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Table ronde du 11 mai 2017 à Lyon : détail des interventions

Dans son bulletin RDV Info n°4, l’association CI-RDV présente le compte rendu complet et détaillé de la réunion d’information et d’échanges organisée à Lyon le 11 mai 2017, sur le thème :
« Côte d’Ivoire : et si l’image ne reflétait pas la réalité ? »

A lire ou télécharger : CI-RDV Info n° 4 20170723

 

Répartition des prisonniers politiques ivoiriens par lieux de détention

Le total de 212 personnes réparties dans 14 lieux (dont 2 à l’extérieur de la Côte d’Ivoire) correspond à des prisonniers dûment recensés par le Secrétariat National chargé de la politique pénitentiaire et des détenus politiques du Front Populaire Ivoirien.

LIEUX DE DETENTION
1 MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan) 175
2 CAMP PENAL DE BOUAKE 4
3 ABENGOUROU 2
4 LIBERIA 7
5 LA HAYE 2 (Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé)
6 DIMBOKRO 4
7 KATIOLA 1
8 MAMA (Maison d’Arrêt Militaire d’Abidjan) 4
9 MAN 3
10 BOUNDIALI 3
11 BOUNA 1
12 ECOLE DE GENDARMERIE 3 (dont Simone Gbagbo)
13 TOUMODI 2
14 HOPITAL PSYCHIATRIQUE DE BINGERVILLE 1
TOTAL 212

Source : IMatin.net du 3 juillet 2017

Dans les prisons ivoiriennes, le rythme des décès s’accélère !

[Article republié suite à un problème technique lors de l’affichage]

Nous apprenons qu’un nouveau décès a frappé les détenus politiques.
Le Capitaine Tondé Bonfils, âgé de 62 ans, est décédé le jeudi 29 juin 2017.

Voici quelques réactions immédiates en face de la très grave situation qui prévaut :

  • Dans une vidéo enregistrée sur Facebook le 29 juin 2017, Alain Doh Bi fait part de son émotion devant les ravages causés aux familles et aux villages par la politique de rancoeur et de haine entretenue par Alassane Ouattara à l’égard de simples citoyens qui sont, pour certains, enfermés à la MACA depuis presque 7 ans.
    La vidéo est consultable sur sa page Facebook à la date du 29 juin.
  • Organisation à la Riviera Golf d’un point presse par le Secrétariat National chargé de la politique pénitentiaire et des prisonniers politiques du FPI (Front Populaire Ivoirien) de Laurent Gbagbo, au cours duquel a été annoncée une opération de Funds rising (Collecte de fonds) en vue de soutenir les détenus politiques qui enregistrent de nombreux morts faute de moyens conséquents pour se soigner à la suite de la maltraitance subie.
    « Nous comptons à ce jour plus de deux cent (200) prisonniers (civils et militaires) répartis dans quatorze (14) lieux de détention officiellement connus (12 en cote d’Ivoire et 2 à l’extérieur) », a déclaré le Directeur de Cabinet du Secrétariat national.
    « Les conditions carcérales inhumaines exposent les détenus à des pathologies diverses (hypertension, diabétique, cardiaque, parasitaire, cancéreuse, oculaire, herniaire…) (…) Nous notons une vingtaine dans une situation de santé délétère. »
    « Ces mêmes conditions ont entraîné des cas de décès en prison et même en dehors (plus de huit décès enregistrés ). C’est pour cela que nous nous engageons sans cesse pour le soutien aux détenus politiques et pour leur libération. Et c’est pour cela qu’à partir du 1er juillet jusqu’au 20 août 2017, nous lançons une opération de Funds rising (collecte de fonds) pour soutenir les détenus politiques » .
    Divers objets (casquettes, t-shirts) sont mis en vente pour récupérer des fonds.
    (Source : presse)

 

Répression contre les militants politiques en Côte d’Ivoire : que fait le gouvernement français ? interroge le journal « L’Humanité »

Côte d’Ivoire : des militants toujours enfermés dans les geôles de Ouattara

(Extraits)

Par Rosa Moussaoui

Des partisans de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo sont toujours détenus sans jugement, dans un contexte de restriction des libertés.

Il croupit depuis plus de deux ans dans les geôles ivoiriennes, d’abord détenu dans la sinistre maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), puis transféré à Bouaké, dans le centre du pays, loin de sa famille qui ne peut lui rendre visite qu’une fois par mois. Assoa Adou, membre fondateur et figure du Front populaire ivoirien (FPI), a été arrêté le 7 janvier 2015. Accusé d’atteinte à la sûreté de l’État, d’achat d’armes, de formation de bande armée et de meurtre, il attend toujours son jugement. Et faute de suivi médical, son état de santé se dégrade. Sa vue décline, il souffre d’hypertension, ce qui n’empêche pas ses geôliers de le soumettre au supplice d’une lumière en permanence allumée, pour le priver de sommeil.

Assoa Adou n’est pas le seul prisonnier politique ivoirien soumis à ce genre de maltraitance. Dans son dernier rapport annuel, Amnesty International estime à 146, au moins, les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo arrêtés entre 2011 et 2015 et toujours en attente de jugement pour des infractions qu’ils auraient commises pendant la crise post-électorale de 2010-2011. « Les autorités ont restreint le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique en vertu de lois érigeant en infractions les manifestations pacifiques, entre autres formes d’expression non violente. Plus de 70 personnes, principalement membres de partis de l’opposition, ont été arrêtées, puis libérées au bout de plusieurs heures, voire plusieurs jours », relève l’ONG.

Un amer souvenir de son passage à la Maca

Mariam Cissé, une dirigeante du FPI, est de ceux-là. Elle a été interpellée le 10 juin 2015 alors qu’elle préparait une initiative en faveur de la libération de l’ex-président Laurent Gbagbo, détenu depuis 2011 à La Haye et jugé par la Cour pénale internationale. Placée en détention provisoire, elle a été entendue par un juge d’instruction seulement quatre mois plus tard, avant d’être relâchée et jugée huit mois après son arrestation. Verdict : « délit non constitué ». Relaxée, cette militante garde un amer souvenir de son passage à la Maca. « Sans suivi médical, nous en étions réduits à prier pour ne pas tomber malades. Seuls les traitements antipaludéens étaient accessibles aux détenus. Pour le reste, nos proches devaient nous apporter vivres et médicaments », raconte-t-elle.

(…) « Il est inacceptable que l’État français n’intervienne pas pour faire cesser les maltraitances des prisonniers politiques. C’est pourtant Paris qui a contribué à installer par la force le régime actuel de Côte d’Ivoire, remarque Dominique Josse, responsable Afrique du PCF. Il suffirait d’une simple pression, qui pour une fois irait dans le bon sens, un simple coup de fil, pour stopper ces violations. Des vies sont en danger, il est temps d’agir. »

Article complet dans : L’Humanité, 29 mars 2017
(Surtitre de la Rédaction)

 

Dr Adou ASSOA, prisonnier politique

 

Libérez nos parents au lieu de les déporter d’une prison à l’autre !

Liberez nos parents

Par le Collectif des Femmes (COFED)

« Chers parents, nous vous informons que nos parents Dahi Nestor et Crépin ont été déportés du Camp Pénal de Bouaké a la prison de Katiola.

Koua Justin et Jean Didier du Camp Pénal de Bouaké à la prison de Dimbokro.

Adohi Samson, Clack Guiraud et Ali Gbizie du Camp Pénal de Bouaké à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA).

Lago, Zaourou et Bogui du Camp Pénal de Bouaké à la prison d’Abengourou.

Et ceux qui sont restés au Camp pénal de Bouaké sont nos parents Maître Bahi, [le] Ministre Assoa Adou et Koffi Serge.

Alors face à tout cela nous exigeons leurs libérations parce que nous les parents nous sommes fatigués, et que dire de nos parents qui sont détenus depuis plus de 6 ans de manière abusive et arbitraire ! »

#COFED
#JUSQUAUDERNIERDETENU

Source : Facebook, 5 mars 2017

 

 

Rapport du 20 janvier 2017 sur les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

Le dernier rapport du Secrétariat National chargé de l’Administration pénitentiaire et des prisonniers politiques (FPI), daté du 20 janvier 2017, est en ligne.

Son fil conducteur : Interrogations sur la cohésion nationale.

Lire ou télécharger le Rapport (PDF)

Qu’en 2017 la prison politique ne soit plus un programme de gouvernement !

affiche-la-prison-est-elle-un-programme-de-gouvernement

Lu sur Facebook
Le 1er janvier 2017

Bonne Année 2017 à tous les ivoiriens qui se battent pour que notre pays soit un pays de liberté.

Bonne Année 2017 au président Laurent Gbagbo qui est le symbole et le meneur de cette lutte pour la liberté et le respect des peuples africains.

Bonne Année 2017 à Simone Gbagbo, à Charles Blé Goudé, à Assoa Adou, à Hubert Oulaye, à Lida Kouassi, à Koua Justin, à Dahi Nestor, à Patrice Bailly, etc, injustement détenus.

Bonne Année 2017 au Général Dogbo Blé Bruno, à l’Amiral Vagba Faussignaux, au Commandant Jean-Noël Abehi, au Colonel Anselme Séka Séka, etc, arbitrairement détenus pour leur loyauté à la république.

Bonne Année 2017 à tous ces anonymes qui sont en détention, arbitrairement, sans être jugés et sans être libérés. Nous leur souhaitons rien de moins qu’une libération cette année 2017. Nous nous battons pour cela en dénonçant régulièrement cette situation injuste qui leur est faite.

Bonne Année 2017 à tous les ivoiriens exilés un peu partout. Nous leur souhaitons un retour rapide dans leur pays, le pays de leurs ancêtres. Ils ne marcheront jamais seuls parce que nous ne les oublierons jamais .

Bonne Année 2017 à tous ceux qui ont encore leurs avoirs, le fruit de leur travail, injustement gelés. Nous leur souhaitons un rétablissement rapide dans leurs droits.

Bonne Année 2017 à tous ceux qui luttent à l’extérieur. Nous leur souhaitons beaucoup de courage pour ne jamais abandonner cette lutte essentielle pour la liberté. Merci à vous.

Bonne Année 2017 à tous ceux qui ont perdu leurs emplois, et particulièrement à ceux des ivoiriens qui se sont retrouvés au chômage à cause de leurs convictions politiques, et parfois même à cause de leur appartenance ethnique, à cause de la politique dite de  » rattrapage ethnique  » menée par Alassane Ouattara.

Bonne Année 2017 à tous les journalistes, de Côte d’Ivoire et d’ailleurs, qui se battent pour que la vérité sur la crise que connaît notre pays triomphe partout, et qui subissent la répression du Conseil National de la Presse (CNP ) du sinistre Raphaêl Lakpé.

Bonne Année 2017 à tous les amis de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique qui, de façons diverses, aident les ivoiriens à faire triompher la vérité, la justice et la réconciliation.

Bonne Année 2017 à tous ceux qui se distinguent sur Facebook et sur d’autres réseaux sociaux pour que notre cause triomphe. Je ne les citerai pas pour ne pas en oublier.

Bonne Année 2017 à la Vérité et à la Liberté.

Bonne Année 2017 à la Côte d’Ivoire, mon pays, qui attend toujours que ses fils se réconcilient.

LIBÉREZ LE PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO !

LIBÉREZ LES PRISONNIERS POLITIQUES EN COTE D’IVOIRE !

Alexis Gnagno.

 

Des prisonniers politiques « torturés jusqu’aux aveux » en Côte d’Ivoire

Amnistie internationale dénonce une justice du vainqueur et la torture de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, où se tiendront les Jeux de la Francophonie l’été prochain.

Le reportage de Sophie Langlois (texte et vidéo) sur Radio-Canada.ca, 29 nov. 2016 :

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1002674/torture-injustice-cote-ivoire-amnistie-internationale

Extraits :

(…) En avril 2011, des forces rebelles qui appuient Alassane Ouattara, le candidat déclaré gagnant par l’ONU, prennent d’assaut la ville d’Abidjan. Elles capturent le président sortant, Laurent Gbagbo, avec l’aide des forces françaises et onusiennes. La crise est terminée, la purge commence.

Dans les mois qui suivent, des partisans du président défait sont pourchassés, battus, forcés à l’exil ou emprisonnés sans accusations. Selon Amnistie internationale, 228 prisonniers auraient disparu, et 241 autres demeurent aujourd’hui incarcérés, dans des conditions troublantes.

Enfermés dans une chambre froide
« Ils sont torturés », affirme Nathalie Kouakou, présidente de la section ivoirienne d’Amnistie internationale. « Ils peuvent passer 24 heures dans la chambre froide. Après, on les met en plein soleil. C’est cette forme de torture où ils sont frappés. Ils ne mangent pas. Bon… parce qu’il faut des aveux. »

(…)

 

 

Côte d’Ivoire : les corps décharnés des prisonniers politiques

Déclaration de la Commission Afrique du Parti de gauche
Paris, le 29 novembre 2016

Les prisonniers politiques ivoiriens sont encore au nombre d’environ 300. Ils étaient environ 800 suite aux arrestations massives de jeunes en avril 2011 ; certains furent torturés au QG de Ouattara à l’Hôtel du Golf. Puis les conditions de détention furent telles que leur état physique s’est dégradé progressivement même s’ils trouvaient la force de réclamer par des manifestations passives, d’être jugés ou libérés. Des libérations partielles ont eu lieu comme au compte-gouttes ces dernières années dans la plupart des cas sans jugement, faisant diminuer le nombre de prisonniers à environ 300 sans que l’on sache précisément tant il est vrai que ces libérations sont compensées par des arrestations arbitraires et des enlèvements afin de mieux terroriser la population.

Depuis 2015 et singulièrement cette année, nous voyons apparaître des photos de corps décharnés, de graves mutilations et de regards perdus. Ces jeunes gens ne sont plus ce qu’ils étaient au moment de leur arrestation et cela nous révolte. Combien sont morts ?

Quelle est cette barbarie d’ailleurs ethnicisée puisqu’elle vise quasi exclusivement des sudistes, que couvrent de leur mutisme les organes de presse, l’ONUCI et les ONG ?

Quel est ce silence du pouvoir politique français avec un ambassadeur de France à Abidjan, Georges Serre, qui déclare le 14 juillet 2016 devant Ouattara et son gouvernement que « la Côte d’Ivoire est une grande démocratie où chacun peut dire ce qu’il veut » et un premier ministre, Manuel Valls, qui vient récemment “afficher le soutien de la France au processus démocratique” en cours ?

Il ne suffit pas de dire que le régime pratique une justice de vainqueur, il faut dénoncer à la face du monde sa barbarie.

Le Parti de gauche appelle au retour à un Etat de droit et au respect des droits de l’homme en Côte d’Ivoire et condamne le cynisme et l’hypocrisie des responsables politiques français en charge.

Tous les prisonniers politiques de Côte d’Ivoire doivent être libérés urgemment !

Pierre Boutry

In : AFPA (Alliance des Forces Progressistes pour l’Afrique), 29 nov. 2016

 

 

 

Rapport sur la question de la torture en Côte d’Ivoire

Dernière parution du Secrétariat National chargé de l’Administration Pénitentiaire et des Prisonniers Politiques du Front Populaire Ivoirien (20 sept. 2016) :

Le Rapport N° 3-2016 sur les prisonniers politiques (PDF)
est consacré plus particulièrement aux différentes formes de torture – physiques et psychologiques – pratiquées sur les personnes enlevées et emprisonnées.

Nous saluons la mémoire des détenus politiques décédés faute de soins.

 

Rapport du 30 mars 2016 sur les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

Dernière parution : Rapport 2-2016 sur les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire (PDF).

Rédigé par le Secrétariat National du Front Populaire Ivoirien chargé de l’administration pénitentiaire et des prisonniers politiques.

Question écrite au Gouvernement français sur les atteintes aux droits de l’homme en Côte d’Ivoire

Situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire : Michel Billout interroge le gouvernement sur la position de la France

Par Michel Billout, Sénateur Communiste de Seine-et-Marne, Membre de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées  / 18 février 2016

 

Question écrite n° 20252 adressée à M. le ministre des affaires étrangères et du développement international

M. Michel Billout attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.

De nombreux défenseurs des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, dont ceux d’Amnesty international, s’inquiètent de l’arrestation et de la détention massive et arbitraire de centaines d’Ivoiriens depuis la venue au pouvoir de l’actuel chef de l’État, de l’enlisement organisé des procédures judiciaires concernant la plupart d’entre eux, des tortures dont certains font ou ont fait l’objet, du non-respect des droits de la défense et des prisonniers ainsi que de l’existence de lieux de détention illégaux.

Ainsi selon le rapport n° 1-2016 du secrétariat national du front populaire ivoirien chargé de l’administration pénitentiaire et des prisonniers politiques, il y aurait plus de 300 prisonniers d’opinion détenus dans des lieux de détention officiels. S’ajoutent à ce nombre plus de 200 prisonniers « fantômes ». Ces derniers ont été enregistrés par l’administration judiciaire et présentés à un juge qui les a inculpés. Mais soit ces prisonniers « fantômes » sont détenus de manière anonyme et clandestine dans des centres de détention clandestins ou dans des centres administratifs (tels que la direction de la surveillance du territoire ivoirienne) dont la vocation n’est pas de garder des prisonniers, soit ils ont complètement disparu.

Le respect des droits, déjà insuffisant pour les prisonniers d’opinion officiellement répertoriés, est inexistant pour ces prisonniers « fantômes ».

Parmi tous ces prisonniers d’opinion figurent des opposants politiques, des fonctionnaires, des militants de la société civile, des syndicalistes et de simples citoyens dont certains porteurs d’un handicap.

Parallèlement à cela, d’autres protagonistes, partisans de l’actuel chef de l’État et soupçonnés de nombreux crimes depuis septembre 2002 jusqu’à aujourd’hui, ont été promus aux plus hauts postes du pouvoir d’État.

Le chef de l’État ivoirien a par ailleurs exprimé son refus d’envoyer ces autres protagonistes de la crise ivoirienne sur qui pèsent de lourds soupçons de crimes contre l’humanité à la cour pénale internationale alors qu’il y a transféré son prédécesseur et le ministre de celui-ci Charles Blé Goudé dont le procès a débuté depuis le 28 janvier 2016.

La totalité de ces éléments confirme malheureusement une fois de plus une collusion entre pouvoir exécutif et judiciaire en Côte d’Ivoire et a pour conséquence une justice des vainqueurs qui ne peut que peser négativement sur la réconciliation nationale et le retour de milliers d’exilés.

Sur l’ensemble des points soulevés la France s’honorerait d’exprimer l’exigence, vis-à-vis des autorités ivoiriennes, du respect des libertés, de l’État de droit et de la sécurité des populations en Côte d’Ivoire. Il lui demande ce qu’il compte faire en ce sens.

 Source : Michel Billout
Les question écrites
« De nombreux défenseurs des droits de l’homme s’inquiètent de l’arrestation et de la détention massive et arbitraire de centaines d’Ivoiriens »

Mise à jour du 3 mai 2016 :

La réponse du Ministère des Affaires étrangères français publiée au JO Sénat du 28 avril 2016 ne prend absolument pas acte des graves faits dénoncés par Michel Billout, n’exprime aucune solidarité à l’égard des victimes du régime, mais « encourage » la Côte d’Ivoire à poursuivre ses efforts. Bref, bientôt 6 ans après la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, le même discours abstrait contre l’impunité, rien de concret sinon… l’annonce de 31 M€ « consacrés au secteur prioritaire de la justice, à l’amélioration des conditions de détention et au respect des droits de l’Homme » !

Le nouveau rapport de janvier 2016 sur les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

 

 

Prisonniers d’un chef d’état

Scandale : prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, les otages de la haine d’un homme.

Vont-ils être libérés au nom de la réconciliation nationale ? En Côte d’Ivoire, ces questions sont posées depuis cinq ans. Elles dépassent, à l’évidence, les juges qui ne s’en préoccupent guère. Parce que, de toute façon, un seul homme tient la vie de ces centaines de prisonniers qui croupissent à la Maca. Être l’otage d’un chef de l’état, c’est en Côte d’Ivoire qu’une telle histoire s’écrit.

Surtout, il ne faut pas écrire que Ouattara est un dictateur.
Des convocations suivront de la part des hagiographes qui fonctionnent, à bien y regarder, comme une sorte de milice administrative. Car jamais président n’aura autant mis ses contemporains en prison tout en gardant l’image d’un démocrate. Une image surfaite, évidemment, mais qu’il ne faut surtout pas écorner.
Pourtant, ce qui se passe derrière les grands murs de la maison d’arrêt et de correction se passe de commentaire.
Certes, aujourd’hui, les tortures physiques ont fait la place à la torture morale.
Parce que, encore aujourd’hui, l’on peut vous faire changer de prison, vous transférer au camp pénal en particulier ou dans les autres prisons de l’intérieur du pays où l’on a plus de chance de choper des maladies et d’en mourir ensuite, une fois libéré. Tout semble en effet diaboliquement réglé à la perfection. Mais on peut aussi vous détenir au secret, là où personne ne connait.
Condamné à six ans fermes par son juge, David Samba vice-président de la CNC purge sa peine dans un lieu inconnu. Personne ne sait dans quel état il se trouve. L’ancien syndicaliste Basile Mahan Gahé, lui, l’a appris à ses dépens. Revenu du goulag d’Odienné, sa santé s’est rapidement dégradée avant de trépasser à jamais. Pourtant, tout le monde pousse aujourd’hui Alassane Dramane Ouattara à libérer les prisonniers politiques.
Y compris les américains qui ont forcé sa « réélection ».
D’abord parce qu’il n’a pas, à ce jour, condamné un seul de ses chefs de guerre, pourtant épinglés par sa propre commission d’enquête, mais ensuite parce qu’il doit montrer qu’il a une humanité.
Enfin, parce qu’il a réussi à faire déporter l’ancien président ivoirien et qu’il emprisonne également son épouse ; il devrait donc, a priori, être content.
Pourtant, les prisonniers politiques continuent de remplir les prisons. Des prisons surpeuplées comme la sinistre Maca où sont internés environ 400 prisonniers politiques. La plupart d’entre eux n’ont jamais vu un juge. Ou, dans le meilleur des cas, le cabinet ne montre pas d’empressement particulier. Parce qu’au fond, les aveux sur lesquels ils travaillent ont été obtenus sous la torture à les entendre.
Parce que visiblement leurs clients ne sont pas des justiciables comme n’importe quel citoyen. Ce sont les otages d’un chef de l’état. Alors, chacun regarde ailleurs, feint de ne rien voir pour ne pas s’attirer la colère du régime. Peu importe donc les tortures dont beaucoup continuent d’en porter les séquelles.
Il y a quelques jours, le ministre de la justice a, lui, trouvé la meilleure idée de vouloir construire dix nouvelles prisons.
De quoi montrer que personne ne sera libéré et que, de prisonniers politiques, il y en aura encore dans les prochaines cinq années. Certainement pour donner corps au pari insensé du chef de l’état de vider le FPI de sa substance. Et si c’était, en vérité, pour mettre plus de militants du parti de Gbagbo en prison, de sorte que ceux qui voudraient rester en liberté n’auraient plus qu’à le quitter ! Il ne faut jamais rien exclure dans notre pays où le régime a refusé tous les appels, à la fois discrets et publics pour élargir lesdits prisonniers politiques.
Samedi, l’association des Femmes et Familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire leur a rendu une visite à la Maca pour s’enquérir de leurs nouvelles. L’ancien ministre des handicapés Jacques Dogo, lui-même handicapé, a réceptionné les victuailles envoyées à cette occasion. En l’absence des ministres Lida Kouassi et Assoa Adou déportés à Bouaké, dans le sinistre camp pénal, c’est autour de lui que les prisonniers tentent de se réorganiser, ne serait-ce que pour garder le moral.
D’autant plus que les arrestations se poursuivent. Il y a environ une semaine, Eric Kouya Gnapa arrêté à Grabo a été torturé à la DST. Il y a perdu trois orteils, coupés par les hommes de Koné Zakaria.
Selon l’association, la victime est dans un état critique ainsi qu’Alain Durand Zagol qui, lui, a de violents maux de ventre.
Réconfortés, les détenus ont exprimé leurs joies et leurs reconnaissances à leurs épouses et leurs familles. Car en prison, on apprend aussi à se satisfaire du peu.

Aujourd’hui

(Source : Ivoirebusiness.net, 9 nov 2015)

 

Côte d’Ivoire : recensement par lieux de détention des prisonniers politiques

Répartition des détenus politiques et d’opinion recensés en Côte d’Ivoire.
Le  tableau suivant a été établi par le Secrétariat national chargé de l’administration pénitentiaire et des détenus politiques du FPI.
Mise à jour du 2 novembre 2015

La comparaison avec le précédent recensement (Cf. Rapport du 8 septembre 2015) fait apparaître une augmentation de 32 personnes arrêtées pendant les semaines ayant précédé l’élection présidentielle.

Il faut ajouter à ce tableau toutes les personnes disparues depuis le 11 avril 2011 dont on ne connaît pas le nombre.

Lire le Rapport du 8 septembre 2015.