dans le même sens ?
Je veux bien rêver. Je veux bien rêver que les juges ivoiriens auront la même liberté, la même autonomie que les juges ghanéens. Mais généralement le rêve n’est pas réalité… Sinon je veux bien rêver ! Pour l’heure, on ne peut qu’inviter les juges ivoiriens à suivre les juges ghanéens parce que c’est la vérité, parce que c’est la réalité. Les derniers développements donnent de l’eau à notre moulin dans les procédures, dans les plaidoiries éventuelles. Mais je crois bien que cela va servir de leçon aux politiques ivoiriens. Et ça va se répercuter sur les juges ivoiriens.

Estimez-vous que cette décision de la justice ghanéenne vient démonter toutes les accusations contre vos clients dans le cadre des crimes économiques ?
Exactement. Non seulement les crimes économiques mais toutes les procédures à commencer même par la procédure devant la CPI. La justice ghanéenne vient démontrer que toutes ces poursuites sont à base politique. Donc en réalité, c’est une manière de dire que les infractions qui lui sont reprochées ne sont pas fondées. C’est juste un habillage pour régler des comptes politiques. Voilà une confirmation de la justice d’un pays frère, d’un pays ami.

Jeudi dernier, la Cour suprême du Ghana a tranché dans le cadre du contentieux électoral de la présidentielle ghanéenne. Un commentaire.
Je crois que la Cour suprême a tranché après des recomptages de voix. Je pense que le recomptage des voix n’est pas quelque chose d’extraordinaire. Mais j’ai trouvé curieux que même ceux-mêmes dans leurs pays qui ont pratiqué le recomptage des voix aient refusé cette voie en Côte d’Ivoire. Evidemment, c’est maintenant qu’on comprend pourquoi tout cela avait été refusé. Parce que c’était un complot. C’est vraiment dommage que ce qui est simple, ce qui s’est fait ailleurs facilement pour vider les contentieux, pour éviter les atrocités, on le refuse ici en Côte d’Ivoire, alors que c’est quelque chose de simple. Je ne crois pas que si le recomptage des voix avait désigné Ouattara vainqueur, Laurent Gbagbo se serait encore opposé. Ce n’est pas vrai. C’est parce que les gens savaient que dans le recomptage des voix ils n’auraient pas gagné qu’ils ont tout fait pour éviter le recomptage des voix. C’est vraiment dommage. Ça s’est fait au Ghana à côté de nous, le ciel n’est pas tombé sur le Ghana. C’est dommage que l’on ait refusé cela en Côte d’Ivoire.

In : Le Nouveau Courrier, n° 868, 31 août – 1er sept. 2013, p. 6

Du côté des tribunaux 2013-06-25

Accra (Ghana) : suite du procès de Justin Katinan Koné

Mise à jour du 28 juin 2013 :
Procès en extradition du Ministre Justin KONE Katinan : en attendant le verdict du Juge Aboagye
Par la Commission juridique de la coordination du FPI en exil, 27 juin 2013
In : Woody Nation Officiel, 28 juin 2013
http://woodynation.wordpress.com/2013/06/28/proces-en-extradition-du-ministre-justin-kone-katinanen-attendant-le-verdict-du-juge-aboagye/

– Informations du 25 juin 2013 :
Lors de l’
audience du 25 juin 2013, Justin Katinan Koné a répondu aux questions posées par l’avocat des autorités ivoiriennes à l’origine de la demande d’extradition.
Compte rendu par un observateur sur place :
http://re.ivoire-blog.com/archive/2013/06/25/compte-rendu-du-proces-kone-katinan.html
Le verdict du Tribunal d’Osu est fixé au 5 août 2013 :
http://www.ivoirebusiness.net/?q=articles/ghana-le-verdict-de-katinan-fix%C3%A9-au-5-ao%C3%BBt

 

Abidjan (Côte d’Ivoire) :

Justin Koua, Secrétaire national par intérim de la JFPI, a été auditionné le 25 juin 2013.

Du côté des tribunaux 2013-06-12

Mise à jour : 14 juin 2013

Accra (Ghana) : Justin Katinan Kone devant le Tribunal d’Osu

Après le report ou l’écourtement de plusieurs audiences, le débat sur le fond a commencé en mai, avec les interventions de l’Accusation (les autorités ivoiriennes tentant de justifier leur demande d’extradition), puis en juin avec celles de la Défense.
Audiences des 11 et 12 juin 2013 : l’ancien ministre du Budget et aujourd’hui porte-parole du Président Laurent Gbagbo a rappelé le contexte de la crise postélectorale et expliqué que les voyages qu’il effectuait relevaient du cadre de ses activités en tant que porte-parole du Président Gbagbo. C’est d’ailleurs au retour d’une mission en Afrique du Sud, à l’invitation de l’ancien chef d’Etat Thabo Mbeki, qu’il a été interpellé suite aux pressions exercées par le pouvoir ivoirien. (Source : un observateur sur place).

M. Katinan Kone a dû trouver refuge au Ghana – comme bien d’autres cadres politiques – pour ne pas connaître le sort de ceux qui, depuis plus de deux ans, sont toujours enfermés dans les prisons ivoiriennes, après avoir été sousmis à divers sévices.

Plus d’informations :
http://www.ivoirebusiness.net/?q=articles/accus%C3%A9-d%E2%80%99avoir-emport%C3%A9-300-milliards-katinan-explique-tout-au-ghana


La Haye (Pays-Bas), la Cour Pénale Internationale après le report de la décision de confirmation ou infirmation des charges à l’encontre de Président Laurent Gbagbo :

Selon la décision prise le 3 juin 2013 par les Juges de la Chambre préliminaire I, il a été demandé à la Procureure de fournir des preuves supplémentaires ou de mener une enquête plus approfondie, les éléments présentés lors des audiences de confirmation ou infirmation des charges ne constituant pas des preuves permettant de justifier la tenue d’un procès.
Mais la Procureure Fatou Bensouda a indiqué dans une déclaration du 11 juin 2013 qu’elle faisait appel de cette décision :
Déclaration du Bureau du Procureur à propos de l’audience de confirmation des charges dans l’affaire Laurent Gbagbo

Le résultat de la démocratie des bombes

DEUX ANS APRÈS LA RECOLONISATION DE LA CÔTE D’IVOIRE
Le résultat de la démocratie des bombes
Partie A

Chronique de Bernard Desgagné
Jeudi 11 avril 2013

C’était il y a deux ans jour pour jour, le 11 avril 2011. La démocratie s’abattait dans un déluge de feu et de sang sur la Côte d’Ivoire. Piétinant les cadavres encore chauds, une nuée de perroquets à micro et oreillette chantaient la joie et la paix retrouvées grâce à l’OTAN victorieuse contre le tiers monde. Gbagbo capturé, son rival Ouattara du FMI pourrait enfin exercer le pouvoir présidentiel que la communauté internationale™ s’était empressée de lui reconnaitre le 2 décembre 2010. Sentant la bonne affaire pétrolière, Ottawa avait d’ailleurs été l’une des premières capitales à se réjouir des résultats électoraux décrétés par un haut fonctionnaire onusien, en lieu et place des institutions ivoiriennes dument habilitées.

Puis, plus rien. (… Suite de l’article)


DEUX ANS APRÈS LA RECOLONISATION DE LA CÔTE D’IVOIRE

Le résultat de la démocratie des bombes
Partie B

Chronique de Bernard Desgagné
Jeudi 14 avril 2013

En aout et en septembre 2011, je suis allé seul et à mes frais pendant un mois au Ghana, pays voisin à l’est de la Côte d’Ivoire. J’ai pu rencontrer là-bas des Ivoiriens forcés de s’exiler. En plus de parler à de nombreux réfugiés, dans les camps et à l’extérieur, j’ai pu m’entretenir avec le coordonnateur de programme à la commission ghanéenne des réfugiés (Ghana Refugee Board), M. Tetteh Kwao Padi, ainsi qu’avec M. Kelly Forson, directeur du camp de réfugiés Ampain, près du village d’Esiama, dans le Sud-Ouest du Ghana. Le camp se trouve également non loin de la municipalité de Nkroful, lieu de naissance de Kwame Nkrumah, père de l’indépendance du Ghana. D’autres camps de réfugiés ivoiriens se trouvent au Libéria et au Togo, et des Ivoiriens vivent en exil forcé dans beaucoup d’autres pays.

L’afflux de réfugiés ivoiriens dans les pays voisins a commencé en février 2011. Les réfugiés sont de toutes les classes sociales. J’ai rencontré des agriculteurs, des militaires, des étudiants, des enseignants, des ménagères, des commerçants, des fonctionnaires, des élus municipaux et des ministres. (… Suite de l’article)

In : Vigile.net

Partie A :
http://www.vigile.net/Le-resultat-de-la-democratie-des

Partie B :
http://www.vigile.net/Le-resultat-de-la-democratie-des,54958

Du côté des tribunaux 2013-03-13

Mise à jour : 29 mars 2013

Accra (Ghana), 27 mars 2013 : l’audience de Justin Katinan Koné prévue le mercredi 27 mars 2013 a été reportée d’abord au 28 mars, puis au 24 avril.

Paris (France), 19 mars 2013 : la Cour de Cassation a jugé recevable la plainte de Lydienne Yen Eyoum, avocate franco-camerounaise, contre Paul Biya, Président du Cameroun, ainsi que d’autres responsables de l’Etat, pour « torture, actes de barbarie et détention arbitraire ».
Lydienne Yen Eyoum est incarcérée à Yaoundé depuis le 8 janvier 2010, pour une sombre affaire politico-financière (elle défendait alors l’Etat camerounais). Sa détention « provisoire » ayant été illégalement prolongée, Me Eyoum a porté plainte en France avec constitution de partie civile en juillet 2011.

Abidjan (Côte d’Ivoire), 14 mars 2013 : selon les indications données lors d’une conférence de presse par Ange Bernard Kessy (Commissaire du gouvernement), le Commandant de Gendarmerie Jean-Noël Abehi devrait être entendu par le Tribunal militaire le 3 avril 2013, pour cause de « désertion ». Le Commandant Abehi avait été extradé du Ghana le 5 février. 

Accra (Ghana), 13 mars 2013 : la suite des audiences de Justin Katinan Koné est fixée au 27 mars 2013.

Lomé (Togo), 12 mars 2013 : Jean-Pierre Fabre et Abass Kaboua, tous deux membres du Collectif Sauvons le Togo, rassemblement d’opposition,  ont été inculpés et placés sous contrôle judiciaire et interdits de voyage, pour « complicité de destruction de biens publics et de groupements de malfaiteurs » dans l’affaire des incendies de marchés. La plupart des personnes arrêtées pour ces faits appartiennent à l’opposition, ce qui conduit le CST à dénoncer une manipulation politique. Des sympathisants s’étaient regroupés en nombre pour les soutenir.

La Haye (Pays-Bas), 12 mars 2013 : nouveau refus de la liberté provisoire pour le Président Laurent Gbagbo.

« La Juge unique chargée de l’affaire du Président GBAGBO vient une fois de plus de lui refuser la liberté provisoire. Une décision a été rendue dans ce sens, hier 12 mars. Elle considère qu’il n’y a pas de changement dans les circonstances qui ont justifié de la détention (depuis la dernière décision qu’elle a rendue). Elle considère bien au contraire que le risque d’une évasion du président s’est accru au cas où il était libéré provisoirement. Elle se réfère au rapport de mi-mandat d’octobre 2012 du groupe d’experts de l’ONU qui allègue que les partisans du président ayant trouvé refuge dans les pays voisins notamment au Ghana, ont, ces derniers mois, renforcé le volet militaire et politique de leur organisation et que cette occurrence augmente le risque d’un refus de représentation du président au cas où… elle poursuit que les déclarations faites (non sous serment) par le président lui-même lors des débats de l’audience de confirmation de charges et la disponibilité manifestée du FPI, son parti, de dialoguer avec le gouvernement ivoirien ne sont pas, selon elle, incompatibles avec l’existence d’un réseau de partisans pouvant entreprendre des activités déstabilisatrices en vue d’une reconquête du pouvoir auquel selon la Procureur, le président GBAGBO n’aurait pas définitivement renoncé. »
In : Stevebeko, 13 mars 2013
(http://stevebeko.wordpress.com)

Du côté des tribunaux 2013-02-27

Abidjan, 28 février 2013 : Arrivé au terme des 6 mois de détention auxquels il avait été condamné pour des propos tenus lors d’une réunion, Laurent Akoun, Secrétaire général par interim du Front Populaire Ivoirien, a quitté la MACA (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan) le 28 février au matin.

Accra, 27 février 2013 : nouveau report de l’audition de Justin Katinan Koné au 13 mars.

Lomé, 25 février 2013 : Gabriel Messan Agbeyome Kodjo, président du mouvement d’opposition OBUTS (Organisation pour bâtir un Togo solidaire) a été remis en liberté (provisoire) après un mois et demi d’incarcération. Il avait été arrêté ainsi que d’autres responsables et militants politiques encore détenus à ce jour, après avoir été mis en accusation dans une affaire d’incendies de marchés. Agbeyome Kodjo a décrit des conditions de détention honteuses et des traitements dégradants.

Du côté des tribunaux 2013-02-13

Accra, 13 février 2013 : report de l’audition de Justin Katinan Kone au 27 février.

Abidjan, 13 février 2013 : la Cour d’appel a confirmé la condamnation de Laurent Akoun, Secrétaire général par interim du FPI, à six mois de prison ferme et 12 mois d’interdiction de paraître sur le territoire national excepté son village natal.
Pour rappel : Laurent Akoun a été poursuivi pour des propos « séditieux » tenus au cours d’une séance de travail avec des responsables locaux de son parti.
C’est le procès de la liberté d’expression, et c’est le moyen d’éloigner un adversaire politique !

 

Nouvelles arrestations, nouvelles extraditions

Selon l’Agence de Presse Africaine (APA), deux personnalités réfugiées au Ghana ont été arrêtées ce lundi 4 février, puis extradées le mardi 5 en Côte d’Ivoire. Il s’agit de :

Jean-Noël Abéhi, Commandant de Gendarmerie ;

Jean-Yves Dibopieu, ex-Secrétaire général de la FESCI (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire).

Au même moment vient de débuter en Côte d’Ivoire une grève massive des enseignants et des personnels hospitaliers lassés des promesses jamais tenues. Dans la capitale Yamoussoukro, 11 enseignants grévistes ont été interpellés.

Ghana : ce qui se passe dans les camps de réfugiés ivoiriens

Le Temps – 02/02/2013

A la faveur de la crise post-électorale, des milliers d’Ivoiriens se sont retrouvés hors du pays pour fuir la persécution et les exactions perpétrées par les mercenaires, des dozos et autres ex-rebelles. Au Ghana, par exemple, des sites ont été aménagés par les autorités de ce pays afin d’accueillir les milliers de refugiés ivoiriens avec l’aide du Hcr. (suite…)

Le harcèlement judiciaire d’un exilé politique

Exilé au Ghana, JUSTIN KATINAN KONE, ancien ministre du Budget du Gouvernement Ake N’Gbo, devenu ensuite porte-parole du Président Laurent Gbagbo, connaît depuis la fin du mois d’août 2012 les affres de tracasseries judiciaires sans fin. Suite aux actions menées par les autorités ivoiriennes pour obtenir son extradition en Côte d’Ivoire, Koné Katinan a été successivement interpellé, puis remis en liberté sous caution, avant d’être de nouveau interpellé et incarcéré, puis remis en liberté sous caution. Ses auditions ont été reportées à de multiples reprises, la dernière en date étant celle du 29 janvier 2013  reportée au 13 février.

Le contexte :
Pour mémoire, Koné Katinan était ministre du Budget lorsque la Côte d’Ivoire a subi les mesures d’asphyxie financière (entre autres la fermeture sans préavis des banques) et économiques prises à l’encontre du pays au cours du premier trimestre 2011 par les états et institutions internationales qui contestaient la victoire de Laurent Gbagbo à l’élection présidentielle de 2010.
L’un des plus grands scandales liés à ces mesures fut sans doute l’embargo – décrété par l’Union européenne – qui contraignit des bateaux chargés de médicaments à faire demi-tour, entraînant des ruptures de stock aux conséquences dramatiques pour la population.

CHARLES BLE GOUDE transféré à Abidjan

Vendredi 18 janvier 2013 : CHARLES BLE GOUDE, arrêté le 17 janvier à Accra, a été tranféré par le Ghana à Abidjan.

GHANA : tentative d’enlèvement et arrestation de CHARLES BLE GOUDE

CHARLES BLE GOUDE, ANCIEN MINISTRE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO ET PRESIDENT DU COJEP, A ETE ARRETE A ACCRA LE 17 JANVIER 2013

par Amangoua Jonas

Charles Blé Goudé, enlevé hier à son domicile d’Accra-Tema par un commando de huit personnes lourdement armés composé de quatre policiers ghanéens et quatre policiers ivoiriens, est aujourd’hui aux mains de la BNI (bureau national d’investigation) d’Accra, la DST ghanéenne. (suite…)