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Aux mains de la DST

La Dst en Côte d’Ivoire « demeure un camp de torture… 20 personnes détenues à la Maca sont aujourd’hui très mal en point »

Interview de Désirée Douati  (Association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire)
Par SD, Abidjan

Désirée Douati, la fille de l’ancien ministre de Laurent Gbagbo, Alphonse Douati, dirige depuis 2014, une association qui apporte aide et assistance aux prisonniers d’opinion ainsi qu’à leurs familles respectives. Elle parle dans cette interview du combat de l’Association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire (Affdo-Ci).

Deux ans après la création de votre association, quel est votre bilan en termes d’actions en faveur des prisonniers d’opinion ?

Nous ne pouvons étayer les différentes actions que nous avons menées sur le plan diplomatique car la diplomatie est avant tout silencieuse ni les actions menées à l’endroit des détenus eux-mêmes et également des familles car nous leur apportons notre aide dans la discrétion. Cependant nous pensons que notre bilan général est négatif car les arrestations arbitraires continuent et nos parents demeurent toujours des otages.

A combien estimez-vous le nombre de prisonniers que vous défendez et qui sont-ils vraiment ?

Le nombre de détenus en Côte d’Ivoire comme j’ai pour l’habitude de le dire s’accroît de jour en jour. A cette heure précise, nous sommes à près de 300 détenus d’opinion dans les prisons légales et près de 100 à la Dst (Direction de la surveillance du territoire, ndlr) qui demeure un camp de torture. Les détenus sont des ivoiriens civils ou militaires. Ce sont des personnalités publiques mais également des citoyens ordinaires.

Quel est l’état des lieux dans les familles de détenus que vous avez dû visiter au cours de ces derniers mois ?

Les familles sont dans l’ultime détresse car tous les détenus sont de grands malades et tout porte à croire que le gouvernement se réjouit de voir leur santé se dégrader dangereusement. C’est triste, c’est inhumain et c’est pour cette raison que nous continuons de mener des actions certes discrètes afin que tous, sans aucune condition, recouvrent la liberté. Les familles des détenus sont à bout.

Le pouvoir n’est pas d’accord avec vous quand vous parlez de prisonniers politiques ou de prisonniers d’opinion. Comment justifiez-vous de votre côté l’usage de cette terminologie de « prisonniers politiques » ?

Nous considérons comme prisonnier d’opinion toute personne détenue ou restreinte dans sa liberté du fait de ses convictions politiques ou religieuses ou pour toute autre raison de conscience, de son origine ethnique. Aucun pouvoir, aussi dictatorial soit-il, ne peut se réjouir de détenir des personnes pour leurs opinions politiques. Ici, les faits sont concrets et visibles. Seules les personnes proches du Président Laurent Gbagbo sont injustement incarcérées. Seuls les corps habillés qui ont dit ‘’non’’ là où l’on leur demandait de dire ‘’oui’’ sont injustement condamnés comme c’est le cas du Général Dogbo Blé et de son adjoint Abi Jean pour ne citer que ceux-là. Il faut que cette justice de vengeance et de haine gratuite prenne fin car les détenus et leurs familles se meurent de jour en jour.

A la mi-mai, le décès du Mdl Kouatchi a ébranlé l’opinion ivoirienne surtout qu’il est décédé au Chu de Treichville, enchaîné sur son lit. Avez-vous des choses à dire sur les circonstances de ce décès ?

Je tiens avant tout propos à avoir une pensée pour sa famille biologique en particulier pour sa compagne Rose qui était à ses côtés et dont la souffrance est aujourd’hui silencieuse et profonde. J’ai également une pensée pour les détenus car ils sont plus endeuillés que nous. Enfin Je m’incline devant sa dépouille et prie afin que Dieu lui accorde cette paix qui lui a manqué durant 6 ans de détention arbitraire. Le MDL Kouatchi est décédé par la faute des services du Ministère de la Justice et M. Sansan Kambilé actuel Ministre de la Justice en est le 1er responsable car lorsqu’on est à la tête d’un Ministère, on est comptable des manquements graves au sein de ce département. Le MDL Kouatchi est mort par négligence car malade depuis décembre 2016, ce n’est qu’en mai 2017 qu’il a été transféré dans un centre hospitalier à la charge des membres de sa famille biologique et juridique. C’est grave !!!! Naturellement le mal s’était déjà propagé et lorsqu’il arrivait à l’hôpital il était déjà dans le coma. Malgré les soins reçus, il a rendu l’âme au Chu de Treichville. C’est l’occasion pour moi de remercier toutes les organisations de défense des droits au niveau national et international, le fonds de prévoyance militaire qui souhaitait l’évacuer dans une clinique et enfin tout le corps médical des centres hospitaliers universitaires de Yopougon et de Treichville. Nous leur sommes sincèrement reconnaissants.

Ce décès pose le problème des conditions de détention des prisonniers. Avez-vous enquêté pour dresser un rapport sur lesdites conditions ?

Ce décès pose surtout le problème du DROIT à la santé des prisonniers et de façon générale du traitement humain dû à leur égard. Selon le droit pénal international, un détenu a droit à la santé. En Côte d’Ivoire, il s’avère que les personnes détenues pour leurs opinions n’ont droit qu’à la mort. Lorsqu’elles sont malades, l’administration pénitentiaire attend qu’elles soient d’abord invalides avant de les transférer dans un centre hospitalier. Nous prions et implorons toutes les organisations nationales et internationales des droits de l’Homme afin qu’elles se préoccupent des conditions de détention des prisonniers d’opinion qui se meurent en Côte d’Ivoire. Il est bon de signaler que 20 personnes détenues à la Maca sont aujourd’hui très mal en point et en ce moment rien n’est fait pour leur prise en charge.

Plusieurs fois vous avez lancé un appel au gouvernement pour la libération des prisonniers. Depuis la justice va à son rythme et six ans après la fin de la crise postélectorale, ils sont encore nombreux en détention préventive. Comment envisagez-vous d’orienter votre démarche pour leur faire bénéficier de la liberté provisoire ou accélérer les procédures judiciaires contre eux ?

En commençant ce combat, nous étions conscients qu’il serait très long et nous nous sommes préparés en conséquence. Nous ne baisserons jamais les bras tant que nos parents seront emprisonnés et traités comme des animaux. Nous resterons debout jusqu’à ce que nous obtenions leur libération totale ! Le pouvoir en continuant de les détenir arbitrairement prouve à la face du monde que seule la tyrannie règne dans notre pays. Il faut libérer les détenus avant de parler d’émergence car aucun développement ne se construit dans l’oppression. Il faut libérer les détenus car aucune réconciliation n’est envisageable sans une justice équitable et impartiale. Il faut libérer les détenus car détenir des personnes sans raison c’est faire preuve d’un abus de pouvoir. Pour la dignité humaine, libérez nos parents !

In : Moacinter, 9 juin 2017
(Surtitre de la Rédaction)

 

Libérez nos parents au lieu de les déporter d’une prison à l’autre !

Liberez nos parents

Par le Collectif des Femmes (COFED)

« Chers parents, nous vous informons que nos parents Dahi Nestor et Crépin ont été déportés du Camp Pénal de Bouaké a la prison de Katiola.

Koua Justin et Jean Didier du Camp Pénal de Bouaké à la prison de Dimbokro.

Adohi Samson, Clack Guiraud et Ali Gbizie du Camp Pénal de Bouaké à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA).

Lago, Zaourou et Bogui du Camp Pénal de Bouaké à la prison d’Abengourou.

Et ceux qui sont restés au Camp pénal de Bouaké sont nos parents Maître Bahi, [le] Ministre Assoa Adou et Koffi Serge.

Alors face à tout cela nous exigeons leurs libérations parce que nous les parents nous sommes fatigués, et que dire de nos parents qui sont détenus depuis plus de 6 ans de manière abusive et arbitraire ! »

#COFED
#JUSQUAUDERNIERDETENU

Source : Facebook, 5 mars 2017

 

 

Abidjan : libération des trois pétitionnaires arrêtés le 15 juillet 2016

« En marge d’une conférence publique organisée ce dimanche 31 juillet 2016 à Yopougon Kouté, par la plateforme de la Société Civile ivoirienne pour la libération du président Laurent Gbagbo, Djoman Kpata Ange Alain, Missi Jean Leopold et Dja Adou Prosper, arrêtés le 15 juillet dernier au Terminus du bus 47 et libérés vendredi 29 juillet, ont envoyé un message fort au Président Alassane Ouattara. »

Propos recueillis par Cyrille NAHIN, pour EventnewsTv :

Eventnewstv : Pouvez-vous revenir sur les circonstances de votre arrestation ?

Nous étions en train de faire signer des pétitions. Nous sommes chargés de la mobilisation et de l’organisation de tout ce qui est pétition au ‘‘Sénat’’ du terminus 47. C’est ainsi que le vendredi 15 juillet, nous faisions signer tranquillement les pétitions lorsque la police du 16 ème arrondissement, précisement le commissaire adjoint Dosso est arrivé avec ses éléments au nombre de 8. Notre erreur, la grave faute que nous avions commise aux yeux de ce commissaire-là, c’est d’avoir fait signer des pétitions et affiché la banderole qui indiquait cette pétition. Quand il est arrivé sur les lieux, il s’est dirigé directement vers la banderole et a demandé qui en était l’initiateur. Il était très menaçant avec ses éléments. Puisque personne ne répondait, il a ordonné à ses éléments de la décrocher. Elle a été déchirée par ses éléments. Lui-même a mis la main sur la banderole et l’a aussi déchirée. Puis il nous a intimé l’ordre de rejoindre le cargot qui était garé. J’étais le responsable de cette pétition. J’avais plus de 7.000 pétitions puisque je devais faire le point au président du Sénat, Bouazo. Le commissaire Dosso s’est chargé personnellement de les déchirer, de nous brutaliser et nous trainer comme des vulgaires bandits avant de nous jeter dans son cargot jusqu’au commissariat.

Eventnewstv : Et que s’est-il passé ensuite au commissariat ?

Arrivés au 16ème arrondissement, nous n’avons pas été auditionnés. Il s’est chargé de faire ses auditions seul. Il a trouvé les motifs qu’il devait trouver. Vers 16 heures, ils nous ont envoyés à la préfecture de police. Làs bas, on nous a confiés à un capitaine de police qui était déjà présent pour nous recevoir. C’est ainsi que nous avons été auditionnés. Nous avons relaté les faits réels. Au départ, Dosso nous a accusés de troubles à l’ordre public. Nous avons dit non. Nous avons dit ce qu’il en était.

Eventnewstv : Comment s’est passé votre séjour dans les locaux de la préfecture de police ?

Trois jours dans les locaux de la préfecture de police, c’était très difficile. Des locaux très sales. C’était insupportable. Nous avons passé trois nuits dans ces locaux. C’était un véritable calvaire. Ce n’est que le lundi que le préfet de police a ordonné à ses éléments de nous déférer sur le Parquet de Yopougon pour être conduit à la MACA (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan Ndlr). Nous avons été menottés à la préfecture de police comme de vulgaires bandits. Ce n’est qu’aux environs de 18 heures que nous avons été conduits à la MACA. (…)

Lire la suite de l’interview

(Source : EventnewsTv, 1er août 2016 ; l’orthographe des noms propres a été transcrite telle que formulée par la source).

 

Amnesty International demande la libération des pétitionnaires arbitrairement emprisonnés

Côte d’Ivoire. Les autorités doivent abandonner les poursuites contre trois militants de l’opposition

Par Amnesty International
Le 22 juillet 2016
Les autorités ivoiriennes doivent abandonner toutes les poursuites engagées contre trois militants de l’opposition dont le procès s’ouvre lundi prochain, a déclaré Amnesty International aujourd’hui.
Djandou Prospère, Messihi Jean Léopold et Djoman Gbata Ange Patrick, des militants du Front populaire ivoirien (FPI, opposition) ont été arrêtés le 15 juillet dernier dans la commune de Yopougon à Abidjan, la capitale, alors qu’ils recueillaient des signatures pour la libération de l’ancien président Laurent Gbagbo.
(…)

Une carte postale pour les prisonniers d’opinion

Pour la Paix, la Liberté et la Réconciliation en Côte d’Ivoire

Le 11 mai 2016, 2 place du Colonel Fabien, à l’invitation de Lydia Samarbakhsh (coordination nationale du PCF, chargée des Relations internationales), Roger Gballou (membre du Secrétariat national du Front Populaire Ivoirien) et Ephraïm Fadiga (représentant en Europe des Indignés de Côte d’Ivoire), a été lancée à Paris l’opération « Une carte postale pour les prisonniers d’opinion ».

Discours de Lydia Samarbakhsh
(Source : Facebook)
https://www.facebook.com/alexisgnagno/videos/10209122351526881/

 

 

 

Venez exprimer votre solidarité avec le peuple ivoirien !

Lors de ces deux évènements :

Mardi 10 mai, à Ronchin (près de Lille) : Conférence-débat « Goût amer du cacao, goût amer de la démocratie ? »

Mercredi 11 mai, à Paris : Opération Paix, Liberté et Réconciliation en Côte d’Ivoire, « Une carte postale pour les prisonniers d’opinion »

Programme et renseignements pratiques sur l’Agenda

 

La libération pour 9 prisonniers

L’Association des Femmes et des Familles des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire annonce :

Chers nôtres, soyez salués
Nous avons le joie de vous annoncer LA LIBERATION de :
Ayekpa Denis
Gah Gale Gervais
Sery Biahe Michel
Lago Franck Éric
Guede Ange Michael
Oteme Nicaise
Kouame Bi Goussan Bernard
Dabe Bi Maruis
Kouadio Eloi Sela
Qui avaient été arrêtés le 26-09-2015 et mis sous mandat de dépôt pour trouble à l’ordre public
(…)
La lutte doit continuer car des personnes demeurent encore INJUSTEMENT EMPRISONNEES !

(Source : Facebook, 24 mars 2016)

 

Libérez David Samba !

Alors que nous apprenons avec joie la remise en liberté de Jacob Essoh Nomel, Stéphane Meless Esmel, Constantin Lasme M’Bro et Anselme Oula, au même moment un autre prisonnier, David Samba, Président de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire, dont la libération devait intervenir le 13 mars 2016, se verrait attribuer un nouveau délit commis en décembre 2015 !

Liberez Samba David

David Samba, Président des Indignés de Côte d’Ivoire, est un leader de la société civile. Il a été arrêté le 13 septembre 2015 pour avoir appelé à une marche pacifique. Il a été jugé le 2 octobre 2015 et condamné à 6 mois de prison pour trouble à l’ordre public.

Cette pratique récurrente consistant à libérer les uns et dans le même temps en arrêter d’autres, ou les maintenir en prison sous n’importe quel prétexte, démontre une nouvelle fois qu’il s’agit bien de prisonniers politiques, de prisonniers d’opinion que l’on arrête ou libère au gré de la situation politique.

Les conditions de l’arrestation de David Samba

Si nous aimons la Côte d’Ivoire, ne passons pas par pertes et profits les prisonniers politiques de ce pays !

En prison et condamné pour avoir secouru les blessés du 11 avril 2011

Témoignage d’un détenu ivoirien
Publié par l’Association des Femmes et des Familles des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire
(AFFDO-CI)

Chers Nôtres,
Nous partageons le temoignage d’une personne encore en détention…. Merci de la lire mais surtout de la partager afin que le monde entier prenne conscience de l’ampleur des violations des droits humains dans notre pays depuis le 11 AVRIL 2011.
Le combat de dénonciation est lent mais certain…

PRESIDENT FONDATEUR d’une ONG dénommée : SECOURISTES SANS FRONTIÈRES, marié à l’état civil le 22 MARS 2008, MR ZIZA KAKA JEAN LOUIS est injustement détenu depuis maintenant 5 ans. Ensemble lisons son témoignage.

« Le 4 AVRIL 2011, j’étais devant la porte de ma maison lorsque mon voisin m’informa qu’au CHU de COCODY le personnel avait besoin d’aide. Etant le Président Fondateur de l’ONG dénommée SECOURISTES SANS FRONTIERES je décidai le 5 Avril 2011 d’y aller afin de contribuer à sauver des vies humaines. Pour moi, cela était un devoir car mon ONG a pour but dans un premier temps de porter secours et assistance à victimes en TOUT LIEUX et en TOUT TEMPS sans exception de personnes et en second temps de contribuer à promouvoir le secourisme de proximité.
Une fois au CHU de Cocody, tous les médecins m’ont accueilli avec beaucoup de soulagement car ils étaient acculés par les blessés. Je commençai à porter assistance aux blessés avec beaucoup de joies. Certains jours il m’arrivait de ne pas trouver le temps de manger car toutes les personnes qui y venaient se trouvaient en état de gravité extrême. Par moment des personnes perdaient la vie et là, je faisais toujours une pause pour les pleurer au nom de leurs familles qui ne savaient souvent pas qu’un des leurs était décédé. Les jours passaient et les cas devenaient de plus en plus alarmants.
Le 10 Avril 2011 au environ de 15h, une ambulance est venue de la résidence du CHEF de l’ETAT pour chercher des secours car selon eux ils avaient trop de blessés à la résidence et il fallait de toute urgence avoir une équipe médicale sur place. J’avoue que j’étais très réticent car à partir du CHU nous voyions la fumée venir de la Résidence. En toute franchise j’avais une peur bleu d’y aller mais toutes  les personnes présentes n’arrêtaient pas d’insister. Une fois à la résidence, mes craintes se sont envolées car il  y avait trop de personnes entre la vie et la mort. Au final j’étais fier d’être là et d’apporter assistance à toutes ces personnes blessées.
Malheureusement, l’assistance fut de courte durée puisqu’il fallait que nous soyons tous à l’abri des bombardements. AH LES BOMBARDEMENTS… Tout au long des bombardements, je pensais à ma femme, à cette jeune et belle fille que j’avais eu la chance d’épouser en MARS 2008. Je me demandai ce qu’elle deviendra s’il arrivait que je meurs sous les bombes. Soudain, je réalisai que je n’avais même pas eu le temps de lui dire où est ce que je me trouvai. Ma femme, elle devenait ma seule prière. Oui je priai pour que Dieu m’accorde la vie afin de lui prouva tout l’amour que je porte en moi pour elle. Oui durant cette nuit je ne pensais qu’à ma femme.
Le 11 AVRIL 2011, je fus arrêté aux côtés du couple présidentiel au environ de 11 heures. Le lendemain de mon arrestation, l’on me permit d’appeler ma femme… Lorsque je lui donnai l’information de mon arrestation, elle me dit : QUE DIEU TE PROTEGE MON MARI, SI TU ES EN VIE JE SUIS HEUREUSE.
(…) Nous avons quitté le Golf hôtel, le 14 avril 2011 au environ de 10 heures, nous étions 22 personnes au total ce jour-là, dans deux mini bus (gbaka) dont ils ont pris le soin de dissimuler les plaques d’immatriculation. Et avec des chemins détournés, ils nous ont fait sortir d’Abidjan.
Une fois arrivé sur l’autoroute du nord, on ne savait pour quels raisons, notre cortège s’est presque immobilisé pendant 30 mn environ. Finalement, c’est dans l’après-midi que nous sommes arrivés à Yamoussoukro où nous avons passé la nuit du 14 au 15 avril 2011. Le 15 avril matin, nous sommes partir de là en direction du nord et c’est aux environs de 17 heures que nous sommes entrés à Korhogo, avec une escale à l’état major de la gendarmerie de Korhogo située à proximité du palais de justice de la ville.
Nous sommes restés assis dans les véhicules, de 17 heures à 22 heures. Avec des hommes armés jusqu’aux dents autour de nous, qui veillaient sur nos moindres mouvements. Plus tard, nous avons été conduits au violon du poste de police du camp militaire CTK, sous la garde du commandant FOFIÉ KOUAKOU MARTIN. Là où nous sommes restés tout ce temps. Dans un espace de 9 mètres carrés environ, du 15 avril 20 11 au 02 mai 2014. Avec aucune possibilité pour nous de voir dehors. Le plus dur commença pour nous et pour nos familles.
En dehors de l’ONU-CI et de la croix rouge qui était autorisée à nous voir, aucune personne n’avait accès à nous et même l’organisation de nos familles et épouses, en cas de besoins devrait s’adresser à la Croix rouge pour avoir de nos nouvelles. Longtemps après, ils nous ont autorisé à recevoir des colis de nos familles par le canal de la Croix rouge. Et il fallait se débrouiller avec (05) cinq kilogrammes de colis par personne et pour deux ou trois mois environ. Durant cette période d’incarcération, nous avons été torturés de diverses manières.
Par la grâce de Dieu, le 02 mai 2014 à 14 heures l’hélicoptère qui nous ramenait de Korogho s’est posé à l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan vers 16 heure. Et aussitôt, nous avons été conduits à la MACA . Après trois ans loin de tout, j’ai pu un matin voir ma femme. Ça été dur, très dur … il n’y eut que l’émotion. Elle était amaigrie, la souffrance se lisait dans ses yeux et moi j’étais partagé entre le sentiment de joie et de tristesse. Ça été et c’est toujours aussi dur.
Nous étions toujours détenus à la Maca lorsque l’on nous annonça le début de notre procès, moi qui ne connaissais pas le PRESIDENT LAURENT GBAGBO, moi qui n’avais jamais milité dans le parti du PRESIDENT LAURENT GBAGBO l’on m’appela désormais dignitaire du FPI. Je ne comprenais pas pourquoi un tel nom mais j’étais content d’aller au procès car avec le document de mon ONG pour moi il n’y avait aucune raison que l’on me garde encore en prison. Durant ce procès, je constatai l’absence généralisée de preuves et pour moi le droit n’a volontairement pas été dit.
L’ONG dont je suis le fondateur est agréée par l’état de Côte d’Ivoire et déclarée au journal officiel de la république de Côte d’Ivoire pour porter secours et assistance à victimes en TOUT LIEUX et en TOUT TEMPS sans exception de personnes. Alors je me suis demandé comment l’on pouvait me condamne r à 10 ans de prison, pourquoi continuer à me maintenir en prison sans preuves. Le secourisme a une histoire et dans le monde nul n’ignore que Mr Jean Henri DUNANT, homme d’affaire suisse, [est]le fondateur de la Croix rouge française et des mouvements Croix rouge dans le monde mais aussi l’initiateur du droit international humanitaire.
Lequel droit a pour objectif majeur la protection des blessés de guerres, du personnels soignants et des prisonniers de guerres. – Selon l’ouvrage un SOUVENIR DE SOLFERINO dont il est l’auteur, Mr Henri DUNANT raconte la sanglante bataille dont il fut témoin en 1959 pendant la guerre de la conquête ITALIENNE qui opposait d’une part l’armée FRANCAISE et leurs alliés les SARDES à l’armée AUTRICHIENNE d’autre part. Mr Henri DUNANT décida avec l’aide de quelques amis de porter secours et assistance aux blessés de ladite guerre. Ce qui lui valut à juste titre, le premier prix NOBEL DE LA PAIX en 1901.
Aujourd’hui, mon souhait ardent s’est d’être purement et simplement libéré. Avec assez de recul, je suis fier d’avoir risqué ma vie pour sauver celle des autres et si s’était à refaire, je le referais sans hésiter. Rien qu’à l’idée de savoir que de par mes actions, des personnes soient en vie et en bonne santé, cela me procure beaucoup de bonheur. Comme exemple, je pourrais citer Mr SIDIKI BAKABA ex DG du palais de la culture d’Abidjan qui, (selon son propre témoignage, barré à la une du journal LE NOUVEAU COURRIER D’ABIDJAN n° 247 du mardi 21 juin 20 11 et publié sur les réseaux sociaux) étant blessé, reçut les premiers soins à la résidence. On peut même me voir à ses côtés sur la photo publiée par le journal… Alors, rien que pour ça, je me sens en paix avec mon DIEU et avec ma conscience. Je suis heureux d’avoir accompli ma tâche de secouriste pour laquelle j’ai été agréé.
Je suis aujourd’hui condamné à 10 ans de prison, je suis accusé à tort, je suis peut-être incompris mais je garde beaucoup d’espoir en l’avenir car un jour je me battrai afin que les secouristes soient tous respectés dans notre nation.
Ma santé quant à elle, se dégrade de jours en jours, ma femme et moi n’avons plus aucune ressource financière. Je peine à manger en prison et ma femme peine pour se nourrir dehors et par moment je me dis heureusement que nous n’avons pas encore d’enfant car comment cet enfant aurait été nourri. J’ai aujourd’hui des troubles visuels et bien d’autres maux dûs aux tortures subies depuis le Golf hôtel le 11 AVRIL 2011.
J’entends parler d’Amnistie générale de tous les détenus, je sais que je suis innocent mais si c’est l’unique porte de sortie, je dis gloire à DIEU ! Alléluia !
Je ne cesserai de rendre gloire à l’éternel DIEU qui a bien voulu qu’il y ait des rescapés sortis du déluge de feu et des décombres de cette haine mondiale.
Je rends un vibrant hommage à nos braves épouses, qui ont fini par nous convaincre de la place de la femme dans la vie d’un homme. – Je remercie les associations, les ONG nationales et internationales de lutte pour les droits de l’homme, les médias, et sans oublier nos frères et amis d’ici et d’ailleurs qui font mains et pieds pour notre libération. Je remercie et félicite l’AFFDO.CI et sa présidente Désirée DOUATI, pour l’assistance et leurs choix aux côtés des détenus d’opinion inconnus du grand public. Pour finir, c’est une prière que j’adresse à DIEU : qu’il fasse que cette douloureuse page de l’histoire de notre pays, soit vite tournée afin que tous les fils et filles de la Côte d’ivoire prennent part à son développement. Amen ! Merci. »

(Source : Facebook, 2 mars 2016 – Quelques coquilles ont été corrigées par la Rédaction)

1er février 2016 : libération de cinq détenus politiques à Abidjan

L’Association des Femmes et des Familles des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire
a la joie de nous annoncer la remise en liberté ce 1er février 2016 de :

– Kambou Sie
– Kakou Ahou
– Teti Ahoua
– Gaha Prince
– Goli Souhene Goudou

qui étaient détenus à la MACA.

Elle remercie tous ceux qui y ont contribué à travers leur lutte pour la libération de leurs parents détenus.

 

Le nouveau rapport de janvier 2016 sur les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

 

 

Les nouvelles des nôtres dans les prisons de Ouattara

Interview de Désirée Douati
par Cyrille Djedjed, pour l’Inter

L’ex détenue politique Désirée Douati, présidente et porte-parole de l’association des femmes et familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire (Affdo-ci) revient une fois encore à la charge. Dans cette interview, elle demande tout simplement à Alassane Ouattara de libérer les prisonniers politiques, pour la dignité humaine.

INTER : Mme la présidente, comment réagissez-vous au décès du prisonnier Kouya Gnépa Eric ?
D.Douati : Je vous remercie.
C’est avec beaucoup de tristesse et de désolation que je vous en parle. Le frère Kouya Eric Gnepa est le quatrième parent que nous perdons depuis que les incarcérations arbitraires et les détentions abusives sévissent dans notre pays. Avec ce décès, il y a lieu de penser que le pouvoir tue à petit feu les prisonniers d’opinion. (suite…)

Une nouvelle victime du régime de Ouattara

Eric Gnepa Kouya vient de quitter ce monde à la MACA (prison d’Abidjan) où il avait été enfermé après des tortures à l’origine d’une dégradation rapide de son état de santé.

http://afrikanews.over-blog.com/2015/12/cote-divoire-encore-un-prisonnier-politique-pro-gbagbo-meurt-a-la-maca.html

Il est urgent, très urgent, que le monde se soucie du sort des prisonniers de Ouattara !

Pour plus d’informations, on peut aussi se connecter au compte Facebook de l’Association des Femmes et Familles des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire (AFFDO-CI) à qui nous faisons part de toute notre affliction : https://www.facebook.com/collectif.desfemmes

L’Association des Femmes et des Familles des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire communique

Communiqué – 22/10/2015

Mesdames, Messieurs
Chers amis de la Presse
Chers amis membres des organes de défense des droits de l’Homme,
Chers Parents,
Chers Tous,

Nous portons à la connaissance des autorités ivoiriennes, des acteurs politiques ivoiriens, à la communauté nationale et internationale, aux organisations de défense des droits de l’homme qu’une nouvelle association dénommée ASSOCIATION DES FEMMES ET DES FAMILLES DES DETENUS D’OPINION DE COTE D’IVOIRE a vu le jour.

Elle est composée des Femmes (épouses, mères, sœurs, tante, cousines, amies) et des Familles (frères, pères, oncles, amis, cousins) des Détenus d’Opinion de Côte d’Ivoire en abrégé AFFDO-CI.

En effet, depuis le 11 Avril 2011, des personnes sont détenues dans notre pays pour leurs opinions. Notre ultime objectif est de [veiller] aux respects de leurs droits ainsi qu’à contribuer à leurs libérations. (suite…)