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Le Parti Communiste Français s’interroge : Emmanuel Macron a-t-il réellement l’intention de changer la politique africaine de la France ?

COMMUNIQUE DE PRESSE 

Emmanuel Macron veut-il réellement mettre un terme à la politique africaine de la France ?

Lors de son passage au Burkina Faso, le président Macron a tenu un discours qui ne change pas, invariablement quelle que soit la latitude. Il s’est fait VRP d’un modèle entrepreneurial, libéral, inégalitaire qui, depuis des décennies a démontré l’incapacité à répondre aux défis humains et environnementaux. Le continent africain en a fait la douloureuse expérience avec l’endettement, les politiques d’ajustement structurel, le démantèlement des services publics et le délitement des Etats au profit d’une économie de prédation utile aux transnationales. Considérer l’Afrique comme une start-up n’assure pas un avenir à une jeunesse en quête d’avenir, d’emplois, de progrès social et de paix.

Les annonces de quelques aides sonnantes et trébuchantes sont le corollaire de l’offensive d’une diplomatie économique assumée. Paradoxe d’un président qui assure qu’il n’y aurait plus « de politique africaine de la France »…  Alors dans ce cas, des actes doivent suivre. Les occasions ne manquent pas. A commencer par la restitution des œuvres d’art à l’Afrique. Mais également à l’ouverture des archives comme l’exigent les parlementaires communistes. M. Macron promet que les « documents seront déclassifiés pour la justice burkinabè qui aura accès à tous les documents sur l’affaire Sankara ». Cela constitue une avancée à la condition que toutes les archives soient ouvertes, c’est-à-dire les documents classés « confidentiel défense »,  bien sûr, mais également les documents de haut degré de classification, ceux que l’Etat n’ouvre jamais, classés « très secret défense ».
Et, puisque M. Macron fait une halte à Abidjan, il aura l’occasion de parler des droits humains malmenés et de plaider pour la libération des très nombreux prisonniers politiques qui croupissent en prison en Côte d’Ivoire. Parmi ceux-là, il y a Assoa Adou, figure historique de la gauche ivoirienne, 72 ans, ancien syndicaliste et ancien ministre, et Samba David, dirigeant de la Coalition des indignés, embastillés en toute illégalité.
Enfin, Emmanuel Macron passe par le Ghana, frontalier du Togo. Ce dernier pays est une dictature installée et soutenue par l’État français depuis 50 ans. Le peuple togolais multiplie les manifestations depuis le mois d’août pour réclamer le départ de la dynastie des Gnassingbé. Des conseillers militaires, du financement et du matériel français sont utilisés par les forces armées togolaises tenues pour responsables d’exactions. La vente au Togo d’hélicoptères français de type Gazelle est envisagée par le premier ministre, pour un contrat de 20 M€. Sous la précédente mandature, Jean-Marc Ayrault avait suspendu cette vente, de peur que le matériel soit utilisé contre des civils. M. Macron va-t-il mettre en œuvre son propre discours ou faire la démonstration que la France garde une politique africaine, celle visant au soutien explicite d’un régime autoritaire et corrompu pour préserver des intérêts dans le cadre d’une diplomatie économique aveugle ?

Parti communiste français,

Paris, le 29 novembre 2017

 

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Pour le Parti Communiste Français, la condamnation de l’ancien ministre Assoa Adou est emblématique de la grave situation qui prévaut en Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire : la condamnation de l’ancien ministre Assoa Adou jette le discrédit sur la justice et le pouvoir ivoiriens

Assoa Adou, homme de paix et figure de la gauche ivoirienne, vient d’être condamné à quatre ans de prison à l’issue d’un procès politique.

Arrêté il y a deux ans et demi, en dehors de toute procédure légale, il a été détenu à Abidjan puis transféré au Camp pénal de Bouaké où il a été notamment victime de mauvais traitements. Du fait de conditions de détention épouvantables, l’état de santé de Assoa Adou, 72 ans, s’est considérablement dégradé.
C’est dans ce contexte et après des tergiversations sans fin qu’a eu lieu son procès pour « complot contre l’autorité de l’Etat ». Au cours des audiences, tous les témoins cités par l’accusation se sont dédits, et tous les chefs d’accusation se sont effondrés les uns après les autres.
La Cour d’Assise l’a finalement condamné sans preuves ni faits établis à 4 ans de prison pour « troubles à l’ordre public ».
Le jugement que vient de rendre [la Cour] n’a pas de fondement juridique en Côte d’Ivoire mais relève d’une décision politique.
Ces méthodes rappellent la sombre période des procès politiques en Côte d’Ivoire.

Le cas d’Assoa Adou est emblématique de centaines de détenus politiques qui croupissent sans jugement en prison.

A la veille de l’ouverture à Abidjan des 8e Jeux de la Francophonie ce vendredi 21 juillet, cette condamnation inique est un mauvais signal, un de plus, envoyé par les dirigeants ivoiriens.

Le Parti communiste français demande au gouvernement français et au président Macron de prendre publiquement position pour la libération des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire dont le climat politique, sous la férule d’Alassane Ouattara, se dégrade à vue d’oeil.

In : PCF, 24 juillet 2017
(Surtitre de la Rédaction)

Il y a bientôt 6 ans que Ouattara s’est emparé du pouvoir et n’a cessé, depuis, de réprimer toute véritable opposition

Amnesty International

Côte d’Ivoire. Les autorités doivent mettre un terme aux arrestations arbitraires et à la «détention mobile» de membres de l’opposition.
Le 28 octobre 2016

Les autorités de Côte d’Ivoire doivent cesser de s’en prendre aux membres de l’opposition en réduisant leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, a déclaré Amnesty International à l’approche du référendum constitutionnel prévu dans le pays dimanche 30 octobre 2016.

Le 20 octobre, au moins 50 membres de l’opposition ont été arrêtés arbitrairement lors d’une manifestation pacifique et détenus pendant plusieurs heures dans des véhicules de police en circulation. Certains ont ensuite été déposés en différents lieux de la principale ville du pays, Abidjan, tandis que d’autres étaient abandonnés à une centaine de kilomètres de chez eux et contraints de rentrer à pied. Cette pratique est connue sous le nom de « détention mobile ».

« Cette forme de traitement inhumain est contraire au droit international et régional relatif aux droits humains et aux normes y afférentes. Toute personne, y compris membre de l’opposition, a le droit d’exprimer pacifiquement son opinion et de voir sa dignité respectée en toutes circonstances, qu’elle fasse campagne pour le oui ou pour le non à l’occasion du référendum. Les membres des forces de sécurité responsables de ces actes doivent être identifiés et amenés à rendre des comptes », a déclaré Gaetan Mootoo, chercheur Afrique de l’Ouest à Amnesty International.
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Parti Communiste Français
Communiqué de Presse sur la visite de Manuel Valls à Abidjan
Le 28 octobre 2016

Manuel Valls à Abidjan : une visite sous forme de provocation

La Côte d’Ivoire est marquée par les stigmates d’un régime autocratique à la dérive. Des centaines de prisonniers politiques croupissent dans les geôles, des chefs de guerre soupçonnés des crimes les plus graves sont promus aux plus hautes fonctions de l’État, des dizaines de milliers de refugiés ne peuvent revenir en Côte d’Ivoire par crainte de répression. Une justice des vainqueurs s’est installée dans un climat de répression tous azimut[s] contre les partis politiques d’opposition, les syndicats et des associations, avec une politique de régression sociale et une soumission totale aux intérêts des entreprises transnationales notamment françaises.
Pour tenter d’asseoir sa mainmise sur le pays, le régime d’Alassane Ouattara fait adopter dimanche 30 octobre un projet de constitution inique lors d’une parodie de référendum. Le texte prévoit la mise en place d’un vice-président que l’actuel président pourra choisir à sa guise, la création d’un Sénat dont 30 % des élus seront nommés par lui, et l’empêchement du syndicalisme dans les milieux étudiants, pour ne citer que ces éléments.
C’est précisément cette date que Manuel Valls choisit pour se déplacer à Abidjan et « afficher le soutien de la France aux processus démocratiques » en cours !
Ainsi, le pouvoir français reste non seulement sourd aux plaintes du peuple ivoirien mais adoube ceux qui l’oppriment sans vergogne ! Cette visite en Côte d’Ivoire du Premier Ministre ne peut qu’être vu[e] comme une provocation et interroge sur les contreparties qu’il en attend.
Le Parti communiste français appelle une fois de plus à la libération des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, à un retour à un état de droit et au respect des droits de l’homme. Il apporte sa solidarité au peuple ivoirien et aux forces démocratiques et progressistes qui veulent contrecarrer les ambitions dictatoriales d’Alassane Ouattara et des cliques affairistes qui se partagent autour de lui les miettes que veulent bien leur laisser les multinationales.
La France au lieu de perpétuer une politique de faux-semblants des plus rétrogrades devrait au contraire favoriser les conditions permettant d’assurer à la Côte d’Ivoire un avenir de Paix, de droit et de progrès social, démocratique et économique. C’est la condition sine qua none pour que des milliers d’ivoiriens, réfugiés politiques ou économiques ne prennent plus la route de l’exil.

France 24
Reportage montrant comment fut empêchée la marche du Front du Refus le 20 octobre 2016.
(Source : Facebook)

Images de l’arrestation de Mamadou Koulibaly, ancien Président de l’Assemblée nationale et actuellement Président du LIDER (Parti de la Liberté et la Démocratie pour la République) le 20 octobre 2016. Il fut relâché quelques heures après, ainsi que d’autres leaders politiques de premier plan.

Une carte postale pour les prisonniers d’opinion

Pour la Paix, la Liberté et la Réconciliation en Côte d’Ivoire

Le 11 mai 2016, 2 place du Colonel Fabien, à l’invitation de Lydia Samarbakhsh (coordination nationale du PCF, chargée des Relations internationales), Roger Gballou (membre du Secrétariat national du Front Populaire Ivoirien) et Ephraïm Fadiga (représentant en Europe des Indignés de Côte d’Ivoire), a été lancée à Paris l’opération « Une carte postale pour les prisonniers d’opinion ».

Discours de Lydia Samarbakhsh
(Source : Facebook)
https://www.facebook.com/alexisgnagno/videos/10209122351526881/

 

 

 

Venez exprimer votre solidarité avec le peuple ivoirien !

Lors de ces deux évènements :

Mardi 10 mai, à Ronchin (près de Lille) : Conférence-débat « Goût amer du cacao, goût amer de la démocratie ? »

Mercredi 11 mai, à Paris : Opération Paix, Liberté et Réconciliation en Côte d’Ivoire, « Une carte postale pour les prisonniers d’opinion »

Programme et renseignements pratiques sur l’Agenda

 

Parti Communiste Français : « Côte d’Ivoire, une mascarade électorale qui s’ajoute à un bilan catastrophique »

« En 2011, Alassane Ouattara a été installé à la présidence ivoirienne par les chars français à l’issue d’une élection contestée. Ce coup de force a eu lieu alors qu’il était possible et souhaitable de recompter les bulletins de vote ou de reprendre le scrutin.

Depuis cette date, le pouvoir renoue avec les pires traditions de la dictature d’Houphouët-Boigny. Il emprisonne, prive de droits, assassine et torture des centaines d’opposants politiques, associatifs et syndicaux. Il interdit leurs manifestations et s’immisce dans les débats internes de leurs organisations en vue de les modeler en faire-valoir démocratiques. Ceux qui ne se résignent pas sont impitoyablement pourchassés. Des centaines de milliers d’ivoiriens ont emprunté les chemins de l’exil et du déplacement intérieur. (suite…)

Le Secrétaire National du Parti Communiste Français interpelle Laurent Fabius sur la situation des prisonniers politiques ivoiriens

Paris, le 7 septembre 2015

Monsieur le Ministre,

Je me permets d’attirer votre attention sur la situation rencontrée par Monsieur Assoa Adou dirigeant historique du FPI, homme de Paix et de dialogue, et d’autres prisonniers politiques de Côte d’Ivoire.

Dans la nuit du 1er au 2 septembre des hommes encagoulés puissamment armés se présentant comme des forces spéciales ont pénétré dans les cellules d’Assoa Adou et d’autres prisonniers politiques à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) et les ont fouillé[es]. (suite…)

Nombreuses protestations contre l’arrestation des cadres du Front Populaire Ivoirien

Il est impossible de mentionner toutes les condamnations de la politique liberticide d’Alassane Ouattara que suscitèrent l’arrestation et l’embastillement – sous des prétextes plus que fallacieux – de plusieurs opposants politiques, quelques mois avant une élection présidentielle.
En voici quelques-unes :

Parti Communiste Français
Arrestation de trois dirigeants du FPI : la dérive autoritaire du régime Ouattara se poursuit
http://www.pcf.fr/70443

Amnesty International Sénégal
Côte d’Ivoire : l’arrestation d’opposants à l’approche de la présidentielle envoie un signal préoccupant
http://www.amnesty.sn/spip.php?article1908

LIDER (Liberté et démocratie pour la République)
Communiqué de LIDER relatif à l’arrestation des responsables du Fpi
http://lider-ci.org/communique-de-lider-relatif-a-larrestation-des-responsables-du-fpi/

Charles Konan Banny
[Communiqué]
http://www.afrik53.com/Cote-d-Ivoire-Charles-Konan-Banny-demande-la-liberation-de-Koua-Houlaye-et-Danon-Djedje-du-FPI_a21443.html

MNSEA (Mouvement national de soutien à Essy Amara)
Côte d’Ivoire : Essy Amara condamne le harcèlement du pouvoir contre les cadres du FPI
http://www.panafricain.com/?page=detail_article&art=106432&lang=fr&pi=11

Kouadio Konan Bertin (dit KKB), député
[Conférence de presse, 7 mai 2015]
http://www.lecridabidjan.net/kkb_demande_la_liberation_immediate_des_cadres_du_fpi.html

UDL (Union pour le Développement et les Libertés)
Déclaration de l’UDL sur les arrestations arbitraires des membres de la direction du fpi et des étudiants
http://www.ivoirebusiness.net/?q=articles/arrestations-arbitraires-des-cadres-du-fpi-et-des-%C3%A9tudiants-l%E2%80%99udl-condamne-les-d%C3%A9rives

AIRD (Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie)
Communiqué de l’Aird, suite à l’arrestation de personnalités politiques du FPI
http://aird-ci.net/communique-de-laird-suite-a-larrestation-de-personnalites-politiques-du-fpi/1125/

Sebastien Dano Djedje-Hubert Oulaye-Justin Koua

Sebastien Dano Djedje-Hubert Oulaye-Justin Koua

Parti Communiste Français : la Côte d’Ivoire tourne le dos à la démocratie

Dans la Lettre des relations internationales du 1er trimestre 2015, le Collectif Afrique du PCF dénonce la répression et les procès politiques en Côte d’Ivoire.

Répression et procès politique : la Côte d’Ivoire tourne le dos à la démocratie et à la nécessaire réconciliation

La Côte d’Ivoire connaît une crise profonde et violente depuis septembre 2002, date de la tentative de coup d’État contre le président Laurent Gbagbo qui s’est transformée en « rébellion » occupant la moitié nord du pays.

A l’image de la Sierra Leone et du Liberia, des manœuvres de déstabilisation y ont été menées en complicité avec le président burkinabé Blaise Compaoré, avec l’appui des puissances occidentales – France en tête – et de multinationales. Tous jouant aux « pompiers pyromanes », cherchant ainsi à aggraver la division et l’affaiblissement du pays pour leurs intérêts respectifs. Par le moyen de la force militaire française, un ancien haut fonctionnaire du FMI et membre de l’Internationale libérale, Alassane Ouattara a été imposé à la tête de l’État ivoirien après une élection dont rien ne confirme qu’il l’ait remportée. Cela au détriment d’un dialogue politique et d’un recomptage des voix qui restait souhaitable et possible.

Ainsi depuis 2002 jusqu’en 2011 de nombreuses violences ont été commises de part et d’autre lors une guerre civile larvée opposant un pouvoir élu et une rébellion. Le point culminant de ce processus est le tristement célèbre massacre de Duékoué en mars 2011 lorsque les troupes pro-Ouattara s’emparent du sud du pays.

LA CPI, POURTANT SAISIE EN 2003 PAR L’ÉTAT IVOIRIEN SUR LES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS, CHOISIRA DE NE CIBLER QU’UN DES CAMPS EN PRÉSENCE POUR LA SEULE PÉRIODE POST-ÉLECTORALE DE 2010/2011.

Suivant en cela les desiderata de membres du Conseil de Sécurité, dont la France. La CPI fait ainsi l’impasse sur le rôle du camp Ouattara, sans parler du rôle de la France et des multinationales complètement passé sous silence.

Pourtant le pouvoir d’Alassane Ouattara porté aux nues par une partie de la communauté internationale aggrave et multiplie les manquements aux droits humains en Côte d’Ivoire. Des centaines d’arrestations arbitraires et politiques, l’impunité concernant les violences meurtrières depuis 2011, la promotion et l’enrichissement de ceux qui les ont commis, la persistance de milliers de réfugiés et de déplacés à l’intérieur et à l’extérieur du pays, le non-respect des engagements pris dans la mise en place d’un processus de « rassemblement et de réconciliation », la violation des droits civils et politiques, constituent le triste quotidien de la population. Cette dernière paie le prix fort d’un régime de plus en plus autocratique, corrompu et antisocial, secoué et déstabilisé par des conflits violents entre clans rivaux pour l’accaparement des richesses et du pouvoir que les multinationales et les puissances impérialistes veulent bien leur laisser.

A ce triste tableau il faut ajouter la nomination d’un nouveau président du Conseil Constitutionnel, militant acharné du principal parti au pouvoir, remplaçant celui qui avait été illégalement mis en place par Ouattara mais qui était sans doute considéré comme plus assez docile. Sans oublier, au grand dam de la société civile et de l’opposition politique, la remise en selle du président de la Commission électorale indépendante, acteur contesté de la crise post-électorale.

Par ailleurs, le pouvoir cherche non seulement à restreindre fortement la liberté de réunion et d’association mais aussi à s’immiscer dans les débats internes des organisations de la société civile, des syndicats et des partis politiques comme en témoigne la récente décision de justice, dénoncée par Amnesty International, qui interdit la candidature d’un des candidats à la présidence du Front Populaire Ivoirien, ce qui a pour résultat de favoriser une tendance au détriment de l’autre et d’alimenter un climat délétère au sein de l’opposition.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le récent procès de 83 militants pro-Gbagbo. Selon tous les observateurs indépendants, il y a eu de graves manquements : absence de preuves matérielles pour étayer les accusations, témoins à charges incapables de reconnaître les prévenus et se contredisant dans des récits fantaisistes…

Loin de viser à satisfaire un désir de justice et de vérité, fort légitime, les peines prononcées, extrêmement lourdes et allant bien au-delà des réquisitions du parquet, relèvent d’un jugement politique. Comment pouvait-il en être autrement d’ailleurs, quand la porte-parole du gouvernement ivoirien admettait elle-même le 22 octobre dernier que des « procédures politiques » étaient en cours. A la justice des vainqueurs s’ajoute un procès inique, signe néfaste pour les libertés publiques et les centaines de militants politiques et associatifs qui croupissent dans les geôles du pouvoir. Il s’agit en réalité d’une escalade dangereuse, avec des pratiques qui ne s’observent que dans les régimes dictatoriaux.

LE POUVOIR FRANÇAIS NE PEUT CONTINUER DE SE FAIRE COMPLICE D’UNE TELLE FORFAITURE. IL FAUT BRISER LE SILENCE AUTOUR DE CE QUI SE PASSE EN CÔTE D’IVOIRE.

A défaut, on continuera de voir sévir des personnages comme Gérard Longuet. Ce dernier, représentatif des versants les plus extrêmes, réactionnaires et colonialistes de la droite française, ancien ministre de la défense de Nicolas Sarkozy lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, actuel sénateur UMP et président du conseil d’administration de Sea-Invest Africa, est arrivé à Abidjan à la fin du mois de février en vue de réclamer, sous prétexte de faire des « affaires », sa « part de gâteau » pour services rendus au régime Ouattara. A défaut de briser ce silence complice, les hostilités, les désirs de revanche et les guerres civiles de demain ne manqueront pas d’apparaître. Il est encore temps d’arrêter cet engrenage.

Collectif Afrique
Commission des relations internationales

Lien URL à la lettre :
http://international.pcf.fr/sites/default/files/lri_janvier_2015-exe-bd_0.pdf

Le Parti Communiste Français appelle à la libération immédiate d’Assoa Adou

Assoa Adou, figure historique de la gauche ivoirienne, a été arrêté mercredi 7 janvier 2015 à son domicile par les forces armées du régime d’Alassane Ouattara. Personnalité importante du Front Populaire Ivoirien et homme de paix et de dialogue rentré récemment d’exil, il se trouve très probablement dans les locaux de la DST à Abidjan. Cette arrestation politique est intervenue à la veille d’une importante conférence de presse de dirigeants de son parti à laquelle il devait participer. Une nouvelle fois le pouvoir ivoirien fait de la répression, de l’arbitraire et de l’intimidation envers des démocrates, acteurs politiques, syndicaux et de la société civile un mode d’exercice du pouvoir et de contrôle. Ces méthodes témoignent d’une certaine fébrilité. Le déni du droit le plus élémentaire, l’impunité ne sont pas acceptables.

Le PCF appelle à la libération immédiate d’Assoa Adou et de tous les prisonniers politiques, à la fin de la justice des vainqueurs et, par là même, à ce que les conditions soient créées pour que les milliers d’Ivoiriens se trouvant encore en exil puissent revenir dans leur pays. Cette exigence devrait être aussi celle de la France.

In : PCF (en ligne), 9 janvier 2015

 

Cécile CUKIERMAN, sénatrice communiste de la Loire, interpelle François HOLLANDE sur le cas de Michel GBAGBO et sur les Droits de l’homme en Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire-PCF / Lettre de Cukierman à Hollande

La sénatrice communiste de la Loire, Cécile Cukierman, interpelle le chef de l’État sur la situation des droits et libertés en Côte d’Ivoire à la veille de sa visite à Abidjan.

Monsieur le Président,

Je me permets d’attirer votre attention sur la situation des droits et libertés en Côte d’Ivoire à la veille de votre départ dans ce pays.

Comment comprendre que Michel Gbagbo, ressortissant français vivant en Côte d’Ivoire, ayant également la nationalité ivoirienne, fils de l’ancien chef d’État Laurent Gbagbo, ait été à trois reprises empêché de quitter Abidjan pour se rendre à Paris ? Il était pourtant convoqué à chaque fois par Sabine Kheris, juge d’instruction en charge de sa plainte pour enlèvement, séquestration et traitements inhumains et dégradants, déposée à l’encontre de Guillaume Soro, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, et de ses Commandants de zones, anciens rebelles promus chefs militaires.

Or, aucune ordonnance d’interdiction de quitter le territoire, que seul le juge d’instruction ou la chambre d’accusation ont le pouvoir de produire, n’a été signifiée ni à Michel Gbagbo, ni à ses avocats.

Il est du devoir de la France que les droits de Michel Gbagbo soient respectés et qu’il puisse au plus vite répondre aux convocations de la justice française ou, à tout le moins, de contribuer à créer les conditions pour que le Juge d’Instruction se rende en Côte d’Ivoire en vue d’entendre tous les protagonistes de cette affaire.

Il m’apparaît également essentiel que la France soit vigilante sur la coopération judiciaire concernant toutes les autres affaires franco-ivoiriennes. Je fais référence à la disparition de Guy André Kieffer le 16 avril 2004 à Abidjan, à la mort par balles le 31 mars 2011 à Yamoussoukro du ressortissant français Philippe Rémond, aux assassinats de ressortissants français au Novotel à Abidjan en avril 2011 et au dossier du bombardement de Bouaké en 2004.

Plus largement, à l’instar de nombreux défenseurs des droits humains, je m’inquiète de l’arrestation et la détention massive et arbitraire de centaines d’Ivoiriens depuis la venue au pouvoir d’Alassane Ouattara, de l’enlisement organisé des procédures judiciaires concernant la plupart d’entre eux, des tortures dont certains font ou ont fait l’objet, du non-respect des droits de la défense et des prisonniers ainsi que l’existence de lieux de détention illégaux.

La répression envers certains syndicats, des organisations de la société civile et certains partis politiques est également un élément inacceptable. Il serait sans doute souhaitable que vous puissiez aussi accorder votre attention à cette problématique.

Parallèlement à cela, d’autres protagonistes, partisans de l’actuel chef de l’Etat et soupçonnés de nombreux crimes depuis septembre 2002 jusqu’à aujourd’hui, ne sont pas inquiétés et sont même promus par lui aux plus hauts postes du pouvoir d’Etat.

La totalité de ces éléments confirme malheureusement une fois de plus une collusion entre pouvoir exécutif et judiciaire en Côte d’Ivoire et a pour conséquence une justice des vainqueurs qui ne peut que peser négativement sur le processus de réconciliation nationale et le retour de milliers d’exilés.

Sur l’ensemble des points soulevés la France s’honorerait d’exprimer lors de cette visite l’exigence vis-à-vis des autorités ivoiriennes du respect des libertés, de l’Etat de droit et de la sécurité des populations en Côte d’Ivoire.

J’espère, Monsieur le Président, pouvoir compter sur vous à ce sujet.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations les plus distinguées.

In : Le Gri-gri international, 16 juillet 2014
(Surtitre de la Rédaction)

PCF : Déstabilisation et crise ivoirienne, toutes les responsabilités doivent être établies

Parti Communiste Français

COMMUNIQUE DE PRESSE

Déstabilisation et crise ivoirienne, toutes les responsabilités doivent être établies

Le PCF prend acte de la décision de la Cours pénale internationale (CPI) de confirmer les charges retenues contre Laurent Gbagbo après plus de trois ans de détention et de procédures judiciaires en Côte d’Ivoire et aux Pays-Bas. Cette décision a été prise par deux juges sur trois, la magistrate Christine Van den Wyngaert ayant estimé que les preuves restaient insuffisantes. Espérons que le procès permettra de faire cheminer la vérité sur les diverses responsabilités dans la déstabilisation et les violences qui ont entaché la Côte d’Ivoire depuis de longues années.

Il est plus que temps que la CPI s’intéresse également au rôle des dirigeants actuellement au pouvoir en Côte d’Ivoire – dont Alassane Ouattara, Guillaume Soro et les « comzones » (commandants de zones, anciens chefs rebelles) – ainsi que des acteurs internationaux, dont la France et certains pays voisins de la Côte d’Ivoire, tout comme aux violations des droits humains commises depuis septembre 2002 dont le tristement célèbre massacre de Duékoué de mars 2011.

Ne pas le faire maintenant contribuerait à une justice des vainqueurs semblable à celle en cours en Côte d’Ivoire.

Le PCF rappelle concernant la Côte d’Ivoire que ses parlementaires ont déposé une demande de commission d’enquête parlementaire quant aux responsabilités des tenants des pouvoirs français dans cette crise.

Il serait également souhaitable que dans ce conflit comme dans d’autres la question du rôle des multinationales soit clairement posée. Certaines d’entre elles apparaissent en Côte d’Ivoire, comme en RDC et au Liberia par exemple, parmi les principaux facteurs de déclenchement et de perpétuation des guerres et des coups de force ayant des conséquences désastreuses du point de vue des droits de l’Homme.

Le gouvernement français devrait en ce qui concerne la Côte d’Ivoire agir auprès du Conseil de Sécurité en faveur de la mise en place d’un groupe d’experts chargé d’enquêter sur ce phénomène comme notre pays l’avait fait au début des années 2000 pour la RDC et le Liberia.

Plus largement il faudrait agir auprès de l’ONU, comme le propose le PCF depuis l’année 2003, pour la mise en place d’une commission d’enquête internationale qui établira le rôle et les responsabilités éventuels de tous les acteurs, dont les multinationales, dans la déstabilisation des États et le déclenchement des conflits en Afrique et ailleurs, ces 40 dernières années.

La prise en compte effective des éléments qui ressortiraient d’une telle commission d’enquête nécessiterait sans doute une réforme démocratique et progressiste du droit international – et notamment des textes fondateurs de la CPI – à défaut de laquelle les institutions dans lesquelles il s’incarne se discréditeront chaque jour davantage. Au plan international, il ne doit y avoir ni absence de justice, ni justice des vainqueurs.

Le Parti Communiste Français, le 13 juin 2014

………………..
PCF: Destabilization and Ivorian crisis, all responsibilities should be established

The PCF acknowledges the decision of the International Criminal Courts (ICC) confirmed charges against Laurent Gbagbo after more than three years in prison and judicial proceedings in Côte d’Ivoire and the Netherlands. This decision was made by two judges out of three, Christine Van den Wyngaert magistrate who found that the evidence remained insufficient. Hopefully the trial will walk to the truth about the various responsibilities in the destabilization and violence that marred the Ivory Coast for many years. (suite…)

Pierre Laurent, Secrétaire National du Parti Communiste Français, dénonce la politique tribaliste de Ouattara et exprime son soutien à l’opposition démocratique de Côte d’Ivoire

Lettre de Pierre Laurent à Pascal Affi N’Guessan

Monsieur Pascal Affi N’Guessan
Président du Front Populaire Ivoirien

Nous avons bien reçu votre invitation pour participer à la Fête de la liberté du FPI le 2 mai prochain.

Nous vous remercions pour votre invitation mais au vu des délais très courts et de notre emploi du temps nous regrettons de ne pas pouvoir donner suite à celle-ci. Nous tenons cependant à vous livrer le présent message.

La Côte d’Ivoire connaît une situation grave tant du point de vue économique et social que du point de vue des libertés et de la sécurité : des centaines de prisonniers d’opinion en détention, une justice des vainqueurs à tous les étages y compris au niveau international, des procédures judiciaires dilatoires et aux ordres du pouvoir, une répression du mouvement syndical et des organisation de la société civile, une politique tribaliste symbolisée notamment par la mise en place annoncée par Ouattara de « rattrapage ethnique » et l’introduction de critères ethniques dans le recensement de la population en cours, une censure des journaux, un niveau de vie en baisse pour l’immense majorité de la population, une insécurité préoccupante  couplée à une pérennisation de milices toujours armées, une économie chaque jour davantage pillée par les multinationales et les clans au pouvoir, une situation sanitaire catastrophique…

Le pouvoir Ouattara mis en place par les troupes françaises n’a fait qu’aggraver la crise ivoirienne. De ce fait le processus de réconciliation nationale est en panne, la
justice est sélective et aux ordres, les inégalités et la pauvreté ainsi que les violences se développent.

La Côte d’Ivoire et son peuple ont besoin d’une toute autre politique loin des affres chauvines, ethnicistes et libérales. Elle a besoin d’un autre partenariat avec la France loin des marchés de gré à gré en pleine expansion dans ce pays et de la reconduction des traités militaires signés par Sarkozy et Ouattara dès son arrivée au pouvoir puis adoptés en catimini par le parlement en décembre dernier.

Chaque jour davantage, des acteurs politiques, syndicaux et de la société civile s’élèvent pour dire stop à cette politique délétère. Le PCF espère que la Fête de la liberté, qui se déroule dans un contexte de concertation et d’unification de l’opposition de gauche et démocratique au pouvoir Ouattara, permettra d’aller dans le sens de l’élaboration d’une politique alternative faite de progrès sociaux et
démocratiques si nécessaires à votre pays et à votre peuple et vous souhaite, dans ce sens, plein succès à votre initiative.

Pierre Laurent
Secrétariat du Secteur international du PCF
Paris, le 30 avril 2014

(Source : Le Nouveau Courrier n° 1020, 2 mai 2014)

Le Parti Communiste Français demande que les droits de Michel Gbagbo soient respectés

Côte d’Ivoire : la France doit demander le respect du droit pour ses ressortissants

Michel Gbagbo, ressortissant français vivant en Côte d’Ivoire, ayant également la nationalité ivoirienne, fils de l’ancien chef d’État Laurent Gbagbo, a été empêché de quitter Abidjan pour se rendre à Paris le 14 février dernier. Il était pourtant convoqué par Sabine Kheris, juge d’instruction en charge de sa plainte pour enlèvement, séquestration et traitements inhumains et dégradants, déposée à l’encontre de Guillaume Soro, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, et de ses Commandants de zones, anciens rebelles promus chefs militaires.
Le procureur de la République de Côte d’Ivoire a exprimé par communiqué, et à la dernière minute, l’interdiction à Michel Gbagbo de sortir du territoire ivoirien en vue « de ne pas compromettre une éventuelle prochaine session d’assises » à laquelle il devrait assister. Or, aucune ordonnance d’interdiction de quitter le territoire, que seul le juge d’instruction ou la chambre d’accusation ont le pouvoir de produire, n’a été signifiée ni à Michel Gbagbo, ni à ses avocats. Malgré cela, celui-ci a de fait été empêché de prendre l’avion et conduit à la DST ivoirienne.
Cela confirme malheureusement une fois de plus une collusion entre pouvoir exécutif et judiciaire en Côte d’Ivoire.
Le PCF condamne ce coup de force. Il demande aux autorités françaises de veiller à ce que les droits de Michel Gbagbo soient respectés et à ce qu’il puisse au plus vite répondre aux convocations de la justice française.

Parti communiste français

In : L’Humanité, et Pcf.fr, 18 fév. 2014
(Surtitre de la Rédaction)