Accueil » Posts tagged 'Torture'

Tag Archives: Torture

Le Dr ASSOA Adou parle devant les Assises d’Abidjan

Assises d’Abidjan : Assoa Adou raconte les conditions ‘’atroces’’ de sa détention au Camp pénal de Bouaké

Par l’APA, 17 juillet 2017

L’ancien ministre des Eaux et forêts, Dr Assoa Adou, a relaté, lundi [17 juillet 2017] à la barre de la Cour d’Assises d’Abidjan où il comparaît avec sept autres accusés pour des faits de ‘’attentat, complot contre l’autorité de l’Etat, assassinat, crimes et constitution de bandes armées….’’, les conditions ‘’atroces’’ de sa détention au Camp pénal de Bouaké, au Centre-nord du pays.

‘’J’ai été enlevé sans mandat, chez moi, le 7 janvier 2015 à 20h30 par des policiers pour être conduit à la DST (Direction de la surveillance du territoire) puis à la MACA (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan) avant d’être déporté au Camp pénal de Bouaké où j’ai passé plus de deux ans dans des conditions atroces. Un seul repas aspergé de je ne sais quoi nous est servi par jour’’ a raconté Dr Assoa Adou à la barre.

Il a poursuivi que ce qui lui servait de cellule n’avait qu’une petite ‘’ persienne’’ pour laisser de timide lumière du jour ajoutant que ‘’le comble est que 24h/24 on venait nous éclairer le visage avec une torche’’.

Sur les charges, l’ex-ministre de Laurent Gbagbo a plaidé ‘’non coupable’’, affirmant n’être ‘’concerné ni de près, ni de loin par les charges de l’accusation’’.

‘’J’ai été mis en confrontation le 8 janvier 2016 avec Metch Metchro et devant le juge d’instruction, Zahourou Théophile a déclaré ne m’avoir jamais rencontré. Tout comme j’ai répété au juge que je n’avais jamais vu Metch Metchro’’, a-t-il expliqué à la Cour présidée par le magistrat Emile Kouamé.

Selon Assoa Adou, le Front populaire ivoirien (FPI) dont il est membre fondateur ‘’en 1969 avec feu Pr Zadi Zaourou, Mamadou Traoré et Laurent Gbagbo, a fait de l’accession au pouvoir de façon démocratique son credo’’ soulignant que ‘’la violence ‘’est proscrite de leur lutte.

‘’Sous la transition militaire en 2000 comme sous le gouvernement du Premier ministre Pascal Affi N’guessan en 2003 j’ai conduit des missions de paix pour ramener les présidents Bédié, Ouattara et Guéï dans le processus de réconciliation dans le cadre du Forum national de réconciliation en 2001. J’ai dans le cadre de ces missions rencontré le Président Blaise Compaoré et le ministre Djibril Bassolé. Comment un tel homme peut-il mener des actions subversives contre son pays ?’’, a interrogé l’accusé.

Auparavant, son co-accusé Metch Metchro a soutenu à la barre ‘’n’avoir jamais rencontré le ministre Assoa Adou ni n’avoir jamais reçu des armes de lui pour quelque attaque que ce soit’’.

‘’Je n’ai pas de preuve que Assoa Adou a distribué des armes’’, s’est encore défendu M. Metch après avoir ‘’formellement désigné le ministre Assoa Adou comme l’instigateur des attaques d’Abengourou’’ selon l’arrêt de la Chambre d’Accusation. Des propos qu’il a d’ailleurs battus en brèches devant le juge d’instruction.

Ce sont sur ces allégations que le président Emile Kouamé a suspendu l’audience pour être reprise mardi avec les plaidoiries.

HS/ls/APA

Lire aussi sur Soutien et Liberté :

Côte d’Ivoire : après l’arrestation d’Assoa Adou, le Mouvement Ivoirien des Droits Humains interpelle les autorités ivoiriennes et les organisations internationales

Le Parti Communiste Français appelle à la libération immédiate d’Assoa Adou

 

Dr ASSOA Adou

 

Publicités

Des prisonniers politiques « torturés jusqu’aux aveux » en Côte d’Ivoire

Amnistie internationale dénonce une justice du vainqueur et la torture de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, où se tiendront les Jeux de la Francophonie l’été prochain.

Le reportage de Sophie Langlois (texte et vidéo) sur Radio-Canada.ca, 29 nov. 2016 :

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1002674/torture-injustice-cote-ivoire-amnistie-internationale

Extraits :

(…) En avril 2011, des forces rebelles qui appuient Alassane Ouattara, le candidat déclaré gagnant par l’ONU, prennent d’assaut la ville d’Abidjan. Elles capturent le président sortant, Laurent Gbagbo, avec l’aide des forces françaises et onusiennes. La crise est terminée, la purge commence.

Dans les mois qui suivent, des partisans du président défait sont pourchassés, battus, forcés à l’exil ou emprisonnés sans accusations. Selon Amnistie internationale, 228 prisonniers auraient disparu, et 241 autres demeurent aujourd’hui incarcérés, dans des conditions troublantes.

Enfermés dans une chambre froide
« Ils sont torturés », affirme Nathalie Kouakou, présidente de la section ivoirienne d’Amnistie internationale. « Ils peuvent passer 24 heures dans la chambre froide. Après, on les met en plein soleil. C’est cette forme de torture où ils sont frappés. Ils ne mangent pas. Bon… parce qu’il faut des aveux. »

(…)

 

 

Rapport sur la question de la torture en Côte d’Ivoire

Dernière parution du Secrétariat National chargé de l’Administration Pénitentiaire et des Prisonniers Politiques du Front Populaire Ivoirien (20 sept. 2016) :

Le Rapport N° 3-2016 sur les prisonniers politiques (PDF)
est consacré plus particulièrement aux différentes formes de torture – physiques et psychologiques – pratiquées sur les personnes enlevées et emprisonnées.

Nous saluons la mémoire des détenus politiques décédés faute de soins.

 

Prisonniers d’un chef d’état

Scandale : prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, les otages de la haine d’un homme.

Vont-ils être libérés au nom de la réconciliation nationale ? En Côte d’Ivoire, ces questions sont posées depuis cinq ans. Elles dépassent, à l’évidence, les juges qui ne s’en préoccupent guère. Parce que, de toute façon, un seul homme tient la vie de ces centaines de prisonniers qui croupissent à la Maca. Être l’otage d’un chef de l’état, c’est en Côte d’Ivoire qu’une telle histoire s’écrit.

Surtout, il ne faut pas écrire que Ouattara est un dictateur.
Des convocations suivront de la part des hagiographes qui fonctionnent, à bien y regarder, comme une sorte de milice administrative. Car jamais président n’aura autant mis ses contemporains en prison tout en gardant l’image d’un démocrate. Une image surfaite, évidemment, mais qu’il ne faut surtout pas écorner.
Pourtant, ce qui se passe derrière les grands murs de la maison d’arrêt et de correction se passe de commentaire.
Certes, aujourd’hui, les tortures physiques ont fait la place à la torture morale.
Parce que, encore aujourd’hui, l’on peut vous faire changer de prison, vous transférer au camp pénal en particulier ou dans les autres prisons de l’intérieur du pays où l’on a plus de chance de choper des maladies et d’en mourir ensuite, une fois libéré. Tout semble en effet diaboliquement réglé à la perfection. Mais on peut aussi vous détenir au secret, là où personne ne connait.
Condamné à six ans fermes par son juge, David Samba vice-président de la CNC purge sa peine dans un lieu inconnu. Personne ne sait dans quel état il se trouve. L’ancien syndicaliste Basile Mahan Gahé, lui, l’a appris à ses dépens. Revenu du goulag d’Odienné, sa santé s’est rapidement dégradée avant de trépasser à jamais. Pourtant, tout le monde pousse aujourd’hui Alassane Dramane Ouattara à libérer les prisonniers politiques.
Y compris les américains qui ont forcé sa « réélection ».
D’abord parce qu’il n’a pas, à ce jour, condamné un seul de ses chefs de guerre, pourtant épinglés par sa propre commission d’enquête, mais ensuite parce qu’il doit montrer qu’il a une humanité.
Enfin, parce qu’il a réussi à faire déporter l’ancien président ivoirien et qu’il emprisonne également son épouse ; il devrait donc, a priori, être content.
Pourtant, les prisonniers politiques continuent de remplir les prisons. Des prisons surpeuplées comme la sinistre Maca où sont internés environ 400 prisonniers politiques. La plupart d’entre eux n’ont jamais vu un juge. Ou, dans le meilleur des cas, le cabinet ne montre pas d’empressement particulier. Parce qu’au fond, les aveux sur lesquels ils travaillent ont été obtenus sous la torture à les entendre.
Parce que visiblement leurs clients ne sont pas des justiciables comme n’importe quel citoyen. Ce sont les otages d’un chef de l’état. Alors, chacun regarde ailleurs, feint de ne rien voir pour ne pas s’attirer la colère du régime. Peu importe donc les tortures dont beaucoup continuent d’en porter les séquelles.
Il y a quelques jours, le ministre de la justice a, lui, trouvé la meilleure idée de vouloir construire dix nouvelles prisons.
De quoi montrer que personne ne sera libéré et que, de prisonniers politiques, il y en aura encore dans les prochaines cinq années. Certainement pour donner corps au pari insensé du chef de l’état de vider le FPI de sa substance. Et si c’était, en vérité, pour mettre plus de militants du parti de Gbagbo en prison, de sorte que ceux qui voudraient rester en liberté n’auraient plus qu’à le quitter ! Il ne faut jamais rien exclure dans notre pays où le régime a refusé tous les appels, à la fois discrets et publics pour élargir lesdits prisonniers politiques.
Samedi, l’association des Femmes et Familles des détenus d’opinion de Côte d’Ivoire leur a rendu une visite à la Maca pour s’enquérir de leurs nouvelles. L’ancien ministre des handicapés Jacques Dogo, lui-même handicapé, a réceptionné les victuailles envoyées à cette occasion. En l’absence des ministres Lida Kouassi et Assoa Adou déportés à Bouaké, dans le sinistre camp pénal, c’est autour de lui que les prisonniers tentent de se réorganiser, ne serait-ce que pour garder le moral.
D’autant plus que les arrestations se poursuivent. Il y a environ une semaine, Eric Kouya Gnapa arrêté à Grabo a été torturé à la DST. Il y a perdu trois orteils, coupés par les hommes de Koné Zakaria.
Selon l’association, la victime est dans un état critique ainsi qu’Alain Durand Zagol qui, lui, a de violents maux de ventre.
Réconfortés, les détenus ont exprimé leurs joies et leurs reconnaissances à leurs épouses et leurs familles. Car en prison, on apprend aussi à se satisfaire du peu.

Aujourd’hui

(Source : Ivoirebusiness.net, 9 nov 2015)

 

Rapport du 8 septembre 2015 sur la situation des détenus politiques en Côte d’Ivoire

Rapport rédigé par le Secrétariat National du FPI chargé de l’administration pénitentiaire et des détenus politiques.

Télécharger le rapport (PDF)

Rapport sur la situation des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

Bien que l’insertion des commentaires accompagnant les photos au sein du texte principal rende la lecture parfois difficile, ce rapport constitue une bonne synthèse de la situation des détenus politiques en Côte d’Ivoire : d’où viennent-ils ? Comment sont-ils traités ? Ont-ils été entendus par un juge ?

Source : Ivoirebusiness, 9 août 2015

Torture et maltraitance des détenus politiques en Côte d’Ivoire

Le Ministre Charles Blé Goudé depuis sa cellule de la DST ivoirienne [avant son transfèrement à La Haye]. Vidéo publ. par Objectif Direct, 28 sept. 2014. [6.11 mn]
http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=nNoU24MFzbs

Le dossier de Contrepoids : « La prison et la torture sont-elles des programmes de gouvernement ? »

Parlons des prisonniers politiques de Côte d’Ivoire ! Lu par Grégory Protche

La tribune de Michel GALY « Parlons des prisonniers politiques de Côte d’Ivoire »
parue dans Marianne n° 899 du 11 au 17 juillet 2014, p. 45

Lue par Grégory PROTCHE, du Gri-Gri international (14 juillet 2014)

Journée mondiale de soutien aux victimes de la torture

L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 26 juin « Journée mondiale de soutien aux victimes de la torture ».

A cette occasion, n’oublions pas les prisonniers politiques de Côte d’Ivoire et rendons hommage à ceux qui, comme le syndicaliste Basile Mahan Gahé, sont morts suite aux mauvais traitements qu’il ont subis dans les prisons d’Alassane Ouattara.

« En Côte d’Ivoire, près de 800 prisonniers toujours maltraités et torturés »

« Témoignage d’un détenu ivoirien torturé »

« Après le décès de Basile Mahan Gahé, hommages chaleureux et nombreuses réactions »

 

 

Décès du Commissaire César NEGBLE : la FIDHOP s’indigne et porte plainte !

1/ BREF RAPPEL DU DRAME : Le lundi 26 mai 2014, la FIDHOP (Fondation Ivoirienne pour l’observation et la surveillance des Droits de l’Homme et de la vie Politique) apprend par la presse ivoirienne la mort du Commissaire de Police et ex-Directeur de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), M. CESAR NÉGBLÉ. L’émotion et l’indignation de la FIDHOP sont à leur comble, lorsque le Président-Fondateur obtient de la famille la confirmation du décès et découvre surtout les causes et les circonstances horribles de cette disparition. En effet, arrêté le 29 avril 2011, dans l’euphorie de la capture du Président Laurent Gbagbo, en même temps que les Commissaires Joachim Robé Gogo, Jean-Louis Tiagnéré et Claude Yoro, puis transférés ensemble dans une prison dans le nord du pays, pendant plus de 21 mois, le Commissaire César Négblé, considéré à tort ou à raison comme une pièce centrale du régime de M. Gbagbo, y subira toutes sortes d’actes de tortures et de maltraitances inqualifiables et inimaginables.
C’est en homme méconnaissable, incapable de se tenir débout seul, qu’il sera présenté à un juge au mois d’août 2013, où il bénéficiera d’une liberté provisoire, au même titre que ses collègues co-détenus. Le régime-Ouattara lui fera finalement la faveur, après mainte[s] supplications de la famille, d’aller sauver sa vie au Maroc ; mais ce fut peine perdue.

2/ NOTRE ANALYSE DU CRIME : LA FIDHOP s’indigne devant cet autre crime du régime d’Abidjan ! Mais la FIDHOP n’est guère surprise ! Car ce cas rappelle celui du syndicaliste de renom, Basile Mahan Gahé, ex-prisonnier de Boundiali, qui succomba lui aussi le 16 septembre 2013, des séquelles des multiples coups violents et blessures à lui infligés par ses bourreaux lors de son arrestation et pendant sa détention arbitraire. Autant d’actes constitutifs de violations extrêmes des Droits de l’Homme tels que qualifiés par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948. LA FIDHOP s’indigne et s’interroge encore devant la cruauté particulière des hommes de M. Ouattara face aux éléments des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), comme ce fut le cas au début de la rébellion en 2002, lorsqu’ils massacrèrent à Bouaké les 64 gendarmes ivoiriens ainsi que tous les membres de leurs familles. Ce qui fut confirmé par un rapport des Nations Unies. LA FIDHOP s’indigne également devant le fait que même le Président Laurent Gbagbo n’a pas été épargné par ces actes de torture du régime-ADO, puisque, par pudeur, la CPI n’aborde cette question qu’à des audiences à huis-clos. LA FIDHOP s’indigne encore et encore, certes ; mais elle s’inquiète surtout du sort de tous les autres prisonniers politiques, les éléments des FDS comme les civils : les célèbres prisonniers de ce régime que sont les Officiers supérieurs Anselme SEKA SEKA, Jean Noël ABEHI, Bruno DOGBO BLE…, et les leaders politiques, à savoir Simone EHIVET GBAGBO ou Jean Yves DIGBOPIEU seraient-ils tous des morts en sursis ? Vu la gravité de ces faits et l’évidence de l’assassinat du Commissaire César NEGBLE par le régime-ADO, la FIDHOP lance le cri d’alarme ci-après.

3/ NOTRE CRI D’ALARME : La FIDHOP s’indigne, dénonce et condamne très vigoureusement, le décès de M. César NEGBLE des suites des actes de torture et de maltraitance qu’il a subis durant son arrestation arbitraire par le régime de M. Ouattara !

• La FIDHOP décide d’adjoindre le cas NEGBLE à la plainte qu’elle a déposée devant LE CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME DES NATIONS UNIES, à son siège de Genève, le vendredi 11 octobre 2013.

• La FIDHOP interpelle vivement et très personnellement le Chef de l’Etat ivoirien actuel Alassane Ouattara, afin que son régime arrête de torturer ses prisonniers ; car il est et en restera le principal responsable !

• La FIDHOP lance un appel pressant à toutes les organisations des Droits de l’Homme et à la Société civile ivoirienne, ainsi qu’aux ONG internationales et à la Division des Droits de l’Homme de l’ONUCI, afin que cet autre crime (comme ceux à venir, hélas) ne reste pas impuni.

Fait à Genève, le 29 mai 2014

Dr BOGA SAKO GERVAIS
• Enseignant-Chercheur à l’Université de Côte d’Ivoire ;
• Ex-Membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI) ;
• Président de la Fondation Ivoirienne pour Les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP) ;
• Ecrivain-Essayiste.

In : La Dépêche d’Abidjan, 29 mai 2014

Il faut dénoncer la pratique de la torture en Côte d’Ivoire

Dans un article du Nouveau Courrier (n° 1018 du 29 avril 2014), Benjamin Silué rapporte que le Commandant Anselme Séka Yapo, ancien aide de camp de Simone Ehivet Gbagbo, transféré le 28 avril 2014 de la DST au camp pénal de Bouaké, est un homme méconnaissable. Après 3 ans de détention au secret, il est apparu terriblement amaigri et portant des séquelles de tortures.
Extraits :
Dans une interview accordée au confrère Notre Voie, le 3 mai 2013, le père de l’officier supérieur de l’armée ivoirienne, Emmanuel Atsé Séka, indiquait qu’il n’avait aucune nouvelle de son fils depuis les images que l’ensemble des Ivoiriens ont pu voir sur la RTI première chaîne juste après son arrestation.
«Au départ, j’ai tenté de le voir. Mais on ne nous a pas permis de le voir. On ne nous donne pas une seule occasion pour l’approcher. Jusqu’à ce jour, je ne sais pas où il se trouve. Je me demande où on l’a amené. Au niveau de sa famille, personne ne sait dans quel camp ou dans quelle prison il est gardé. Depuis son arrestation, je lutte pour voir mon fils, mais je n’ai aucune trace (…) Quand j’ai effectué toutes les démarches sans le voir, j’ai effectivement contacté un avocat. Ce dernier fait tout ce qu’il peut, mais il n’arrive pas à voir le commandant Séka Yapo Anselme. Moi, je n’ai pas de pouvoir pour demander à l’Etat de Côte d’Ivoire de m’autoriser à voir mon fils. S’il est en prison, qu’on me dise où il est détenu et qu’on me permette de lui rendre visite. Face à cette difficulté, j’ai contacté l’Onuci pour m’aider dans mes démarches», a révélé le père de l’ex-aide de camp de Simone Gbagbo. Espérons que maintenant que son lieu de détention désormais connu – dans une prison officielle –, Emmanuel Atsé Séka pourra obtenir une autorisation de visite à son fils. (…)
L’officier de gendarmerie a été précédé, 48h plus tôt au camp pénal de Bouaké, par son frère d’armes, le Commandant Jean-Noël Abéhi, et Jean-Yves Dibopieu de la galaxie patriotique.
Le procureur militaire Ange Kessi avait indiqué que le procès d’Anselme Séka Yapo et Jean-Noël Abéhi se tiendrait entre le 2 et le 30 octobre 2013. Mais il n’a pas eu lieu à cette date. Ange Kessi Kouamé a alors décliné sa responsabilité dans le maintien en détention prolongée et abusive d’ex-Fds emprisonnées par le régime Ouattara. «Quand j’arrête un militaire ou un policier, j’ai 10 jours pour le juger. Si sa détention doit être prolongée, il faut que son ministre de tutelle – Alassane Ouattara, Paul Koffi Koffi et
Hamed Bakayoko – m’en donne l’autorisation », a-t-il révélé dans une tribune que lui a accordée abidjan.net TV le 5 septembre 2013. (…)

En Côte d’Ivoire, près de 800 prisonniers toujours maltraités et torturés

Plusieurs articles de Politicomag.com dénoncent la situation alarmante des prisonniers politiques ivoiriens :

Par Sonia Cohen, avec Jonathan Ehud

Accusés d’être d’anciens collaborateurs ou militants au service de l’ex dirigeant ivoirien, Laurent Gbagbo, 800 prisonniers détenus par le gouvernement croupissent dans des cellules en attente de jugement.

Ces dernières semaines, les familles, les proches et les médias d’opposition ont tiré la sonnette d’alarme sur les graves manquements au respect des droits de l’homme concernant les détenus politiques. Tous pointent des actes de maltraitances et de tortures pratiqués sur les détenus.

Interrogé par Politico, un membre d’une association locale de défense des droits humains, s’indigne : “Il est temps que le gouvernement ivoirien suive la loi et respecte les droits de l’homme, (…) sans quoi il ne pourra pas y avoir de réconciliation nationale.“ Pour des raisons évidentes de sécurité, il a souhaité gardé l’anonymat.

Dans une note confidentielle adressée en décembre dernier à son siège de Genève, en Suisse, la délégation ivoirienne du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait signalé la difficulté pour ses équipes à visiter ou soigner les prisonniers de la guerre postélectorale de décembre 2010 à avril 2011 en Côte d’Ivoire.

Or, insiste notre source, le CICR doit veiller au traitement plus humain des détenus. C’est tout naturellement que cette institution des Nations-Unies a regretté que les violations du droit international humanitaire soient par trop fréquentes, notamment dans le cas de la Côte d’Ivoire. De nombreux rapports sont restés lettres mortes et le gouvernement ivoirien semble peu soucieux de faire évoluer positivement la situation.

Sur la foi de témoignages directs portant sur les conditions de détention à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), plusieurs organisations ont ainsi pu reléver que les détenus sont exposés à la maladie, privés de sommeil ou encore laissés sans vêtements. La nourriture est inappropriée ou de mauvaise qualité, quand elle n’est pas insuffisante.

La communauté internationale, la France surtout, semble guider uniquement par des intérêts économiques, alors que de grandes entreprises françaises, comme Bouygues, Total et Orange sont en train de consolider leurs affaires en Côte d’Ivoire. “Elle doit s’assurer que les droits humains figurent bien au cœur du processus de réconciliation en cours dans le pays”, s’offusque un membre de l’opposition. “La France ne doit pas continuer de récompenser un régime qui ne tient pas toutes ses promesses. Elle doit cesser de violer le droit international en toute impunité”, ajoute-t-il.

On se souvient tous des terribles photos qui étaient sorties de la prison d’Abu Ghraib en Irak. On y voyait des prisonniers irakiens torturés et humiliés par des soldats américains. Et bien il semble que l’histoire se répète, mais à plusieurs milliers de kilomètres de là, en Côte d’Ivoire.

Les photos ont été prises ces dernières semaines à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), le principal centre de pénitentiaire ivoirien.

Selon les organisations internationales de défense des droits de l’homme et l’opposition ivoirienne, environ 800 personnes – civils et militaires – restent détenues sans jugement par le pouvoir ivoirien depuis la fin de la crise post-électorale en avril 2011.

In : Politicomag, 26 avril 2014

Maroc : le vrai visage de la monarchie

I – Détention extrajudiciaire, pratique de la torture et impunité

Par la Rédaction de RTL.fr, avec l’AFP :

Un boxeur, qui a porté plainte contre un responsable marocain qu’il accuse de torture, a écrit à François Hollande pour lui demander une « enquête impartiale ».

Un des plaignants contre un haut responsable marocains accusé de torture a écrit une longue lettre à François Hollande. Zakaria Moumni, ancien champion de boxe thaïlandaise, qui dispose de la nationalité française, décrit les sévices dont il dit avoir été victime après son arrestation le 27 septembre 2010 à l’aéroport de Rabat et demande au chef de l’État une enquête « impartiale ».
« Tout au long de ces quatre jours de tortures, ils n’ont cessé de me répéter : ici, c’est l’abattoir de Sa Majesté et, nous, on ne dépend ni du ministère de l’Intérieur, ni du ministère de la Justice. Nous, on travaille directement avec le roi. Et ça, c’est les ordres du roi », écrit Zakaria Moumni. « En réalité, le pouvoir marocain – le Palais royal pour être plus précis – m’a fait payer chèrement le fait d’avoir exprimé publiquement mes revendications et mes griefs à l’égard du Palais royal », poursuit le boxeur. Il explique qu’il réclamait en vain un poste au ministère de la Jeunesse et des Sports.
Un procès « inéquitable »
Condamné à 30 mois de prison au terme d’un procès qualifié d' »inéquitable » par Human Rights Watch, il affirme avoir signé sous la torture les aveux selon lesquels il aurait soutiré à deux Marocains 1.200 euros, contre la promesse de leur trouver du travail en Europe. Grâcié en février 2012, Zakaria Moumni, qui vit en France, explique à François Hollande que des responsables marocains lui « ont fait clairement comprendre que les individus responsables des tortures (…) ne peuvent être traduits en justice ».
Il écrit espérer que sa « plainte fera l’objet d’une enquête approfondie, indépendante et impartiale, le Maroc ayant démontré son absence de volonté politique pour rendre justice aux victimes de torture ». Il explique encore à François Hollande avoir entrepris son action judiciaire « en pensant à toutes les victimes de torture au Maroc qui ne peuvent saisir un juge là-bas ». (…)
Suite sur RTL.fr, 8 mars 2014

II – L’association Action des Chrétiens pour l’abolition de la torture a déposé plainte

Par Armin Arefi :

La relation paradisiaque qui lie la France et le Maroc s’est nettement assombrie la semaine dernière, après la convocation, jeudi, par la justice française du chef de la DST marocaine, Abdellatif Hammouchi. De passage à Paris, le responsable marocain a été retenu plusieurs heures en vertu d’une plainte pour « complicité de torture » déposée en mars 2013 par l’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT).

À l’origine, un ressortissant franco-marocain, Adil Lamtalsi, arrêté en 2008 par la police marocaine puis condamné pour un crime de droit commun (trafic de stupéfiants, NDLR). Transféré dans le funeste centre de détention secret de Témara, aux mains de la Direction générale de la surveillance du territoire marocain (DGST), il affirme avoir subi de nombreux sévices avant de passer aux aveux. D’après le dépôt de plainte que Le Point.fr a pu consulter, Adil Lamtalsi « est resté attaché les yeux bandés et a été privé de sommeil tout au long de sa garde à vue ».

Électrocuté

« Entre cinq et huit personnes l’ont frappé avec un bâton sur la plante des pieds, les mains, le visage, les organes génitaux, la colonne vertébrale, révèle le document. Il a été électrocuté à plusieurs reprises, suspendu par les pieds pendant une heure à plusieurs reprises. On lui a également plongé la tête et les épaules dans un grand seau d’eau. »

« Il existe au Maroc un recours systématique à la torture et aux traitements inhumains et dégradants visant à obtenir des aveux rapides dans tout dossier compliqué », affirme au Point.fr maître Joseph Breham, qui défend Adil Lamtalsi depuis son transfert en France, en mai 2013. « Mon client a été tellement torturé qu’un des policiers présents lors de l’interrogatoire a pris des photos, puis les lui a passées », précise l’avocat. (…)
Suite de l’article sur Lepoint.fr, 25-26 fév. 2014

III – Oppression du peuple sahraoui : enlèvements, destruction des biens et des habitations, licenciements abusifs…

Interview d’Aminatou Haidar par Mohsen Abdelmoumen, pour Algérie patriotique :

Algérie patriotique : Vous avez été reçue au Parlement européen, pouvez-vous nous expliquer le résultat que vous avez obtenu ici à Bruxelles ?

Madame Aminatou Haidar : Ma visite au Parlement européen vient dans le cadre du partenariat entre le Centre Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l’Homme et moi-même, étant sa lauréate 2008. L’objectif de ce partenariat est de défendre la lutte du peuple sahraoui, en faisant la lumière sur la situation alarmante qu’il vit. (suite…)

Témoignage d’un détenu ivoirien torturé

Arrêté par des hommes du régime
Un détenu politique : «Comment j’ai été torturé à la Bae et la Dst»

Boni Boni Germain, 42 ans, est agent de mairie à Bonoua. Depuis le 14 janvier 2014, il croupit à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) pour des faits allégués d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Il s’est confié au Nouveau Courier sur les cas de traitements extrajudiciaires qu’il a endurés à la Dst et la Maca. Ci-dessous son témoignage.

«Le mardi 7 janvier 2013, mon oncle Kadjo Ampoh et moi nous nous sommes rendus à Aboisso. J’y suis allé pour des raisons de santé. C’est une fois dans cette ville que mon oncle a souhaité que je l’accompagne à Noé pour l’achat d’habits de son nouveau-né. A notre retour de Noé, à bord d’un car de transport en commun, les occupants d’un véhicule de type 4X4 double cabine, des civils armés, qui nous suivaient nous intime(ent) l’ordre de nous arrêter et exigent une vérification des pièces des passagers. Ce à quoi nous nous sommes soumis tous. Quelques minutes après, malgré la régularité de nos documents administratifs (mon oncle et moi), ils nous embarquent dans leur véhicule et, chemin faisant, ils se mettent à nous rudoyer de coups. Chaque fois qu’ils m’appelaient par le nom « Bénito » et que je rectifiais parce que ce n’est pas mon identité – moi-même me prénommant Boni – je recevais des coups de poing, de cross(e) et de pieds dans mon abdomen. Mon oncle subissait également le même traitement. Par la suite, nous avons été conduits dans un champ d’hévéa où nous avons été mis nus. Il était question, selon les menaces qui étaient proférées par nos ravisseurs, d’exécution sommaire loin des regards. Nous avons dû notre salut par le fait que des usagers passant par là ont découvert la scène et, selon nos bourreaux, ils pourraient témoigner tôt ou tard si nous restons sans nouvelles. Nous avons alors été remis dans le véhicule et conduits directement au camp de la Brigade anti-émeute (Bae) de Yopougon le 7 janvier. En ce lieu dans l’après-midi, nous avons été tabassés jusqu’à l’aube. Le lendemain, un élément des Frci (Force républicaine de Côte d’Ivoire) nous rejoint dans la salle de torture et me dit ceci : «on laisse tomber tout mais montre nous toutes les armes que Barouan Félix alias Konan t’a demandé de cacher.» Je lui réponds que je ne connais pas le nommé Barouan Félix ni d’Adam ni d’Eve. Mieux, je n’ai pas connaissance d’une quelconque cachette d’armes. Ils se mirent à me ligoter les mains et les pieds dans le dos et me conduisirent dans une douche où ils me firent coucher par terre. Quelques instant après, ils recueillirent de l’eau dans des seaux qu’ils me versèrent en plein visage. Ce qui m’empêchait de respirer convenablement. Après cette étape de torture, je subis ensuite des séances de bastonnades à la suite desquelles je finis par m’évanouir. Chaque fois qu’ils me posèrent une question et que je répondais par la négative, où que je donnais une réponse qu’ils ne souhaitaient pas entendre, je faisais l’objet de sévère punition. Les objets dont ils se servaient pour exercer cette torture physique étaient du plastique fondu dans le feu, une machette et des matraques. Après deux jours de détention au cours desquels nous avons été privés de nourriture, nous sommes conduits dans les locaux de la Dst, dans un container exposé à la chaleur du soleil. Avant de mettre fin à notre calvaire corporelle, un document déjà rédigé par les soins des éléments de la Dst elle-même, en guise de procès-verbal, est porté à notre connaissance pour signature. Le 14 janvier, nous (mon oncle et moi) sommes placés sous mandat de dépôt et déférés à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), notamment au Bâtiment C, pour atteinte à la sureté de l’Etat. Mais souffrant de graves blessures et de divers traumatismes des suites de la torture dans les différents lieux de détention, nous sommes internés depuis notre transfert à la Maca.»

In : Le Nouveau Courrier n° 981, 23 janvier 2014, p. 8

Après le décès de Basile Mahan Gahé : hommages chaleureux et nombreuses réactions

Hommage du Pr. Hubert Oulaye, à Basile Mahan Gahé : « Adieu intrépide Guerrier du travail, … adieu Buffle indomptable de Diboké. » Hubert Oulaye (ancien ministre de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi). In : Civox, 19 sept. 2013.
http://url.exen.fr/85244/

Communiqué de presse (…) relatif au décès de Mahan Gahé, ex-prisonnier politique en liberté provisoire, syndicaliste et Secrétaire Général de la Centrale syndicale DIGNITE. Comité d’Action pour la Libération des Camarades Prisonniers Politiques (CAL-CP), 18 sept. 2013. In : Civox, 19 sept. 2013.
http://www.civox.net/Declaration-du-CAL-CP-relative-a-la-mort-Basile-Mahan-Gahe-Le-pouvoir-Ouattara-responsable-de-sa-mort_a3631.html

Mahan Gahé n’est plus : parcours d’une icône ivoirienne. Théophile Kouamouo. In : Le Nouveau Courrier [en ligne], 18 sept. 2013.
http://nouveaucourrier.net/mahan-gahe-nest-plus-parcours-dune-icone-ivoirienne/

Le PCF rend hommage au dirigeant syndicaliste décédé Basile Mahan Gahé. Parti communiste français, 17 sept. 2013. [En ligne].
http://www.pcf.fr/44001

Torturé pendant plus de 2 ans : Mahan Gahé Basile est mort. Armand Bohui. In : Notre Voie, n° 4520, 17 sept. 2013. [En ligne].
http://www.notrevoie.com/a_la_une.asp?id=54071

Décès de Mahan Gahé Basile : le témoignage poignant de Dogo Raphaël, son compagnon de cellule. In : Steve Beko, 17 sept. 2013.
http://stevebeko.wordpress.com/2013/09/17/deces-de-mahan-gahe-basile-le-temoignage-poignant-de-dogo-raphael-son-compagnon-de-cellule/

Le Secrétaire général de la Centrale Dignité est décédé : pourquoi ils voulaient tant la peau de Mahan Gahé. Boga Sivori. In : Notre Voie, n° 4520, 17 sept. 2013 [En ligne].
http://www.notrevoie.com/a_la_une.asp?id=54046

L’hommage du ministre Emile Guirieoulou à Mahan Gahé : ainsi donc ils t’ont eu. Emile Guirieoulou. In : Regards croisés, 17 sept. 2013.

http://regardscroises.ivoire-blog.com/archive/2013/09/17/l-hommage-du-ministre-emile-guirieoulou-a-mahan-gahe-ainsi-d.html

Décès du syndicaliste Basile Mahan Gahé en Côte d’Ivoire : le CPAD accuse Alassane Ouattara. Maître Seri S. Zokou, Comité de Pilotage des Actions de la Diaspora. In : Steve Beko, 17 sept. 2013.
http://stevebeko.wordpress.com/2013/09/17/deces-du-syndicaliste-basile-mahan-gahe-en-cote-divoire-le-cpad-accuse-alassane-ouattara/

Basile Mahan Gahe

Source : Contrepoids

Mort pour avoir défendu la liberté syndicale. Christine Tibala. In : Contrepoids, 16 sept. 2013.
http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/09/mort-pour-avoir-defendu-la-liberte.html

Réaction du Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens à l’annonce du décès de Basile Mahan Gahé. Comité pour la libération des prisonniers politiques ivoiriens. 16 sept. 2013.
Communiqué 20130916