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Aux mains de la DST

La Dst en Côte d’Ivoire « demeure un camp de torture… 20 personnes détenues à la Maca sont aujourd’hui très mal en point »

Interview de Désirée Douati  (Association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire)
Par SD, Abidjan

Désirée Douati, la fille de l’ancien ministre de Laurent Gbagbo, Alphonse Douati, dirige depuis 2014, une association qui apporte aide et assistance aux prisonniers d’opinion ainsi qu’à leurs familles respectives. Elle parle dans cette interview du combat de l’Association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire (Affdo-Ci).

Deux ans après la création de votre association, quel est votre bilan en termes d’actions en faveur des prisonniers d’opinion ?

Nous ne pouvons étayer les différentes actions que nous avons menées sur le plan diplomatique car la diplomatie est avant tout silencieuse ni les actions menées à l’endroit des détenus eux-mêmes et également des familles car nous leur apportons notre aide dans la discrétion. Cependant nous pensons que notre bilan général est négatif car les arrestations arbitraires continuent et nos parents demeurent toujours des otages.

A combien estimez-vous le nombre de prisonniers que vous défendez et qui sont-ils vraiment ?

Le nombre de détenus en Côte d’Ivoire comme j’ai pour l’habitude de le dire s’accroît de jour en jour. A cette heure précise, nous sommes à près de 300 détenus d’opinion dans les prisons légales et près de 100 à la Dst (Direction de la surveillance du territoire, ndlr) qui demeure un camp de torture. Les détenus sont des ivoiriens civils ou militaires. Ce sont des personnalités publiques mais également des citoyens ordinaires.

Quel est l’état des lieux dans les familles de détenus que vous avez dû visiter au cours de ces derniers mois ?

Les familles sont dans l’ultime détresse car tous les détenus sont de grands malades et tout porte à croire que le gouvernement se réjouit de voir leur santé se dégrader dangereusement. C’est triste, c’est inhumain et c’est pour cette raison que nous continuons de mener des actions certes discrètes afin que tous, sans aucune condition, recouvrent la liberté. Les familles des détenus sont à bout.

Le pouvoir n’est pas d’accord avec vous quand vous parlez de prisonniers politiques ou de prisonniers d’opinion. Comment justifiez-vous de votre côté l’usage de cette terminologie de « prisonniers politiques » ?

Nous considérons comme prisonnier d’opinion toute personne détenue ou restreinte dans sa liberté du fait de ses convictions politiques ou religieuses ou pour toute autre raison de conscience, de son origine ethnique. Aucun pouvoir, aussi dictatorial soit-il, ne peut se réjouir de détenir des personnes pour leurs opinions politiques. Ici, les faits sont concrets et visibles. Seules les personnes proches du Président Laurent Gbagbo sont injustement incarcérées. Seuls les corps habillés qui ont dit ‘’non’’ là où l’on leur demandait de dire ‘’oui’’ sont injustement condamnés comme c’est le cas du Général Dogbo Blé et de son adjoint Abi Jean pour ne citer que ceux-là. Il faut que cette justice de vengeance et de haine gratuite prenne fin car les détenus et leurs familles se meurent de jour en jour.

A la mi-mai, le décès du Mdl Kouatchi a ébranlé l’opinion ivoirienne surtout qu’il est décédé au Chu de Treichville, enchaîné sur son lit. Avez-vous des choses à dire sur les circonstances de ce décès ?

Je tiens avant tout propos à avoir une pensée pour sa famille biologique en particulier pour sa compagne Rose qui était à ses côtés et dont la souffrance est aujourd’hui silencieuse et profonde. J’ai également une pensée pour les détenus car ils sont plus endeuillés que nous. Enfin Je m’incline devant sa dépouille et prie afin que Dieu lui accorde cette paix qui lui a manqué durant 6 ans de détention arbitraire. Le MDL Kouatchi est décédé par la faute des services du Ministère de la Justice et M. Sansan Kambilé actuel Ministre de la Justice en est le 1er responsable car lorsqu’on est à la tête d’un Ministère, on est comptable des manquements graves au sein de ce département. Le MDL Kouatchi est mort par négligence car malade depuis décembre 2016, ce n’est qu’en mai 2017 qu’il a été transféré dans un centre hospitalier à la charge des membres de sa famille biologique et juridique. C’est grave !!!! Naturellement le mal s’était déjà propagé et lorsqu’il arrivait à l’hôpital il était déjà dans le coma. Malgré les soins reçus, il a rendu l’âme au Chu de Treichville. C’est l’occasion pour moi de remercier toutes les organisations de défense des droits au niveau national et international, le fonds de prévoyance militaire qui souhaitait l’évacuer dans une clinique et enfin tout le corps médical des centres hospitaliers universitaires de Yopougon et de Treichville. Nous leur sommes sincèrement reconnaissants.

Ce décès pose le problème des conditions de détention des prisonniers. Avez-vous enquêté pour dresser un rapport sur lesdites conditions ?

Ce décès pose surtout le problème du DROIT à la santé des prisonniers et de façon générale du traitement humain dû à leur égard. Selon le droit pénal international, un détenu a droit à la santé. En Côte d’Ivoire, il s’avère que les personnes détenues pour leurs opinions n’ont droit qu’à la mort. Lorsqu’elles sont malades, l’administration pénitentiaire attend qu’elles soient d’abord invalides avant de les transférer dans un centre hospitalier. Nous prions et implorons toutes les organisations nationales et internationales des droits de l’Homme afin qu’elles se préoccupent des conditions de détention des prisonniers d’opinion qui se meurent en Côte d’Ivoire. Il est bon de signaler que 20 personnes détenues à la Maca sont aujourd’hui très mal en point et en ce moment rien n’est fait pour leur prise en charge.

Plusieurs fois vous avez lancé un appel au gouvernement pour la libération des prisonniers. Depuis la justice va à son rythme et six ans après la fin de la crise postélectorale, ils sont encore nombreux en détention préventive. Comment envisagez-vous d’orienter votre démarche pour leur faire bénéficier de la liberté provisoire ou accélérer les procédures judiciaires contre eux ?

En commençant ce combat, nous étions conscients qu’il serait très long et nous nous sommes préparés en conséquence. Nous ne baisserons jamais les bras tant que nos parents seront emprisonnés et traités comme des animaux. Nous resterons debout jusqu’à ce que nous obtenions leur libération totale ! Le pouvoir en continuant de les détenir arbitrairement prouve à la face du monde que seule la tyrannie règne dans notre pays. Il faut libérer les détenus avant de parler d’émergence car aucun développement ne se construit dans l’oppression. Il faut libérer les détenus car aucune réconciliation n’est envisageable sans une justice équitable et impartiale. Il faut libérer les détenus car détenir des personnes sans raison c’est faire preuve d’un abus de pouvoir. Pour la dignité humaine, libérez nos parents !

In : Moacinter, 9 juin 2017
(Surtitre de la Rédaction)

 

Meurtres en silence dans les prisons ivoiriennes : que fait la « communauté internationale » ?

Déclaration du COJEP
(Mouvement de Soutien au Président Laurent GBAGBO)
sur le DÉCÈS du prisonnier politique : le MDL KOUATCHI ASSIE JEAN

Le 20 mai dernier, le COJEP apprenait avec consternation, dégoût et révolte, le décès à l’hôpital du détenu politique, le MDL de la gendarmerie nationale : KOUATCHI ASSIE JEAN.

Consternation, car la liste des morts parmi les prisonniers pro-Gbagbo ou supposés tels est devenue, hélas, trop longue. Des familles sont endeuillées et le pays perd des valeureux fils du fait de ces emprisonnements à la fois inutiles et inhumains.

Dégoût, car les conditions de la mort du MDL Kouatchi Assie Jean sont dignes des pires régimes fachistes, jugez-en vous même. Le MDL est tombé malade du fait de sa détention prolongée. Détention qui va du 26 mars 2012 à son décès le 20 mai 2017, dans ce que nos traditions, par la bouche du savant Harris Mémêl-Fôté, nomment : « l’anus de la société » (la prison). Malade, le MDL Kouatchi n’a bénéficié que d’un traitement sommaire. Mourant, le MDL Kouatchi a été hospitalisé avec des menottes aux pieds pour l’empêcher, dit-on, de s’évader. Décédé, le corps sans vie du MDL Kouatchi a bénéficié, du retrait des honteuses menottes. C’est le summum du cynisme d’État.

Révolte, car le drame que nous vivons dans notre pays se produit au vu et au su de tous, communauté nationale comme internationale. Ils étaient nombreux, ceux qui à la moindre action sécuritaire du président Laurent GBAGBO, crachaient leur bile sur le pays et son président. Où sont-ils les : Amnesty international, Human Rights Watch, RFI, BBC, France24, la voix de l’Amérique, l’Union Européenne, le FMI, l’ONU, la CPI… ? Où sont ces inspirateurs, initiateurs, soutiens et porte-parole de la rébellion et de la guerre en Côte-d’Ivoire ? Aujourd’hui devant des crimes d’État qui déshumanisent l’homme, ils sont subitement devenus aphones. Oh Honte à eux.

Le COJEP :

  • Exprime toute sa compassion à la famille biologique (la famille Kouatchi) et à la famille professionnelle (la gendarmerie) du MDL Kouatchi Assie Jean dans ce moment terrible qu’elles traversent ;
  • Condamne avec la dernière énergie ce nième meurtre de prisonnier politique issu de la guerre postélectorale de 2011. Être prisonnier sous Ouattara, c’est être déjà condamné à mort. En effet, non content de les avoir torturés, ce régime dictatorial organise leur meurtre. Ainsi jours après jours des personnes dans la fleur de l’âge se voient voler leur force vitale. C’est leur vie que Alassane DRAMANE Ouattara leur vole. Les plus chanceux sortent de ces goulags complètement valétudinaires pour le reste de la vie ; les moins chanceux comme le MDL Kouatchi, en sortent les pieds devant. Pauvre Côte-d’Ivoire ;
  • Accuse le régime dictatorial de Alassane DRAMANE Ouattara de procéder à une épuration ethnique par prisons interposées. Une statistique faite par nos soins révèle que 98% des détenus politiques anonymes sont dans l’ordre ethnique décroissant : les guérés, les Attié, les Bété, les Dida… Le plus frappant c’est une absence quasi-totale de nordiste, et de musulmans. On peut dire que Ouattara emprisonne et assassine les pauvres anonymes, parce qu’ils ne sont ni musulmans, ni du nord donc présumés soutenir le président Laurent GBAGBO.
  • Invite les organisations de défense des droits humains, tant nationales qu’internationales à faire, enfin, leur travail de dénonciation, d’interpellation et de condamnation. L’inexplicable silence actuel fait d’eux des complices du dictateur Alassane Ouattara ;
  • Invite le peuple ivoirien à faire barrage, par tous les moyens légaux, [à] cette autre guerre silencieuse faite à la Côte-d’Ivoire ;
  • S’engage à prendre toute sa place dans cette lutte de libération nationale.

« LORSQUE LA NUIT EST TROP NOIRE, C’EST QUE LE JOUR EST TRÈS PROCHE ».

Fait à Abidjan le 21 mai 2017,
Agenor Youan BI, Le Président National du COJEP

(Source : Presse ; surtitre de la Rédaction)

 

 

La Côte d’Ivoire est incapable de protéger ses prisonniers, qu’elle les libère !

Interview de Toussaint Alain
par Franck Harding M’Bra, pour Le Nouveau Courrier

Prisonniers politiques, mutineries, climat social en Côte d’Ivoire
Toussaint Alain : « Le gouvernement doit assumer ses responsabilités »

On a appris samedi le décès d’un 5ème prisonnier politique de la crise post-électorale de 2011 : le MDL Kouatchi Assie Jean, détenu depuis le 26 mars 2012 à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Comment réagissez-vous à cette autre mauvaise nouvelle ?

Je voudrais commencer par présenter mes condoléances à la famille, aux proches du défunt ainsi qu’à ses codétenus. C’est une grande tragédie pour les siens et une très triste nouvelle pour les mouvements de défense des droits de la personne. Le gouvernement risque de payer le prix politique de ce cinquième décès d’un détenu de la crise post-électorale. Kouatchi Assie Jean est mort prisonnier, enchainé sur son lit d’hôpital. Pendant longtemps, les demandes constantes de soins et d’assistance ont été refusées. En dépit des nombreux appels au secours, toutes les sollicitations sont tombées dans un silence létal de l’administration pénitentiaire. En le privant des soins appropriés alors que ce gendarme souffrait d’un cancer et d’autres infections, les autorités ont commis un crime virtuel, gratuit et prémédité. Je redoute que ce triste dénouement se reproduise à cause de la privation de soins médicaux, la torture et des conditions de détention des 247 autres prisonniers. D’ailleurs 185 détenus attendent toujours d’être jugés. Quand on n’a pas les moyens de juger ou de soigner des gens, on ne les emprisonne pas. Face à ces drames humains, il y a une extrême urgence à agir pour éviter d’autres drames. Le gouvernement doit assumer ses responsabilités et reconnaître enfin la nécessité de décrisper le climat en libérant ces détenus. Je demande à mes concitoyens de multiplier les plaidoyers pour sauver la vie de ces prisonniers de la crise post-électorales. Les enfants de notre pays ne méritent pas de mourir ainsi. Le besoin de justice est incompatible avec le revanchisme. Cette situation ternit l’image de la Côte d’Ivoire.

De nombreux prisonniers croupissent depuis des années dans les prisons du pays, sans jugement. Certains se meurent [à petit] feu. Pensez-vous que le régime Ouattara est disposé à aller à la réconciliation ?

Je n’ai pas sondé les cœurs et les reins du régime Ouattara. Je préfère me fier aux actes, aux signaux qui iraient dans le bon sens. Or, là, je ne vois absolument rien ! Je constate que le gouvernement vit dans un déni de réalité permanent. Dans leurs déclarations publiques, des ministres, et non des moindres, s’évertuent à minimiser ce dossier et même à ignorer carrément l’existence des prisonniers de la crise post-électorale. Le pouvoir ne peut pas indéfiniment garder des personnes en détention sans jugement depuis plusieurs années, en leur coupant illégalement tout accès aux soins de santé. Cela est inacceptable, inhumain. Vous savez qu’on a enregistré la mort d’un cinquième détenu. Un autre est entre la vie et la mort. Il s’agit du sergent Seri Daleba, actuellement interné au CHU de Treichville pour une tumeur à l’oreille. Il l’a déjà été au CHU de Cocody à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Ce prisonnier est placé en détention dans un hôpital mais il ne reçoit pas les traitements adéquats parce qu’il est sans ressources. Je m’interroge sur les droits des détenus en matière de santé. L’État devrait s’assurer que tout prisonnier est détenu dans des conditions qui sont compatibles avec le respect de la dignité humaine. Il lui incombe de prendre en charge ceux que son système judiciaire prive de liberté. Cela est-il acceptable dans ce pays où l’on distribue des milliards à des mutins ? Est-ce ainsi que nous pouvons construire une Nation forte, unie et prospère ? Nous avons le devoir de léguer aux générations futures un pays apaisé, fort de ses valeurs et de sa diversité. Or, notre gouvernement a tourné le dos aux valeurs élémentaires de la civilisation moderne : la compassion, la solidarité et l’humanisme. Le régime doit faire un geste de bonne volonté afin de donner de vraies chances à la réconciliation. Celle-ci ne peut s’incarner qu’à travers des actes de paix et de fraternité.

(…)

Lire l’article complet sur Le Nouveau Courrier du 22 mai 2017
ou en ligne sur : AfrikEco.com ou  Seneplus International

[Surtitre de la Rédaction]

Décès du prisonnier Jean Assie Kouatchi

La douloureuse nouvelle est tombée : gravement malade, finalement hospitalisé, Jean Assie Kouatchi n’a pas survécu. Il est décédé dans la nuit du 19 au 20 mai 2017.
Nous adressons à ses proches, à ses amis, toute notre compassion.

 

Répression contre les militants politiques en Côte d’Ivoire : que fait le gouvernement français ? interroge le journal « L’Humanité »

Côte d’Ivoire : des militants toujours enfermés dans les geôles de Ouattara

(Extraits)

Par Rosa Moussaoui

Des partisans de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo sont toujours détenus sans jugement, dans un contexte de restriction des libertés.

Il croupit depuis plus de deux ans dans les geôles ivoiriennes, d’abord détenu dans la sinistre maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), puis transféré à Bouaké, dans le centre du pays, loin de sa famille qui ne peut lui rendre visite qu’une fois par mois. Assoa Adou, membre fondateur et figure du Front populaire ivoirien (FPI), a été arrêté le 7 janvier 2015. Accusé d’atteinte à la sûreté de l’État, d’achat d’armes, de formation de bande armée et de meurtre, il attend toujours son jugement. Et faute de suivi médical, son état de santé se dégrade. Sa vue décline, il souffre d’hypertension, ce qui n’empêche pas ses geôliers de le soumettre au supplice d’une lumière en permanence allumée, pour le priver de sommeil.

Assoa Adou n’est pas le seul prisonnier politique ivoirien soumis à ce genre de maltraitance. Dans son dernier rapport annuel, Amnesty International estime à 146, au moins, les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo arrêtés entre 2011 et 2015 et toujours en attente de jugement pour des infractions qu’ils auraient commises pendant la crise post-électorale de 2010-2011. « Les autorités ont restreint le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique en vertu de lois érigeant en infractions les manifestations pacifiques, entre autres formes d’expression non violente. Plus de 70 personnes, principalement membres de partis de l’opposition, ont été arrêtées, puis libérées au bout de plusieurs heures, voire plusieurs jours », relève l’ONG.

Un amer souvenir de son passage à la Maca

Mariam Cissé, une dirigeante du FPI, est de ceux-là. Elle a été interpellée le 10 juin 2015 alors qu’elle préparait une initiative en faveur de la libération de l’ex-président Laurent Gbagbo, détenu depuis 2011 à La Haye et jugé par la Cour pénale internationale. Placée en détention provisoire, elle a été entendue par un juge d’instruction seulement quatre mois plus tard, avant d’être relâchée et jugée huit mois après son arrestation. Verdict : « délit non constitué ». Relaxée, cette militante garde un amer souvenir de son passage à la Maca. « Sans suivi médical, nous en étions réduits à prier pour ne pas tomber malades. Seuls les traitements antipaludéens étaient accessibles aux détenus. Pour le reste, nos proches devaient nous apporter vivres et médicaments », raconte-t-elle.

(…) « Il est inacceptable que l’État français n’intervienne pas pour faire cesser les maltraitances des prisonniers politiques. C’est pourtant Paris qui a contribué à installer par la force le régime actuel de Côte d’Ivoire, remarque Dominique Josse, responsable Afrique du PCF. Il suffirait d’une simple pression, qui pour une fois irait dans le bon sens, un simple coup de fil, pour stopper ces violations. Des vies sont en danger, il est temps d’agir. »

Article complet dans : L’Humanité, 29 mars 2017
(Surtitre de la Rédaction)

 

Dr Adou ASSOA, prisonnier politique

 

Madame Antoinette Meho dans une prison d’Abidjan

Selon nos informations, Antoinette Meho a rejoint les nombreux détenus d’opinion enfermés à la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction Antoinette Mehod’Abidjan).

Il n’est pas inutile de souligner que Madame Meho montrait une solidarité active à l’égard de ses compatriotes Wê (Ouest de la Côte d’Ivoire) victimes en 2011 et 2012 de plusieurs massacres de masse assimilables à des actes de génocide.

Nous espérons que les organisations internationales se saisiront de ce cas gravissime pour monter en puissance dans la dénonciation claire et nette de l’élimination des forces vives de l’opposition en Côte d’Ivoire mise en oeuvre depuis le 11 avril 2011.

Faute de soins, Aimé Djekouri est décédé à la MACA

Comme en témoignent les nombreux messages qui lui sont adressés, Aimé Djekouri va laisser un grand vide !

Condamné par le régime de Ouattara à finir sa vie en prison, parce qu’il est resté fidèle au Président Laurent Gbagbo, il restera toujours présent dans le coeur de ses amis et de ses proches.

 

 

Une nouvelle victime du régime de Ouattara

Eric Gnepa Kouya vient de quitter ce monde à la MACA (prison d’Abidjan) où il avait été enfermé après des tortures à l’origine d’une dégradation rapide de son état de santé.

http://afrikanews.over-blog.com/2015/12/cote-divoire-encore-un-prisonnier-politique-pro-gbagbo-meurt-a-la-maca.html

Il est urgent, très urgent, que le monde se soucie du sort des prisonniers de Ouattara !

Pour plus d’informations, on peut aussi se connecter au compte Facebook de l’Association des Femmes et Familles des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire (AFFDO-CI) à qui nous faisons part de toute notre affliction : https://www.facebook.com/collectif.desfemmes

Très ému par ce qu’il a vu à la MACA, Joseph Titi remercie tous ceux qui ont contribué à sa libération

Encore merci !  Joseph Titi

Dans l’impossibilité de toucher individuellement toutes les personnes
qui m’ont témoigné, à titre individuel d’une part, ainsi qu’à l’ensemble du personnel du journal « Aujourd’hui » d’autre part, leur soutien à l’occasion de mon emprisonnement, j’écris ces lignes pour leur exprimer ma gratitude.

Merci au groupement des éditeurs de presse de Côte d’Ivoire qui n’a pas ménagé sa peine pour réaffirmer le principe de dépénalisation des délits de presse dans notre pays ; merci également à toutes les autres associations professionnelles de journalistes qui ont déploré les graves menaces que le gouvernement d’Alassane Dramane Ouattara fait peser sur les médias qu’il ne contrôle pas, à quelques deux mois de l’élection présidentielle.

Merci enfin à la presse internationale d’ordinaire si réticente, lorsqu’il s’agit de regarder de plus près les atteintes auxquelles le régime se rend régulièrement coupable, mais dont le soutien a été, ces derniers jours, décisif pour faire reculer le dictateur. Je sais que cette mobilisation extraordinaire, les déclarations de soutien ayant fleuri sur les réseaux sociaux comme jamais auparavant, a écœuré certains confrères de la place qui ne comprennent pas cette solidarité dont le journal et moi avons été entourés tout au long de cette crise.

Certains parmi eux s’en sont alors directement pris à ma personne m’accusant, sans le moindre fait, de faire un journalisme de type fiction mais aussi d’être un illustre inconnu qui s’octroierait un coup de projecteur inespéré avec cet emprisonnement. Le directeur général de Fraternité Matin, auteur de ce coup de folie, a même affirmé que je me suis fait arrêter parce que le journal que je dirige ne s’achète pas et que le gouvernement devrait, pour cela, me libérer pour ne pas me faire plus de publicité que ça…

Il arrive des moments où il faut se contenter du peu. Je remercie donc Venance Konan d’avoir demandé que je sois libéré même s’il se trompe en pensant que son sort est plus enviable comparé au mien. Car ce n’est pas en dirigeant des journaux conçus par d’autres qu’on démontre qu’on a un quelconque savoir. Au demeurant, lorsqu’on regarde de près les ventes du journal progouvernemental, on a plutôt envie de blâmer son premier responsable que de le féliciter. Donc, Venance devrait arrêter de commencer par l’injure. Car cela manque non seulement de finesse mais aussi de pertinence.

Pour le reste, je ne comprends pas la propension du directeur général de Fraternité Matin à guerroyer sur tout et rien lorsque Ouattara se fait lui-même prendre dans la nasse de son irresponsabilité. Le chef de l’état n’avait-il pas l’occasion de changer l’article 35, lui qui est si populaire et qui a fait ce que personne avant lui n’avait jamais réussi ? Autrement, pourquoi devrait-on le reprocher à ceux qui avaient intérêt à ce que cela ne change pas ? Avant d’accuser des adversaires prétendument sans relief, Venance Konan devrait demander à son mandant pourquoi il a eu constamment peur d’affronter le suffrage des Ivoiriens ; pourquoi un gouvernement de savants qui plus est des démocrates reconnus comme tels, ont pu se faire prendre au piège de mon emprisonnement ?

A la vérité, aussi bien Ouattara que ses défenseurs acharnés se sont laissé surprendre par les changements intervenus dans la compréhension des événements politiques dans notre pays. Et ils n’y ont vu d’autant plus que du feu qu’ils croyaient gagnée la complicité des médias internationaux, y compris celle des organisations de droits de l’homme, en particulier celle de la presse internationale qui a bien souvent montré trop de mansuétude à l’égard de Ouattara et de son régime. Or, visiblement ce temps-là est passé…

Je reviens de la Maca où je n’ai finalement passé qu’une petite semaine. Mais j’ai pu comprendre que le meilleur exemple d’abandon qu’un Etat peut s’autoriser est ce qu’il se permet dans ses prisons. Et la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan illustre cette réalité ; on réalise ainsi à quel point la politique sociale d’Alassane Dramane Ouattara a créé des déchets humains que son gouvernement préfère « enterrer » ici. Je rendrai donc mon témoignage à l’occasion du dossier que je publierai sous le titre « De retour de l’enfer de la Maca ». Mais je me suis également habitué à des termes : le badjot, TTS, baygon… Le premier indique ces menus bois durs bien plus étroits qu’un matelas normal d’une place.

Le badjot vous détruit la colonne vertébrale au fur et à mesure que vous l’utilisez parce qu’il est fixé dans le béton et que vous n’avez aucune possibilité d’en changer la position. Quant au terme TTS, il désigne tous ceux qui, plus [de] 390 personnes, sont accusées de l’accusation rituelle d’atteinte à la sûreté de l’état. Pour cela, le régime a d’abord obtenu des aveux extorqués pendant d’atroces séances de torture. Des témoignages terrifiants de prisonniers battus au chevron, leurs plaies ensuite brûlées par des langues de feu sont là pour le prouver… D’ailleurs, la plupart de ces personnes en portent encore les stigmates… à vie.

D’autres ont vu leurs maladies s’aggraver ; parfois les sévices endurés les handicapent à vie comme ce prisonnier qui est devenu insuffisant rénal après une série de tortures. Quant à cet ancien motard de la gendarmerie, il a fini par disjoncter. C’est l’un des malades mentaux qui déambulent dans la cour de la prison tout comme le vieil aveugle qui a demandé en vain de voir un spécialiste. A ceux-là, il faut ajouter ceux qui ont contracté des maladies en prison et qui, faute de soins adéquats, sont devenues incurables.

Je raconterai ces histoires parce qu’elles reflètent la réalité que dissimule pour l’instant le brouhaha médiatique instauré par Ouattara. Comme quoi, ceux qui m’ont envoyé à la Maca m’ont permis de voir toutes ces choses inimaginables qu’on ne soupçonne pas au-delà des immenses murs de la prison. Je les en remercie.

Joseph Titi

(Source : Eburnienews, 6 août 2015 ; surtitre de la Rédaction)

L’armée a pris position autour de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan

Que se passe-t-il à la MACA ? Suite à la grève des gardes pénitentiaires, l’armée aurait pris possession des lieux ou d’une partie des lieux. Les prisonniers politiques sont en grand danger, la prison étant livrée depuis plusieurs jours aux détenus de droit commun.

Lire l’alerte lancée sur Contrepoids le 8 fév. 2015

Mise à jour du 11/02/2015 : autres informations sur le Blog de Alain Doh BI (10 fév. 2015)

Lire et voir 2015-01

Les prisonniers doivent payer pour avoir le droit de ne pas dormir avec les grands criminels qui font la loi à la MACA.

http://indignez-vous.hautetfort.com/archive/2015/01/18/la-derniere-blague-du-fascistan-d-alasane-dramane-ouattara-5536340.html

« Rentrez tranquilles, vous ne serez pas inquiétés », a promis Alassane Ouattara aux exilés.
Le Dr Assoa Adou est arrêté quelques semaines après son retour du Ghana !
Après l’arrestation d’Assoa Adou, Hubert Oulaye à Ouattara : « Respectez les engagements pris vis-à-vis des exilés ! » (13/01/2015)

http://m.civox.net/Apres-l-arrestation-d-Assoa-Adou-Hubert-Oulaye-a-Ouattara-Respectez-les-engagements-pris-vis-a-vis-des-exiles_a5899.html

Abidjan : les prisonniers grévistes de la faim en danger de mort

Selon les informations du journal Le Temps du 17 décembre 2014, les prisonniers évacués d’urgence à l’hôpital n’y reçoivent que des soins sommaires avant d’être ramenés, munis d’une ordonnance à leur charge ou à celle de leur famille, à la Maison d’Arrêt.

Plus d’infos

Jeudi 18 décembre 2014 : 18e jour de grève de la faim des prisonniers politiques ivoiriens

Devant le martyre subi par les prisonniers politiques, Michel GBAGBO interpelle Alassane Ouattara

Le 1er décembre 2014, les prisonniers d’opinion, sans jugement depuis trois ans, ont entamé une nouvelle grève de la faim. Ils veulent être libérés ou jugés. M. Soro Guillaume nous dit : « Que le FPI entre au Gouvernement et les prisonniers seront libérés ! ». Je dénonce ce chantage !

Et je dénonce les violations systématiques des droits humains en Côte d’Ivoire. Le Gouvernement de M. Ouattara se rend en effet coupable de : tortures, détentions illégales, chantage, arrestations abusives sur la base de l’appartenance ethnique et/ou religieuse, occupation de domiciles, de plantations, utilisation de forces armées parallèles, etc. Cela doit cesser ! Les droits civiques sont suspendus en Côte d’Ivoire. De la part d’un ancien fonctionnaire du FMI, l’on attendait mieux !

Les prisonniers eux-mêmes sont traités comme du bétail. Pourquoi les punit-on pour leur ethnie ou leur religion ? Je dénonce les restrictions d’accès à la nourriture, l’absence de soins médicaux, la limitation des visites familiales, le blocage de leur salaire, l’absence de procédure judiciaire, les difficultés d’accès aux avocats, ainsi que les violences physiques et morales dont ils sont victimes.

Oui, la Côte d’Ivoire est devenue un vaste centre pénitentiaire où règnent la pauvreté et la barbarie. Jusqu’à quand ? Pour ma part, je ne changerai ni d’ethnie, ni de religion, ni de parti politique, quelles que soient les menaces de ce Gouvernement brutal qui agit sans aucun sens de l’Etat.

Déjà deux morts parmi les prisonniers, le 4 septembre 2014 ! Il s’agit de nos frères Abé Money et Yapi Kouassi Gosselin. Les circonstances de leur mort restent à ce jour à élucider. Un troisième décès, le 15 Novembre 2014, en la personne d’Assemien Martin, vient alourdir ce bilan. Qu’en dit le Procureur de la République, M. Adou Christophe, si prompt à déclamer sur le déploiement des ailes de la Justice ? L’enfermement abusif est-il devenu, avec la complicité de certains magistrats, un lent moyen d’assassinat des opposants supposés ?

A ce jour, 148 grévistes se trouvent en soins intensifs à l’infirmerie de la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan). Quatre viennent de frôler la mort, dans des CHU après avoir été enchaînés comme des bêtes aux pieds des lits. Et d’avoir subi le refus de certains médecins de les soigner. La mauvaise politique de M. Ouattara a ainsi réussi à contaminer, comme une lèpre, même le milieu médical !

Le dossier des détenus d’opinion illustre la situation de déliquescence de l’Etat en Côte d’Ivoire depuis 2011 ! La prison et la Kalachnikov sont devenues les moyens de régulation d’un Gouvernement effrayé par le peuple et qui se raccroche à la terreur comme à une bouée de sauvetage ! Ce dossier nous concerne tous.

Devant l’immobilisme des autorités du moment, j’interpelle la communauté nationale et internationale : les atrocités et la violation systématique des droits élémentaires du citoyen en Côte d’Ivoire et l’incapacité de ce Gouvernement en manque de légitimité à assumer la sécurité pour tous pourraient constituer à terme une menace pour la paix en Côte d’Ivoire et dans la sous-région.

Et je demande aux forces vives de la nation ainsi qu’au FPI, de se mobiliser ! Pas de se prostituer, mais de se mobiliser en allant dans le sens de l’Histoire. Ce dossier doit constituer une priorité ! Le 5 Aout 2013, le Président du Front Populaire Ivoirien a été libéré provisoirement avec 13 autres cadres du parti. Les 481 détenus officiels estiment qu’ils ont aussi droit à la liberté provisoire ! A la liberté tout court !

Et j’appelle tous les candidats aux futures élections présidentielles à se prononcer clairement sur la question : Oui ou non vont-ils œuvrer avec nous à apporter la liberté aux Ivoiriens ? Quiconque ne veut pas travailler à ces libérations ne nous intéresse pas !

Je considère M. Alassane Ouattara comme responsable du sort de tous les enfants de Côte d’Ivoire victimes de ses turpitudes. Plutôt que d’être autiste, il devrait écouter un peuple qui souffre de misère et de maltraitances. Et je dénonce sa duplicité : ses promesses jamais tenues, sa gestion patrimonialiste des ressources publiques, sa mainmise sur la justice, la violence et la brutalité de ses méthodes feront de lui « la honte de sa génération » ! Il faut que tous les détenus d’opinion soient libérés et qu’un véritable projet de réconciliation soit mené pour sauver la Côte d’Ivoire, en y incluant les rebelles, ses alliés.

MICHEL K. GBAGBO

(Source : Le Nouveau Courrier du 18 déc. 2014, avec quelques corrections de la Rédaction ; titre de la Rédaction)

Vendredi 12 décembre 2014 : 12e jour de grève de la faim des prisonniers politiques ivoiriens

ABIDJAN : Déclenchée depuis le 1 décembre 2014, la grève de la faim des détenus politiques ivoiriens pour «réclamer leur libération» a déjà provoqué plus de 150 hospitalisations de grévistes à l’infirmerie de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA).

Au 12e Jour de ladite grève, nos sources à la MACA rapportent que quatre (04) prisonniers politiques grévistes ont été évacués l’après-midi du vendredi 12 décembre 2014 au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Yopougon et de Treichville.

Source : Blog de Alain Doh Bi, 12 déc. 2014

En savoir plus :
http://lafriquepuissancemondiale2050.ivoire-blog.com/archive/2014/12/12/12e-jour-de-greve-de-faim-des-detenus-politiques-ivoiriens-4-454019.html

Vendredi 5 décembre 2014 : 5e jour de grève de la faim des prisonniers politiques ivoiriens

Plusieurs prisonniers de la MACA emmenés à l’infirmerie.
Leurs épouses écrouées après un sit-in de protestation.
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